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15 mars 2021 1 15 /03 /mars /2021 17:27

M. Puc (Fernandel), percepteur, est inquiet: sa tante la vieille Mme Lobligeois (Berthe Bovy) va déménager ses meubles depuis Clermont jusqu'à Paris. Pour se faire, elle doit se rendre en Auvergne avec les deux déménageurs puis revenir en camion... Mais d'une part elle a 80 ans, et d'autre part il fait froid, mais alors vraiment très froid! Pendant le voyage, elle trépasse et les deux déménageurs décident de finir leur course en la "rangeant" dans une armoire à glace, puis de laisser le neveu se dépatouiller avec le cadavre. Seulement à l'arrivée, le camion et tout son contenu (et donc le cadavre de feue la tante) sont volés par des malfrats. Commence alors pour Puc la chasse à l'armoire à glace... Et ce ne sera pas facile.

Carlo Rim semble avoir eu pour ambition avec ce film, de changer l'ordinaire de la comédie à la Française, à l'écart des vaudevilles, au plus près du film noir, mais croisé avec l'humour de la même couleur... Et c'est drôlement réussi. J'imagine que Fernandel s'est précipité sur le rôle parce qu'il souhaitait lui aussi faire quelque chose de différent de son style habituel, et c'est une excellente idée. Et le cinéaste s'amuse d'un rien, avec les codes du film noir d'une part, avec l'atmosphère des films d'angoisse, et avec la France de 1948 représentée avec toute sa saveur... On n'attendait pas d'un film français de cette lointaine époque, une telle réussite dans le mélange des genres, à la façon des comédies noires anglo-saxonnes.

D'une part, Rim fait reposer son film sur des personnages, tous superbement campés en deux temps trois mouvements, à commencer par le médiocre percepteur qui est manifestement sous la coupe de sa tantine, une vraie garce celle-là!  Chaque personnage ruisselle d'une humanité, d'une vie intérieure, parfois hautement crapuleuse... La concierge à tout jamais flanquée de ses deux amies, qui se livrent aux pires commérages, les deux déménageurs (Marcel Pérès, Henry Charrett) qui ne peuvent réprimer une grossièreté franchouillarde assez hilarante, les bandits joués avec justesse, jusqu'au comédien raté incarné par le grand Jean Toulout à la fin du film, chaque caractère de ce film est une histoire à lui tout seul!

Sinon, le scénario est constamment maitrisé, chaque segment savamment dosé. Sans parler d'un dialogue ciselé, qui réussit à faire le portrait et la caricature d'une époque sans jamais forcer le trait... Non, le seul défaut provient sans doute de la façon dont Rim a choisi de finir le film. Quoique... Il a réussi, en utilisant un cliché élimé jusqu'à la moelle, à rester novateur! Un film à redécouvrir d'urgence...

 

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Published by François Massarelli - dans Comédie