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  • : Quelques articles et réflexions sur le cinéma, et sur d'autres choses lorsque le temps et l'envie le permettront...
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4 avril 2017 2 04 /04 /avril /2017 15:22

Le traitement de l'Histoire chez Griffith est une affaire entendue: il suffit de voir ou revoir le début de ce film pour comprendre: en quelques plans, quelques intertitres, Griffith nous refait l'histoire de France afin de proposer aux spectateurs un contexte approprié aux aventures de ses héroïnes prises dans la tourmente. Il assène donc que les Français sont mal gouvernés (Par des "Kingly bosses", pas par un roi, la nuance est intéressante) et qu'ils vont légitimement se révolter contre les nobles et leur gouvernement. mais il nous propose aussi en complément la suite de l'histoire dans laquelle il assimile joyeusement Robespierre aux bolcheviks. Il termine son introduction en conseillant aux Américains de ne pas se laisser faire par la tentation du communisme. Comment pourrait-on le prendre au sérieux après ça? D'ailleurs le film ne nous encourage pas à la faire; ces Deux orphelines ne sont pas une leçon d'histoire, juste un mélo excessivement distrayant, qui déroule tranquillement ses 150 minutes de péripéties irrésistibles autour du vieil argument: deux jeunes filles, orphelines depuis peu, se préparent à aller à Paris pour consulter un spécialiste: l'une d'elles, Louise (Dorothy Gish) est aveugle, et pourrait éventuellement guérir. Elles arrivent dans un Paris agité que Griffith a fait exprès de situer en pleine révolution, et Henriette (Lillian Gish) se fait kidnapper dans le but de servir d'apéritif à une orgie. Laissée seule, Louise se fait enlever par une famille de margoulins, dont la mère, interprétée par la grande Lucille La Verne (Pour laquelle l'expression "laideur fascinante a sans doute été inventée) terrorise la jeune fille, l'obligeant à mendier. Pendant ce temps, Henriette échappe à un destin pire que la mort, se fait des ennemis, rencontre un Danton interprété par Monte Blue et un jeune premier du nom de Joseph Schildkraut. Ca n'arrête pas, ça court dans tous les sens, les décors sont comme d'habitude très soignés...

S'attendre à la moindre innovation de la part de Griffith, ce serait trop en demander, mais s'il applique une formule, il le fait ici avec le plus grand succès, et joue soigneusement avec nos nerfs dans un grand nombre de scènes. Citons pour la bonne bouche deux scènes souvent commentées: Henriette discute avec une femme de la noblesse (Qui n'est autre que la vraie maman de Louise qui a été adoptée par la famille d'Henriette), lorsqu'elle entend, venant de la rue, la voix de sa soeur; Elle est en train de mendier dans la rue: Henriette la reconnait, l'appelle, et s'ensuit une scène d'hystérie collective menée sans faux semblants par les soeurs Gish... Sinon, l'inévitable scène de condamnation à mort, suivie de charrette, suivie de menace de guillotine, donne lieu à un climax en pleine forme de Griffith, qui se plait à ajouter une dosette de sadisme en plus pour enrichir le tout: lorsque Henriette est condamnée à mort, Louise est dans la salle. Les plans de Jacques-Sans-oubli, le juge qui en veut personnellement à Henriette en qui il voit un symbole de l'oppression et de la collaboration, sont alternés avec ceux de Louise qui essaie de comprendre la situation, et avec ceux d'Henriette qui demande a être condamnée en silence pour épargner sa soeur, qu'elle a cherchée durant tout le film. Danton s'improvise en sauveur de jeune fille en détresse, avec ses cavaliers qui nous rappellent une autre chevauchée, décidément dans toutes les mémoires.

Donc, c'est très distrayant, mais le fait est que Griffith n'a plus de bouleversement à apporter. Ce film a été exploité avec un système de sonorisation (Déjà essayé sur Dream Street, en 1920) et un procédé d'illumination pour compléter les teintes, déjà utilisé dès Broken Blossoms. On remarquera que les innovations techniques ainsi mises en avant par la publicité sont extérieures au film: après Intolerance et son histoire compliquée, Griffith n'a peut-être plus envie de prendre des risques. Après tout, en 1921, il appartient à la vieille garde; ce film, un véhicule pour les soeurs Gish qui s'apprêtent à quitter Griffith, est bouclé avec panache, mais sera suivi d'autres oeuvres qui peineront, si on en croit les réactions des critiques, contemporains et autres, à rivaliser avec les Lubitsch, Stroheim, Chaplin, Ingram... Mais il faut défendre ces films, qui nous réservent sans doute d'autres frissons, des petits plaisirs, et peut-être plus... Ici, réjouissons-nous de quitter les soeurs Gish ensemble, dans un film haut en couleurs.

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Published by François Massarelli - dans Muet 1921 David Wark Griffith
2 avril 2017 7 02 /04 /avril /2017 22:55

1979: une bande d'ados Américains, de vrais nerds, tournent un film en super 8... Et sont témoins d'un accident spectaculaire. Mais ce qu'ils ne savent pas c'est qu'au beau milieu de cet accident, il ont aussi assisté sans le savoir à l'évasion d'un extra-terrestre, qui n'a qu'une envie: rentrer chez lui. Mais l'armée, faite d'uniforme, de mous du cerveau (c'est l'armée, donc pas de surprises de ce côté-là) et d'ordres secrets et fumeux, va tout faire pour que ça tourne à la grosse catastrophe...

Le nom de Spielberg en lettres aussi grosses que celui du réalisateur-scénariste-manitou, c'est une touche d'autant moins subtile que Tonton Steven est partout. Pas en tant que producteur ni réalisateur ou quoi que ce soit, non. Ce film est un "à la manière de" tellement réussi qu'on pardonnerait presque la horde de geeks qui n'y connaissent rien qui vont illico attribuer ce joli film au barde barbu de Cincinnati. Sinon, au-delà, je pense que les trente premières minutes sont le meilleur moment: comme d'habitude, mettez un mystère, c'est magnifique, commencez à l'expliquer, tout le monde s'en fout. Abrams devrait le savoir, il a été impliqué dans Lost, cette gigantesque escroquerie. Mais là, c'est réussi, et le film fait merveille à dérouler avec classe le bon vieux suspense à l'ancienne, avec un art de montrer ET de ne pas montrer: c'est un plaisir.

 

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Published by François Massarelli - dans JJ Abrams
2 avril 2017 7 02 /04 /avril /2017 09:13

Dans une petite localité côtière, on retrouve le cadavre d'un homme, rejeté par la mer. Un lycéen, Kaito, est profondément bouleversé par drame... Il passe beaucoup de temps avec son amie Kyoko, qui aimerait que leur relation aille plus loin. Elle vit avec ses parents, mais sa mère est atteinte d'un cancer en phase terminale et souhaite revenir mourir chez elle. Parmi les plaisirs que s'octroie Kyoko, il y a une baignade toute habillée (en uniforme!) lors des beaux jours... Et les promenades avec Kaito, qui sont moins une partie de plaisir, parce que franchement il ne dit rien, il ne veut rien, et il boude en permanence. Il vient de Tokyo, il a peur de la mer, et il voit d'un très mauvais oeil le fait que sa mère voie d'autres hommes...

Incommunicabilité, belles images, mort programmée, amours adolescentes, lenteur pesante, métaphores météorologiques, sacrifices d'animaux devant la caméra (Deux chèvres, et en gros plan encore), bref, on souffle le chaud et le froid, dans un film qui produit immanquablement un ennui plus que palpable.

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Published by François Massarelli - dans Naomi Kawase Plouf
1 avril 2017 6 01 /04 /avril /2017 16:40

Dans les années 30, durant l'occupation Japonaise de la Corée, Sook-Hee une jeune servante locale (Kim Tae-ri) est employée pour être la femme de chambre d'une jeune héritière Japonaise (Kim Min-Hee), orpheline et couvée par son vieil oncle qui envisage de se marier avec elle. Ele devient très vite sa confidente, et lui est clairement indispensable. Elle assiste à l'arrivée d'un noble Japonais, le comte Fujiwara (Ha Jung-Hoo), qui envisage lui aussi de demander la main de la jeune femme.

Sauf que...

Ce n'est pas la première fois que Sook-Hee rencontre le "comte", qui n'est en réalité ni noble ni Japonais. Il s'agit d'un aventurier, sans aucun scrupule, qui a engagé Sook-Hee pour manipuler l'héritière et faire main basse sur sa fortune. Mais Sook-Hee a de plus en plus de scrupules, car à force de fréquenter au quotidien sa maîtresse, elle en est tombée amoureuse. 

Sauf que...

On pourrait continuer comme ça longtemps, à montrer les tournants, coups de théâtres et autres digressions. C'est d'ailleurs ce que fait très bien le film, qui joue avec nos acquis sur le film, et notre perception des personnages, en permanence. Un peu à la façon dont Denis Villeneuve ouvre ses films de l'intérieur en jouant sur la chronologie, il multiplie les décrochages temporels, qui replacent les mouvements déjà aperçus des personnages dans un contexte différent, et le fait en maintenant en permanence son cap: faire un film qui explore avec un certain esprit satirique la Corée sous la botte, sous l'angle des profiteurs que sont les escrocs du genre du "comte"... Il s'agit aussi de retracer une anecdote du passé dans ses moindres détails, un domaine dans lequel il excelle: le sens du détail du cinéaste laisse pantois, ainsi que son montage inventif et qui joue en permanence sur les pleins et les déliés, alternant non seulement lenteur et rapidité, mais aussi mobilité et immobilité; Il explore aussi une histoire d'amour entre deux femmes, située dans un monde patriarcal, peuplé d'hommes tous plus dégoûtants les uns que les autres...

Au final, un film maîtrisé dans ses moindres détails, superbe de bout en bout, osé bien sur, mais aussi drôle. Qui ne demande qu'à être revu.

Donc on le reverra...

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Published by François Massarelli - dans Park Chan-Wook
1 avril 2017 6 01 /04 /avril /2017 16:20

Lois Weber est l'une des pionnières et pionniers qui ont construit Hollywood, et tout a sans doute été trop vite: ses films, productions indépendantes, ont défrayé la chronique dans les années 10 à cause de (Où grâce à, c'est selon) leurs sujets polémiques (le contrôle des naissances dans l'étrange Where are my children), ou leur traitement osé (La présence d'une représentation symbolique de la Vérité sous le déguisement d'une femme nue, image récurrente qui a beaucoup fait pour le succès du film, dans Hypocrites). Les années 20 l'ont vue s'embarquer dans la production de semi-comédies qui observaient avec subtilité la société Américaine contemporaine, et on peut citer les films Too wise wives, ou The blot, qui font d'elle une cinéaste proche des frères DeMille... Donc pas n'importe qui.

C'est pourtant lors de la fin précipitée de sa carrière qu'elle a réalisé ce film, pour Universal, qui continue à exploiter le même filon... Il a beaucoup souffert, et il est clair qu'il manque pas mal de pellicule, ce qui n'est pas fait pour arranger les choses. On y conte la rencontre inattendue entre un pasteur progressiste et pas encore marié (Raymond Bloomer), avec la plus scandaleuse de ses paroissiennes... potentielles (Billie Dove), car elle ne vient pas beaucoup à l'église. Ils vont tomber amoureux l'un de l'autre, mais elle va sacrifier cet amour, afin de le préserver... avant que la situation ne s'inverse pour elle lors d'une tempête qui la voit faire littéralement naufrage.

La cible de Weber était probablement plus les vieilles commères de la paroisse que la belle flapper, qui est jouée à l'écart des clichés par Billie Dove. Cette dernière est la vedette en titre, et le principal atout du film, mais Weber a bien partagé son script entre elle et son révérend, qui lui aussi est intéressant pour son originalité. On aimerait voir le film dans une copie meilleure... et plus complète, cela va sans dire. Et nous reparlerons bientôt de Lois Weber...

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Published by François Massarelli - dans Muet 1927 Lois Weber
31 mars 2017 5 31 /03 /mars /2017 17:49

Il a tout fait, tout tenté, tout expérimenté... Il y a même eu une époque durant laquelle ça devenait presque un argument publicitaire, à faire valoir auprès des studios: "Soderbergh, sait tout faire, le fait vite et bien"... Mais ça n'a pas tenu, et pour cause: il y a eu tout, et puis il y a parfois eu n'importe quoi: Full Frontal, l'intrigant film bardé de principes érigés en barbelés autour du projet, qui ont tout simplement rendu le visionnage désagréable et le film inutile; The Good German, parodie nullissime de Casablanca, ou encore The girlfriend experience, le film dans lequel on a l'impression que rien ne se passe. Mais Soderbergh a pourtant beaucoup donné aussi, entre l'ambitieux Che, le magnifique Traffic, ou la luxueuse trilogie Ocean's 11, 12, 13

C'est au milieu de sa décennie la plus féconde que l'on trouve cette expérience unique en son genre, sorte de film amateur, tourné avec un budget ridicule, par des acteurs non-professionnels, chez eux, et qui emprunte deux sentiers inattendus: d'une part, c'est un film social, un peu à la manière dont tant de metteurs en scène des années 30 ont expérimenté le réalisme poétique en Europe (Menschen am Sonntag, par exemple), donc on y verra la classe ouvrière Américaine sur son lieu de vie et son lieu de travail; d'autre part, Bubble emprunte à un genre iconique entre tous, le film policier.

Kyle (Dustin James Ashley) et Martha (Debbie Doebereiner) sont collègues de travail, dans une petite usine qui fabrique des poupées. Leur routine est immuable: Martha, une femme d'âge moyen, passe prendre le jeune homme à sa caravane, où il vit avec sa mère, puis l'amène au travail. Ils mangent ensemble le midi, puis le soir elle le ramène chez lui, avant de rejoindre son propre père qui est invalide et qui vit avec elle. Ils parent nu peu, de tout et surtout de rien; et comme Kyle a un autre boulot car les temps sont durs, il n'a pas le temps de penser à la bagatelle... Arrive Rose (Misty Dawn Wilkins), qui vient gonfler l'effectif de l'entreprise, et qui est accueillie très vite par les deux amis. Kyle est tout de suite attiré par la jeune femme, ce qui ennuie Martha... D'autant que Rose, mère célibataire d'une petite fille, Jesse, est exigeante et envahissante selon elle... Un matin, alors que Kyle et Rose sont sortis la veille, on retrouve la jeune femme étranglée. Trois suspects: Kyle, qui est sorti avec elle, mais l'a raccompagnée assez tôt; le père de Jesse qui est venu faire un esclandre chez elle sous le prétexte de lui emprunter de l'argent, et Martha qui a joué les baby-sitters d'un soir, et a assisté à la bagarre entre les deux parents...

Les acteurs, sans doute afin de pallier à leur manque d'assurance, ont été priés de ne pas manifester la moindre émotion, ce qui est assez déstabilisant... Le montage (dû comme d'habitude à la fidèle Mary Ann Bernard qui est tellement habituée à travailler avec Soderbergh qu'on a l'impression qu'ils ne font qu'un) fonctionne justement dans l'idée de pallier à ce manque d'émotion, en privilégiant des plans courts et dénués de drame. On est souvent à distance des non-acteurs, qui devisent parfois sur leur quotidien, avec naturalisme, mais sans misérabilisme. Et comme on n'est pas chez Pialat, ils le font sobrement... Le jeu dédramatise, mais le montage et la mise en scène font très bien le boulot. 

C'est peut-être l'un des films les moins chers au monde! Peter Andrews, le chef-opérateur attitré de Soderbergh (Qui ne lui coûte presque rien, paraît-il), a travaillé en vidéo numérique légère et a travaillé le cadre en fonction des lieux, toujours à l'économie, dans des plans qui bougent peu, mais sont autant de vignettes du quotidien... Pas de glamour donc, mais une impression de tangibilité poignante... Qui a ses limites, j'en conviens! Disons, qu'au moins, contrairement à Bruno Dumont, aucun mépris n'est présent à l'égard des gens qui sont filmés non pour leur médiocrité, mais pour leur humanité. Et Debbie Doebereiner fait un travail remarquable.

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Published by François Massarelli - dans Steven Soderbergh
31 mars 2017 5 31 /03 /mars /2017 13:23

Prenons un peu de hauteur...
Situé dans le riant milieu si fortement intellectuel de l'université Américaine, ce petit exercice de style en subtilité est le troisième long métrage de John Landis, et un jalon essentiel, quintessentiel même, de la comédie Américaine. C'est aussi le premier film réellement notable de tout un genre, fait de riantes blagues du meilleur goût, diverses saillies drolâtiques, et comportements poétiques liés à toutes les fonctions humaines, sans parler de la franchise souvent rafraîchissante et désarmante de son langage, de ses situations.

Bref, ça rape, ça pique, ça ne fait pas dans la dentelle, et il y a ici moult occasions d'exhiber l'obsession sexuelle de l'étudiant moyen, d'y voir l'université comme un endroit de haute lutte, pour bvboire, tricher, faire du sexe, prendre forces drogues qui carboniseront tout reste d epoésie dans le cerveau des uns et des autres, faire du sexe, reboire, et taper sur les autres fraternités: vous savez, ces maisons organisés en loge, où vivent les étudiants en auto-gestion, et qui sont toutes pfficiellement différentes les unes des autres, même si ça revient toujours au même: fête, boisson, sexe.

Le film ressemble donc à sa caricature: des jeunes arrrivent à l'université, se font accepter ou non dans une "fraternité", et sont ensuite en concurrnce avec les autres fraternité, se font des blagues, tout en essayant de contrer les tentatives de l'administration (qui souffre de l'humeur quelque peu blagueuse des impétrants, cela va sans dire) de fermer leur maison.

Et il y aura moult beuveries, coucheries et autres coccasions de se distinguer.

Ca ne vole donc pas très haut...

Mais c'est totalement assumé par landis, qui assumera d'ailleurs tous ses films à 100%, que ce soit Trading places et sa comédie relevée, ou An American Werewolf in London, ou The Blues Brothers. Chez lui, se dédier corps et âme au tond choisi pour faire un fiml est une affaire de principe, donc si on cherche la meilleure comédie idiote et décérébrée de tous les temps, ne cherchez pas plus loin...

Et en plus, il y a John Belushi.

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Published by François Massarelli - dans Comédie
30 mars 2017 4 30 /03 /mars /2017 14:17

Tout commence par un prologue superflu, qui va orienter le film dans une mauvaise direction: on s'attend à une variation sur The graduate, de Mike Nichols, puisque le prologue nous raconte comment à Pasadena dans les années 60, une affaire de coucheries entre une dame de la bonne société et un camarade de sa fille aurait influencé l'auteur du futur best-seller de Charles Webb, lui-même un camarade de lycée des deux jeunes... Et la fille aurait ensuite fui avec le jeune homme, pour un dernier week-end de folie, peu de temps avant de se marier... avec un autre. Ouf!

Mais l'histoire ne commence vraiment qu'en 1997, lorsque Sarah (Jennifer Aniston), le produit du mariage en question, revient à Pasadena pour le mariage de sa soeur, en compagnie de son petit ami Jeff (Mark Ruffalo). Elle a des doutes sur l'opportunité de se marier avec ce dernier, doutes qu'elle n'a pas encore exprimés de façon définitive, mais elle pense trouver dans le mariage de sa soeur des réponses à ses interrogations...

Elle va surtout, au contraire, trouver de plus embarrassantes interrogations: elle apprend l'histoire du prologue, que nous conaissons déjà, et commence à se demander si elle est bien la fille de son père, ou...

C'est, e dépit du côté délirant de ce qui précède, d'une grande sagesse. Le défaut de tous les films de Reiner depuis belle lurette, en fait: il assure le strict minimum, fait bien son travail, mais ne va pas plus loin. les acteurs sot parfois bons (Aniston), très bons, (Richard jenkins, en père apparemment dépassé par les événements), voire excellents (Kevin Costner en incorrigible séducteur, Shirley McLaine en grand-mère politiquement incorrecte), mais il n'y a pas là de quoi se relever la nuit...

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Published by François Massarelli - dans Rob Reiner
27 mars 2017 1 27 /03 /mars /2017 16:23

Un homme désespéré d'avoir perdu la femme de sa vie, une mort dont il peut plus ou moins s'accuser, rencontre quelques temps après les faits un sosie de son épouse disparue, et tombe bien sûr amoureux... Ca rappelle forcément des souvenirs, et le fait que la musique de ce film soit signée de Bernard Herrmann n'arrange rien à la confusion entretenue par De Palma. Celui-ci avait déjà largement repris des thèmes de Psycho dans Sisters, dont la musique était aussi signée par Herrmann. La première partie est, contrairement à Vertigo, très courte: en 1959, la vie de Michael Courtland (Cliff Robertson) est un conte de fées, mais il perd tout lorsque son épouse et sa fille sont enlevées. La police le persuade de ne pas livrer la rançon, afin de garder le dessus sur les ravisseurs, et lorsque les bandits constatent qu'ils se sont faits avoir, ils s'enfuient. leur voiture explose lors d'un accident, et aucun des corps ne sera retrouvé...

Quinze années plus tard, Robertson accompagne son associé Robert Lasalle (John Lithgow) à Florence, et rencontre une jeune restauratrice d'art dans une église; Sandra (Geneviève Bujold) est le portrait craché de son épouse Elizabeth. Il la courtise, l'emmène dîner, puis... se décide à l'épouser. Pour ce faire, il revient à New Orleans avec elle. Une fois arrivée dans sa grande maison hantée par le souvenir permanent d'Elizabeth et Amy, Sandra semble perdre pied avec la réalité, exactement comme si en plus de plagier Vertigo, De Palma se mettait à loucher avec insistance sur Rebecca...

L'intrigue, bien sur, est gonflée, on n'y croit pas une seconde. Ce qui rappelle qu'il y a toujours un élément vaguement camp chez De Palma... Ce qui l'intéresse ici, c'est de manipuler le spectateur devant la manipulation dont est (bien entendu) victime le héros. Et de lui donner des indices dans tous les sens, en cadrant juste ce qu'il faut cadrer. Le film n'a pas été au bout de ses audaces, dans la mesure ou du début à la fin il y a des soupçons d'inceste: une scène posait problème, et a été traitée en rêve. Sinon, le metteur en scène a recours à la psychanalyse, bien sur, comme il sait si bien faire, et on constatera qu'il utilise souvent Herrmann en complément dramatique: certaines scènes, privées de musique, seraient anodines. Elles en deviennent intéressantes... C'est le génie.

Celui de Herrmann, bien sur. De Palma n'est qu'un plagiaire sans aucun intérêt, ni le moindre talent, si ce n'est celui d'être un perroquet, et son film ne vaut pas tripette. Il y accumule les clichés Hitchcockiens, et on retrouve comme chez Truffaut cet étrange impression d'assister à un brouillon de film plutôt qu'un produit fini.

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Published by François Massarelli - dans Noir
27 mars 2017 1 27 /03 /mars /2017 13:17

 

Dans les adaptations de Stephen King, Stand by me, Misery et The Shining ont une place particulière, à cause de l'évidente présence écrasante de l'auteur. Crise d'inspiration, angoisse personnelle face aux dérives et aux démons intérieurs dans The Shining, l'auteur littéralement prisonnier de son succès et dépendance à l'héroïne pour Misery, les clés qui rattachent ces oeuvres à l'écrivain Stephen King sont nombreuses. The Body est un roman court (ou une grosse nouvelle) paru en 1982, qui renvoie au souvenir d'enfance d'un écrivain à succès, qui vient d'être confronté à la nouvelle du décès d'un ami qu'il n'a pas revu depuis longtemps, et le titre, même totalement approprié, posait problème en raison de l'équivoque interprétation qu'on pouvait en faire. C'est pourquoi on a eu l'idée de Stand by me... Passons.

King tenait Kubrick en bien piètre estime, estimant qu'il avait sans doute trahi son livre The shining... Comme d'habitude, l'écrivain se croyait également l'auteur des films adaptés de son oeuvre! Par contre, il n'a eu que des louanges à l'égard de Reiner, dont il estimait qu'il avait lui su adapter sans jamais trahir, que ce soit pour ce film ou pour Misery... Et il a raison sur un point: Stand by me est un sacrément bon film!

Eté 1959: quatre ados vont partir à pieds dans un périple qui n'est qu'un prétexte, car l'un d'entre eux a entendu son grand frère raconter à un copain qu'il a découvert le corps inanimé d'un jeune garçon qui est recherché par tout le conté. Ils ont décidé de partir à la recherche du corps, afin de se couvrir de gloire en le ramenant... Mais le grand frère et ses copains, pas vraiment des tendres, vont se mettre en quête aussi, en voiture par contre... Les quatre garçons de douze ans, qui s'apprêtent à intégrer le collège (Et de fait à se séparer), sont Chris Chambers (River Phoenix), un jeune garçon brillant, mais qui vit dans une famille pauvre, et sujette à la tentation de la délinquance; Teddy Duchamp (Corey Feldman), un gamin à leur de peau, qui a du mal à grandir, et qui souffre en particulier de la réputation de son père, considéré comme fou, et ce ne serait pas forcément loin de la vérité; Vern Tessio (Jerry O'Connell), un gamin un peu lent, et un peu trop enveloppé, qui est parfois le souffre-fduleur un peu facile de ses copains; enfin, Gordie Lachance (Wil Wheaton), un enfant brillant mais solitaire, qui a le malheur de ne pas ressembler suffisamment à son frère décédé denny, qui était lui un sportif connu de tous; son père, en particulier, lui en veut d'être celui de ses deux enfants qui a survécu... Alors il écrit, beaucoup, et en particulier développe des nouvelles cocasses ou étranges, dont il raconte parfois des extraits à ses copains...

La virée prend deux jours, et bien sur il va y avoir du pittoresque, des moments de peur un peu forcés, car l'un des intérêts de cette promenade dans l'Oregon est précisément de se donner l'impression de vivre une grande aventure... Et il y aura des menaces, même si peu sont vraiment graves: le propriétaire d'une case et son chien à la réputation terrifiante, qui s'avère être un toutou relativement accommodant; des trains qui passent, ce qui est embêtant quand on suit la voie ferrée et qu'on est sur un pont étroit; des sangsues, qui s'attaquent à un endroit particulièrement embarrassant; et puis, bien sur, les grands frères, bande de malfrats mal dégrossis, qui s'occupent en donnant des coups de batte de base-ball sur les boîtes aux lettres et qui prennent assez mal le fait d'avoir été devancés auprès du corps du jeune garçon par les petits. Mais aucune de ces menaces ne changera rien au fait que le voyage initiatique que s'imposent les garçons est surtout pour eux la dernière occasion de rester ensemble, avant que la vie ne les sépare. Et cette promenade va être celle durant laquelle ils vont beaucoup échanger, sur leurs frustrations, leurs craintes pour l'avenir, et pourquoi pas tester leur amitié...

Le "corps", celui dont ils veulent s'emparer les premiers afin de briller un peu dans le ronron quotidien de la petite localité, devient leur planche de salut, un petit Graal qui va les aider à se faire accepter, et à s'accepter eux-mêmes. il est aussi une fin annoncée de l'histoire, un prétexte donc à raconter quelques chose, car comme le dit Gordie, "un jour, je raconterai cette histoire... si je n'ai pas d'autre idée!". Mais l'idée est trop bonne pour ne pas le faire. On notera donc que King s'est bien sur mis en scène en la personne de Gordie, mais qu'il n'a pas oublié de donner à son jeune écrivain un auditoire parfois critique, comme Annie Wilkes sait si bien l'être dans Misery: Teddy désapprouve la fin d'une histoire que Gordie raconte mais lui suggère une autre fin!

Reiner a parfaitement choisi ses jeunes acteurs, et capture à merveille la douceur Américaine de vivre de ces années 50, et l'insupportable mal-être de ces quatre jeunes hommes coincés entre deux mondes inconciliables: les trente glorieuses, et la classe ouvrière Américaine... 

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Published by François Massarelli - dans Rob Reiner