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2 janvier 2021 6 02 /01 /janvier /2021 18:39

Fulbert Taupin (Robert Hirsch) a du talent: c'est un artiste tellement doué... qu'il en crève la faim. Il fait le tour des cafés où il essaie de placer ses caricatures. Seulement d'une part il ne parvient pas à intéresser grand monde avec son art, mais en plus il est tellement malhabile socialement que quand il gagne de l'argent, il ne peut s'empêcher de le donner à un type qui fait la manche! son talent comme son inaptitude sociale ont été repérées tout de suite par un escroc, le Baron Bullourde (Alberto Closas), qui fait dans la fausse monnaie en compagnie d'une belle, très belle dame, Lucile (Sylvia Koscina)... Grâce au béguin qu'il a pour cette dernière, Fulbert est prêt à tomber dans les pièges du baron, et est engagé pour "décorer leur maison", et incidemment à fournir une matrice pour des billets plus vrais que les vrais, que le baron fait passer pour des fournitures de théâtre...

J'imagine qu'il y avait plusieurs attraits extérieurs au moment de s'atteler à ce film, pour Yves Robert, car il me paraît bien peu personnel... Pour commencer, il lui permet pour la première fois, si on excepte les scènes finales des Copains qui voyaient les sept amis colorer la Seine de rose, c'est la première fois qu'il s'y risque. Il est vrai que le film, situé autour d'un artiste, et en Espagne ensoleillée, s'y prête assez bien, mais le metteur en scène n'a pas poussé trop loin l'extravagance colorée pour autant. Maintenant si Robert Hirsch est plus qu'intéressant dans un rôle décalé et assez proche des goûts de Robert pour la comédie classique (il lui fait même emprunter un gag à Tati, lors d'une séquence située dans les premières minutes), je ne suis pas sûr qu'il s'agisse du bon acteur. Et pour aller plus loin, dans cette histoire souvent délirante, et qui part dans tous les sens, on peine à avoir très envie de le suivre, le paradoxe étant que le héros fait tous les efforts possibles et imaginables pour être exclu de sa propre intrigue...

Si certaines idées fonctionnent dans un premier temps (on doit faire évader le héros car on a besoin de son grand talent, mais lui ne souhaite pas désobéir à ses gardiens, ou encore le périple de Fulbert, en macchabée récalcitrant dans un corbillard), elle tendent à donner des séquences qui traînent en longueur. Pire, une séquence à la Tex Avery (un couloir d'hôtel avec des chambres des deux côtés, dans lesquels s'engouffrent sans arrêt ou en déboulent, les héros de l'histoire) est tellement longue qu'elle en devient pénible... Mais le film trait assez souvent son statut, aussi, de co-production franco-italo-espagnole, avec ces à-côtés inévitables (certains acteurs doublés, la nécessité de satisfaire tout le monde)... Reste un insupportable dragueur collant à l'extrême, interprété par Jean-Pierre Marielle avec sa merveilleuse voix de basse, et Jean Yanne en truand-chauffeur extrêmement Parisien qui donnerait vie à n'importe quelle réplique par son accent de Paname...

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Published by François Massarelli - dans Yves Robert Comédie