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  • : Quelques articles et réflexions sur le cinéma, et sur d'autres choses lorsque le temps et l'envie le permettront...
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22 avril 2013 1 22 /04 /avril /2013 08:51

Firefly est un accident de l'histoire, une de ces séries qui ont souffert de la pléthore des années 2000 sur les networks Américaines; de plus, le temps de plus en plus court durant lequel toute série doit faire ses preuves, et le manque d'enthousiasme des chaines en ont eu la peau alors que seuls 14 épisodes en avaient été réalisés, dont seuls 4 ont été diffusés. Joss Whedon, heureux papa de Buffy the Vampire Slayer et Angel, avait réussi à se lancer en compagnie de son complice Tim Minear dans un show de science-fiction innovant qui venait à point nommé pour le sortir de sa routine: d'une part, un univers futuriste original et particulièrement bien campé, montrant comment l'humanité avait évolué en quittant la terre devenue trop petite (Et désormais obsolète, devenue quasi mythique sous le nom de 'Earth that was', la Terre-qui-n'est-plus), en créant des mondes à l'extérieur de notre univers dans une nouvelle galaxie; on y "terraformate" les planètes avant de les coloniser, et ceci résulte en une des meilleures idées de la série: les gens n'y sont pas des guerriers en uniforme plastique, des Flash Gordon conducteurs de Falcon Millenium où des scientifiques en pyjama moulant: ce sont des pionniers, des gens qui vont conquérir l'espace avec de la boue sur les bottes, des ruraux qui refont le monde à partir de la base: Firefly était, après tout, un héritier paradoxal du western tout autant que de la science-fiction. Au milieu de tout cet univers cohérent et particulièrement séduisant, Whedon a introduit un passé qui incorpore une ligne de rupture dans l'humanité: après quelques années de cette nouvelle ère, une Alliance des planètes s'était formée dans le but d'assoir le contrôle de tout l'univers, afin de créer in fine une société sans crime, sans oppression, sans péché... que les gens le souhaitent ou non: cette tentation totalitaire n'a évidemment pas été du gout de tous, et une guerre a donc eu lieu, dont le point d'orgue, le baroud d'honneur des indépendants, fut la bataille de Serenity Valley, la vallée de la Sérénité. L'alliance y a écrasé les derniers rebelles, et deux d'entre eux se sont donc retrouvés sur le carreau, avec une forte envie de ne pas se plier aux règles: ils ont donc acheté un vaisseau, un Firefly (Un gros machin qui ressemble à une luciole, d'où le nom), l'ont inévitablement appelé Serenity, et se sont lancé dans le commerce et le transport de marchandises, disons... Parallèle!

 

Le capitaine (Anciennement sergent dans l'armée indépendante) Malcolm Reynolds (Nathan Fillion), flanqué de son second Zoe (Gina Torres) sont donc les premiers matelots du Firefly, vite rejoints par une mécanicienne de génie, Kaylee (Jewel Staite) et un pilote sans faille, Wash (Alan Tudyk), qui va d'ailleurs séduire Zoe, et l'épouser. Pour compléter l'équipage, un mercenaire a été engagé, une grosse brute sans aucun scrupule, sans principes, à surveiller donc, qui va parfois amener des ennuis plus gros que lui: Jayne Cobb (Adam Baldwin). En plus de cet équipage prèt à tout affronter, le Firefly Serenity accueillera aussi des passagers, dont quatre vont devenir permanents: tout d'abord, déjà présente au sein de la petite famille quand la série commence, Inara (Morena Baccarin) est une "compagne", soit une prostituée de luxe, mais en plus compliqué: c'est un métier de prestige, qui apporte au Serenity un air de respectabilité. Inara est très bien intégrée sur le vaisseau, même si elle bénéficie de son indépendance, louant une navette ou elle vit, et parfois officie. Le prêtre ('Shepherd', c'est-à-dire berger) Book (Ron Glass) est un sexagénaire qui est venu sur le tard à la prêtrise, et s'intègre très bien lui aussi à l'univers du vaisseau; enfin, Simon et River Tam, arrivés sur le vaisseau lors du premier épisode, soit en même temps que Book, sont des fuyards, des transfuges de l'autre monde, celui de l'alliance, dont leurs parents riches furent des soutiens de poids; ils se sont échappé car River, enfant prodige, était la prisonnière des scientifiques de l'Alliance, qui l'utilisaient comme cobaye; Simon, jeune médecin surdoué, a tout plaqué pour sauver sa soeur, et l'a introduite en contrebande sur le Serenity, mais leur statut de fugitifs a sans doute empêché Malcolm de les dénoncer; si les services du médecin (Sean Maher) vont vite s'avérer utiles, l'incontrôlabilité de River (Summer Glau) sera vite un problème, en particulier pour Jayne...

 

L'univers, en dehors de cette famille  paradoxalement assemblée par un esprit de résistance partagé officiellement par seulement deux membres (Le capitaine Mal Reynolds et Zoe), est constitué comme je le disais de dizaines de planètes en des états variés d'acclimatation et d'installation, dépendant des intérêts de grands groupes industriels, de tripatouillages diplomatiques et bien sur de la richesse, ou de son absence, des habitants. L'ethnocentrisme Anglo-Saxon voire Américain, une erreur autrefois commune des sagas de Science-fiction a été évitée, puisque l'univers y est essentiellement d'inspiration Chinoise, et la première religion est le bouddhisme, conférant d'ailleurs eu prêtre Book (Chrétien) un aspect gentiment exotique. Un calcul simple: dans plusieurs siècles, les Chinois seront tellement nombreux... Le chinois envahit dont tout, et reste la principale langue pour la grossièreté, une ficelle qui permet à Whedon de nous montrer des gens qui sont certes fort grossiers, mais sans jamais traduire les insultes, jurons, interjections et autres; de la même façon que l'Anglais a été colonisé par le langage (Le Chinois étant devenu la langue officielle), la culture s'est orientalisée un peu plus aussi, dans les vêtements, et comme dans Blade Runner, les rues sont peuplées d'échoppes de nouilles. La référence au film de Scott n'est ici pas un hasard, il y a fort à parier que l'influence en est consciente, mais la série est bien plus généreuse, moins glacée que la création de Ridley Scott. Pour en revenir au langage, celui-ci a évolué sans parler de l'introduction du Chinois: des expressions actuelles ont évoluées pour se figer dans des formes impropres, par exemple God Damn, devenu dans Firefly Gorram. Certains mots ont évolué de façon familière aussi, comme Universe, devenu 'verse. une façon subliminale de décharger le mot de sens, maintenant que l'univers a perdu de son mystère après avoir été conquis par une seule faction? En tout cas dans ce monde multiculturel, ou se croisent des riches (Les Tam), des pauvres (Reynolds et sa troupe), on croise des gens de toutes origines: Africaine (Zoe), Anglo-Saxonne, voire Anglaise ( Badger, un complice occasionnel de Malcolm), et d'un exotisme Est-Européen (Niska, un riche malfrat sadique aperçu dans deux épisodes). Complété par le très séduisant mélange entre conquête pionnière façon western et modernité post-intergalactique, l'univers de la série est visuellement très riche.

 

Whedon a comme d'habitude pris en main la dimension visuelle de la série, en particulier en mettant en scène lui-même les deux pilotes (Le premier n'avait pas satisfait, il a donc fallu en tourner un deuxième, mais l'équipe les a rendus complémentaires, ce qui évitait  le gaspillage); son style, fait de plongée au coeur de l'urgence des situations avec ou sans l'aide de plans-séquences magistraux, et d'un parfait équilibre entre morceaux de bravoure, dialogues ciselés et coups de théâtre violents, fait mouche. Il a aussi décidé, à juste titre, de conférer un peu plus d'urgence au style visuel en imposant le recours à une caméra tremblée, réactive, à des années lumières d'un style léché, glacé, esthétisant: la vie sur le Serenity n'est pas de tout repos, surtout quand pèsent les menaces: l'Alliance cherche bien sur River et Simon, et ont dépéché deux énigmatiques tueurs aux gants bleus (Qui étaient sensés prendre de l'importance au fur et à mesure de la série); des chasseurs de primes les recherchent, et le dernier épisode de la série montre comment l'un d'entre eux a bien failli réussir; les missions proposées sont parfois fort dangereuses, comme celle qui leur est confiée par Niska: qui faillit à son contrat doit ensuite passer par une mort atroce, précédée de tortures toutes plus sadiques les unes que les autres. Donc lorsque le vieux bandit leur confie la mission de voler des médicaments qui sont indispensables à la survie de la communauté à laquelle ils sont destinés, l'équipage décide de ne pas éxécuter la mission, devenant du même coup passibles de subir une effroyable punition; les rencontres avec l'Alliance sont nombreuses dans la série, mais on y constate souvent le flou idéologique des gens qui travaillent pour les nouveaux dictateurs de l'univers, rejoignant d'ailleurs un thème qui est très présent dans Angel: on y comprend bien que les génies du mal sont représentés par la firme Wolfram & Hart, mais tant de gens travaillent pour eux qu'on sy perd, semblant finalement diluer le mal dans le dédale des activités: c'est la même chose ici: l'Alliance est le mal, mais un mal assumé par tant de personnages que plus personne ne le conteste.

 

Les principales menaces sur le bien-être de nos héros restent d'une part les Reavers (Nommés "termites" en Français), des humains qui sont "allés au bout de l'humanité et en sont revenus fous" selon les mots de Book, des brigands bestiaux devenus cannibales, qui sont une menace peu vue dans la série, mais ressentie, et dont le film Serenity explique l'existence au cours d'un passage assez embrouillé du reste. Ils fournissent de très beaux moments de suspense, et sont un fil rouge qui permet de fournir de la matière aux nombreuses menaces de la vie dans l'espace. L'autre menace qui ne sera pas vraiment explorée dans la série, et abendonnée pour le film, revient encore à l'angoisse de Whedon devant les corporations: il avait commencé à truffer sa série de publicités, visions subliminales d'une marque de médicaments qui devaient apparaitre comme le deux ex machina du nouvel univers, le véritable contrôle maléfique du monde. Les hommes aux gants bleus aperçus dans quelques épisodes (Et ressentis par River dans une crise de divination, qui lui fait dire "two by two, hands of blue", ils vont deux par deux, ils ont des mains bleues... Ce que ses compagnons de voyage prennent comme un délire) sont une des incarnations de ce cartel maléfique. Et puis, menace la plus indicible, la plus complexe, River elle-même, cobaye de l'Alliance en raison de son extrême intelligence, de ses capacités psychiques, et de son hypersensibilité, va permettre à nos héros d'aller de surprise en surprise: "implantée" d'informations, dotée même de balises psychiques de manière à ce que l'Alliance finisse par la retrouver, River est aussi une petite fille qui n'a pas fini de grandir, et qui s'avèrera aussi touchante que dangereuse, aussi incontrôlable que fragile... Y compris avec un gros flingue en mains. Parmi les pistes non explorées de la série, figure aussi la véritable histoire de Book, dont on voit dans quelques épisodes qu'il est connu voire craint, tirant parfois ses compagnons d'infortune de mauvais pas, qu'il a du métier dans les arts martiaux et le maniement des armes, mais... on n'en saura pas plus. Au passge, le personnage peut suprendre dans une série d'un athée comme Whedon, mais celui-ci aime à faire s'allier les contraires, et Book apporte plus de sagesse philosophique que de véritable pensée religieuse... Il est une indispensable part de l'humanité, qu'on le veuille ou non, comme le belliciste mercenaire Jayne ou le fragile médecin Simon.

 

Véritable laboratoire pour Whedon et sa bande, la série a donc survécu durant quatorze épisodes dont un double, mais tout en attirant beaucoup de monde, n'a pas convaincu. Le résultat est bien sur que le culte qui s'est développé après l'arrêt de la série est en particulier justifié par les promesses de ces premières heures, mais il faut le reconnaitre: la richesse de ces épisodes, de cet univers, la multitude de possibilités laissées ouvertes laisse pantois. Et comme d'habitude, Firefly / Serenity qui après tout nous parlent d'un groupe humain en vadrouille, est une fois de plus une métaphore de la famille pour Whedon, qui a assemblé avec ses 9 héros une groupe fascinant, dont tous partagent qu'ils le veuillent (Mal est parfaitement concient de sa faiblesse, sa fidélité pour les gens) ou non (Jayne n'a aucun complexe à trahir aussi bien les Tam que Malcolm le moment venu, mais se prendra lui aussi à agir pour le bien commun. Plus ou moins!) le même destin, liés par les circonstances, mais aussi l'affection mutuelle: c'est le sens d'une conclusion inattendue à la série, le film Serenity. Lors d'une scène, Mal supervise les premiers pas de River au pilotage du Serenity: "Il faut de la technique, c'est sur, mais un vaisseau comme celui-ci se conduit d'abord avec de l'amour!"... et en terme de sentiments, la série est très riche: Zoe et Wash, le couple officiel, est très solide, et Gina Torres réussit à être très touchante en mercenaire rompue à tous les combats qui fond littéralement à la vue de son pilote. Kaylee (A la vie sexuelle très décomplexée, puisque Malcolm l'a rencontrée alors qu'elle était en plein ébats sexuels dans la salle des machines avec un mécanicien qui la précédée à ce poste!) en pince pour Simon, mais celui-ci est coincé, trop préoccupé de la santé de sa soeur (Ce qui fait dire à Kaylee dans un dialogue du film "Ca fait huit mois que mes seuls contacts se font avec des objets à pile", ce qui choque particulièrement Malcolm!) pour se laisser aller à une attraction qui est bien réciproque. Enfin, Inara et Malcolm sont amoureux l'un de l'autre, mais le métier d'Inara (Compagne de la Guilde, donc officielle, et une prostituée qui choisit ses clients. elle a une fonction proche de celle d'une prêtresse, et le prend très mal lorsque Malcolm la traite de prostituée - "Whore" -, ce qu'il fait environ dix fois par épisode) et la volonté chevaleresque de Mal de ne pas encombrer celle-ci, plus les caractères de cochon de l'un et de l'autre, sont autant d'obstacles. Pourtant tout le monde le sait, et cela occasionne de brefs moments de rapprochements. En particulier lorsque le groupe rencontre son ennemi le plus inattendu: Our Mrs Reynolds raconte en effet comment après une fête sur une planète de pionniers Malcolm s'est retrouvé marié sans la savoir à une jeune paysanne, la pulpeuse Saffron (Voir ci-dessus Christina Hendricks, le rôle de sa vie!), mais celle-ci a tout fait pour qu'il accomplisse son devoir conjugal... afin de l'endormir pour prendre le contrôle du vaisseau. Devant Malcolm, endormi par un baiser empoisonné, Inara perd ses moyens et se jette sur le capitaine, l'embrassant à son tour... pour le rejoindre dans le sommeil!

 

Une fois la série annulée, l'équipe est donc revenue à la charge pour un baroud d'honneur. Comme Whedon ne fait pas les choses à moitié, il a été décidé de faire appel aux dons pour financer un long métrage, ce qui sera finalement repris en main par Universal, mais le film fini est bien tel que Whedon (Dont c'est la première réalisation pour le grand écran, 6 ans avant The Avengers) l'a voulu. Fait exceptionnel, le film réunit tout le casting brillant, les neuf acteurs ayant répondu présents. Morena Baccarin n'y apparait que dans la deuxième moitié (Inara avait quitté le groupe à la fin de la série) et Ron Glass n'y a qu'une petite apparition mais ils sont bien tous là. Le film est un moyen de donner au moins une vraie fin décente à la série, qui passe par la mort de deux personnages, et qui ajoute des pistes plus encourageantes pour les divers arcs narratifs laissé en plan: la fuite et la mise à prix des Tam, les moyens déployés par l'Alliance pour les retrouver (avec un personnage menaçant et intéressant joué par Chiwetel Ejiofor), les réelles raisons de l'existence des Reavers, le couple potentiel formé par Simon et Kaylee, et bien sur l'idylle contrariée de Mal et d'Inara. Le film remplit aussi quelques vides, en montrant dans une séquence d'ouverture le big-bang de cet univers, l'abandon de la terre, puis l'évasion de River. 

 

Serenity (le film, pas l'épisode pilote qui porte ce même nom!) n'est sans doute pas le meilleur épisode de Firefly, mais c'est un moyen décent d'une part de finir la saga (Avec regret, c'est très addictif) voire d'y accéder dans d'assez bonnes conditions, même si le film ne remplit pas totalement sa mission de former une histoire indépendante: celle-ci reste compliquée pour quiconque n'est pas familier de la série. Comme toutes les séries, et les films de Whedon, on y met l'accent non seulement sur l'humanité synthétisée par un groupe familial, mais aussi sur l"importance de la femme, dont les multiples visages dans la série (Kaylee, l'enfant-mascotte, Inara, la belle embassadrice de l'amour, Zoe, la femme forte et combative, River, le phénoménal potentiel féminin et Saffron-Yolanda-Bridget, la féminité extrême passée au service de la traîtrise) sont complétées par la vision fugace d'un lovebot, un robot femelle qui rappellera des souvenirs à tous les fans de Buffy... La femme reste une fois de plus le centre de l'univers, mais aussi sa base et sa finalité. Femmes inaccessibles, femmes fortes aussi, telles ces prostituées (le mot est utilisé par Inara elle-même) qui doivent se défendre contre un propriétaire terrien dans un épisode riche en péripéties, elles font une fois de plus la pluie et le beau temps dans une série dont les actrices sont toutes sans exception fabuleuses... une fois de plus, on note l'importance visuelle de Summer Glau, qui a une façon unique d'utiliser le mouvement (Elle est ballerine) et a pu, dans le film, effectuer elle-même ses propres cascades, ce qui a du plaire à Whedon, qui a toujours souffert à faire doubler ses actrices, en particulier Sarah Michelle Gellar et Eliza Dushku. Dans deux scènes impressionnantes de Serenity, river déploie une science inattendue des arts martiaux; la première fois, c'est dans un état second, mais la deuxième c'est en faisant appel à sa propre volonté... Et puis bien sur, les acteurs là aussi sont tous excellents: comme d'habitude, Whedon puise dans plusieurs viviers: inconnus (Sean Maher), vieux briscards (Ron Glass), jeunes en devenir (Nathan Fillion) , acteurs confirmés (Adam Baldwin) et acteurs de comédie (Alan Tudyk). Tous sont excellents, ont rejoint cette communauté qu'ils n'ont jamais vraiment quittée (Récemment, on a vu Rick Castle - Fillion- dans la série qui lui est consacrée se déguiser en Malcolm Reynolds pour un bal masqué dans un épisode!).

 

Reste que le vrai héros de cette petite famille, c'est bien sur Nathan Fillion. Pour une première véritable interprétation en vedette, le futur Castle a fait plus que du beau travail. Toute réplique gagne à être prononcée par lui, il a une assurance physique absolue, une capacité à passer d'un extrême à l'autre, et aucun scrupule à faire passer son personnage pour un butor s'il le faut; dans un passage de Serenity, il va jusqu'à refuser de sauver un homme qui va ensuite être saisi par les Reavers. Tout au plus lui accorde-t-il une certaine miséricorde en le tuant d'une balle... mais Nathan Fillion est l'un des acteurs les plus doués du moment, et Whedon ne s'est pas privé de faire appel à lui: le super-héros qui afronte Dr Horrible dans la fameuse web-série, ce Captain Hammer victime d'une hypertrophie du pénis, c'est lui. Il gratifie la septième saison de Buffy (Tournée dans le sillage du désastre de Firefly) d'une apparition en méchant prêtre psychopathe qui vole la vedette à tous, y compris au Spike de James Marsters! Et plus près de nous, il fait partie du casting de luxe assemblé par Whedon pour une version de Much ado about nothing très réussie... Mais soyons francs: Fillion, pour moi, c'est Malcolm Reynolds.

 

..."We aim to misbehave."

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Published by François Massarelli - dans Joss Whedon Science-fiction Television