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22 juin 2011 3 22 /06 /juin /2011 07:52

http://moviereviews.allmyblog.com/images/moviereviews/1_20110412_014241.jpgFleischer, qui se tournera quelques années plus tard avec The Boston strangler et Number Ten, Rillington Place vers des affaires sordides contées dans leur plus rigoureux réalisme, oscille ici entre une tranquille narration, légèrement orientée par un prologue nous indiquant qu'il va y'avoir un meurtre, et des moments baroques parfois un peu étranges. Il s'inspire d'une anecdote réelle, un fait divers de 1906, d'ailleurs lié au développement du cinéma, et son héroïne, Evelyn Nesbit, est la conseillère du film, qui ne peut que difficilement prétendre à l'objectivité...

 

Evelyn Nesbit était une chorus girl, qui a rencontré l'architecte Stanford White; les deux se sont courtisés, bien que White soit marié, et selon les journaux de l'époque, l'homme d'âge moyen aurait drogué et violé la jeune femme, avant de "se débarrasser d'elle" en la aplaçant dans un pensionnat, à ses frais. Elle a ensuite épousé un homme riche et impulsif, Harry Thaw, qui a décidé un soir d'abattre White en public, afin de laver sa brutalité passée. Il a été acquitté suite au témoignage de son épouse, qui a permis aux juges de conclure à sa folie...

 

Le film change un certain nombre de choses, mais garde les grandes lignes en en faisant justement les termes du procès, et le supposé viol reste la raison qui pousse Thaw (Farley Granger) à tuer White (Ray Milland). mais ce que nous voyons est bien différent, et c'est là qu'intervient le baroque, justement: le supposé viol ressemble plus à la suite logique d'une soirée très romantique, partagée par white et Evelyn dans un studio que l'architecte a décoré, et dans lequel une superbe balançoire tourne décidément toutes les têtes; Evelyn est manifestement consentante ici... le fait que la dame ait été la consultante du film jette un doute, bien sur. le fait que le film ait été produit dans les prudes années 50 aussi. Quoi qu'il en soit, avec les réserves d'usage (Joan Collins est tarte, et la reconstitution bien sage, malgré des couleurs souvent rutilantes et poussées), c'est un film à porter au crédit du versatile talent d'un metteur en scène étonnant.

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Published by François Massarelli - dans Noir