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3 juillet 2012 2 03 /07 /juillet /2012 11:24

La carrière de Gance commence en 1910, avec notamment des rôles pour divers films Gaumont; on peut le voir dans un Molière de Perret, dans lequel il assume le rôle principal, et dont il a, il faut le dire, écrit l'argument. Mais ses propres films  de cette époque sont rares, et s'il faut uniquement se fier à ce qu'il en dit lui-même, on est mal parti. Paradoxale pièce à conviction, ce film est le plus notable de ses jeunes années, avant du moins la paire de mélodrames Mater Dolorosa et La dixième Symphonie, qui vont lui permettre d'entamer sa suite d'oeuvres ambitieuses des années 1919-1930. Paradoxal, La folie du Dr Tube l'est à plus d'un titre: d'abord il s'agit d'une comédie burlesque réalisée par un metteur en scène avide de tourner toute sorte de films, mais aussi plus connu pour ses oeuvres sérieuses... Ensuite, c'est un film à vocation expérimentale, dans lequel Gance et son chef-opérateur Léonce-Henri Burel ont expérimenté avec des objectifs déformants, rendant l'image parfois bien difficile à déchiffrer... voire impossible à comprendre!

Pour corser le tout, cette pochade est actuellement disponible dans des versions dénuées de sous-titres, mais au vu de l'ensemble, ils manquant cruellement, on n'est clairement pas devant un film précurseur du Kammerspiel, qui se privait intentionnellement de cartons de dialogues ou d'explications... C'est donc quasi impossible d'en offrir un résumé convaincant. Contentons-nous de dire que dans ce court film (une bobine), un savant fou, le Docteur Tube, a réalisé un produit, une poudre, qui déforme soit la vision, soit les corps, ce n'est pas extrêmement clair. Il l'expérimente sur lui-même et son assistant, avant de s'en servir sur deux infortunées visiteuses, que leurs petits amis attendent impatiemment dans la rue. Lorsqu'ils interviennent à leur tour, ils sont touchés par la loufoque invention, et le spectateur a très mal aux yeux...

 

Le producteur Louis Nalpas du "Film d'Art", comme l'a reporté Gance, a parait-il poussé de hauts cris devant le résultat, qui heureusement ne pousse pas la farce jusqu'à être un long métrage, et aurait, toujours selon les dires du metteur en scène, interdit la diffusion du film. C'est ainsi que d'une aimable mais peu convaincante pochade burlesque un rien bizarre, Gance a pu faire un film révolutionnaire et légendaire, lorsqu'il est ensuite revenu sur l'anecdote, comme par exemple dans le court métrage documentaire Abel Gance: hier et demain, de Nelly Kaplan. Si on veut, le film a au moins le mérite de nous permettre une introduction tumultueuse à un auteur qui n'a jamais cessé d'expérimenter avec les possibilités de l'image. Quant au résultat, le voir aujourd'hui c'est s'exposer à une certaine migraine, mais après tout, on a sans doute vu pire, depuis... Une note pour finir, tous les sites qui mentionnent le film tendent à attribuer le rôle du Dr Tube à Albert Dieudonné, mais ce dernier est l'un des jeunes hommes du film. Quant aux autres acteurs... mystère.

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Published by François Massarelli - dans Muet Abel Gance