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25 juin 2011 6 25 /06 /juin /2011 11:24

"Un chef d'oeuvre", conclut Patrick Brion dans le texte consacré à ce film, choisi comme représentatif du "cinéma d'aventures", dans un ouvrage paru aux Editions de la Martinière. Sans aller jusqu'à me risquer à parler ainsi de ce film, il faut bien reconnaitre que les gens (Thorpe, l'homme à tout faire de la MGM, et le producteur Pandro S. Berman) qui ont présidé à la réalisation de cette version du roman de Walter Scott ont fait de la belle ouvrage, d'une part, mais aussi un film dont l'interprétation ne se limite pas à la simple vision d'un moyen-âge mythique et distrayant: il y a plus, bien plus...

Comme la légende de Robin des Bois, le film (comme le roman) se situe pendant la régence de Jean, le frère de Richard 'Coeur de lion'. La présence assez voyante de Robin de Locksley dans le film nous rappelle d'autres glorieuses pages cinématographiques, mais il ne s'agit pas de Robin Hood cette fois: le héros, c'est Ivanhoe, un chevalier Saxon attaché à rendre la couronne à Richard, qu'il sait prisonnier en Autriche. Il a pour mission de récupérer une rançon afin de ramener Richard pour flanquer la pâtée à Jean, et sauver l'Angleterre... Mais pour cela, il ne doit pas se contenter d'unifier le clan des Saxons contre les Normands du prince Jean (en sachant que Richard est lui aussi Normand): il lui faut également convaincre la communauté Juive Anglaise de participer à la bataille...

 

Au début du film, Wilfrid d'Ivanhoe (Robert Taylor) , déguisé, participe à un repas chez son père: le vieux Saxon (Finlay Currie) a permis à des chevaliers Normands de partager son repas, dont le puissant Chevalier de Bois-Guilbert (George Sanders); un homme de passage, le Juif Isaac D'York (Felix Aylmer), est lui aussi convié à la table, au nom des lois d'hospitalité. au cours du dîner, qui sert d'exposition des rivalités et de la situtaion politique locale, la présence du vieux Juif semble être précisément le principal problème pour les Normands, là ou le vieux Sir Cedric dit ne pas voir de différence notable entre tous les hommes invités à sa table: le ton est donné... Le film montre ainsi non pas une lutte entre saxons et Normands, comme Robin Hood, mais bien un combat entre ceux qui excluent et ceux qui sont prèts à vivre avec les autres, y compris les Juifs. Le film est plus courageux que ceux des années 30 qui évitaient soigneusement d'utiliser le mot 'Juif' pour raconter l'exclusion vécue en Allemagne nazie, par exemple, mais de fait, la guerre, mais aussi le film The gentleman's agreement (kazan, 1947) sont passés par là. au-delà du message anti-raciste, le film montre aussi en Ivanhoe un homme qui sait contrer ses ennemis, mais aussi ses amis: il affranchit lui-même un esclave de son père, qui lui en voudra.   Bref, on est en pleine naissance de l'humanisme.

Le film ne se contente donc pas d'être un beau film de chevalerie: la thématique de l'exclusion et de l'antisémitisme, d'un choix pragmatique (Tous ceux qui sont aux côtés de Richard expriment souvent un choix par défaut) à des fins politiques, et surtout le bizarre rectangle amoureux formé autour d'Ivanhoe et de la belle Rebecca d'York (Elizabeth Taylor) finissent d'en faire un film adulte et riche. Ivanhoe amoureux de la pupille de son père, la belle Rowena (Joan Fontaine) reçoit l'aide de la mystérieuse Rebecca, amoureuse de lui, et dont la survie est le principal enjeu du combat final: en effet, l'ennemi Bois-Guilbert n'aime pas les Juifs, mais il est subjugué par la belle Rebecca, au point d'être prèt à trahir pour elle, voire à admettre le déshonneur de perdre la face en combat. face à Robert Taylor, le principal atout de ce film est inévitablement George Sanders, dont la vénéneuse voix cache ici de bien troublants tourments intérieurs...

 

...Et en plus, le film a été tourné en Angleterre, dans de vrais châteaux, avec des batailles, des flêches, des ponts-levis... Toute la panoplie!!

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Published by François Massarelli - dans Richard Thorpe