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  • : Quelques articles et réflexions sur le cinéma, et sur d'autres choses lorsque le temps et l'envie le permettront...
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20 mai 2017 6 20 /05 /mai /2017 18:51

Ce court métrage d'une bobine fait partie des trois films Solax d'Alice Guy sélectionnés par David Shepard pour l'anthologie Early Women Filmmakers, et il tranche sur ceux qu'on a l'habitude de voir: des comédies sentimentales dans lesquelles Guy se moque des hommes et de leur façon de courtiser les femmes. Ici, c'est d'un mélodrame qu'il s'agit, clairement inspiré d'une histoire d'O'Henry: dans une petite maison bourgeoise, les parents se désolent de voir leur fille aînée partir à petit feu, à cause de la tuberculose. Mais sa petite soeur s'y résout encore moins, et un jour, un scientifique qui passe par là, a la surprise de la voir dans le jardin, tentant de recoller les feuilles mortes aux arbres. elle lui explique que le médecin de famille a dit à ses parents que leur grande fille tiendrait le temps que la dernière feuille morte tombe...

Il se trouve (Ouf!) que le scientifique qui passe est justement l'inventeur brillant d'un vaccin miracle contre la tuberculose, donc tout finira bien. la narration est sage, le montage pas forcément révolutionnaire... Mais Mme Guy utilise avec un certain effet le champ, pour entremêler les niveaux de lecture, sans qu'on s'y perde jamais, et de manière à toujours opposer les points de vue, notamment entre la petite fille qui écoute ce qui se passe autour d'elle sans que les adultes n'y prennent garde, et ses parents de plus en plus préoccupés. La copie est fort bien conservée et joliment teintée...

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Published by François Massarelli - dans Muet Alice Guy
20 mai 2017 6 20 /05 /mai /2017 12:09

Inspirée par les traditions mélodramatiques de la Commune de Paris, Alice Guy construit autour d'une barricade et d'une bouteille de lait, un drame attachant, et qui tranche sur le conservatisme en vogue à la Gaumont: Un gamin part chercher du lait pour sa mère, mais il passe devant une barricade en train de se construire. Quand il revient, les militaires sont là, et exécutent sans barguigner tout le monde. Mais le gamin propose d'aller porter le lait à sa vieille maman, mais promet de revenir pour se faire tuer...

C'est expéditif, comme le pouvait être la justice de ce bon Thiers, qui n'avait certes pas oublié qu'il s'appelait Adolphe... Mais ce film se place résolument du côté du gamin. Pas forcément des révolutionnaires constructeurs de barricade, pour autant, ils sont rougeauds quand même! Mais le film se résout dans une scène du plus haut mélodramatique, avec la maman qui plaide pour la vie de son fils devant un militaire dont on ne manquera pas de panser qu'il s'agit d'un brave homme (En oubliant bien sur de tenir compte des six ou sept cadavres qui jonchent le sol), puisque il se laissera fléchir...

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Published by François Massarelli - dans Muet Alice Guy
20 mai 2017 6 20 /05 /mai /2017 12:00

Ce très court film fait partie de la série des comédies burlesques que la Gaumont produisait avant les années 10, largement en réponse aux films Pathé, qui étaient très populaires et ne s'embarrassaient pas de subtilité, mais aussi aux films Américains qui étaient, pour ceux qui étaient montrés en France, très en avance techniquement. L'histoire, simple et directe, est celle d'une farce qui tourne fort mal pour sa victime: un vagabond s'installe pour dormir dans un tonneau et un farceur le fait rouler... il terminera dans une rivière non sans voir fait des dégâts sur son passage, et le vagabond s'en souviendra.

Inévitablement, je vais râler un bon coup parce que j'imagine que ce bon, ce brave M. Gaumont devait tous les dimanches hypocritement prier pour les pauvres, ce qui ne l'empêchait pas de payer ses réalisateurs/trices à se moquer ouvertement de cette racaille... Mais... autres temps, autres moeurs, bien sur. Au moins le film d'Alice Guy, très soigné, possède-t-il l'avantage d'être une parfaite représentation de ce que la comédie avait à offrir, sans tomber das le mécanisme des productions Pathé de l'époque: situation de base, introduction du mouvement, conséquences, et une dose raisonnable de spectaculaire, plus une tentative de montage, voire quelques effets spéciaux.

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Published by François Massarelli - dans Muet Alice Guy
20 mai 2017 6 20 /05 /mai /2017 11:51

Je n'aime pas les chiens. Mais alors pas du tout, même pas en sauce.

Donc normalement, je n'aurais pas grand chose à dire sur ce film, qui n'est rien d'autre que la captation (effectuée en studio, donc il y a eu une salutaire tricherie cinématographique) d'un numéro de music-hall du début du siècle, durant laquelle la dite Miss Dundee, qu'on imagine écossaise tant qu'à faire, fait exécuter tout un tas de tours à ses corniauds. Bon.

Mais là ou je m'interroge, c'est quant à l'opportunité d'avoir sélectionné ce film pour être le court métrage d'ouverture de la formidable anthologie Early Women Filmmakers de Flicker Alley: parce que si effectivement Madame Alice Guy est non seulement la première des dames du cinéma, et l'une des quatre ou cinq pionniers du septième art mondial, elle est aussi une artiste qui tourne pour Gaumont, la très très très conservatrice maison de production qui n'est pas spécialement connue pour ses idées larges. Et si Gaumont lui a sans doute donné carte blanche, j'imagine que ce film s'est largement vendu sur le fait que Miss Dundee n'est pas habillée très chaudement, une façon comme une autre de prouver, pour les compilateurs de cette merveilleuse boîte magique, que pour les cinéastes du "beau sexe", comme on disait alors avec une malice salace dans l'oeil, le chemin allait être rude, lourd d'embûches, de compromis, et... d'exploitation de la femme sous toutes ses formes, en toutes circonstances. Y compris dans les films de la sainte, vénérable et ô combien convenable de la maison Gaumont.

Avec des sales bêtes.

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Published by François Massarelli - dans Muet Alice Guy
19 mai 2017 5 19 /05 /mai /2017 10:54

Il ne sert à rien de refaire l'histoire... Néanmoins, découvrir ce film après avoir vu toute la suite de la carrière de son metteur en scène donne une drôle d'allure à son premier long métrage, dans lequel on s'évertue à chercher des indices, à construire une lecture, inévitablement inspirée des dédales mis en place par le réalisateur dans Incendies, Prisoners, Arrival, et surtout, surtout, dans Enemy. Pourtant le film que voici s'avère assez linéaire, tout en admettant qu'il y a effectivement de quoi s'amuser un peu à chercher la petite bête...

Pour commencer, l'intrigue, qui rappelle vaguement Fearless de Peter Weir (Un autre film à thèse ET à tiroirs) se base sur un accident de voiture subi par l'héroïne, Simone Prévost (Pascale Bussières). Elle conduit, s'endort au volant, et se réveille la tête en bas, commotionnée, mais vivante. elle s'extirpe avec difficultés de son habitacle de fer et de débris, et marche jusqu'à la route où elle attend qu'une voiture s'arrête. Quand enfin une personne la prend avec elle, il l'amène à l'hôpital, ou elle prend une série de décisions: elle était en partance pour Rome, elle a décidé de ne plus partir, mais n'en informera presque personne. Elle vivait seule, elle va faire un enfant. Elle refuse depuis qu'elle le connait l'amour d son ami Pjhilippe (Alexis Martin), mais c'est à lui et à lui seul qu'elle annonce son intention de rester au Québec, de devenir mère, et... elle a d'ailleurs décidé qu'il serait le père.

Deux lectures sont donc possibles.

L'une, directe, prend en charge le symbole de renaissance, nous permettant de suivre les aventures d'une femme qui reprend le contrôle de sa vie... Comme elle le fait avec son petit caractère impulsif bien à elle, le film va déboucher sur une comédie classique, entre les exigences d'une femme au caractère bien trempé, et les hésitations d'un homme certes amoureux, mais qui ne se voit pas solder ses sentiments pour devenir distributeur de sperme... tout en admettant que la situation est, sur le coup, bien tentante. Pour compliquer cet aspect, il est en couple, mais avec une femme qui, à part dans une apparition éclair, et comme partie de la conversation entre Simone et lui, disparaît quasi complètement du film.

Et sinon, les deux amis vont se mettre en quête d'un endroit, un désert, pour concevoir l'enfant. Ils se rendent à Salt Lake City pour aller dans le désert de sel, et vont s'y retrouver confrontés... à rien: juste l'un et l'autre, la vérité des corps, et l'impossibilité de faire face à leur "mission". et du même coup, peut-être, se confronter à un début de prise de conscience de leurs sentiments, de la possibilité de s'aimer pour de vrai au lieu d'un rapide rapprochement à caractère utilitaire.

Ils vont surtout, comédie oblige, se faire bien arnaquer... Le chauffeur de taxi qui les a amenés voyant des proies faciles, utilise son pouvoir pour les faire chanter, et finalement ils vont devoir revenir à la civilisation par leurs propres moyens. Une séquence à l'aéroport, lorsqu'ils attendent toute une nuit leur vol pour le Québec, reprend la symbolique de départ et redistribue les cartes: ils s'endorment sur un banc dans la salle d'attente, ils trouvent un mini-hôtel à la japonaise, c'est à dire juste un caisson avec un lit tout confort. Ils s'installent, ne parviennent pas à dormir, et... Simone va acheter du mescal, ils se saoulent, mais Philippe tient bon: il ne veut pas céder au désir de la jeune femme. Pourtant un long passage le voit rester seul en attendant son amie (Il ne sait pas qu'elle est partie acheter une bouteille), et...il joue, seul dans son cocon, à imiter un corps en apesanteur. A force de tourner autour de l'enfantement, il finit par se prendre pour un foetus... il a fini par être la responsabilité de son amie, particulièrement dirigiste. et pourtant, l'histoire se finira mal... une fois rentrée, rejetée par Philippe, Simone comprend enfin ses sentiments à son égard, et elle lui demande de venir chez elle: il ne pourra pas le faire car il va faire une mauvaise rencontre: trois voyous le mettent dans le coma.

Voilà, une intrigue qui permet un portrait de femme forte, qui prend en main son destin et tente de se projeter en mère célibataire, avant de se rabattre, trop tard hélas, sur la vérité de ses propres sentiments. portrait ironique, qui s'incrit dans une renaissance et une recherche d'un nouveau départ (Couper les ponts, choisir son destin, aller dans le désert)... Mais qui passe par la mort.

Et c'est là que le film ouvre (Sans nécessairement les emprunter) des pistes autour de la mort: après son accident, Simone saigne du nez dans la voiture du bon samaritain. On retrouve ce motif dans le désert quand elle reçoit un coup de portière du taximan indélicat: un gros plan nous montre le sang qui tombe sur sa robe. Et comme celle-ci est jaune... Quelques instants plus tard, Simon qui s'apprête à quitter le désert, voit un cadavre calciné. On n'en saura pas plus, mais cette présence lancinante d ela mort nous fait nous poser des questions tout de même, surtout si on a vu les autres films de Villeneuve, ou... Alice ou la dernière fugue de Chabrol! Tout est possible, et si il est tentant de voir en cet accident un nouveau départ, une renaissance, le fait est que tout ce qui suit l'accident tourne autant autour de la mort (Qui rôde), que de la vie (Qui ne parvient pas à s'accomplir puisque en dépit de tous ses efforts, Simone ne parvient pas à ses fins.

Mais en attendant de résoudre ces aspects (Ce qui n'arrivera pas puisque Villeneuve ouvre les portes mais ne lâche aucune interprétation), c'est un premier film attachant, souvent comique, bien venu, et... terriblement Québécois.

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Published by François Massarelli - dans Denis Villeneuve
18 mai 2017 4 18 /05 /mai /2017 07:31

Londres, fin du XIXe siècle: lévèque Soper (Louis Jouvet), un insupportable empêcheur de tourner en rond, tente de mobiliser les gens contre Felix Chapel, un mystérieux romancier à succès, dont il ignore que c'est en réalité son propre cousin, le botaniste Irwin Molyneux (Michel Simon). Soper s'invite à manger chez les Molyneux, mais ceux-ci ont une tuile: la cuisinière a rendu son tablier! Mme Molyneux (Françoise Rosay) improvise: elle fera la cuisine, et pour éviter de mettre en valeur son embarras, Irwin prétendra qu'elle est partie précipitamment chez des amis. Voyant que quelque chose cloche, l'évèque finit par croire que Mme Molyneux a été assassinée par son mari, et déclenche une tempête... pendant ce temps, le tueur de boucher William Kramps (Jean-Louis Barrault) cherche Félix Chapel, car il lui reproche d'avoir agravé sa manie de tuer les gens. Il veut donc, en tout manque de logique,lui faire la peau...

Contrairement à une impression généralisée, ce classique n'est pas le premier film du tandem Carné-Prévert, qui avaient l'année précédente produit Jenny avec Françoise Rosay... un film dont le projet avait en réalité été repris de Jacques Feyder démissionnaire pour raisons de santé. Mais quelles que soient les qualités évidentes du mélodrame en question, on ne peut que constater l'importance historique et cinématographique pure de Drôle de drame, un film qui invente, initie, innove et change tout. Les films scénarisés/dialogués par Prévert n'avaient jamais auparavant autant fait reposer leur poésie particulière sur le langage même, qui de vecteur de facilités et de bons mots, se muait en terrain d'expérimentation permanente, servi par des acteurs exceptionnels et une mise en scène enthousiaste et sure de son fait. ce n'est pas le fameux "réalisme poétique" tant vanté, c'est plutôt de surréalisme poétique, un univers parallèle fait de mots qui finissent par avoir une vie propre, qu'il sagit...

De scène en scène, dans cette sombre histoire de crime rendue rigolote par l'abattage des acteurs et la dimension pince-sans-rire d'une mise en scène qui fait souvent semblant de prendre tout cela au sérieux, on assiste éberlués à la naissance d'un style avec lequel les français, soyons honnêtes, n'ont jamais été très à l'aise. D'ailleurs, prudemment, Carné et Prévert distillerons l'humour iconoclaste du langage et des situations dans le parcours plus raisonnable du drame, du mélo et de la féérie dans les années à venir. Et la comédie à la Française ne les suivra que rarement dans cette formule (Qui fait quand même furieusement penser à La kermesse héroïque avec le génie langagier en plus): intrigue cohérente et bien construite, sérieux des costumes et décors, scènes d'anthologie ("Bizarre, bizarre", bien sur, mais aussi toutes les interventions de William Kramps le tueur de boucher, et ses confrontations superbes avec l'immense Françoise Rosay), et don de soi par des acteurs qui en prime, sont loin d'être des manchots. Bref, un joyau.

Un joyau qui se moque des corps constitués "favoris" de Prévert: la police à travers le redondant comissaire interprété par Alcover, et l'église (Certes Anglicane, mais qui pensait-il tromper?) dont Louis Jouvet est le digne, fat, hypocrite et licencieux représentant. La cerise anarchiste sur le gâteau, quoi.

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Published by François Massarelli - dans Marcel Carné
17 mai 2017 3 17 /05 /mai /2017 16:43

Les premiers films de Borzage, ceux du moins qui ont été conservés, témoignent de la vitalité de sa vision du western, un genre auquel il souscrit dans tous ses développements (Villes sur la frontière, personnalités entre le bien et le mal, plus versées sur ce dernier, conditions précaires et éveil pionnier d'une conscience civilisatrice), mais auquel il ajoute une part toute personnelle: bien sur, les sentiments y ont leur place. Ce film dont la vedette est la cow-girl Texas Guinan, une actrice qui a tourné brièvement, mais uniquement des westerns, montre bien cet aspect...

Dans la ville de La mesa, située sur la Frontière, il y a bien un shérif, mais celle qui fait la pluie et le beau temps, c'est la patronne de The devil's kitchen, le saloon local. On l'appelle La tigresse, et le moins qu'on puisse dire c'est qu'elle mérite son surnom... Mais l'arrivée de deux étrangers va bouleverser la ville, et chambouler sa reine: l'un d'entre eux, un pied-tendre comme on dit, surnommé "Le Bostonien", a été victime sur la route des méfaits du bandit local, "Le collectionneur", et du coup Le Bostonien décide de devenir adjoint au shérif. L'autre étranger, un homme élégant aussitôt surnommé The gent, devient l'amant de La tigresse, et ils échafaudent des plans d'avenir... Mais plus dure sera la chute.

On connaît Borzage en chantre de l'amour fou, celui qui soulève les montagnes, et transforme les hommes. Ici, il s'intéresse à l'amour comme facteur de civilisation, avec son héroïne qui devient de plus en plus 'respectable' au fur et à mesure de sa relation avec l'homme de sa vie. sauf que Borzage va également mettre en scène, plus tard, la tempête d'un amour déçu, et c'est là qu'on voit que pour la compagnie Triangle, Texas Guinan était un eu le pendant féminin des westerns de William Hart... Ca va donc canarder. Et c'est un petit bout de femme qui va sortir les armes.

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Published by François Massarelli - dans Muet Western 1918 Frank Borzage
15 mai 2017 1 15 /05 /mai /2017 11:59

Tout à une fin, dit-on souvent. On est tenté, devant ce film qui nous prend par surprise par la nostalgie et même par l'embarras, de dire aussi que tout a un début. On assiste, avec ce film qui était à l'origine à peine plus qu'un modeste divertissement de samedi soir dans l'esprit de ceux qui l'ont promu, à la naissance d'un mythe, d'une saga cinématographique et d'un cinéaste. Concernant ce dernier, James Cameron, il convient sans doute de rappeler qu'il est dans le circuit depuis quelques années au moment ou ce film sort, ayant assisté John carpenter (New York 1997) et même tourné un long métrage pour la galaxie Corman (Le très embarrassant Piranhas 2, the last spawn). Bref, il a fait ses classes... Mais The terminator, c'est son premier film personnel, imaginé, écrit et dirigé par lui.

Faut-il raconter l'histoire? The Terminator nous explique omment un jour de 1985, un cyborg venu du futur, très rapidement suivi par un homme, son ennemi, se mettent dans le LA de qui est le passé pour eux, à chercher Sarah Connor, la future mère du futur chef de la résistance aux robots, l'un pour la tuer (Et empêcher toute rebellion par voie de conséquence), et l'autre pour l aprévenir, la protéger, voire la sauver au péril de sa vie. et plus si affinités... Le robot, c'est un Terminator, une machine qui a tout de l'humain sauf les sentiments et la fragilité (Arnold Schwarzenegger), et c'est le mythe qui naît dans ce film, que cameron fera fructifier et rendra définitivement immortel avec un autre film... Mais n'anticipons pas.

L'histoire est simplissime, réellement, sans autre enjeu que la survie basique, pure et dure, de son héroïne, qui doit à la fois courir, survivre et apprendre à vivre avec la menace permanente qui pèse sur elle, alors qu'elle n'est pour rien dans ce que lui reproche cette société du futur qui se dessine. mais le film est décidément du Cameron typique, à savoir qu'il s'agit pour le metteur en scène d'explorer l'interpénétration de deux mondes situés à deux époques différentes, en se situant à leur point d'impact exact: la tentative d'imposer une colonie dans l'espace (Aliens), la rencontre sous-marine du troisième type (The Abyss), et l'aventure du Titanic ne seront pas autre chose. Mais il y a aussi une thématique souvent présente, le metteur en scène étant fasciné par les machines comme étant une extension de l'humain. Le Terminator, mais ausi les armes et tous les procédés de survie au jour le jour manipulés par Kyle Reese (Bill Paxton) en montrent des exemples.

Maintenant, j'avais parlé d'embarras au début: il faut qund même reconnaître qu'en choisissant de montrer sarah Connor en jeune femme bien d eson temps, le metteur en scène n'a pas eu le nez creux... On a donc droit à l'esthétique dégueulasse, la mode infecte, la musique vomitive et surtout, surtout, la coiffure caniche de Linda Hamilton.

...Ouch!

Mais que cela ne nous fasse pas bouder notre plaisir devant ce qui reste une aventure très efficace, qui n'a sans doute pas coûté grand chose, mais qui fait son petit effet...

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Published by François Massarelli - dans James Cameron Science-fiction
14 mai 2017 7 14 /05 /mai /2017 08:54

Dans un endroit qui ressemble plus à l'Italie qu'à l'Angleterre, nous assistons aux exploits de l'athlète fantôme, un justicier mystérieux qui se charge des voleurs avec muscle et efficacité. Il est, pour la belle Jenny Ladimoor (Elsa Zara), le modèle parfait de l'homme, ce que n'est certes pas son fiancé, le réservé et ennuyeux Harry Audersen (Mario Guaita-Ausonia)... Come le fait remarquer un ami de la famille Ladimoor, elle, c'est le Vésuve, et lui, le Mont-Blanc! Elle veut du frisson, de l'aventure, et lui... du confort. Lorsque les bandits de tous poils d'un côté, et Jenny Ladimoor de l'autre, se mettent tous à convoiter un bijou fabuleux qui va être mis en vente, le mystérieux athlète va pouvoir entrer en scène...

...Mais au fait, qui donc est cet athlète fantôme, pourrions nous nous demander, si nous n'avions pas vu le Zorro de Fred Niblo?

Comme tant de films Italiens muets, celui-ci est un objet plat à deux faces...

Pile: une histoire rocambolesque, rythmée, dans laquelle un héros déploie non seulement ses muscles (Beaucoup, mais alors beaucoup), mais aussi une vraie ingéniosité, dont on peut d'ailleurs se demander comment elle fonctionne, car cet athlète fantôme est fort bien renseigné: il se trouve toujours sur la route du crime! Héros ultime, il ne s'encombre ni de manières ni de tergiversations, et il atteint son but en utilisant des moyens fortement cinématographiques: déguisé en statue, ou se saisissant à pleines mains de deux fâcheux, il distribue les bourre-pifs et ne sera mis en danger que brièvement. De son côté, la belle Jenny, fiancée à un homme qu'elle n'apprécie guère, se languit de trouver un jour sur sa route le valeureux justicier, et il est aisé de deviner qu'elle ne serait probablement pas farouche le cas échéant: car Jenny Ladimoor, vue la façon dont elle contemple les muscles exposés de l'Athlète fantôme dans une de leurs scènes communes, en ferait bien son goûter.

Bref, un film rigolo, distrayant, rebondissant, et s'il n'avait pas un côté face, on ne trouverait rien à y redire.

Donc, face: Après Cabiria, le cinéma Italien a pris plusieurs routes: continuant d'un côté à explorer les possibilités graphiques de l'antiquité, et développant un intérêt pour les actrices flamboyantes, c'est tout un pan du cinéma populaire qui s'est jeté dans les bras de Maciste, l'homme fort révélé par Bartolomeo Pagano dans le film de Pastrone. Mais dans un pays qui s'apprête à se laisser séduire par ce matamore de Mussolini, cet attrait pour la force brute qui triomphe de tout, y compris de l'intellect, laisse songeur. Et dans ce film, on constate que le principal protagoniste fait tout reposer sur ses muscles, qui sont le principal argument. Et quand on constate aussi que parmi les bandits qu'il affronte, se trouvent les boucs-émissaires les plus courants du cinéma populaire de l'époque, on tousse; certes, ils ne sont jamais nommés, identifiés comme juifs (Ou Israelites, le terme qui aurait probablement été utilisé à l'époque), mais ces deux fripouilles ont tout du cliché... Facile, trop facile, et embarrassant au regard de l'histoire. 

Pour résumer, ce film sans cerveau, pourvoyeur de plaisir immédiat et d'une idiotie assumée, n'est pas à proprement parler un film fasciste. Mais il nous permet de voir que l'Italie (Comme les trois quarts de l'Europe, soyons juste) était prête à basculer quand même...

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Published by François Massarelli - dans 1919 Muet
13 mai 2017 6 13 /05 /mai /2017 16:21

Déjà, rien que le titre inspire le respect. On ne se rend sans doute pas bien compte, mais filmer en 1913 une histoire d'amour transfrontalière, et montrer qu'elle est vouée à l'échec à cause de cette propension qu'ont les hommes à se foutre sur la gueule pour un oui ou pour un non, c'était quand même une belle transgression. A tel point que ce film Franco-Belge, tourné à la fin de l'été à grands frais par l'un des metteurs en scène de prestige de Pathé, a attendu huit mois, avant de bénéficier d'une sortie en... juin 1914. Ironique...

Machin, ce n'est pas n'importe qui. Toutes proportions gardées, il avait pour Pathé l'importance d'un Feuillade ou d'un Tourneur, et il lui a confié la mission d'aller en Belgique créer une production Pathé afin d'installer, de dominer et de contrôler le marché du Nord. Et Machin a tourné en toute liberté un certain nombre de films, dont celui-ci qui imagine une guerre fictive entre deux pays, à travers lesquels on devine aisément la Hollande et la Belgique.

Il imagine donc l'histoire d'un jeune homme envoyé par sa famille (Du pays du Nord) chez des amis (Du sud), afin qu'il puisse bénéficier de l'apprentissage militaire de l'aviation. Logé chez les amis le Morzel, le jeune Adolf apprend très vite, et non content de se faire beaucoup d'amis à l'académie militaire, il s'éprend aussi de la fille de ses hôtes. Mais bien sur, la guerre entre les deux pays éclate, et les deux amoureux doivent se dire adieu... Adolf, devenu un pilote émérite, on demande à un jeune as de l'aviation du Sud de l'abattre. C'est son ami personnel, le frère de sa fiancée qui exécutera la basse besogne, y trouvant lui même la mort...

L'heure est grave, et comme au Danemark Benjamin Christensen avec L'X mystérieux (1913), Machin anticipe sur le conflit inévitable qui hante les esprits de l'époque, en représentant des batailles qui bien sur seront dépassées en sauvagerie par la réalité; c'est néanmoins un bel effort, d'autant que le cinéaste a décidé d'utiliser beaucoup de ressources et d'effets spéciaux afin de rendre son film percutant: le plus spectaculaire étant l'utilisation de la couleur au pochoir, présente dans la copie restaurée sur la quasi totalité de ces trois solides bobines. Il va plus loin en utilisant la surimpression (Pas la meilleure idée) pour "ajouter" dans l'image des explosions, et des flash de rouge vif pour figurer le choc des explosions; il use abondamment de split-screen "à l'ancienne" aussi, en insérant ainsi les souvenirs et la pensée de ses héros...

Le film est engageant par la sincérité de son propos, par son économie, le jeu des acteurs qui n'en font jamais trop (Machin avait assemblé, au bout de quelques années, une troupe authentique), et par sa construction magistrale. Bon, par contre, si le film a été salué à sa sortie, ça n'a pas empêché l'inévitable. Mais il est temps de rendre à Machin sa place...

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Published by François Massarelli - dans Muet Alfred Machin 1914