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28 juin 2012 4 28 /06 /juin /2012 08:29

Hitchcock ne souhaitait pas forcément adapter le roman que Selznick lui a confié. Ce film est donc une commande, la deuxième de son contrat en bonne et due forme our le producteur indépendant, après Rebecca (1940) et avant The Paradine case (1946). Le film traite d'abord et avant tout de psychanalyse, mais sous le versant criminel, ce qui était clairement au gout du jour dans les années 40: Lang (Secret beyond the door) y a sacrifié, et Van Dyke aussi (Rage in heaven)... L'histoire est bien connue, qui nous emmène dans une institution psychiatrique dont le directeur va être remplacé; le personnel attend le nouveau directeur, en affichant son soutien au partant, le Dr Murchison (Le fidèle Leo G. Carroll). Lorsqu'il arrive, le jeune et séduisant Dr Anthony Edwardes (Gregory Peck) intrigue: sympathique mais il n'a pas l'étoffe d'un directeur d'institution hospitalière... et il a des phobies étranges... Il a aussi tapé dans l'oeil de Constance Petersen (Ingrid Bergman), la pourtant trop raisonnable psychanalyste, dont le flirt n'est pas l'occupation la plus courante. Alors lorsque Edwardes lui révèle qu'il n'est pas ce qu'il a prétendu être, mais un amnésique, et qu'il se croit le meurtrier du vrai Dr Edwardes, elle mobilise toute son énergie et son savoir-faire pour lui faire retrouver la mémoire, et l'innocenter.

 

La psychanalyse, ici, c'est le terrain de jeux du script de Ben Hecht, au même titre que ces pays visités par les héros de To catch a thief (Cartes postales de la Cote d'azur), Foreign Correspondent (Moulins et parapluies Hollandais) ou North By Northwest (Son train mythique, sa gare monumentale, son Mont Rushmore). on aura donc un certain nombre de passages obligés, ainsi que de jolies images, commandées à Salvador Dali pour l'énoncé d'un rêve (Même si il y aurait eu fâcherie, soit entre le peintre et Hitchcock, soit avec Selznick), ou encore de bien belles métaphores (Lors de la scène du baiser entre le frêle médecin et la jolie psychanaliste, on voit en surimpression un couloir barré de cinq portes, qui toutes s'ouvrent gracieusement les unes après les autres). C'est parfois irritant, du reste, de devoir avaler un tel concentré de psychanalyse. Mais Hitchcock réussit malgré tout à maintenir l'intérêt, en offrant une cavale sympathique entre les deux héros, qui va les pousser à partager une intimité qui va au-delà de la simple camaraderie (Certaines conversations font d'ailleurs assez clairement allusion à ette intimité, de façon pas si détournée: ainsi, lorsqu'il est question de partager une chambre); il sait bien sur baliser son histoire de moments intéressants, de la découverte d'un secret enfoui (Traité presque par-dessus la jambe par le dialogue, mais accompagné d'images impressionnantes lors d'une brève séquence) et réussit à faire jouer son humour, en particulier grâce à un personnage assez truculent de vieux psychanalyste auquel on ne la fait pas. La beauté des images de George Barnes se combine avec la science du cadre du metteur en scène pour des images définitives.

 

Si on a l'impression d'un Hitchcock mineur, c'est sans doute que cette histoire ne lui convenait que partiellement, ce qu'il a toujours dit. Il n'était pas à l'aise avec Peck, et trouvait probablement la dose de psychanalyse trop lourde. mais de toute évidence, il a apprécié de travailer avec Ingrid Bergman, qu'il s'est empressé d'engager pour son projet suivant, un film nettement plus personnel celui-ci...

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Published by François Massarelli - dans Alfred Hitchcock