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17 avril 2011 7 17 /04 /avril /2011 14:12

Après l'impressionante réussite de The 39 steps, les films qui ont suivi (The secret agent et Sabotage) représentent des avancées considérables dans l'idée d'un cinéma adulte pour Hitchcock, tout en n'arrivant pas à la qualité du grand succès déja évoqué. Young and innocent calme le jeu, et à l'espionnage 'sale' de Secret agent, à l'histoire policière qui vire au cauchemar, avec mort d'enfants et d'innocents liées à une affaire de terrorisme, Hitch revient au crime à l'anglaise, dans un film d'une grande clarté, mais qui renvoie au feuilleton d'aventures, avec faux coupable juvénile, enquêteuse post-adolescente avec chien, et tutti quanti...

 

Robert Tisdall est un jeune scénariste accusé d'un meurtre qu'il n'a pas commis. Avec la complicité d'une jeune femme, fille du commissaire en charge du dossier, et d'un vagabond, il tente de mettre la main sur la preuve qui le disculpera...

Le film est structuré par le metteur en scène avec son grand sens de la pédagogie: une première scène voir un couple dans une maison sur les bords de mer, se disputer. Un éclair illumine le visage de l'homme, affublé d'un envahissant tic. la séquence suivante voir le corps d'une femme, en maillot de bain, rejeté par les vagues. Le seul lien entre les deux scènes? La mer. Mais on reparlera de l'homme et de son tic, jusqu'au moment ou les héros tentent de le trouver dans un hôtel: un plan célèbre nous montre le personnage, en gros plan, dont les yeux clignent... Nous le voyons avant eux, ce qui va fournir du suspense, mais surtout nous sommes partie prenante, tant l'intrigue est claire. Les prouesses visuelles ne se limitent pas à ce fameux plan, en travelling, dans lequel un Hitchcock sûr de lui promène négligemment sa caméra, avant de cadrer sur l'orchestre, puis sur le batteur, puis sur ses yeux. il en profite, une fois qu'il a montré son regard, pour passer à son point de vue, et nous ajouter une deuxième source de suspense, puisqu'il voit les gens qui le cherchent, et se sait donc arrivé au bout de sa fuite... Enfin, la partie "aventures" du film permet à Hitchcock de déployer les grands moyens, avec ses chères maquettes, de train notamment, et de beaucoup s'amuser à faire courir ses personnages dans la jolie campagne Anglaise du Sud.

Cette Angleterre d'avant-guerre, Hitchcock nous la présente avec gourmandise, tant visuellement que dans le jeu complice des acteurs. Si Nova Pilbeam est assez efficace en Erica Burgoyne, on n'en dira pas autant de Derrick de Marney, qui est assez terne. Les seconds rôles sont tous excellents, comme souvent dans les films du maître à cette époque, et ils dressent un tableau de toute la société, avocat minable, bourgeois repus, vagabonds solidaires... Hitchcock reste l'un des meilleurs peintres de la classe ouvrière Anglaise.

Outre les thèmes souvent évoqués de la fausse culpabilité, d'un criminel qui ne soit qu'une personne très ordinaire -et très à plaindre: ce tic!!- on se réjouira de la façon dont Hitchcock fait reposer l'évolution entre les deux amoureux du film, en les faisant se toucher de plus en plus, mais également en reflétant à plusieurs reprises ces embrassades et contacts entre eux dans les yeux d'autres protagonistes: la tante d'Erica la surprend enlacée avec le jeune homme, puis à la fin le commissaire constate que sa fille est très à l'aise avec le suspect. Ainsi Erica Burgoyne a-t-elle pris son indépendance, vis-à-vis d'adultes dépassés par les évènements. Elle a gagné le droit de toucher, puis d'aimer un homme, et elle n'est plus cette innocente jeune fille un peu scout, un peu garçon manqué. Le titre Américain du film ne s'y est pas trompé: The girl was young met délibérément l'accent sur la jeune femme, au détriment de Derrick de Marney, il est vrai que c'est elle qui résout l'affaire et l'innocente. Donc tout ça, pour conclure, fait que même si le film est mineur, on en redemande...

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Published by François Massarelli - dans Alfred Hitchcock Comédie