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14 mai 2022 6 14 /05 /mai /2022 10:44

Meilin "Mei-Mei" Lee est une jeune fille de Toronto, qui se définit comme à l'aube de sa vie d'adulte, car elle a... treize ans. Chinoise, élevée entre traditions et modernité, elle a beaucoup participé au culte des ancêtres dans sa famille, dont les parents gèrent un petit temple à la gloire de la famille Lee et de sa filiation par des contes et légendes au dieu Panda roux... Mais c'est aussi une adolescente de 2002, très intégrée dans une bande de copines très soudées, toutes fans d'un boys band dont on annonce qu'il pourrait bien, un jour, venir jouer à Toronto.

Mei-Mei a du mal à assumer son indépendance face à une mère envahissante, et ses copines sont inquiètes pour elles... D'autant qu'un jour le malheur arrive: non pas le souci qui arrive à bien des futures femmes aux alentours de cette aube d'adolescence, mais bien pire: Mei-Mei est affligée d'une malédiction familiale, qui a donné à tous les membres féminins de sa famille un don de métamorphose en grand panda roux... Ce qui va poser problème puisqu'en attendant qu'elle puisse "contrôler son Panda", le jeune fille doit subir des transformations à chaque émotion forte, c'est à dire toujours...

C'est le premier long métrage de Domee Shi, qui a mis énormément d'elle-même dans ce film, situé dans sa communauté et dans sa ville d'adoption. De là à parier qu'elle ait eu un problème avec sa mère durant l'adolescence, il n'y a qu'un pas que le film nous engage allègrement à franchir! Car très vite on verra dans le film que la vraie malédiction, pour Mei-Mei, au delà de la métaphore menstruelle qui prouve que, décidément, les films distribués par Disney évoluent considérablement, est sa filiation, et la présence immense, incontournable et envahissante de sa maman, et l'incapacité de la jeune fille à assumer son envie de s'écarter du giron familial...

Le fait de passer par une représentation du "monstre" intérieur de n'importe quelle adolescente à travers un animal plus ou moins lié à la culture et la mythologie d'une communauté spécifique est assez typique de Pixar, bien sûr, et avec un gros panda roux, on coche en prime les nombreuses cases d'acceptabilité pour Disney! Mais le film est bluffant pour son invention, et le décalage entre la représentation de 2002 à travers les yeux et la dynamique (excès probable de sucre, ici) d'un jeune fille de treize ans, et le monde intérieur de ces femmes chinoises qui doivent affronter leur panda privatif est une source constante d'émerveillement. Finalement, si ce n'était pour la sous-musique envahissante d'un boys band qui prend un peu toute la place et qui est loin, très loin, de montrer la moindre preuve d'originalité et de talent, et pour la manie agaçante des dessins animés de se terminer sur une tentation étouffante du gigantesque (toujours impeccablement réalisé), le film est un vent de fraîcheur dans un studio connu pour son étonnante capacité de renouveau: chapeau.

...Et en plus, c'est toujours drôle.

 

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Published by François Massarelli - dans Pixar Animation Comédie