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  • : Quelques articles et réflexions sur le cinéma, et sur d'autres choses lorsque le temps et l'envie le permettront...
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16 juillet 2016 6 16 /07 /juillet /2016 09:07

"Rex, king of the wild horses” était pour Hal Roach une vedette comparable à Rin-tin-tin, le chien qui a maintenu la Warner à flot avant qu’ils ne s’imposent avec la révolution du cinéma sonore… en un peu moins canin, et un poil plus chevalin. Il est donc la star en titre de ce western du au studio plus connu pour la qualité de ses comédies que pour ses westerns et films d’aventures de série B. Mais soyons honnêtes: s’il n’y a que quatre autres acteurs (ainsi qu’une jument et un serpent) dans ce petit film, on retiendra la présence de… Oliver Hardy et James Finlayson. Ce sont bien eux, l’un rappelant sous un maquillage un brin excessif son talent pour incarner les méchants particulièrement vicieux, et l’autre interprétant derrière sa grosse moustache un ahuri qui sert surtout à alléger le ton d’un film âpre et assez brutal…

L’intrigue se situe dans les abords de la vallée de la mort, en Californie, où deux bandits qui sont amenés à cohabiter (non sans discorde) vont se retrouver près d’une mine d’or: celle de Jake Belcher, un vieux prospecteur un peu minable, qui a recueilli quelques années auparavant une petite fille, maintenant adulte. Les deux bandits vont repérer un filon qui a échappé à son propriétaire, et se disputer la mine d’or, mais aussi la fille. Quant à elle, elle va manifester une tendance certaine au réveil de ses sens en côtoyant l’un des deux bandits… Et c’est bien ce qui fait l’intérêt du film: 16 ans avant la gauche et ridicule tentative de Howard Hugues avec The outlaw, No man’s law est un western qui tourne principalement autour de la sensualité. A l’exception de Jake Belcher, interprété par James Finlayson et sa grosse moustache, et censé amener les gags, c’est principalement de désir qu’il est question, dans le drame humain un brin violent qui se joue autour de la mine d’or, dont l’étalon Rex se veut un témoin partial avant d’être un juge. Après avoir vu la mine et son contenu, Nye (Hardy) et Spider O’Day (Theodore Von Eltz) vont voir Toby, la jeune femme, qui se baigne dans un point d’eau, et vont quelque peu oublier le pactole. Les diverses aventures qui suivent tournent plus autour de la rivalité pour la possession de la jeune femme que pour la possession de l’or, et bien sur le comportement des deux hommes va être différent: à la brutalité de Nye, O’Day oppose une certaine décence et une humanité qui va faire que la jeune femme tranchera sans trop de problèmes. D’autant que les deux hommes se différencient non seulement par leurs manières à son égard (O’Day essaie de séduire en se rasant, et est plus délicat, mais Nye recourt à la classique tentative Griffithienne de viol), mais aussi par leur traitement du père adoptif: Nye le met dans une brouette pour le jeter dans le trou d’eau! Barbara Kent, qu’on connait au moins comme la jeune sœur de Lars Hanson dans Flesh and the devil (Clarence Brown, 1927) et la jeune héroïne dans Lonesome (Paul Fejos, 1928), interprète d’une façon clairement sensuelle la jeune femme, et ce dès le départ, lorsqu’elle se réveille dans la cabane, vêtue de ce qui est manifestement une chemise d’homme bien trop grande, et bien sur durant la deuxième bobine, qu’elle passe surtout dans l’eau, nue. Cette attirance sexuelle exercée par la jeune femme, principal moteur du drame est inattendue non seulement pour un western, à plus forte raison pour une production Roach. Mais Toby est en fait l’objet de cette lutte cosmique entre le bien et le mal, sous l’œil de Rex. Le cheval intervient deux ou trois fois au début du film dans le but de manifester son hostilité à Nye, mais reste surtout le sauveur des justes, épargnant Toby et O’Day dans le conflit, mais causant, et l’écrire me fait froid dans le dos, la mort d’Oliver Hardy. La scène mérite d’être vue, et est à l’image de la réalisation impeccable du film, due à Fred Jackman, sous la supervision de F. Richard Jones. Bref, on peut certainement faire bien bien pire, si on a une heure à perdre, que de voir No man's law...

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Published by François Massarelli - dans Muet Western Hal Roach Laurel & Hardy 1927
16 juillet 2016 6 16 /07 /juillet /2016 08:54

Dernier film de Chuck Jones pour Bugs Bunny, qui repose sur les recettes désormais éculées du train fantôme. Celui-ci a l'avantage de ne pas reposer sur l'infecte Hazel, mais le Dracula qui accueille Bugs Bunny dans son château est bien laid... L'ensemble du film tourne autour de deux formules magiques qui ont le pouvoir de transformer le vampire en chauve-souris, et inversement, et bien sur, Bugs Bunny, en toute innocence d'abord, puis sciemment, va les prononcer systématiquement au moment opportun.

Jones, après ce film, est parti voler de ses propres ailes, ou plutôt a été viré sans ménagement. La cause, c'est tout simplement qu'il passait son temps à contourner les clauses de son contrat d'exclusivité... Une fois parti de la Warner, il a continué à oeuvrer pour le cinéma et la télévision, mais (C'est un avis personnel que j'exprime, mais c'est le mien!!) n'a tourné aucun film qui vaille la peine d'être vue, hélas...

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Published by François Massarelli - dans Bugs Bunny Animation Looney Tunes
16 juillet 2016 6 16 /07 /juillet /2016 08:44

le dernier film de McKimson mettant en scène le diable de Tasmanie aux prises avec Bugs Bunny souffre des mêmes défauts que les quatre autres: a priori, ce personnage est une bonne idée, mais n dessin animé ça doit être animé, et ce marsupial qui au moindre prétexte se transforme en tornade quasi immobile, ne faisait qu'annoncer, finalement, l'animation télévisée des années 60 et au-delà: du vite fait, mal fait, pour les gosses laissés devant la télévision par leurs parents. Et même si on passe sur le fait que ce film est pauvre en gags, on peut l'écouter, et il sonne comme un vrai dessin animé Warner, pas de problèmes, avec la voix de mel Blanc bien sur. Mais ajoutez 'image et on retrouve ce souci de personnages sans vie, et d'animation de feignasse. La fin est proche...

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Published by François Massarelli - dans Bugs Bunny Animation Looney Tunes
15 juillet 2016 5 15 /07 /juillet /2016 09:26

S'il est un thème omniprésent dans l'oeuvre d'Hitchcock, c'est bien celui du faux coupable. Ca commence avec The lodger en 1926, et ça n'attendra pas qu'Hitchcock revienne au thriller pour continuer: dès 1927 et Downhill, cette vision obsessionnelle de la fausse culpabilité d'un protagoniste revient dans un grand nombre de films. Murder, The 39 steps, Young and innocent en particulier proposent dans le cadre du film policier et d'aventures une vision de cette thématique. Les films Américains vont ajouter de façon sophistiquée des intrigues basées sur la non-culpabilité d'un suspect, à travers l'élégance trompeuse du film noir flamboyant Suspicion, du petit film d'aventures et d'espionnage Saboteur, ou de l'étude grinçante de moeurs I confess, tout en continuant à fournir des policiers plus classiques sur le même thème (Dial M for murder), en continuant à faire des variations sur le cas de figure (Stage Fright), et en raffinant son art jusqu'à d'impressionnants chefs d'oeuvre (Strangers on a train). Les années 50 sont la période la plus heureuse de la carrière du metteur en scène, qui a son propre univers, est désormais à l'aise pour utiliser son nom et sa réputation, et confectionne amoureusement des films d'une rare classe (To catch a thief, et son faux coupable une fois de plus) dans le cadre rassurant de la Paramount. Mais Hitchcock ne s'arrête jamais, et ce thème qui le turlupine, il y revient (Et y reviendra, dans North by northwest en 1959 et dans Frenzy en 1972) avec un film en apparence totalement à part, qui s'intitule justement The wrong man.

Le titre (Traduit pour une fois fort judicieusement Le faux coupable) nous indique ce qu'on n'a pas besoin de nous dire trop longtemps à la vue du film, à savoir que le personnage de Manny Balestrero, l'infortuné contrebassiste accusé à tort de plusieurs attaques à main armée, et autres cambriolages, est parfaitement innocent. Mais il est surtout malchanceux: venu chez un agent d'assurances pour emprunter sur la police de son épouse, il est reconnu par plusieurs employées comme étant l'homme qui a commis une attaque sur le bureau, et les boutiquiers amenés à témoigner vont aussi le reconnaître, pour la plupart. N'étant pas un professionnel de l'alibi, Manny ne parviendra pas à se disculper, et sa famille va devoir subir l'humiliation de la justice dans toute sa splendeur. Hitchcock nous a prévenus au début, il fait une sorte d'apparition bien différente de ses "cameos" habituels: vu depuis le plafond d'un studio, une simple silhouette qui se dégage au milieu d'un plateau. Dans son univers en quelque sorte... Il insiste sur le réalisme de l'histoire u'il va nous conter. Apparemment similaire à ses présentations télévisée, mais très éloignée en fait, cette introduction est un peu trompeuse: les faits rien que les faits, nous promet-il... Mais le vieux metteur en scène est aussi un vieux renard qui sait communiquer. Le film aura l'apparence du "docudrama", mais c'est un film superbement mis en scène dans lequel la touche Hitchcockienne se fait certes discrète... Mais elle est là. Tout comme sont là les fidèles, le producteur Herbert Coleman, le chef-opérateur Robert Burks, et bien sur Bernard Herrmann, compositeur attitré, dont le rôle dans ce film austère est pourtant réduit à la portion congrue. Mais à part Vera Miles, qui reviendra dans Psycho, on n'est pas confronté ici à un casting "hitchcockien". En lieu et place de, disons, Cary Grant ou James Stewart, on a Henry Fonda.

Manny Balestrero est un personnage formidable, par sa gaucherie, son inadaptation à sa situation délirante dans laquelle il est fourré totalement malgré lui. Italien d'origine, il est catholique, et c'est un des fils rouges de ce film, dans lequel en proie au doute on le voit se tourner vers la religion au moins de deux façons: en contemplant un petit tableau de Jésus dans sa chambre, et en priant silencieusement durant son procès, égrenant son chapelet. J'y reviendrai. Mais le personnage est aussi un brave homme, timide et effacé, et totalement conforme à la vision de l'homme de la rie par Hitchcock; qui dès les années 20 et 30 aimait à peupler ses films de petites gens, comme dans Sabotage, dans Blackmail, dans l'ouverture de The 39 steps, et on peut bien sur continuer avec des films comme Shadow of a doubt. Notre contrebassiste un peu austère fait partie de cette catégorie, et sans nul doute c'est un homme sans histoire: il a trouvé un travail qui lui plaît, il a une épouse aimante, deux enfants, ils ont quelques difficultés, mais ce n'est pas bien grave. Fidèle à sa manière, Hitchcock caractérise Fonda en quelques plans: il joue de la contrebasse dans un orchestre de danse au Stork Club, finit son set, et silencieusement sort, prend les transports en commun: les pages du journal qu'il feuillette nous renseignent sur son cas: il consulte les résultats des courses, et tombe sur une publicité qui détaille des prix exorbitants. Une conversation avec son épouse nous éclaire un peu plus: elle souhaite se faire extraire les dents de sagesse, mais recule devant le prix de l'opération. Voilà qui motive en effet l'emprunt sur l'assurance. Le problème de Manny, c'est que ça motive aussi les crimes qui lui sont imputés.

Fonda, c'est le petit homme par excellence, celui qui ne sortira de sa réserve que si c'est nécessaire, trop grand pour le monde, un peu comme James Stewart, mais plus enclin à rentrer dans le rang pour ne pas se faire voir... C'est aussi un acteur plus doué que Stewart pour l'ambiguïté: il y a toujours, derrière le Stewart "sombre", des motifs nobles, mais le Fonda de The Ox-Bow incident est un alcoolique bagarreur sans raison apparente, et Tom Joad a tué un homme. Les personnages de Advise and consent (Un politicien soupçonné de trahison), de There was a crooked man (Un homme de loi qui se laisse corrompre de façon très inattendue), et bien sur de Once upon a time in the west iront plus loin encore. Donc Hitchcock joue un peu, au début, avec cette possibilité, ou du moins si nous n'avons que peu de doute quant à son innocence, il apparaît plausible que ce grand gaillard qui ne sait pas où se mettre, soit après tout coupable. Vera Miles de son côté joue le rôle de l'épouse qui craque, plongeant dans l'hystérie puis le mutisme, d'une façon très convaincante. Elle n'en fait justement jamais trop, au contraire. Et Hitchcock la fait aussi jouer sur son apparence, en la faisant se maquiller de moins en moins, alors que le personnage plonge lentement mais surement dans la folie. Elle est l'ingrédient dramatique, un autre fil rouge, le plus important sans doute: lorsqu'elle perd le nord, Manny perd son soutien principal. Elle offre une image navrante, confirmant l'enfer dans lequel Balestrero est conduit... Et lorsque Manny est confronté au vrai coupable, la seule chose qu'il puisse lui dire est "Vous savez ce que vous avez fait à mon épouse. L'autre ne dira rien. Que voulez-vous qu'il dise?

Je parlais de la mise en scène de ce film, comme bien autre chose que ce prétexte de réalisme avancé par Hitchcock lui-même. Bien sur, Hitchcock ne peut pas faire autrement, il a la maîtrise absolue du cadre, sait parfaitement ce qu'il veut, et s'il n'hésite pas à forcer en effet sur le contexte hyper-réaliste, à mille lieues du glamour, sa mise en scène s'affiche comme d'habitude formidable: son jeu sur le point de vue par exemple, la façon dont dans une scène Manny entre, et nous avons désormais le point de vue d'une employée qui le voit à travers les barreaux de son guichet (Ce qui nous annonce ce qui va lui arriver), et la main dans sa poche, comme une inquiétante menace. Le point de vue sur l'affaire sera toujours celui des autres, les policiers (Qui font leur travail sans aucune flamme, ni aucune énergie phénoménale. De bons fonctionnaires sans histoire en réalité!), les témoins... Lorsque, au cours du procès, on a le point de vue de Manny Balestrero, c'est essentiellement pour nous indiquer, en caméra subjective, qu'il ne comprend rien à ce qui se passe, et qu'il est presque absent de ce procès qui semble même ne pas le concerner. Ce principe de caméra subjective est aussi présent lors de l'arrestation proprement dite, qui est privée de tout drame, et de tout dialogue, et qui est un tour de force. Le propos d'Hitchcock est bien sur de nous donner le pire rôle, celui d'être dans la peau du pauvre type sur lequel l'injustice s'abat et qui n'a après tout aucun argument à opposer...

Car Hitchcock avait semble-t-il une raison d'être obsédé par cette vision de la culpabilité comme un phénomène du hasard, prêt à s'abattre sur n'importe lequel d'entre nous. Il l'a souvent expliqué comme venant d'une anecdote célèbre: son père avait arrangé avec des copains policiers d'enfermer son fils pendant cinq minutes pour le punir, provoquant chez lui une trouille farouche et persistante à la fois de la police, et de l'erreur judiciaire. Que cette anecdote soit vraie ou fausse, il est sur qu'Hitchcock avait vis-à-vis de la police une peur claire et nette, et que sa vision de l'erreur judiciaire était qu'elle 'était à la portée de n'importe qui! Mais Hitchcock, Catholique, savait que l'homme est par essence assimilé au crime, coupable par association parce qu'il fait partie de l'humanité. Une scène formidable, la plus notable sans doute du film, voit Fond se tourner vers le fameux tableau de Jésus dans sa chambre, là même où un soir il a retrouvé son épouse prostrée, passée de l'autre côté de la folie: il est en gros plan, et il prie. En surimpression, une rue de la ville, la nuit. Un homme s'approche. D'abord en silhouette, puis on le voit de mieux en mieux, il porte les mêmes vêtements que ceux généralement portés par Fonda, et son vidage vient se placer dans les contours de ceux de la star. C'est le bandit, le vrai. Il ne lui ressemble pas tant que ça, mais la confusion est possible. Réponse à sa prière, ou simple rappel du cinéaste pour dire qu'un homme et un autre homme, finalement, c'est la même chose? Tous coupables?

On est loin de Kafka, grâce justement à Hitchcock qui sait ne pas s'aventurer trop loin dans l'onirisme (Il le prouvera bientôt dans les deux films fantastiques qui sont parmi les plus réalistes de son oeuvre!), mais Hitchcock, avec ce film singulier, et dégagé de l'influence trop lisse des studios (C'est une production indépendante, distribuée par la Warner), me semble avoir une fois pour toutes établi son thème majeur, et le fait avec une classe incroyable, dans une démonstration qui réussit à ne jamais être austère. Il le fait aussi en redéfinissant son art et sa manière, et ce film tranchant et noir comme l'encre aura, qu'on le veuille ou non, des conséquences. qu'il l'ait fait en réagissant à une nouvelle donne du cinéma mondial (Le film ressemble souvent à une oeuvre européenne dans son réalisme froid) est une évidence, mais une fois de plus il sera à son tour le plus influent: Scorsese s'inspirera de cette vision sans concessions de New York (Taxi Driver), Friedkin y puisera la source de son style développé dans ses films French Connection et The exorcist (!!!).

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Published by François Massarelli - dans Alfred Hitchcock Noir
14 juillet 2016 4 14 /07 /juillet /2016 15:56

C'est mécanique, et ça n'avance plus... En ces années 60, alors que les films d'animation de la Warner Bros ne sont plus que l'ombre d'eux-mêmes, même les films de Chuck Jones sont atteints par la ringardise ambiante... Et Marvin le martien devient, lui aussi, ennuyeux comme dans ce film où il affronte une fois de plus Bugs Bunny dans une intrigue prétexte qui débouche sur des gags éculés, et une animation indigente.

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Published by François Massarelli - dans Animation Bugs Bunny Looney Tunes
14 juillet 2016 4 14 /07 /juillet /2016 15:43

Bugs Bunny et Daffy Duck sont tellement copains qu'ils vivent ensemble, dans le même terrier. Leur complicité est telle que le lapin peut même se permettre de gentiment reprocher au canard de passer beaucoup trop de temps devant la télévision. Justement, quand le film commence, il est devant le poste, à suivre une émission dont le principe est simple: on y demande à des amis d'entrer en concurrence pour arriver le premier, avant l'autre, au studio, pour récupérer un premier prix coquet. La compétition sera rude, car comme le fait remarquer daffy duck, ce n'est pas pour le principe, mais pour l'argent qu'il le fait!

Encore un film qui prend appui sur l'ennemi juré du cinéma, la télévision. Franchement, Bob McKimson avait quand même une nature accommodante, car ce qui a fait plonger les Looney tues, dont le budget fondait chaque année comme neige au soleil, c'est bien cette boîte à conifier les gens qu'est la télévision! Mais un paradoxe ne venant jamais seul, prenez un sujet sans intérêt, confiez-le à un réalisateur notoirement incapable, et vous obtiendrez... un film tout à fait décent, drôle et impertinent, au timing presque impeccable. La rivalité ici totalement physique entre les deux héros en rappelle une autre, celle entre le coyote malchanceux et son dîner inaccessible, dans l'oeuvre de Chuck Jones, auquel ce film fait parfois penser, par son humour noir et subtilement sous-joué.

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Published by François Massarelli - dans Bugs Bunny Animation Looney Tunes
14 juillet 2016 4 14 /07 /juillet /2016 11:09

Un western qui pose en termes aussi clairs et crus la question de la justice expéditive, dénonçant du même effet tous les aspects qui posent problème dans la Loi américaine, et disons-le, universelle, tant le message du film parle à tous. On va le redire: message. Ce film n'est en rien gratuit, il n'est pas de ces westerns qu'on regarde pour y retrouver un plaisir escapiste, il se regarde comme on retourne à un exposé brillant. Confié à un maître qui n'a pas pour habitude de mâcher ses mots, habité par des comédiens qui incarnent tous d'une façon convaincante des humains embarqués dans une affaire regrettable qui sera exacerbée par d'incontrôlables passions, le film est nécessairement une grande date, et une oeuvre gonflée, dans la mesure ou une vision aussi radicale est finalement rare en temps de guerre, ou la simplification manichéenne est le plus souvent érigée en loi absolue... Il est vrai qu'à l'extérieur des Etats-Unis, en ces temps troublés, la justice expéditive existe bel et bien...

 

Deux cowboys fatigués reviennent dans une ville qu'ils ont quitté depuis longtemps, et vont se trouver pris plus ou moins de force dans un posse, le but du rassemblement étant de trouver et lyncher les meurtriers d'un homme qui vient d'être tué après que son bétail lui ait été volé. Les "justiciers" vont vite tomber nez à nez avec trois hommes, accompagnés d'un troupeau, qui pourraient bien être les criminels recherchés, bien qu'il apparaisse très vite à un certain nombre des membres du posse que ce n'est pas le cas. Le débat fait rage entre les différentes personnes présentes: les lyncheurs, les coupables et les témoins plus ou moins impliqués...

Le film est court, très court même pour un film de 1943. Wellman a débarrassé sa démonstration de tout ce qui pouvait l'encombrer, pas d'histoire sentimentale donc, même si il y en a l'ombre d'une esquisse, vite mise de côté. Pas de grands discours, même si un procédé permet au scénariste Lamar Trotti d'introduire une sorte de conclusion en forme de lecture humaniste par Henry Fonda: l'un des "condamnés"  a eu le temps d'écrire une lettre, qui sert de conclusion au film, et termine de désigner post-mortem les lyncheurs comme des hommes qui se sont mis hors-la-loi, par rapport aussi bien à la société que la religion. Fonda, qui permet l'identification du spectateur, n'est pas ici un donneur de leçons, mais un homme qui passait par là, et qui n'a participé à cette odieuse aventure que contraint et forcé, son statut d'étranger en faisant un suspect potentiel. Mais sa vision pragmatique lui permet d'agir en conscience, en se désolidarisant très vite du troupeau d'obsédés du noeud coulant. Ceux-la sont pointés du doigt plus que les autres, et sont bien sur un mélange hétéroclite: une dame un peu trop pittoresque, un riche propriétaire qui se réclame de la confédération (Le film se situe un certain temps après la guerre de sécession) et qui tourmente son fils, jusqu'à le pousser à participer au lynchage contre son gré, et divers personnages qui se situent plus ou moins officiellement du coté de la loi. Les "justes" ne seront, eux, que sept...

 

Les trois "victimes" de ce qui est une erreur judiciaire rappellent bien sur qu'on n'est pas égaux aux Etats-Unis devant la justice, que cette inégalité soit liée à une origine, à une classe sociale ou comme ici, au fait qu'on ne vous connait pas, ce qui fait automatiquement de vous un suspect... Le film, bien sur, dénonce avant tout le lynchage, sous couvert de folklore westernien. Mais on sait qu'en 1943, un lynchage n'aurait pas été perpétré comme il est fait dans le film sur un jeune homme blanc (Dana Andrews), un vieux cabochard Irlandais (Francis Ford, admirable) ou un Mexicain (Anthony Quinn). Donc le film prend une couleur politique contemporaine, en dénonçant un phénomène qui est une réalité, encore, à cette époque, dans le Sud notamment. Mais Wellman, usant de son habituelle tactique de cacher au moins partiellement l'action des scènes-clés, ne nous montrera jamais la pendaison, mais en insère l'ombre dans les plans, une ombre qui pourchassera les auteurs du lynchage qui auront survécu à l'incident... De la même manière, il nous montre Fonda dissimulé derrière un chapeau, seule sa bouche étant visible, ce qui de fait met en valeur le discours final, lu par le comédien sur la lettre du jeune condamné, qui remet les choses en place: on ne tue pas, que ce qoit par visée criminelle, ou par justice. La lettre enjoint l'homme de faire la justice dans la dignité, l'objectivité, et à l'écart des passions. Devant ces braves gens, tous réunis autour d'un crime qui n'aurait pas du se commettre dans un pays de droit, la lecture de la lettre rappelle avec force où l'Amérique devrait se situer, et ce qu'elle doit faire, pour lutter contre la barbarie aussi bien à l'extérieur qu'à l'intérieur de ses frontières.

On ne saurait mieux le dire: tuer est mal, que ce soit légitimé par la loi, ou non. Ce n'est plus ici ni Fonda, ni Dana Andrews ni William Wellman, ni Lamar Trotti qui s'expriment: c'est moi.

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Published by François Massarelli - dans William Wellman Western
14 juillet 2016 4 14 /07 /juillet /2016 00:38

"Some people are born to sit by a river, some get struck by lightning, some have an ear for music, some are artists, some swim, some know buttons, some know Shakespeare, some are mothers, and some people dance."

 

L'étrange conclusion poétique de ce film met l'accent sur la place de chacun et le fait que certains parmi les êtres humains sont obsédés par l'idée de se faire une place, de se trouver. Le principal enjeu, pour eux, est de maitriser le temps, d'arriver à leur objectif avant qu'il soit trop tard. Vivre serait donc se mettre en coulisses pour bondir sur l'opportunité au bon moment... de la fable de Fitzgerald qui sert de point de départ au film, Fincher et ses scénaristes ont retenu l'étrange présupposé: un jour, un homme nait vieux, et va rajeunir jusqu'à sa mort. Le reste est propre au film, déplacé à New Orleans, et articulé sur 80 ans, de 1917 à 2005, de la participation Américaine à la première guerre mondiale à l'ouragan Katrina...

 

L'ouragan menace New Orleans, quand dans un hôpital de la ville Daisy Fuller, une veuve atteinte d'un cancer, se prépare à mourir. A son chevet, sa fille Caroline découvre un journal atribué à un certain Benjamin Button: elle le lit à haute voix, et découvre la destinée étrange de celui qui était son vrai père, mais qu'elle n'a jamais connu. Né déja difforme par la sénilité, il a été abandonné par son père affligé d'avoir perdu son épouse en couches et ne parvenant pas çà surmonter le choc de sa découverte de l'état du bébé. placé sur l'escalier d'une maison de retraite, il est recueilli par Queenie, une Afro-Américaine qui travaille à la maison de retraite, et élevé parmi les personnes agées. il rencontre assez vite la petite Daisy, qui fait de cet étrange garçon son compagnon de jeux, puis les deux grandissent éloignés l'un de l'autre; Benjamin rencontre son père, devient marin, file le parfait amour avec Elizabeth, la femme d'une diplomate anglais à Mourmansk, participe à la seconde guerre mondiale, et de son côté Daisy devient danseuse, participe à la vie très libérée des coulisses du ballet, et a un accident qui l'éloignera d'une carrière prometteuse. Vers le milieu de leurs vies, parvenus à une certaine égalité dans leurs développements respectifs, ils tombent dans les bras l'un de l'autre et vivent un amour bref mais intense. A la naissance du bébé, Benjamin s'éloigne, comprenent qu'un moment viendra qui obligera Daisy à s'occuper de lui comme d'un enfant....

 

C'est un film très difficile à résumer, auquel le spectateur doit immédiatement adhérer, en faisant sienne une certaine forme de foi: à aucun moment une explication ne viendra polluer le film, qui ne dispose que d'un petit prétexte cosmique poétique et finalement assez satisfaisant: en 1918, un horloger aveugle qui a perdu son fils à la guerre a honoré la commande de la ville qui voulait une nouvelle horloge pour la gare, en donnant une horloge qui marche à l'envers; ainsi, pense-t-il, on laisse une chance au temps de revenir en arrière et à son fils de ressusciter. De fait, il va y avoir une conséquence inattendue en la naissance absurde d'un bébé vieux qui marche à l'envers. Mais soyons franc: il vaut mieux faire comme tous les protagonistes de ce film, et accepter: personne ne semble questionner la raison d'être de cet étrange vieillissement paradoxal. C'est donc un vieux garçon de 10 ans qui rencntre Daisy, c'est un vieillard de 16 qui se fait déniaiser sous le fier contrôle d'un capitaine Ecossais pittoresque, et c'est un vieil homme de 35 ans qui rencontre une quadragénaire désoeuvrée à Mourmansk, avec laquelle il a une aventure. Tout du long de ce film, David Fincher reconstitue avec une gourmandise et un savoir faire d'orfèvre le siècle qui passe, de New Orleans à Paris, en passant par New York. Il appuie sa recréation maniaque d'un clin d'oeil appuyé au cinéma, avec des images craquelées en 1918, et occasionnellement, un gag récurrent filmé à la façon des courts films d'Edison, en noir et blanc saccadé : un homme qui raconte à Benjamin à chaque fois qu'il le voit l'un de ses sept rencontres avec la foudre... Mais la reconstitution d'un monde sous toutes ses coutures n'est pas la première expérience de ce genre pour le réalisateur: Zodiac présentait déja ce voyage hallucinant dans le temps, dont la rigueur de l'intrigue trouvait en la fidélité de la recréation de la ville et des circonstances de chaque scène un pendant parfait. De même, The Social Network le fait avec la dernière décennie, pour replacer dans son contexte l'histoire récente et la création de Facebook par Mark Zuckerberg.

 

C'est à partir de cette fascinante resurrection d'un monde disparu, ou en constante évolution, que l'on peut voir ce qui est le but du film, au-delà de cette poésie pure de l'image liée à cette invention géniale, l'idée d'un homme qui rajeunit en mourant. Il nous parle du temps, de son emprise sur tout ce que nous sommes, sur chacun d'entre nous. Il met l'accent sur la nécessité de trouver vite ce que nous sommes censés faire, mieux, de ne pas chercher, on le saura bien assez tôt. Et le film se permet en plus de donner à une histoire d'amour, par le biais de son paradoxe interne, sa représentation parfaite: Daisy doit attendre que Benjamin soit assez jeune, Benjamin que Daisy soit assez vieille. Benjamin s'amuse de se sentir chaque jour plus vaillant, mais Daisy a peur de la vieillesse qui l'envahit, dont elle sait qu'un jour ou l'autre Benjamin de plus en plus jeune se lasserait.

 

Ainsi, Fincher, l'homme des fins tragiques (Il a reconnu qu'il n'est en aucun cas porté sur les happy ends, et un coup d'oeil rapide à tous ses films le confirme) trouve-t-il en cette étrange histoire le vecteur parfait pour nous conter une histoire d'amour parfaite, à sa façon: un parcours à deux qui ne peut se résoudre que dans la tristesse, parce que c'est comme ça... En choisissant de le faire par le biais de ce moment doublement dramatique d'une fille venue au chevet de sa mère mourante alors qu'un ouragan meurtrier menace, il aurait pu élever le drame personnel et privé de Daisy et Benjamin au rang de tragédie; mais en montrant les gens qui trouvent le temps de faire ce dont ils ont envie, le meilleur exemple étant la traversée de la Manche par cette ancienne amoureuse de Benjamin (Tilda Swinton), qui a 68 ans a trouvé le courage d'accomplir son rêve, relayée par la télévision... par la puissance visuelle de sa réalisation, sa maitrise technique absolue, le génie de ses collaborateurs, et par la grâce de ses interprètes, absolument tous géniaux, en choisissant enfin de finir son film sur une vision de l'eau qui envahit à New Orleans un grenier dans lequel on aperçoit une horloge qui marche à l'envers, Fincher se situe en droite ligne dans le cinéma du miracle, celui des Borzage, Kieslovski, et d'autres, et son film est une merveille. Il affirme paradoxalement, avec ce film qui nous rappelle l'inéluctabilité de la mort, sa foi en l'existence.

 

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Published by François massarelli - dans David Fincher
13 juillet 2016 3 13 /07 /juillet /2016 17:22

On eut difficilement faire plus hitchcockien que ce film merveilleux, l'un des chefs d'oeuvre du metteur en scène. Il se fait plaisir, avec une adaptation d'un livre, dont il a confié la mise en oeuvre à son épouse Alma, assistée de Joan Harrison; le roman Before the fact, de Francis Iles, avait presque tout pour intéresser Hitchcock: une intrigue classique située dans le sud de l'Angleterre, une narration à la première personne par une femme qui allait être la victime d'un meurtre, et le découvrait progressivement. Parmi d'autres mensonges naïvement colportés par François Truffaut, Hitchcock est supposé avoir regretté toute sa vie avoir "trahi" son idée initiale en changeant le personnage de Johnny Aysgarth qui dons son film devient innocent de tout crime. On ne croit pas une seule seconde à cette hypothèse: d'une idée amusante dans le roman, Hitchcock passe à une étude noire sur l'âme humaine, doublée d'un regard impressionnant sur la psychologie d'une femme qui a toute sa vie réprimé sa sexualité, et éprouve les plus grandes difficultés à y faire face...

Johnny Aysgarth, meurtrier potentiel et play-boy invétéré, ce sera donc Cary Grant, pour le premier de quatre rôles en or pour Hitchcock. Et face à lui, déjà sollicitée par Hitchcock pour Rebecca, on trouve Joan Fontaine dans ce qui est peut-être son meilleur rôle...

Lina, une jeune femme très comme il faut d'une famille respectable, rencontre le flamboyant Johnny Aysgarth, un play-boy aux manières déplaisantes... dont elle tombe amoureuse de suite. Sans trop attendre, et bien sur contre l'avis des parents de la jeune femme, ils se marient, et commencent à vivre une vie de luxe, avant que LIna ne se rende compte que son mari n'a en réalité pas un sou... Et si son comportement irresponsable et insouciant ne l'inquiète pas trop, elle réalise asse vite que le tempérament de Johnny ne s'accommode ni d'un travail à plein temps, ni de plaies d'argent. Lorsque il se lance en compagnie d'un ami dans une affaire un peu louche, et que cet ami meurt d'une façon étrange, se peut-il que Johnny ait provoqué sa mort pour mettre la main sur ses parts? Et quand viendrait donc son tour à elle?

Oui, le film est nettement plus intéressant si le soupçon de meurtre n'est qu'un soupçon, et si tout, finalement, est dans la tête de Lina. Tout commence dans l'obscurité, de façon inattendue: on entend la voix de Cary Grant, et la lumière se fait: nous sommes dans le compartiment d'un train qui vient juste de passer sous un tunnel, et Johnny Aysgarth vient d'entrer là ou seule Lina se tenait. Elle lisait, et tout est fait pour nous la présenter comme une vieille fille typique: lunettes, tenue très austère, et un livre de psychologie sur les genoux. Mais Johnny, quand il la reverra, aura le coup de foudre: débarrassée de ses lunettes, à cheval, le sourire aux lèvres, Lina est une femme bien plus elle qu'elle n'y paraissait... Une bonne part de la première moitié du film est consacrée à cette métamorphose à caractère sexuel. Et Hitchcock fait jouer tous les éléments en faveur de la séduction de Lina par Johnny...

C'est le point de vue de Lina qui est l'unique vecteur de l'intrigue, et c'est ce qui donnera à la deuxième moitié, celle durant laquelle les soupçons s'installent, tout son intérêt: tout commence lorsque Aysgarth, sans émotion apparente, dit à son épouse que leur ami Beaky ne devrait pas boire de Cognac, car ça le tuera un jour: on passe de la comédie sentimentale, basée essentiellement sur l'embarras d'une jeune femme riche qui découvre la vie un peu dangereuse de son flambeur de mari, à un drame psychologique dans lequel une femme qui s'est donnée à un homme découvre des facettes de plus en plus inquiétantes de son caractère. Et la mise en scène d'Hitchcock se métamorphose de séquence en séquence, tendant inéluctablement vers une confrontation entre les soupçons de l'une et la vérité de l'autre, qui est aussi du même coup un test pour les sentiments de l'une et de l'autre.

La séquence la plus célèbre de ce film est bien sur celle du verre de lait, durant laquelle Lina, qui s'est apparemment résignée à l'hypothèse que son mari veuille l'empoisonner, va se coucher pendant que Johnny va lui chercher un verre de lait. La maison dans laquelle la plupart des scènes se passent est un endroit très lumineux, mais qui sait devenir inquiétant à l'occasion. Cette scène est fabuleuse pour la science des ombres et de la lumière du metteur en scène, et bien sur une idée simple, mais géniale: une source de lumière cachée à l'intérieur du verre de lait, et il nous est impossible de regarder autre chose... Tout le film brille d'une mise en scène assurée, sans aucun effet gratuit, qui joue sur les impressions, le non-dit, et utilise toutes les ressources du décor, et de l'intrigue... Voire les deux: une scène voit Lina recevoir des nouvelles de l'ami Beaky, et comme elle commence à soupçonner son mari, elle reçoit des policiers qui lui donnent un article de journal à lire. Ce qu'elle fait, mais non sans avoir chaussé ses lunettes, et pris place sous le regard inquisiteur d'un portrait de son très sévère père disparu, qui désapprouvait tant de Johnny Aysgarth. Elle redevient à cet instant la vieille fille à la sexualité réprimée... En confondant systématiquement ces deux aspects du personnages, Hitchcock nous livre une fois de plus un portrait époustouflant d'un personnage. Bien sur ses propres vues sur la sexualité féminine (on remarquera au passage que parmi les personnages qui "aident" Lina à comprendre, ou plutôt à se méprendre sur Johnny, figure Isobel, une amie auteure de romans policiers, qui a quelques habitudes masculines, et vit avec une femme. Comme toujours, l'homosexualité est indissociable de l'erreur chez Hitchcock!

Mais quoi qu'il en soit, ce film magnifiquement construit, qui voit Hitchcock faire semblant de retourner en Grande-Bretagne, reconstruite en Californie (les matte paintings étaient nécessaires pour transformer le ciel radieux en univers nuageux...) est une oeuvre parfaitement maîtrisée, qui aboutit à une superbe étude du soupçon chez une personne autrement parfaitement sensée. Et nous, spectateurs, n'avons-nous pas eu les mêmes soupçons? ET n''en reste-t-il pas un peu au moment ou le mot fin apparaît? Ce film noir, élégant, est un plaisir sans cesse renouvelé, dans lequel on retrouve deux acteurs au sommet de leur art, et en prime la superbe musique de Franz Waxman.

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Published by François Massarelli - dans Alfred Hitchcock Noir
13 juillet 2016 3 13 /07 /juillet /2016 17:18

Une fois de plus, McKimson perd son temps et réutilise le personnage sans aucun intérêt ni relief du diable de Tasmanie, confronté à décidément plus intelligent et plus fort que lui, en l'occurrence Bugs Bunny. C'est moche, mal foutu, jamais drôle.

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Published by François Massarelli - dans Bugs Bunny Animation Looney Tunes