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7 mai 2022 6 07 /05 /mai /2022 16:39

La maternité, c'est bien sûr LE thème le plus souvent présent chez Almodovar, et donc on y retourne avec une nouvelle variation; deux femmes arrivent ensemble à la maternité: Janis (Penelope Cruz) est enceinte de son amant, Arturo, un homme qu'elle a connu professionnellement, avant d'avoir une aventure avec lui. Il est marié, et son épouse est atteinte d'un cancer, autant dire que Janis élèvera sa fille Cecilia toute seule. De son côté, Ana (Milena Smit) est une adolescente qui est tiraillée entre un père dépité et une mère absente. Sa grossesse est le fruit d'une nuit de saoulerie, durant laquelle elle a été abusée par tellement d'amis qu'elle ne sait pas qui peut être le père. Sa fille s'appellera Anita.

Quand Arturo (Israel Elejalde) voit Cecilia, il est formel: ce n'est pas sa fille. Même Janis finit par douter et effectue un test ADN. Le verdict es très clair, Cecilia n'est pas sa fille... Mais plutôt que d'avertir Ana, Janis qui aime Cecilia décide d'étouffer l'affaire. Mais quand elles se revoient, la petite Ania est morte... 

Parallèlement à cette intrigue de mélodrame pourtant totalement plausible, Janis, qui est photographe professionnelle, est engagée dans une cause qui va à l'encontre de l'attitude de la Droite Espagnole (alors au pouvoir, le gouvernement étant sous la direction de Mariano Rajoy, très occupé à gommer les fêlures de l'histoire dues au fascisme): elle souhaite qu'on exhume les corps d'une fosse commune, des militants républicains, tous habitants du village dont elle est originaire. C'est pour cette raison qu'elle avait rencontré Arturo, anthropologue qui connaît l'art et a manière de déterrer les mystères du passé. Le film se situe donc entre ces deux courants: d'un côté, le mélodrame avec la symbolique des deux mères, l'une tournée résolument vers l'avenir et l'autre solidement campée dans la posture d'une découverte du passé, tout en assumant pleinement sa fonction de témoin: son appartement regorge de visions photographiques du passé, là où la maison bourgeoise dans laquelle, abandonnée à son sort, Ana élève sa fille, est décorée "à l'ancienne"; de l'autre, l'histoire de l'Espagne et sa violente fracture du XXe siècle, un drame que l'on ne doit pas oublier. Le mélodramaturge rejoint ici le militant Almodovar pour un chassé-croisé inattendu, qui fera date, car c'est, une fois de plus, un film exceptionnel.

 

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Published by François Massarelli - dans Pedro Almodovar