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6 janvier 2011 4 06 /01 /janvier /2011 08:45

Beaucoup des films muets de Lewis Milestone ont été longtemps perdus, ou difficiles d'accès, mais depuis quelques années, on a pu revoir quelques oeuvres plutôt intéressantes, voire excitantes. Trois films en particulier, qui datent de la période dorée de 1927 - 1928, nous permettent de juger de l'apport d'un metteur en scène qui a pu, en 1927, obtenir l'Oscar du meilleur réalisateur de comédies... C'était pour ce film.

 

Two Arabian knights (Produit par Howard Hughes, et distribué par United Artists) est situé entre deux films Paramount de 1926 d'un coté (Réalisés après un court passage par la Warner), et les deux autres films du trio mentionné plus haut, la comédie The garden of eden (1927) réalisée pour la Unitetd Artist avec Corinne Griffith, et le superbe film de gangsters The racket (Nominé aux Oscars pour la catégorie "meilleur film" en 1927/28), avec Thomas Meighan et Louis Wolheim, produit par Howard Hughes, mais distribué par Paramount. On peut ajouter à cette période clé deux collaborations pour lesquelles Milestone sera remplacé: par Ted Wilde, pour The kid brother (1927), avec Harold Lloyd, et par Sam taylor, pour Tempest (1928), avec John Barrymore. Si on compte les deux films pour lesquels il n'est finalement pas crédité, mais dont il est généralement dit qu'il a eu un apport important, sur l'un comme sur l'autre (et on constate sur Tempest en particulier qu'il a réussi à imposer son acteur fétiche, Louis Wolheim), on a donc les 5 derniers muets de Milestone, tous sur une période de deux ans, et bien des styles de films différents, du film de gangster à la comédie en passant par le film d'aventures sentimental...

 

Two Arabian Knights (dont le titre est un jeu de mots entre "knights", chevaliers, et "Arabian nights", le titre en Anglais des "contes des mille et une nuits") n'a évidemment pas l'ambition, ni la classe de The racket, mais il est une comédie dont la mise en scène est de grande qualité. Un certain nombre de détails peuvent surprendre, en particulier une attirance pour la vulgarité, contrebalancée par le goût certain dont la mise en scène fait preuve, qui est une marque que l'on retrouve dans Tempest, à travers le personnage de soudard de Wolheim, mais aussi bien sur dans The garden of Eden, et dans le coté "dur", proto-film noir de The racket. Ici, c'est aussi du à la source du film: il est évident que Two arabian Knights est la réponse de Howard Hughes au sucès phénoménal de What price glory en 1926, dans lequel Walsh faisait cohabiter deux soldats à grande gueule, qui rivalisaient de bagarres et de conquêtes. Si le film de Milestone commence dans les tranchées, bille en tête, quasiment par une bagarre entre l'un (William Boyd, simple soldat) et l'autre (Louis Wolheim, sergent), alors qu'un bataillon de soldats Allemands médusés attendent que les deux hommes s'aperçoivent de leur présence, avant de les faire prisonniers... le ton est donné, mais la rivalité restera physique, les deux hommes pactisant assez rapidement dans le camp de prisonniers. puis ils s'évaderont, déguisés en prisonniers Arabes, en volant au passage deux burnous à deux prisonniers Nord-Africains, puis les péripéties les amèneront sur un bateau, et là ils sauveront une jolie princesse interprétée par Mary Astor, qui les amènera à d'autres aventures plus idiotes et réjouissantes les unes que les autres.

 

Contrairement à What price glory, qui se vautre dans le picaresque par politesse, afin de ressentir en creux le désespoir de la guerre, Two Arabian knights n'est rien d'autre qu'une comédie, et la guerre en elle-même est vite oubliée. Ce coté décérébré du film est parfaitement assumé, et a un effet sur le moral qui est loin d'être négligeable. On peut y trouver à redire (Une fois de plus, les Arabes sont maltraités dans le film: bien que prisonniers au même titre que les héros, ils sont traités comme des ennemis, puis deviennent une menace incompétente lorsque les deux hommes sont en Arabie.) mais le but, de fournir une comédie enlevée et menée tambour battant, et mise en scène avec classe, est accompli.

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Published by François Massarelli - dans Muet 1927 Lewis Milestone