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31 décembre 2021 5 31 /12 /décembre /2021 19:44

Ce surnom, la Baronne Irène de Rysbergue (Maria Jacobini) le doit à son benjamin, qui l'a ainsi nommée le jour où elle a essayé un costume qui rappelait fortement un oiseau. Costume qui a valu à son mari de proférer une saleté du genre: "à votre âge, franchement..."... le ton est donné: la baronne souffre de ne pas se sentir vieille, mais de constater que son mari, lui, le pense... tout en courant à droite à gauche. Alors quand elle attire l'attention d'un séduisant jeune capitaine de Spahis, qui est subjugué par elle, elle le suit jusqu'en Algérie, et bref, abandonne son mari qui la néglige, son grand fils qui est coincé, et son benjamin qui est trop jeune pour comprendre tout ça...

L'âge de son interprète est un élément crucial pour le film. A 37 ans, Maria Jacobini peut à loisir louvoyer entre les probables 45 ans de son personnage, et le sentiment d'être restée jeune qu'elle affiche dans la première partie... La chute n'en sera que plus cruelle: car en Algérie, on fera remarquer à son amant qu'il a une mère bien séduisante... Jacobini et Duvivier jouent à fond sur le maquillage et les gros plans qui trahissent les petites rides, vues dans un miroir par des yeux de plus en plus inquiets... 

Il y a deux dimensions dans cet avant-dernier film muet de son auteur, longtemps passé au purgatoire des films négligés: sorti à l'aube du parlant, il a été maltraité par la critique et boudé par le public. Alors, oui, c'est un mélo bourgeois, de la pire espèce, doublé d'un film qui se passe aux colonies... Mais Duvivier s'est quand même doublement fait plaisir: d'une part, en tournant en Algérie, où il a bénéficié d'un soleil permanent, ce qu'il n'avait pas eu pour L'agonie de Jérusalem; et il a orchestré autour de son interprète une mise en scène constamment inventive, qui illustre avec la cruauté qu'on lui connaît le point de vue de la Baronne... Si l'aventure algérienne tourne parfois au décoratif de luxe, la thématique de l'âge reviendra, notamment dans La fin du jour et Carnet de bal.

Quant à son interprète, qu'il est rare de voir aujourd'hui, elle est parfaitement splendide de bout en bout dans un rôle difficile.

 

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Published by François Massarelli - dans 1929 Muet Julien Duvivier