Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Présentation

  • : Allen John's attic
  • : Quelques articles et réflexions sur le cinéma, et sur d'autres choses lorsque le temps et l'envie le permettront...
  • Contact

Recherche

Catégories

14 mai 2011 6 14 /05 /mai /2011 08:43

Journaliste sportif, Mike Hagen rencontre une jeune femme, Marilla Brown, designer de mode. ils se marient sur une impulsion, et bien leur en prend, car ils sont faits l'un pour l'autre. De petites ombres au tableau toutefois: il est passionné de boxe, quant à elle la violence lui répugne, et chacun sait que la boxe, comme tous les sports du reste, n'est certes pas le royaume de la subtilité. Elle l'invite parfois à des soirées de présentation de mode, ce qu'il considère comme "un rite païen" auquel il ne comprend rien. Elle vient avec un passé, un ami qui l'a autrefois demandée en mariage, Zach, et Mike ne le supporte pas. Marilla organise chez eux des réunions avec la troupe d'une revue dont elle a créé les costumes, alors que Mike organise des pokers avec ses amis au même moment... Mais le pire, ce sont les petits secrets de Mike, oh, trois fois rien: il a eu une aventure avec la chanteuse Lori Shannon juste avant de la rencontrer, elle en a découvert des bribes, mais il continue à le lui taire; et sinon, il a attaqué un patron sportif, durement, dans une série d'articles, et celui-ci, étant un mafieux (Il gère du sportif, c'est donc foncièrement un malhonnête), lui envoie des menaces de plus en plus caractérisées... Comment va-t-il réussir à cacher cette délicate situation à son épouse, afin de la rassurer?

Ce film est marqué par une idée géniale, qui est exposée dès le générique fini: les protagonistes, enfin cinq d'entre eux (Mike, Marilla, Zach, Lori, et l'incroyable Maxie, un boxeur au rôle crucial) qui vont être les narrateurs successifs se présentent et commentent leur rôle dans la narration du film, en s'adressant directement au spectateur, une façon d'établir tout de suite le ton du film, et le thème très présent de la relativité des événements. La narration, qui passe avec brio de l'un à l'autre, est de fait pour beaucoup dans la comédie. Et puis, bien sur, il y a l'interprétation, dominée par Gregory Peck et Lauren Bacall! Minnelli jour la carte de la comédie sans aucun complexe, dans un film qui lui est atterri dans les mains mais dont il sait quoi faire. la crise conjugale dont il est question, après tout, ressemble à s'y méprendre à une version rose d'autres crises, dans des films sans doute plus personnels. La palette des couleurs ici utilisées nous rappellent également à qui nous avons affaire, et enfin la peinture de mondes différents (Mode, sport, spectacle, télévision, poker et chorégraphie) qui entrent en collision les uns avec les autres, le tout dans une mise en scène élégante et cohérente: c'est un beau Minnelli, il n'y a pas de doute là-dessus.

Le réalisateur s'amuse avec les chocs de deux mondes, plaçant une élégantissime Lauren Bacall dans le chaos du public d'un combat de boxe, ou une bagarre de rue délirante dans les coulisses d'un spectacle à Boston; il joue sur les touches de couleur, en utilisant l'un des gags du film: Marilla mange comme quatre dès qu'elle est amoureuse, nous dit-elle au début. Lors d'une scène de doute, elle est seule dans son lit, en peignoir blanc. tous les draps, et le mur de la chambre, sont blancs. Elle laisse vagabonder sa pensée, se fait peur et se rassure sur l'amour de son mari, et suivant les idées qui lui viennent, elle se saisit d'une belle pomme bien rouge, unique tâche de couleur éclatante au milieu de tout ce blanc. Le recours au rouge des passions, qui tranche sur le noir et blanc sans équivoque de Mike, aussi, la désigne décidément comme une femme de caractère... Minnelli n'utilise pas que le gimmick des narrateurs multiples, il compose avec brio des plans-séquences impeccables (La séquence ou l'insupportable Randy, le chorégraphe, bondit de meuble en meuble) il joue sur l'intrusion de la comédie dans la romance, montrant un dîner qui dégénère avec dépôt de ravioli chaud sur un pantalon (La scène est jouée sans aucune hystérie). Et il demande à ses deux vedettes de ne pas se refréner sur la comédie, parfois physique. C'était risqué (Voir l'abominable Countess from Hong Kong à ce sujet): c'est réussi.

Partager cet article
Repost0
Published by François Massarelli - dans Comédie Vincente Minnelli