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18 avril 2012 3 18 /04 /avril /2012 17:10

Prévu donc pour être le dernier muet de Lloyd, Welcome danger est à la place devenu son premier parlant... Le film, très long, avec 113 minutes, est une curiosité, pas éloignée de nombreux films de 1929, qui accusent visiblement le fait d'être des raccomodages de dernière minute: on sait que Lloyd avait fini le film au moment ou la décision a été prise de la sonoriser, et par moment le bricolage se voit. Sinon, bien sur, la durée exceptionnelle tient à l'arrivée du son, et à l'intention de donner du dialogue aux personnages, ce qui on va le voir n'était pas une très bonne idée... Mais on remarque aussi que dès le départ, le film se voulait une sorte d'antholgie Lloydienne, à la fois bucolique et citadine, une comédie de caractère comme d'habitude, matinée de moments de mystère et d'enquête. Voici donc un retour sur cet étrange film...

Harold Bledsoe est un botaniste excentrique, qui se rend à san Francisco suite au décès de son père. Ce qu'il ne sait pas, c'est qu'on va lui confier la direction de la police à laquelle le vieux Bledsoe s'est illustré des années durant, très respecté de ses hommes. En chemin, il rencontre une jeune femme (La mutine Barbara Kent) dont évidemment il tombe amoureux. tout ce petit monde, à san Francisco, sera aux prises avec l'inquiétant Dragon de Chinatown, un chef mafieux dont l'identité reste secrète, en dépit du travail de longue haleine du vieu ledsoe pour le démasquer...Le benêt réussira-t-il à relever le défi?

Bledsoe, c'est un condensé de plusieurs personnages de Lloyd, des nâïfs et des distraits, mais aussi certains parmi les plus durs: on constate qu'il a une faculté d'adaptation assez importante. Mais il a aussi une imperméabilité à l'ironie méchante des autres, qui ne voient en lui qu'un nigaud... Ce qu'il est. Flanqué de Noah young en fidèle agent faireè-valoir, il va pourtant résoudre l'énigme... le film aurait pu être un bon Lloyd, qui louche peut-être un peu du coté de The cameraman de Keaton avec ses séquences situées à Chinatown, mais qui se traine décidément en longueur... L'ajout de dialogues rend le tout deux fois plus long, tout simplement... Et la comédie physique, ici souvent mise à contribution, n'avait pas besoin de ces interjections censées rajouter du réalisme, et qui fatiguent. Mais le film ayant été largement tourné avant d'être parlant, on a au moins la chance d'avoir ici de nombreuses scènes, synchronisées ou non (et le travail est dégoutant à ce niveau, bien sur), dans lesquelles le visuel prime, c'est une consolation. Parmi les meilleures scènes, la rencontre avec Barbara Kent est pleine de tendresse et renvoie un peu à Girl Shy. Mais Roland Lacourbe cite les aventures de Noah Young et Lloyd dans Chinatown, qu'il estime être le meilleur du film, je peine à le suivre: cette séquence de 25 minutes épuise vite son intérêt.. Pourtant, une scène géniale y figure, durant laquelle Young et Lloyd se retrouvent dans le noir, plusieurs minutes... ultime pied de nez au parlant? Sans doute pas, hélas.

 

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Published by François Massarelli - dans Harold Lloyd Comédie Pre-code