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28 novembre 2021 7 28 /11 /novembre /2021 11:28

A l'origine, c'est un collectif d'artistes amateurs et aspirants cinéastes qui se sont rendus responsables de cette étrange production, perdue pendant 45 ans et retrouvée par Kinugasa dans une cabane de jardin en 1970! Le film est privé d'intertitres, autant par défi avant-gardiste (voir à ce sujet le Ménilmontant de Kirsanoff, sorti la même année) que parce qu'au Japon la norme était pour les films muets d'être projetés en compagnie d'un narrateur, le benshi. La version actuellement disponible, amputée d'une partie de son contenu, est assez difficile à suivre, d'autant qu'il s'agit moins d'un film narratif que d'un film à sensations...

Dans un asile, un vieux concierge, qui s'est porté volontaire pour le poste suite à l'internement de son épouse, observe avec anxiété cette dernière sombrer de plus en plus dans la folie, sous l'oeil inquiet de leur fille, et pendant qu'au coeur de l'institution, une femme danse comme elle respire, croyant revivre sa carrière de ballerine d'avant l'internement...

Apparemment, l'influence la plus marquée sur ce film est celle du cinéma Allemand post-Caligarien, mais on peut sans trop de problème effectuer un parallèle avec les films Soviétiques contemporains: Kinugasa utilise à merveille le montage pour créer un maelstrom de points de vues: les deux qui dominent sont celui du vieux mari, qui observe dans la tourmente l'évolution de son épouse, et le point de vue de cette dernière obtenu au moyen d'objectifs déformants et de démultiplications de l'image. L'essentiel du film se situe entre des flash-backs, narrativement plus sensés, et des scènes nocturnes, avec une utilisation enthousiasmante des ombres.

Il va de soi que pour un pays qui peu de temps auparavant hésitait à confier à des femmes des rôles à l'écran, ce film est d'une modernité hallucinante, et près d'un siècle plus tard, le malaise qu'il distille avec cette histoire qui finit épouvantablement mal, est toujours palpable... Quant à Kinugasa, il est devenu un classique parmi les classiques du cinéma Japonais! Pas ce film, pourtant, qui reste définitivement dans une catégorie à part...

 

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Published by François Massarelli - dans 1926 Muet Teinosuke Kinugasa Avant-garde