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19 septembre 2020 6 19 /09 /septembre /2020 17:21

Le deuxième long métrage Anglophone de Lanthimos, après The lobster, continue à explorer les thèmes chers au réalisateur (Voir Kynodontas), en particulier une plongée au coeur de la famille sous son versant le plus mécanique... La famille du film est un foyer aisé: le père Steven (Colin Farrell) est un chirurgien cardiologue réputé, la mère (Nicoele Kidman) est ophtalmologue, les deux enfants Kim (Rafey Cassidy) et Bob (Sunny Suljic) sont fort bien élevés et promis à un grand avenir... Mais depuis quelques temps, Steven voit, à l'hôpital où il exerce voire ailleurs, un mystérieux adolescent, Martin (Barry Keoghan), qui envahit de plus sa vie ainsi que celle de sa famille... 

On apprendre bientôt qu'il s'agit du fils d'un patient malheureux de Steven, qui est mort sur la table d'opération un jour que le chirurgien avait trop bu. S'il le laisse s'installer dans sa vie sans oser s'en ouvrir auprès de son épouse, c'est d'abord par culpabilité. Mais Martin abat bien vite ses cartes: il va provoquer la mort de toute la famille si Steven ne choisit pas de sacrifier un des membres, afin de "payer" pour la mort du père de Martin. La mort surviendra en quatre étapes: paralysie, refus de s'alimenter, saignement des yeux et enfin mort... 

Aucune explication sensée ne viendra évidemment étayer le lien entre Martin et la maladie qui va prendre d'abord Bob, puis Kim. Mais Lanthimos, comme dans ses films précédents, a déjà installé une atmosphère qui échappe au réalisme par la froideur émotionnelle qui se dégage du film: Steven, dont les gestes sont mécaniques, n'a jamais que des platitudes à dire, personne ne rit ni ne semble s'amuser. Et les personnages tendent à dire ce qu'ils pensent, Kim accueille donc Martin chez elle en lui disant pour commencer qu'ele vient d'avoir ses premières règles... Quelque chose ne tourne pas rond dans ce monde, clairement...

Lanthimos assume totalement aussi bien cette froideur, qui empêche justement le film de sombrer soit dans le drame soit dans le pathétique, que l'absurde et le fantastique de la situation. Il livre à coup de plans-séquences souvent statiques (qu'est-ce que ça fait du bien, une caméra qui ne se croit pas obliger d'être en mouvement permanent!) et à grande distance de ses personnages une nouvelle radiographie de la famille humaine, terrain de cruauté et de terrifiantes expériences; il le fait en ne négligeant pas la mythologie, qui le pousse ici à s'inspirer du mythe d'Iphigénie... celle-ci finira par accepter le sacrifice pour le bien de la Grèce: voilà qui ne présage rien de bon pour la famille Murphy... Quant aux acteurs, ils s'en tirent tous avec brio, notamment Raffey Cassidy qui est brillante de bout en bout et assume la froideur qui lui est demandée avec une aisance phénoménale...

 

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Published by François Massarelli - dans Yorgos Lanthimos