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13 décembre 2020 7 13 /12 /décembre /2020 16:40

Danemark, 1924: il fait froid! Un peintre (Knud Almar) semble filer le parfait amour avec son modèle Helga (Karina Bell), une jeune femme bien comme il faut à laquelle il demande de figurer une paysanne Italienne, ce qui réchauffe... Mais le père (Viggo Wiehe) de la belle vient de revoir une vieille connaissance: Helder (Peter Marberg), l'ami d'enfance de sa fille, un chauffeur de locomotive qu'il trouve bien sympathique... Ce qui ne sera pas le cas de mademoiselle qui devant l'ingérence paternelle, fait un caprice: elle part rejoindre son artiste en Italie où il est supposé profiter de la beauté des lieux. C'est embêtant, puisqu'essentiellement il profite de la beauté de son modèle, la belle Teresa Lucani (Xenia Schroeder). Quand celle-ci voit arriver Helga, elle a le coeur brisé...

C'est une comédie, une vraie, avec un soupçon de l'excentricité bienvenue du film de 1923, le fameux Mystère de Park Hill également connu sous le nom de Nerfs brisés... Comme il le fera dans son mélodrame Fra Piazza del popolo l'année suivante, Sandberg est parti tourner son film en Italie et on le sent motivé par les beaux décors locaux... Ainsi que par les clichés locaux: venu retrouver Helga pour continuer à marquer des points auprès du père, Helder ne tarde pas à repérer le frère de Teresa qui cherche un moyen de venger sa soeur, et à eux deux ils vont monter un canular autour d'une mythique société secrète qui protège les femmes Italiennes des ravages de séducteurs venus d'ailleurs! Ce qui va occasionner bien des gags et des péripéties... 

Sandberg multiplie les allusions aux différences de température entre le Danemark et l'Italie aussi, au point d'imaginer un gag visuel particulièrement farfelu: quand elle est prise de remords d'être partie sans prévenir son père, Helga imagine ce dernier l'attendant enfoui sous une solide couche de neige. Sandberg s'amusera aussi à rythmer sa dernière demi-heure de scènes montrant invariablement le père faisant les cent pas chez lui, avec  chaque fois un accoutrement différent. 

Et non content de parfaitement profiter de la photogénie de son décor, il demande et obtient de ses acteurs plus généralement rompus au drame de raies performances de comédie, et c'est une révélation: Karina Bell en particulier est bien meilleure que dans les drames qu'elle a interprétés pour lui (Notamment le plus emblématique, Klovnen, la version de 1926). Pour comparer, elle retrouvera ce ton en interprétant un personnage secondaire en 1928 dans Un mariage sous la terreur... Sans temps morts, très distrayant, ce film miraculé de Sandberg est à nouveau une belle surprise, dans laquelle le metteur en scène recycle quelques idées glanées chez Harold Lloyd (Dr Jack, 1922), notamment toute la (fausse) terreur déclenchée par Helder afin de pousser Carlo le peintre à retourner auprès de Teresa...

 

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Published by François Massarelli - dans Comédie 1924 A.W. Sandberg