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20 juillet 2012 5 20 /07 /juillet /2012 07:14

Elle n'était pas strictement spécialisée dans le genre, mais le fait est que carole Lombard avait un don pour la screwball comedy, à plus forte raison dans la mesure ou elle ne se refugiait derrière aucune dignité de façade pour éviter de se vautrer dans le gag: l'héritage de son passage chez Mack Sennett, sans aucun doute. Tourné par Wesley Ruggles, ce film est à nouveau partagé avec Fred McMurray, son partenaire fréquent; je parle du Fred McMurray pré-Double indemnity, bien entendu, et ici il joue de façon particulièrement fine un avocat totalement honnête, et donc totalement fauché, dont l'épouse se désespère puisqu'il n'accepte jamais les affaires juteuses. Elle décide de prendre un emploi, ce qu'il refuse catégoriquement, et se met dans un pétrin impressionnant lorsque le vieux cochon chez lequel elle a postulé pour être secrétaire particulière (...!) décède après qu'elle soit partie précipitamment de chez lui... Menteuse pathologique, elle réalise que si elle s'accuse du crime, l'affaire sera plus intéressante pour son avocat de mari.... Ajoutons à cela la présence mystérieuse et burlesque d'un criminologue alcoolique qui fréquente le tribunal en se livrant à d'improbables excentricités, et le tableau sera complet...

 

Non seulement il y a une intrigue, basée sur l'importance pour tout le monde que l'innocente soit coupable, à commencer par l'innocente elle-même, mais en plus, on a une galerie de portraits loufoques, de la terrible menteuse (Lombard a un tic qui trahit ses mensonges à venir, elle gonfle sa joue avec la langue, invitant le public à être son complice), à l'avocat tellement honnête qu'il en devient ridicule et comique, en passant par un John Barrymore en fin de course qui prête ses traits - et son alcoolisme, hélas, pas feint -à Charley Jasper, excentrique bonhomme dont la présence permet un dernier acte de haute volée, et par Edgar Kennedy, le bougon extraordinaire rodé chez Hal Roach, et qui a tant oeuvré pour le bonheur des fans de Laurel et Hardy... Ici, il joue un inspecteur de police dont la patience est mise à rude épreuve par Carole Lombard. La présence de Barrymore, qui n'a plus rien d'une star à l'époque, est due à l'insistance de Lombard, qui avait adoré travailler avec lui trois ans plus tôt sur Twentieth Century. Ruggles ne se cache pas derrière des artifices de mise en scène, il fait comme Hawks, et laisse parler et jouer ses acteurs, leur imposant un rythme légèrement accéléré. Au final, du grand art, de la comédie supérieure à consommer sans modération, qu'on trouve au sein d'un coffret dédié à Carole Lombard.

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Published by François Massarelli - dans Comédie