Partager l'article ! Tout sur ma mère (Pedro Almodovar, 1998): Dédié explicitement "A Bette davis, Gena Rowlands, Romy Schneider... A toutes les actrices qui ont i ...
Dédié explicitement "A Bette davis, Gena Rowlands, Romy Schneider... A toutes les actrices qui ont interprété des
actrices, à toutes les femmes qui jouent, aux hommes qui jouent et se trasnforment en femme, à toutes les personnes qui veulent être mère. A ma mère." Francisca Caballero , la maman du
réalisateur, n'avait plus qu'une année à vivre. C'est donc un film important dans cette optique, mais aussi un confluent des avancées d'Almodovar depuis une décennie, qui explore le deuil, la
renaissance, la tolérance aussi, dans un univers conquis et occupé par des femmes, dans lequel les hommes sont des souvenirs, des gens mis à l'écart, ou tout simplement ont changé de sexe, tels
Agrado et Lola, les deux transsexuels qui jouent un rôle crucial, l'un pour le drame, l'autre pour la comédie... Tout ce qu'il a fait dans ses films auparavant, mène à celui-ci.
Manuela perd son fils Esteban, qu'elle a élevé seule; il est renversé par une voiture alors qu'il
courait après la voituree de l'actrice Huma Rojo, dont il souhaitait avoir un autographe. Manuela, qui a accepté la transplantation du coeur de son fils, a cru devoir suivre l'heureux
bénéficiaire de l'opération, mais lle finit par souhaiter faire un autre pélerinage, et se met en quête du père de son fils, un homme qui a choisi de devenir une femme, Lola, et qui se prostitue
à Barcelone; elle s'y rend et y retrouve Agrado, une vieille connaissance, ainsi que Soeur Rosa, une jeune religieuse enceinte de Lola-Esteban, qui va vite découvrir sa séropositivité. Elle
recroise également la route d'Huma rojo, dont elle va devenir l'assistante personnelle pendant les représentations d'Un tramway nommé
désir.
C'est à un triple parrainnage cinématographique que nous assistons: à l'inévitable référence au film d'Elia Kazan via la pièce
de Tennesse Williams, ce film renvoie aussi beaucoup à All about Eve, de mankiewicz: par le titre, tout d'abord; ensuite, peu de temps avant sa mort, Esteban l' a regardé à la
télévision en compagnie de sa mère; enfin, la situation de Manuela devenant l'assistante personnelle de Huma Rojo renvoie la encore au scénario de ce film, ce que ne manque pas de noter un
personnage. Du reste, Huma Rojo confesse dans le film son admiration pour Bette Davis... Un troisième film (Que je n'ai pas vu) joue aussi un rôle, puisque la scène de l'accident a été ici
inspirée de Opening night de John Cassavetes. Le monde du spectacle, compte tenu du script, est omniprésent, bien sur, mais on notera aussi une scène qui renvoie directement à
La fleur de mon secret: Manuela, qui au début du film est une
infirmière coordinatrice en charge des transplantations, participe à un jeu de rôle autour des négociations entre médecins et familes de patients décédés...
Quelles que soient les apparences de provocatiopn, ce film manifestement cher à son coeur est l'occasion pour Almodovar d'explorer l'après: comment survivre à la mort d'un être cher? Mais aussi, comment s'y préparer, puisque ici, ce ne sont pas moinds de deux voire trois décès qui encadrent le film; la religieuse que Manuela a prise sous son aile ne survivra pas loongtemps, et permettra sans doute à Manuela de tourner la page. De même, Almodovar a-t-il confié à trois femmes des rôles impotants ici: Marisa Paredes, Cecila Roth, toutes deux très fréquentes dans soin univers, et la nouvelle venue déja aperçue dans En chair et en os. Après avoir vu le film, on nepeut que croire sur parole le réalisateur quand il dit s'en remettre aux actrices...