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26 août 2016 5 26 /08 /août /2016 19:02

Alors que le complice Eddie Cline est de nouveau remplacé par Mal St-Clair, Keaton après avoir donné sa vision de l'affaire Arbuckle (Cops) et sa vision du mariage (My wife's relations), semble revenir au slapstick pur. Et de fait, jusquà la dix-neuvième minute, ce film est un concentré de gag classique, sur un thème typiquement Américain, dans lequel on dénote avec intérêt l'appartenance de Buster Keaton à un cinéma presque lyrique, qui fait de lui l'héritier d'un Griffith (Ce qu'il revendiquera) et l'égal d'un Ford, qui lui aussi quittait déja son univers westernien en cette année 1922 pour s'intéresser à des sujets sur l'Amérique profonde (The village blacksmith, justement, chez Fox). Le maréchal ferrant de ce film est comique, source de gags, oui, mais il est si typiquement Américain... pendant longtemps, on n'a connu de ce film qu'une copie qui était en fait une version abandonnée du film, et elle contenait une introduction-gag basée sur des intertitres imités de poésie populaire, qui allaient dans ce sens, de placer le maréchal-ferrant au coeur de la vie Américaine.

L'assistant (Buster Keaton) d'un maréchal-ferrant (Joe Roberts) suscite la colère de ce dernier par son inefficacité; alors que la police maitrise et enferme la grosse brute, l'assistant est donc laissé à charge de l'échoppe, et doit assumer seul toutes les tâches: ferrer un cheval difficile (On lui fait choisir les fers comme dans un magasin de chaussures), aider une dame dont les dons en matière d'équitation sont limités (Keaton lui installe un siège avec suspension hydraulique afin de limiter les mouvement sur son pauvre dos), et réparer une voiture magnifique dont le blanc virginal va bientôt se parer de toutes les taches de graisse possibles. Mais le patron revient vite, et entre deux tâches, il lui faut trouver le moyen de calmer la colère du monstre...

Dans la version intermédiaire, un gag était redondant: un des deux chevaux était blanc, et Keaton le salissait consciencieusement, diminuant l'effet produit par la séquence avec la voiture. Dans une version définitive du film, récemment retrouvée, la séquence du cheval blanc est abandonnée au profit d'une splendide course-poursuite entre Buster et Joe Roberts, qui a plusieurs avantages: exit la redite, d'une part; d'autre part, Buster sort de l'atelier, et le film en ressort grandi... Disons que même amélioré, ce n'est pas son meilleur, mais il se laisse de toute façon voir.

A l'exception de la fin, c'est un film très classique, et qui aurait pu être tourné chez Roach, avec Laurel par exemple. Sauf que Buster conclue en effectuant, une fois de plus, le torpillage du mariage. Cette fois, et sans raison valable, Keaton se marie avec Virginia Fox, mais les dernières images nous montrent un Buster marié qui baille de tout son être...

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Published by François Massarelli - dans Buster Keaton Muet