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20 septembre 2020 7 20 /09 /septembre /2020 11:11

Le film de Philippe de Broca a pour point commun avec le roman de Jules Verne qu'il adapte une morale, simple mais efficace: le malheur fait le sel de la vie... Pour le reste, de Broca a considérablement dépoussiéré l'intrigue la transformant en l'histoire d'un riche Français des années 60, Arthur Lempereur (Jean-Paul Belmondo), playboy devenu suicidaire par ennui: il a tout, et n'a rien à attendre de la vie. Il apprend sa ruine, et entend bien réussir son suicide. Mais un ami, le philosophe Mister Goh (Valerii Inkijinoff), lui propose de le faire tuer. Arthur accepte, mais très vite il va se raviser: il rencontre l'amour en la personne de la jolie Alexandrine Pinardel (Ursula Andress), et la menace permanente de la mort lui a redonné envie de vivre. Seulement pour revenir en arrière il lui faut retrouver M. Goh...

C'est bien sûr après le succès de L'homme de Rio que de Broca a mis ce film en chantier, co-production internationale qui sera distribuée par United Artists! Le ton est à la comédie à cent à l'heure, à la poursuite d'un Belmondo qui s'amuse autant que le spectateur, sans jamais totalement prendre au sérieux ce film gentiment farfelu. D'ailleurs, on attendait Jules Verne, ce fut Hergé qui arriva: Jean Rochefort, magistral de bout en bout, porte la livrée (noire et jaune) d'un domestique et suit son maître du début à la fin; il s'appelle Léon mais on a une irrésistible envie de l'appeler Nestor... deux inquiétants personnages qui s'avèreront finalement amicaux, Cornac et Rocantin (Pau Préboist et Mario David) sont un démarquage des Dupondt. Un gag dans un aéroport est directement tiré de Tintin au Tibet. D'ailleurs le Tibet? On y va! Arthur Lempereur porte une tenue inspirée de celle du héros de Hergé, mais le pull est rouge vif au lieu de bleu...

C'est plus que plaisant, loufoque de bout en bout; parfois on baillera peut-être un peu tellement Belmondo qu'on ne connaissait pas encore comme le cabot de ses années Audiard (et un couscous poulet, un!) en fait des tonnes. Mais que voulez-vous? Il y a ici un je-ne-sais-quoi de l'enfance, un rien psychédélique avant l'heure à souhait, qui peut enchanter... Et on voyage loin de notre lugubre Aube, de nos Ardennes ou de la morne Vendée, et pour pas un rond: Hong Kong, l'Inde, l'Himalaya... 

 

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Published by François Massarelli - dans Comédie