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17 février 2011 4 17 /02 /février /2011 10:20

Le dizième film Essanay de Chaplin le voit, et ce dès le départ, installer une ambiance bien particulière par la seule grâce de la présence de son personnage. On sait dès les premières minutes qui le voient tranquillement arriver sur son lieu de travail, la banque du titre, en se livrant à un petit nombre de gestes idiosyncratiques qui ne le quitteront plus, quelque soit la raison sociale de son personnage. Et il se paie le luxe d'un petit gag gentiment absurde, sorte de petit trait d'esprit plus que gros gag qui tâche: le moustachu qu'on est tant habitué à voir en clochard entre dans la banque, va dans la salle des coffres, en ouvre un... et en sort son costume de Concierge (Trop grand bien sur) et son nécessaire de nettoyage.

 

Il y a un autre concierge (Billy Armstrong), qui développe un peu, mais pas trop longtemps, une interaction avec Chaplin. La première bobine permet à Chaplin de faire ses gammes et le voit semer la panique dans la banque en utilisant son balai comme un manche. Mais l'essentiel du film concerne une bluette, ou plutôt deux. d'une part, Edna, la secrétaire, est amoureuse de Charles (Carl Stockdale), le caissier, qui le lui rend bien. d'autre part, Charlie n'est pas indifférent à la belle... Pour l'anniversaire du caissier, Edna lui a aheté une cravate, et va la lui ofrrir avec un petit mot dans lequel elle insiste bien que c'est offert "avec amour". Le concierge voit la cravate et le mot, et les croit destinés à lui, développant ainsi de faux espoirs. Le jeu de Chaplin est ici divisé en deux parties: d'une part, il a cette façon de sous-jouer, la timidité, l'incrédulité, en posant ses doigts sur sa bouche, trahissant un trouble profond, et laissant ses yeux seuls faire tout le travail. Après, il surjoue, en rajoute des tonnes, et se moque de lui-même, ici en s'envoyant conrte une porte, terminant les quatre fers en l'air...

 

La résolution du quiproquo arrive finalement assez vite, permettant d'ailleurs à Chaplin d'éviter de se complaire dans une certaine cruauté; celle-ci est malgré tout esquissée dans le comportement d'Edna. Chaplin, qui était Anglais, savait montrer que derrière le rêve Américain de s'élever, les origines sociales vous reviennent toujours en pleine figure, et ici c'est le rôle de la pourtant si douce Edna Purviance de le lui rappeler en se moquant de lui. La dernière partie du film voit Chaplin s'endormir, puis être réveillé par d'étrange bruits: des bandits se sont introduits dans la banque, et Charles le caissier s'est comporté comme un lâche. Comme le nouveau concierge du film Keystone The new Janitor, Chaplin rêgle le problème d'une façon claire et nette, et devenu le héros d'Edna... se réveille à nouveau.

 

La référence à The new janitor (Dont une bonne part de l'intrigue est reprise) peut bien sur être complétée par divers aspects retenus de A woman (la mise en scène du personnage, pas seulement jeté dans l'action, mais amené par un cheminement complexe, et une série de notations originales), Work (Le mélange entre sentiments et comédie, la fin en demi-teintes)... The bank est un classique, une des meilleurs comédies de la période.

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Published by François Massarelli - dans Charles Chaplin Muet