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  • : Allen John's attic
  • : Quelques articles et réflexions sur le cinéma, et sur d'autres choses lorsque le temps et l'envie le permettront...
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29 décembre 2010 3 29 /12 /décembre /2010 11:13
Trois courts métrages célébrant le « retour » de James Parrott à la réalisation. Un chef d’œuvre incontournable, un assez bon film avec des moments de grâce loufoques, et un film raté, qui annonce un déclin du court métrage…

The music box (VOLUME 14 )Mars 1932. Réal: James Parrott, 3 bobines.
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Celui-ci n’est plus à présenter: vainqueur d'un Oscar, cette odyssée de deux hommes qui montent un escalier pour livrer un piano est justement célébrée. D'abord, on y massacre un piano, comme toujours, et ensuite, on y dénombre les fameuses 131 marches les plus absurdes de l’histoire du cinéma, celles qu’on utilise pour se rendre chez un professeur qui n’aime pas les pianos. C’est vrai qu’il n’ya pas grand-chose d’autre dans ce film, mais les quelques 20 minutes passées à gravir ces marches sont riches par quelques gags bien placés, et l’habituel chaos né de la rencontre de Laurel et hardy d’un coté, et du reste du monde de l’autre, ici incarné par un policier vindicatif, une bonne d’enfant moqueuse (et revancharde, voyez ce qui se passe lorsqu’elle reçoit un coup de pied méchant asséné par Stan Laurel), et surtout le prof. Theodore Von Schwartzenhoffen, interprété par un Billy Gilbert en belle forme. Ces 20 minutes absurdes sont bien sur possibles à analyser comme une métaphore d’une vie entière à contre-courant, mais il y a mieux à faire : et pour commencer, on remarque assez bien que la fin de la montée des marches dans le film correspond à un passage en studio, alors que le reste du film a été tourné « on location » : les 131 marches sont toujours visibles à Los Angeles, mais elles mènent… à un cul-de-sac. Vous avez dit absurde ?

The chimp (VOLUME 17 ) Mai 1932. Réal: James Parrott, 3 bobines.

Charles Gemora et Billy Gilbert sont les deux autres protagonistes majeurs de ce film parfois mal vu, mais dont la poésie idiote me semble trop contagieuse pour qu’on boude son plaisir. Finlayson, trop brièvement aperçu, est le patron d’un cirque auquel une intervention des deux hommes à tout faire Laurel et Hardy va mettre le feu. Le propriétaire, ruiné, n’a pas les moyens de payer tous ses collaborateurs, et il tire au sort les possessions du cirque afin d’en faire des lots pour redistribuer à tous ses employés : Laurel tire le cirque de puces, et Hardy Ethel le chimpanzé… Qui ne l’aime d’ailleurs pas, elle lui préfère Laurel . Ethel est jouée par Gemora, un artiste spécialisé dans les imitations de gorilles, mais qui fait aussi très bien le chimpanzé… tout ce petit monde (Laurel , hardy, les puces, Ethel) échoue dans une pension de famille tenue par un mari jaloux dont la femme s’appelle Ethel, ce qui va donner lieu çà une série de quiproquos du meilleur mauvais goût, d’autant que le mari est joué par Billy Gilbert.

County hospital (VOLUME 2 ) Mai 1932. Réal: James Parrott, 2 bobines.
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Ce petit film échoue, à cause d’un manque évident de moyens, malgré un excellent début : Laurel visite Hardy qui est à l’hôpital suite à une intervention sur sa jambe. Laurel présent, tout se précipite dans le chaos, et une scène aurait pu être mémorable : suspendus de part et d’autre d’un cable, Billy Gilbert en chirurgien et Hardy en convalescent pendouillent l’un dans sa chambre, l’autre dans le vide… Mais c’est gâché par le recours aux transparences, assez franchement minables, d’autant plus pour un studio autrefois responsable de Safety last, Never weaken et Liberty. Les transparences gâchent aussi, tant qu’à faire, le final-poursuite en voiture, auquel on ne croit pas une seconde.
Pack up your troubles (VOLUME 15 ) Septembre 1932. Réal: George Marshall, Ray McCarey, 7 bobines, 68 minutes

Le deuxième long métrage de Laurel et Hardy n’est pas excessivement meilleur que le premier. Les deux metteurs en scène sont des nouveaux venus, mais l’un d’entre eux n’a pas vraiment été présent, et on soupçonne Ray de n’être qu’un pistonné qui a profité de la notoriété (Et des entrées chez Roach) de son frère pour se faire créditer et payer sans rien faire, en tout cas pas dans ce film, totalement assumé par George Marshall. Ce dernier n’a pas fait un mauvais boulot, avec une histoire assez classique qui renvoie à plusieurs comédies muettes, de The kid à Three’s a crowd. Laurel et Hardy sont deux soldats de la 1e guerre mondiale qui doivent recueillir la fille d’un camarade mort au combat, fâché avec sa famille, et retrouver le grand père de la petite afin de la lui confier. Le film se déroule sans incident notable, avec des gags moyens, mais reste assez inhabituel dans la mesure ou le pathos, et les drames de la guerre y jouent un rôle dont Laurel et Hardy apparaissent conscients. Non que le mélange soit raté, mais cette apparition d’un surcroit de réalisme étonne. De toutes façons, on préfère cent fois cette histoire-ci avec cette petite fille, à l’étrange court métrage tourné quelques semaines plus tard sous le titre de Their first mistake. A noter qu’ici, Laurel et Hardy sont, une fois de plus entrepreneurs (D’un business de Hot-dogs…), mais qu’un certain nombre d’éléments du film renvoient aux démarches qu’ils doivent entreprendre afin d’améliorer leur situation. Donc, décidément, nous somme passées de l’autre coté du miroir, dans un monde plus adulte que d’habitude… Mais qui reste sauvé par l'indéniable tendresse portée par les deux amis à cette petite fille, mais aussi celle qu'on leur porte.

Scram! (VOLUME 12 ) Septembre 1932. Réal: Ray McCarey, 2 bobines.

Ce film, mis en scène (du moins officiellement) par Ray McCarey, est très bon. Il met au prises deux vagabonds, sommés de quitter la vile par un juge irascible (Richard Cramer), avec un bon samaritain saoul (Arthur Housman dans son propre état) : celui-ci, jugeant qu’il ne peut laisser aller deux hommes qui l’ont aidé à récupérer sa clé par un temps aussi dégoutant, les invite chez lui, mais se trompe de maison, et laisse Laurel et Hardy dans les mains de l’épouse (Vivian Oakland, également saoule) du véritable maitre de maison, qui n’est autre que le juge. On regrettera que le juge ressemble à Edgar Kennedy, mais qu’il ne soit que Richard cramer. Sinon, les 5 minutes durant lesquelles Vivian Oakland fait joujou avec nos deux amis sont riches de possibilités : que se passerait-il vraiment si le juge ne rentrait pas, sachant qu’elle les pousse ostensiblement vers le lit ?
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Ah, j’oubliais : en argot de l’époque, « Scram ! », une injonction impérative donc, veut dire en gros « Casse-toi, pauvre con » bien qu’il nous répugne d’utiliser cette expression basse et vulgaire qui n’est digne que des plus goujats parmi les goujats.

Their first mistake (VOLUME 15 ) Novembre 1932. Réal: George Marshall, 2 bobines.
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Parce que Mrs Hardy (Mae Busch) se plaint de voir son mari s’associer constamment avec Mr Laurel, ce dernier suggère à son ami d’adopter un enfant ; mais lorsque de retour à la maison avec un bébé Hardy apprend que son épouse souhaite divorcer, il va donc devoir élever cet enfant seul, ou plutôt avec Laurel, ce qui est pire. L’histoire ne tient pas debout, et par ailleurs, on remarquera la façon dont le bébé devient un objet pur et simple et bruyant. Quelques bons gags sauvent l’entreprise, avec en particulier le biberon que Laurel sort de sa chemise de nuit, comme s’il y était toujours caché, et diverses scènes de destruction dues à la rencontre inopinée entre la tête de Hardy et les meubles.

Towed in a hole (VOLUME 16 ) Janvier 1933. Réal: George Marshall, 2 bobines.

Pour faire simple, disons, que Hardy et Laurel achètent en première minute un bateau à retaper, qu’ils vont saboter en voulant le réparer sur le reste du court métrage. De bons gags, impliquant beaucoup d’eau et de peinture, et un mémorable Tit for tat : cette expression désigne dans le monde de Laurel et Hardy les échanges froids et agressifs, par exemple la réaction de Charlie Hall dans the battle of the century lorsqu’il prend calmement une tarte et l’envoie poliment à la tête de Hardy, déclenchant une réaction en chaine ; ici, Hardy se venge d’avoir reçu de l’eau en posant un tuyau d’arrosage dans la salopette de Laurel, le tout avec le plus grand calme et la plus grande concentration… les échanges se poursuivent ensuite durant 4 minutes… Un autre gag notable arrive lorsque Laurel reste à l’intérieur du bateau, sommé par Hardy de ne rien faire afin d’éviter toute catastrophe : il souffle alors dans son pouce, provoquant un mouvement de son chapeau. C’est la deuxième excentricité physique de Laurel, après ses oreilles qui bougent de Blotto et Any old port! Bientôt, The devil’s brother allait en rajouter dans ce domaine…
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Published by Allen john - dans Laurel & Hardy