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19 juillet 2011 2 19 /07 /juillet /2011 17:35

Dans ce film tourné en Arizona, Peckinpah fait ses premières armes de réalisateur de long métrage. C'est un tout petit budget, le film est passé inaperçu et est quasi inconnu, et pourtant on voit déja un grand réalisateur à l'oeuvre, qui aura beau ensuite pester sur ce scénario qu'on lui avait imposé, il contient des idées qui reviendront...

 

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/en/4/49/The_Deadly_Compions.JPGUn mystérieux étranger qui répond au surnom de "Yellowleg" (Il porte un pantalon de l'armée, avec sa bande jaune sur le côté) sauve un malfrat d'un lynchage, et part avec lui, et le compagnon de ce dernier. Ils font escale dans une petite ville, ou on apprend que l'homme que "Yellowleg" a sauvé de la pendaison est un ancien soldat sudiste que le héros, ancien nordiste, recherche pour se venger de l'avoir à demi scalpé durant la guerre... Mais les évènements se précipitent, et alors qu'ils sont en ville, Yellowleg en manipulant son arme pour empêcher un cambriolage, tue accidentellement le jeune garçon d'une fille de saloon. Flanqué de ses deux compagnons d'infortune, il décide d'escorter la jeune femme en colère qui veut enterrer son fils au loin, à coté de son mari... La traversée incomfortable commence...

 

Les acteurs, à l'esception de Maureen O'Hara (Kit Tolden, la prostituée) ou de Chill Wills ("Turkey", le vieux malfrat  sudiste) sont plutôt inconnus, et le héros est interprété par Brian Keith, qui s'était lui fait un nom, mais à la télévision. Le film est authentique de bout en bout, tourné quasi uniquement en extérieurs, et qui semble déja se concentrer non sur l'avancée de l'intrigue (qui avance toute seule, presque indépendamment du film) mais plutôt sur les digressions, les bivouacs, les pauses. On retrouvera ça dans la plupart des westerns de Peckinpah, et c'est déja ce qui fait le sel de ce film, avec ses alliances complètement inattendues, entre l'homme qui cherche à se venger et sa victime potentielle, et entre la mère d'un garçon mort et celui qui l'a tué... Le film sent le Sud-Ouest cher à Peckinpah, et c'est déja son univers... On jurerait d'ailleurs que certains décors, comme la ville-fantôme à la fin, seront réutilisés dans Major Dundee.

 

La dette de Peckinpah à Ford, représenté à fortiori par la présence de Maureen O'Hara, et prolongée par son style alors assez économique, se retrouve aussi dans le lyrisme qu'il sait trouver dans l'évocation des haltes et bivouacs, ou il nous montre chacun affairé à ses occupations à son rythme. il ya aussi une solide empreinte du passé, en chacun de ces personnages, et la présence de rites qui la encore atteste d'une influence fordienne; mais là ou les rites (Funéraires, religieux ou autres) sont pris par Ford au pied de la lettre, et traités avec un certain respect, chez Peckinpah, il se doublent d'un mauvais esprit gouailleur de mauvais élève; ici, c'est un saloon, qui se change une fois par semaine en église pour l'office, qui est la cible de l'ironie...

 

Avec sa vengeance qui peine à s'assouvir, sa lenteur et sa musique qui va à l'encontre de l'action, ce film très attachant est déja un western furieusment anti-confrmiste, un moyen idéal de venir à la rencontre de cet incorrigible fripouille qu'était Sam Peckinpah, avant qu'il ne devienne le champion du ralenti sur des jets de sang en gros plan...

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Published by François Massarelli - dans Western