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21 juin 2021 1 21 /06 /juin /2021 17:07

A l'origine du film, il y a une pièce de Hector Turnbull, qui sera adaptée trois fois avant cette version à la Paramount sous le titre de The cheat: la première et la plus importante des trois versions est la plus importante, c'est bien sûr celle de Cecil B. DeMille, qui proposait une révolution stylistique monumentale, se plaçant quasiment à la source de tout un pan de la sophistication du cinéma Américain muet... Et pas que des Américains, d'ailleurs: en France, des futurs cinéastes seront bouleversés par ce film. Parmi eux: Marcel L'Herbier...

C'est là que ça devient bizarre: Jean Renoir, par exemple, viendra au cinéma après avoir vu Foolish Wives de Stroheim, et y restera malgré des échecs en cascade après avoir vu Greed du même auteur. Il y aura émulation, certes, mais le français ira chercher dans Zola ce que Stroheim a trouvé dans Norris: les vaches sont bien gardée, quoi! Mais j'avoue avoir du mal à comprendre la motivation pour L'Herbier de refaire ce qu'il considère, il l'a souvent dit, comme son film préféré, en tout cas celui qui l'a le plus marqué! Il va aller jusqu'à embaucher l'acteur principal, 22 ans plus tard. Et il enfonce le clou, puisque sa version commence par un rappel de la version de 1915, images à l'appui! 

Le script élabore l'intrigue, donne plus de contexte, en imaginant cette fois des occidentaux venir en orient et non le contraire; c'est là-bas, troublée par l'exotisme, et l'érotisme des Orientaux, que l'héroïne (Lise Delamare) va passer du statut de bonne petite bourgeoise à celui de flambeuse, sous l'influence conjuguée des notables blancs locaux, et d'un mystérieux prince Mongol, Lee-Lang (Sessue Hayakawa), pendant que son mari (Victor Francen) ne s'aperçoit de rien, trop occupé qu'il est à froncer les sourcils en permanence. Et L'Herbier a rajouté un personnage, un bandit dans l'âme dont les manigances ne semblent pas donner beaucoup de résultats (Louis Jouvet), bref un type qui ne sert à rien, si ce n'est être Jouvet, ce qui n'est déjà pas si mal. Et le script délaye au maximum ce qui reste évidemment le clou du spectacle: le marquage au fer rouge de l'héroïne par le prince Mongol...

Bon, Sessue Hayakawa est très bon, mais il ne comprend pas un mot de français, et nous non plus quand il parle. Lise Delamare est intéressante quand elle se tait, mais dès qu'elle l'ouvre... c'est la malédiction de l'acteur français et de ses automatismes: "Oh, ça a l'air si intéressant, à quel jeu jouent-ils, ces charmants petits chinois? Oh, mon dieu, j'ai gâââgné! Victor Francen fronce donc les sourcils, Jouvet est Jouvet et le film est totalement inutile. 

 

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Published by François Massarelli - dans Marcel L'Herbier