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25 mai 2019 6 25 /05 /mai /2019 23:59

Dans l'histoire de la Warner, les années 40 sont irrémédiablement marquées par les films sur la résistance, étrange groupe de films romantiques dans lequel surnage inévitablement Casablanca. Tous possèdent un je-ne-sais-quoi de baroque et d'exagération qui nous rappelle constamment qu'on est en pleine propagande, et beaucoup semblent obéir à une formule, celle qui fit la réussite totale de Casablanca, justement. Pas ce film, qui se concentre sur une improbable parabole autour d'un acte de sabotage, et dont Walsh fait un film d'aventures prenant et un "buddy movie", avec l'amitié inattendue entre un policier et la fripouille qu'il passe sa vie à tenter de punir... Erroll Flynn et Paul Lukas sont les principaux atouts du film.

1943: Jean Picard (Flynn) va être guillotiné lorsqu'un raid Britannique bombarde et anéantit la prison. Il s'évade, mais est rattrapé avant son passage en Espagne par l'inspecteur Bonet (Lukas) sa Nemesis. sur le trajet qui les ramène à Paris, Picard demande à Bonet de l'aider à mettre en place une mystification: condamnation pour condamnation, il souhaite se dénoncer pour un sabotage qu'il n'a pas commis, afin de sauver la vie de 100 otages. Bonet, scrupuleux mais très patriote, accepte, et les deux hommes mettent tout de suite à exécution leur plan un peu délirant.

Jean Picard, voleur, escroc, menteur et dragueur, est aussi un meurtrier. On sent Flynn désireux de casser son image, ce qui ne l'empêche pas, au terme d'un suspense quant à ses intentions, de se comporter en héros. De fait, le "couple" qu'il forme avec Lukas-Bonet est le principal intérêt, et renvoie à cet étonnant moment final d'un autre film qu'on ne présente plus, lorsque Bogart dit à Claude Rains qu'ils sont au début d'une belle amitié. Mais la comparaison avec Casablanca est inutile, c'est un tout autre genre de film, ici. La promenade dans une France meurtrie, au plus près des gens, est un moment certes peu réaliste, mais qui donne au film du corps. Et le fait d'y représenter certains Français moyens, oublieux des sacrifices de la Résistance, prêts à dénoncer le premier venu pour sauver leurs proches, ne verse pas dans l'imagerie habituelle. Lukas, de son côté, donne à voir le dilemme du policier sous l'occupation, chargé de faire respecter des lois contre lesquelles il souhaiterait se battre. Si le film peine à être bien sur aussi flamboyant que les films d'aventure avec Flynn, on y sacrifie avec bonheur, grâce bien sur à un talent de conteur exceptionnel, celui du grand Raoul Walsh.

Pour finir, comment ne pas voir dans cette histoire d'un homme qui finit par mentir pour se sacrifier et sauver toute une communauté, au mépris de sa propre gloire qu'il lui faudra taire, plus que l'esprit de résistance, mais bien une trace tangible du catholicisme de la forte tête qu'était Raoul Walsh, un bien curieux bonhomme, décidément!

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Published by François Massarelli - dans Raoul Walsh