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12 janvier 2011 3 12 /01 /janvier /2011 15:33

Un drame à l'usine (1912)

Le pavé de Paris (1912)

 

Sur le coffret Gaumont, le cinéma premier, Volume 2, figure un ensemble de films non attribués, parmi lesquels trois films qu'un certain nombre de détails permettent de rattacher à la filmographie de Perret; Les deux premiers appartiennent au canon réaliste de la firme à la Marguerite, faisant partie, ou étant plus ou moins rattachés à la série "La vie telle qu'elle est", ou s'illustrera en particulier Louis Feuillade, et on pourrait d'ailleurs argumenter par bien des aspects (poésie faubourienne, noirceur du propos, mais force reste à la loi et au capital, présence d'Eugène, ou Edmond Bréon, etc) de leur appartenance à la filmographie de Feuillade, le père des Vampires!

Néanmoins, les deux films possèdent des atouts qui nous permettent d'émettre une autre hypothèse, surtout le deuxième.

Un drame à l'usine raconte la faute d'un contremaître qui frappe un ouvrier; celui-ci doit être hospitalisé, et le contremaître est licencié, mais plutôt que de se venger, il va être obsédé par le remords, et va d'abord venir en aide financièrement à la famille de sa victime, Pujol. Puis il ira plus loin, et réintègrera l'usine après avoir sauvé ses camarades lors d'un incendie.

L'obsession du héros, la façon dont l'action va droit à l'essentiel, sans les sacro-saintes pesanteurs des films de Feuillade, peuvent éventuellement être rattachés à des films de Léonce Perret; dans Le pavé de paris, en revanche, je dirais que ce sont certains ingrédients, et notamment des trouvailles visuelles (Dont le gros plan d'un pavé dans un iris, qui sert de fil conducteur au film), qui nous rappellent les films du même genre dont on sait que Perret les a signés; de plus, on retrouve encore un certain sens du rythme assez enlevé, avec la tendance à ne pas trop en demander aux acteurs, qui vont à l'essentiel: Feuillade, ou Etienne Arnaud, en demandaient plus, voire trop, à leurs interprètes... De toutes façons, on ne saura jamais qui a oublié de signer ces deux films.

 

Le portrait ovale (1910)

(Le portrait inachevé, ?)

 

Ces deux titres recouvrent donc un seul et même film, retrouvé à la Gaumont, sans titre ni indication de metteur en scène, et inclus dans le coffret déja mentionné sous le titre supposé de Le portrait inachevé, sans qu'aucune indication de date ne nous soit donné. Si le film est encore un peu gauche par rapport, disons, à L'automne du coeur, déja vu il ya deux jours, c'est sans doute qu'il date d'avant; Perret a commencé la mise en scène en 1909, et parmi ses filmographies, on indique un "Portrait ovale", d'après Poe, pour l'année 1910. Ce film se rattache en effet à cette histoire, et conte l'obsession d'un homme, un aristocrate qui a tué la femme de sa vie à l'occasion d'un accident de chasse, alors que le portrait qu'il peignait alors d'elle est resté inachevé. Il cherche des modèles pour la remplacer, en vain, jusqu'au jour ou il rencontre son sosie, physiquement du moins, car la jeune femme est, le pense-t-il, indigne de lui: il voit d'ailleurs Jeanne, sa femme décédée, lui reprocher son choix. jusqu'au jour ou pour lui plaire, Madeleine se grime en jeanne...

 

Ca nous rappelle forcément quelque chose; bien sur, Vertigo vient d'une histoire similaire, mais aussi, plus proche de ce film, le beau et très noir Rêves de Evguenyi Bauer: sur un canevas similaire, le Russe allait plus loin dans le drame, mais les trois fils ont en commun le thème du sosie qui va recréer la femme morte. Mais dans ce film, cela s'exprime d'une façon directe, sans trop de pesanteur ni fioriture: Bauer, dont le film date de 1915, délaiera le temps, jouant sur la tension et les tourments intérieurs. Perret, si c'est bien lui, ne s'attarde pas. Mais la façon dont il montre l'obsession, combinée à la tendance à l'adoration de la femme (les cinq premières minutes du film, avec la séance de pose durant laquelle le marquis est hypnotisé par son épouse), nous renvoient à L'automne du coeur, une fois de plus.

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Published by François Massarelli - dans Muet Léonce Perret