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13 janvier 2011 4 13 /01 /janvier /2011 17:45

Interprété par Léonce perret, et Mme (Valentine Petit), avec la complicité d'Emile Keppens, L'express matrimonial est une comédie de la série Léonce, qui avait rendu l'image du cinéaste célèbre. Affable et rondouillard, il promène sa bonne mine de film en film, ce qui ne l'empêchera pas de jouer occasionnellement les bandits (Le mystère des roches de Kador). L'intérêt principal de ce film en attendant est de proposer une charmante comédie sentimentale qui tire parti d'avoir été tournée dans un vrai train en marche.

L'ingéniosité déployée par Perret pour s'adapter à la situation, et incorporer en plus la notion de défilement, puisqu'on voit effectivement que le décor bouge derrière les vitres, donne un cachet particulier à ce joli film, qui par ailleurs conte comment Léonce se rend chez son oncle, qui lui a trouvé un beau parti et cherche à lui présenter la dame. Mais le héros a fait une rencontre dans le train, et en dépit de l'horrible chaperonne qui accompagnait la dame en question, a sorti le grand jeu... C'est donc bien moins motivé qu'il arrive à destination.

Plutôt que de baser tous ses gags (il n'y en a pas énormément) et toute sa drôlerie sur la drague, Perret joue parfois la carte de l'embarras, à l'instar d'un Max Linder, mais il le fait plus subtilement que Max, préfigurant à sa façon les futures comédies de Charley Chase. Quelques séquences notables nous montrent des solutions inattendues pour un film de 1912, tels ces plans qui incorporent certains des protagonistes par le biais d'un miroir. il ne s'agit pas contrairement à ce genre de dispositif dans les films plus proches de nous d'étendre le champ de vision de la caméra, mais tout bonnement de trouver une solution pour placer la caméra dans un wagon d'un train en marche... Un autre plan, situé à l'arrivée du train, capte l'activité dans les rues (De Niort, semble-t-il) en 1912, la caméra filmant la sortie des figurants et de Léonce depuis la gare elle-même. le contraste entre la rue baignée de lumière, et la pénombre dont sortent les gens, crée une très belle composition.

Une autre voie pour la comédie, basée en France (Voir les films de Jean Durand ou de Roméo Bosetti) sur l'accumulation, la poursuite, le grotesque... Voilà donc ce que cherchait à produire Léonce Perret. Avec ce film, il y parvient sans aucun problème.

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Published by François Massarelli - dans Muet Léonce Perret