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  • : Allen John's attic
  • : Quelques articles et réflexions sur le cinéma, et sur d'autres choses lorsque le temps et l'envie le permettront...
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29 avril 2021 4 29 /04 /avril /2021 09:50

Un inspecteur de police, Park Doo-man (Song Kang-ho) mène une enquête compliquée et qui ne mène à rien, autour des meurtres de plusieurs femmes, tous liés par les circonstances: toutes jeunes, violées et étranglées, et tuées durant une averse carabinée. Il est rejoint par un inspecteur de Séoul, Seo Tae-yoon (Kim Sang-kyeong), qui va sérieusement remettre en cause et bouleverser ses "méthodes"...

Les guillemets s'imposent: confrontés à un serial killer en pleine cambrousse, Park et ses collègues sont bien incapables de quoi que ce soit, si ce n'est harceler la population jusqu'à trouver un coupable... Torturer? Pourquoi pas! D'ailleurs ils sont tellement désespérés qu'ils sont prêts à tout, y compris à "inventer" un coupable en désignant à la justice un gamin avec des problèmes mentaux, proie facile et qu'ils manipulent afin de lui faire dire tout et n'importe quoi...

Le film est âpre, violent, tourné dans des couleurs trafiquées pour être toutes plus moches que les autres, avec une teinte générale entre le brun et le verdâtre... Sauf deux nuances: les crimes ont souvent lieu dans un champ de céréales dont la blondeur tranche avec le reste. Et les victimes (pas toutes) ont en commun de porter des vêtements rouges... On oscille entre des scènes à la limite du burlesque, avec les pieds nickelés du poste de police qui se comportent comme des gosses ou des voyous, et le professionnel de Séoul qui n'en peut plus de leur immaturité... Mais le rire s'étrangle très vite, car si les méthodes changent vers plus de logique et d'efficacité, les résultats, eux manquent à l'appel.

Au final, le film nous offre une vision de la façon dont le crime et le mal finissent par tout corrompre, avec la rigueur d'une mise en scène qui choisi de s'arrêter aux faits, saisissant dans l'urgence uniquement les comportements des inspecteurs. La caméra se met presque à les suivre y compris dans leurs égarements, comme pour en suivre la véracité... ca en est même dérangeant, mais c'est voulu: voilà une approche fascinante du film de serial killer, qui semble prendre le genre là où il était, pour le bouleverser totalement.

 

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Published by François Massarelli - dans Bong Joon-Ho Noir