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29 décembre 2012 6 29 /12 /décembre /2012 17:50

Bien plus qu'une curiosité, ce film Universal qui date de la période de cohabitation du muet et du parlant est un véritable objet historique... Pour commencer, c'est un des musicals typique de cette période, c'est à dire qu'on y voit bien des gens chanter et danser, mais surtout parce qu'ils travaillent dans le music-hall... Chacun des numéros musicaux est parfaitement intégré, et généralement assez court; de plus, Paul Fejös, qui avait dirigé l'ambitieux film Lonesome (1928) visuellement très impressionnant, fait ici un travail qui intègre de façon saisissante une caméra mobile, d'ailleurs montée sur une grue très en avance sur son époque (Et qui resservira au studio...), et tourne la plupart de ses scènes dans un décor de night-club immense. ensuite, le film est le dernier projet d'envergure de Fejös, qui va vite être cantonné sur des versions étrangères (Big House en français, notamment); pourtant, Broadway n'était pas son projet, lui qui en dénonçait le scénario stupide... Il concerne l'histoire d'un meneur de revue (Glenn Tryon, déja au générique de Lonesome en Monsieur-Tout-le-monde, fait ici une variation sur son personnage) qui rêve de réussir, en compagnie d'une danseuse qui lui préfère le patron du théâtre ou ils se produisent. Ce dernier est un gangster, et l'alcool frelaté coule à flots, les balles pleuvent, et on a le verbe haut, avec cet argot si fleuri qu'on entendra dans tant de films Warner...

 

Le film n'est pas sans charmes, permettant de voir deux actrices, l'une qu'on n'a pas vue souvent (Merna Kennedy, The circus) dans un rare rôle parlant, et l'autre qu'on ne verra plus beaucoup (Evelyn Brent). L'actrice de Underworld est ici dans son élément, jouant la maîtresse d'un gangster abbattu qui le venge. Et la jeune actrice de Chaplin joue la partenaire de Tryon, une danseuse qui risque gros en s'acoquinant avec un gangster... On peut aussi apercevoir une rareté, Arthur Houseman manifestement sobre (Et sans moustache...)! Dans sa version actuelle, probablement reconstituée au plus près de sa durée de 1929, il totalise 105 minutes, et c'est une résurrection: le film a survécu dans deux versions, parlante et sonore, mais aucune des deux n'était complète. La version actuelle incorpore des éléments des deux, et le final en Technicolor, bien abîmé, a pu être réinstallé grâce à sa présence sur la version muette... le film ainsi reconstitué témoigne de l'ambition d'un metteur en scène visionnaire, qui souhaitait donner des ailes au cinéma parlant, anticipant de fait sur des productions bien ultérieures. On ne peut que regretter que Fejös n'ait pas souhaité s'installer plus longtemps à Hollywood, ou il aurait peut-être pu tourner des films selon son coeur...

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Published by François Massarelli - dans Pre-code