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30 juin 2021 3 30 /06 /juin /2021 17:17

Les Washowski ne sont pas simples: leurs films sont souvent un écheveau complexe reposant au mieux que des structures liées à deux univers au moins, quand ce n'est pas comme dans leur série Sense8 sur huit personnages, mutants sensoriels interconnectés... On connaît Matrix et ses héros qui se déguisent en ninja du futur (gros manteau en cuir et lunettes de grosses mouches) dans le but de passer inaperçu, mais Matrix a été un énorme succès (pourquoi d'ailleurs, ça me dépasse). Pas Cloud Atlas.

D'ailleurs, ce film de 2013, qui a quand même du beau monde au générique, a droit à sa recherche "explication de Cloud Atlas" sur Google. Pas de panique, il y en a pour beaucoup de films, et pas forcément uniquement pour ceux qui sont complexes! De fait, Cloud Atlas est à la fois complexe par sa structure et ses ambitions, et simple comme bonjour. La preuve?

Complexe: six histoires, avec une récurrence des mêmes acteurs dans des rôles systématiquement différents. En bonus, les actrices et acteurs échangent parfois leur identité sexuelle, et les histoires n'ont intrinsèquement pas de lien entre elles, si ce n'est un personnage, par-ci, par-là. Chaque histoire est égrenée sur l'ensemble de 172 minutes, en ordre chronologique, et les liens de transitions sont à la fois arbitraires et thématiques, jouant souvent sur l'effet et les associations d'idées. Ainsi, quand dans une des histoires un personnage est tué, puis glissé dans un le four d'un crématorium, la séquence suivante, appartenant à une autre narration, nous montre les restes d'un incendie. Des personnages "répondent" aux questions des protagonistes d'une autre intrigue, et les "points" marqués dans leur progression par les personnages semblent également bénéficier à leurs collègues d'un autre arc narratif...

Ce qui nous rappelle furieusement quelque chose, à nous autres qui étudions de près le cinéma muet, mais n'allons pas trop vite.

Simple comme bonjour: chaque intrigue se situe dans une époque clairement définie (de 1845 au 25e siècle) des personnages ont des problèmes, ils tentent d'y remédier, et ils y parviennent... Plusieurs couples (Doona Bae et Jim Sturgess, Tom Hanks et Halle Berry, Jim Broadbent et Susan Sarandon, Ben Whishaw et James D'Arcy) se maintiennent d'une intrigue à l'autre pour triompher à la fin, et sinon les méchants sont systématiquement Hugh Grant et Hugo Weaving... 

Le film passe d'un genre à l'autre, avec une thématique forte mais simplissime (apprentissage et acquisition de la liberté, triomphe du bien sur le mal, triompher de la lâcheté, découvrir un complot mondial, ne pas être bouffé par des cannibales, etc), et sans jamais se restreindre sur le bizarre ni sur la comédie. Il en résulte une poésie du trop plein, qu'on ne va pas condamner trop vite (et Kubrick? Et Gance? ...Et Griffith, alors?) parce que tant qu'il y aura des artistes pour trouver un budget aussi pharaonique pour faire des films aussi uniquement étrange, qu'importe qu'il y ait des moments de ridicule absolu, après tout ça témoigne encore d'une certaine vivacité du septième art.

Oui, un art.

 

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Published by François Massarelli - dans Washowski Science-fiction Tom Hanks