Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Présentation

  • : Allen John's attic
  • : Quelques articles et réflexions sur le cinéma, et sur d'autres choses lorsque le temps et l'envie le permettront...
  • Contact

Recherche

Catégories

17 novembre 2012 6 17 /11 /novembre /2012 16:45

Dans l'impressionnante série de films réalisés par Wellman à la Warner, celui-ci fait partie de la catégorie des réflexions sociales contemporaines; sous la direction du réalisateur de The public enemy, ces films étaient particulièrement intéressants. Star witness fait aussi partie d'un ensemble de films des années 30, de Lloyd (The cat's paw) à Capra (Mr Smith goes to Washington), en passant par DeMille (This day and age) et Brabin (Beast of the city) ou Lang (Fury) qui exploraient des voies parallèles à la démocratie en ces temps troublés...

 

Un crime a lieu en pleine soirée, dans la rue, sous les yeux d'une famille réunie pour prendre son repas. Plus grave, le gangster responsable du meurtre et son gang s'introduisent chez les Leeds, et les menacent de représailles s'ils parlent. Le procureur Whitlock (Walter Huston) est décidé à les faire témoigner, et ils acceptent, jusqu'au jour ou le père de famille est enlevé et tabassé, puis c'est au tour de l'un des garçons du foyer, le jeune Donny, d'être kidnappé... la famille prend peur, et à l'exception du grand-père (Chic Sale), un ancien de la guerre de Sécession, ils prennet la décision de céder à la menace... Whitlock essaie de les faire changer d'avis.

 

Le film se situe dans un milieu qui n'a rien d'aisé, dans une famille ou tout n'est pas rose. Par exemple, le père est inquiet quant à l'avenir de son grand fils, qui a quitté l'école mais ne cherche pas de travail; le grand-père, un vieux soiffard et pique-assiette, fait le mur de la maison de retraite pour venir sincruster à table... Le père travaille, et essaie de faire passer ses messages sur l'éthique à ses enfants, mais cela ne va pas toujours dans le bon sens. Bref, nous dit Wellman, des gens comme tout le monde. Il explore ensuite, avec le style coup de poing qui le caractérise, de montrer non seuleemnt le fonctionnement de la loi, mais aussi ses limites, et il nous montre le gangstérisme au plus près. on sait avec quelle efficacité il en était capable... a ce titre, Star witness est beaucoup plus direct que Public enemy, qui passait par de nombreuses ellispes. Là, c'est directement en pleine figure que la violence frappe: le père passé à tabac par exemple passe un très mauvais quart d'heure, et le traitement réservé à Donny ne fait aucune doute. On comprend de fait l'intransigeance du procureur interprété par Huston...

La loi, nous dit wellman, est absolue, mais a aussi besoin du citoyen. Il prone assez clairement une intransigeance totale, plaide au passage (mais ce n'est pas une surprise en ces temps lointains, hélas) pour une peine de mort considérée d'ailleurs comme une évidence par tous les protagonistes; il passe aussi par une réflexion parallèle à celle qu'il développera sur les anciens combattants dans Heroes for Sale, avec le personnage du grand-père, un héros à la fin, mais qui doit quand même rejoindre la maison de retraite sise tout prèt d'un cimetière militaire... mais surtout il dépeint comme Lang avant lui l'atmosphère particulière d'une époque, sans prendre de gants. et rien que pour ça, on lui pardonnera son réquisitoire musclé, parce qu'il est difficile de résister à Wild Bill...

Partager cet article
Repost0
Published by François Massarelli - dans William Wellman Pre-code