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  • : Quelques articles et réflexions sur le cinéma, et sur d'autres choses lorsque le temps et l'envie le permettront...
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25 juillet 2017 2 25 /07 /juillet /2017 15:20

Ce très court métrage amateur (Mis qui fut distribué par Pathé, tellement il avait impressionné) est donc le premier contact de Capra avec le cinéma. Inutile de chercher ici le style des films qu'il tournera par la suite, il aura besoin de faire convenablement ses classes chez Sennett avant de devenir le prince de la comédie sentimentale, mais au moins trouve-t-on ici un vrai talent pour accumuler les trognes dans ce qui reste un exercice un peu vain: l'illustration se voulant servile d'un poème de Kipling.

La pension de famille de Fultah Fisher est un vrai bouge, on y boit, on y joue, et on s'y bat sans vergogne, en particulier pour les filles. Mais ce qui relie malgré tout ces quelques 12 ùinutes à l'oeuvre future, outre un certain sens du montage (Je ne sais pas si le film n'a pas été révisé et embelli par la suite, notez), c'est le talent pour accumuler les images de personnes de tous horizons, l'un des éléments qui font l'Amérique de toujours, et une obsession pour le metteur en scène...

 

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Published by François Massarelli - dans Muet Frank Capra
25 juillet 2017 2 25 /07 /juillet /2017 09:04

Ce film est le premier de Capra à sortir du cadre des petits compléments de programme (Policiers, comédies, mélos, tous réduits en durée, et en budget) à la Columbia. Comme on le sait, ces compléments de programme sont généralement d'une qualité bien supérieure à ce qui était attendu, donc il est probable qu'Harry Cohn était à l'aise pour lui confier un budget conséquent... Ce film sera non seulement un gros succès, mais il consolidera encore plus la position du metteur en scène au studio, tout en inaugurant un cycle de film d'hommes, dont les deux qui suivront (Avec les deux mêmes acteurs dans les rôles principaux) seront parlants: Flight et Dirigible.

Jack Dorgan (Jack Holt) et Bob Mason (Ralph Graves) sont deux marins et scaphandriers, habitués à remplir des missions ensemble. Ils ont sillonné la terre entière, et se sauvent mutuellement la vie à chaque occasion qui se présente, sans jamais arrêter de se chamailler comme des gosses. Bref, des hommes, des vrais... Mais Mason, plus jeune que son copain, est généralement le plus rapide à séduire les dames. Il a même un truc: il leur offre des jarretières affriolantes... Mais alors que son compagnon est en mission sans lui, Dorgan rencontre dans un bar la jolie Bessie (Dorothy Revier), tombe amoureux, et l'épouse. Quand il part en mission à son tour pour une semaine, elle retourne faire la fête, et rencontre un beau marin qui la séduit tout de suite: Bob Mason...

Tout ce qui précède occupe essentiellement la première moitié du film, un prologue au drame, que Capra utilise pour installer du suspense dans la relation des deux amis. La deuxième moitié de ces 90 minutes concerne un naufrage, celui du sous-marin dans lequel travaille Mason. Le seul homme qui pourrait plonger et permettre de dégager le sous-marin de l'extérieur, c'est Dorgan. Le problème, c'est qu'il ne veut pas, en dépit de ses remords: la trahison de Mason lui reste en travers de la gorge.

Oui, mais... s'agit-il vraiment d'une trahison? Le moins qu'on puisse dire, c'est que dans ce film d'hommes, donc, les femmes n'ont pas une image très reluisante. Dorothy Revier n'a pas d'autre rôle que celui de garce, et à ce titre elle anticipe furieusement sur la Viviane Romance de La belle équipe! Donc, on est dans un monde de conventions dramatiques, mais celles-ci servent surtout à nous accrocher à l'histoire. Pour moi, l'important dans ce petit grand film, c'est de voir à quel point Capra a su trouver la mise en scène la plus efficace pour le projet. En terme de montage, d'atmosphère, de petites touches par-ci et par-là, le film est un sans fautes, parce que la mise en scène ne faillit jamais... Capra, dans son sous-marin dont les hommes meurent à petit feu, laisse l'urgence de la situation lui dicter un suspense impressionnant. Et même si le film louche sérieusement du côté des autres films de ce genre, qui étaient légion depuis The blue eagle de Ford ou What price glory de Walsh, la caractérisation musclée des deux acteurs principaux emporte sérieusement l'adhésion.

Et puisque on est à parler de ces films Fox avec Victor McLaglen ou George O'Brien, il me semble utile d'ajouter que si A girl in every port, de Hawks, est sorti en février 1928, et ce film de Capra en novembre de la même année, il serait déloyal de les comparer. Non par rapport au statut "supérieur" de la Fox sur la Columbia à cette époque, non: le Capra est franchement le meilleur des deux.

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Published by François Massarelli - dans Muet Frank Capra 1928
24 juillet 2017 1 24 /07 /juillet /2017 17:19

La mère a été élu en 1958 par un panel de critiques Européens, à la demande d'une cinémathèque, parmi un ensemble de 12 films, comme l'un des meilleurs films de tous les temps. Reflet d'une critique très marquée par les idéologies, et d'une sympathie particulièrement marquée, qui durera jusqu'aux années 80, pour le cinéma Soviétique. Pour mémoire, la liste comprenait aussi deux autres oeuvres de la même nationalité: Le cuirassé Potemkine d'Eisenstein et La Terre de Dovjenko. Tout aussi absurde. Si on voulait célébrer le cinéma Russe, pourquoi tant qu'à faire ne pas ajouter L'homme à la caméra? Ou Aelita?

Maintenant, il convient afin de juger ce film à sa juste valeur, de le revoir, en essayant de faire abstraction de toute idéologie préconçue: c'est plus facile pour ce film que pour les deux autres pré-cités: d'une part, c'est et de loin le meilleur des trois... Et d'autre part, Poudovkine a basé son style sur deux points que semblent refuser farouchement aussi bien Eisenstein que Dovjenko: le drame et ses péripéties, qui attrapent le public pour ne plus le lâcher, et les personnages, saisis dans leurs actions comme autant de marques de caractérisation.

L'intrigue est assez typique, non seulement d'un film Soviétique, mais aussi d'une drame Européen des années 20: en 1905, la famille Vlassov se bat contre la misère: le père (Alexandre Tchistiakov) est un ouvrier, mais il est surtout violent et alcoolique, et déserte aussi bien son travail à l'usine que sa famille. La mère (Vera Baranovskaia) est battue, mais résignée... Et inquiète quant à l'avenir de leur fils Pavel (Nikolai Batalov), qui fréquente des révolutionnaires... Ils lui ont confié des armes, qui sont cachées chez eux. 

Un jour de grève, les amis de Pavel sont attaqués par des briseurs de grève. Parmi eux, Vlassov... Dans la confusion qui s'ensuit, celui-ci est tué: on l'amène chez lui, et quand Pavel arrive à la maison, mère et fils s'affrontent... Mais il est très vite rejoint par la police, qui exige des réponses...

La suite est connue: Pavel sera emprisonné suite  un geste de sa mère qui croyait le sauver en donnant à la police le lieu où sont cachées les armes. Et celle-ci, qui était auparavant hostile aux idées révolutionnaires, va joindre le mouvement, et la foule qui gronde. Et c'est là qu'on imagine un commissaire du peuple qui imposerait au studio Mejrabpom, qui a produit ce film, d'ajouter un intertitre "Et bientôt, nous serons des milliers!".

Et justement, ce qui fait le sel de ce beau film malgré tout, c'est justement que s'il y a propagande (Et il y en a, c'est indéniable), elle est amenée par le drame, par les personnages: on rentre dans ce film comme on arriverait chez Dickens, ou... chez Griffith: car il est impossible avec La mère de passer sous silence la dette au metteur en scène Américain: Poudovkine a placé ici une recréation de la fabuleuse scène de la fonte des glaces de Way down east, avec Nikolai Batalov en Lillian Gish! Et il prend son temps pour installer le drame, économisant ses effets jusqu'à la peinture de la grève, avec laquelle le film s'emballe, en montage ultra-rapide, et en plans très rapprochés et d'une précision diabolique. 

Et enfin, Poudovkine n'a pas fait sienne l'obsession qu'avait Eisenstein à cette époque, de filmer la foule par dessus l'individu: il demande beaucoup à ses deux acteurs principaux, qui ont d'ailleurs chacun un visage très marquant. La scène de l'arrestation, et plus encore le souffle épique du final (Qui au passage est de la propagande totale), sont l'occasion de le vérifier: Baranovskaia en particulier est magistrale...

Donc, l'un des meilleurs films du monde? Non. Mais une oeuvre intéressante, hybride, qui montre bien que le cinéma soviétique avait tout intérêt à ouvrir les yeux sur le cinéma mondial s'il voulait exister...

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Published by François Massarelli - dans Muet 1926
24 juillet 2017 1 24 /07 /juillet /2017 17:04

A la fin de son contrat Keystone, Chaplin aspirait à pousser son expérience un peu plus loin en continuant sur la voie qu'il avait tracée avec, hélas, trop peu de films de qualité. La machine à rire de chez Mack Sennett ne lui permettait que peu souvent de vraiment investir le temps nécessaire à la sophistication dont il rêvait. D'où, sans doute, ce film en forme de farce, ou plutôt de rêve: Chaplin s'endort, et se voit à l'age de pierre, couvert de peaux de bêtes, et disputant à Mack Swain les clés du royaume de Wakiki Beach.

Coups de massue, jeunes femmes en peaux de bêtes sauvages (D'ailleurs for mal ajustées, à moins que ce ne soit volontaire... c'est l'actrice Helen Carruthers qui en fait les frais), et quelques anachronismes savamment choisis (notamment les chapeaux) sont la règle de ce genre de films. On sourit forcément, même si on dit que tout ce petit monde avait forcément mieux à faire. Mais après tout, Griffith qui tournait Man's genesis, un court métrage supposé sérieux sur le même sujet deux ans plus tôt, n'était pas forcément moins ridicule.

A noter que Lloyd, Keaton et Laurel & Hardy feront à leur tour le détour préhistorique: Respectivement avec When clubs are trump (1917), The three ages (1923), et Flying elephants (1927). Par contre, pas de Langdon en peaux de bêtes à ma connaissance...

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Published by François Massarelli - dans Muet Comédie Mack Sennett Charles Chaplin Groumf
22 juillet 2017 6 22 /07 /juillet /2017 18:11

Ce film n'existe plus. Tout simplement parce que la dernière copie en existence a brûlé lors d'un incendie qui a ravagé l'entrepôt où elle était stockée. Un accident semble-t-il assez courant, qui nous a coûté de nombreux films, de Murnau (The four devils) ou de Stroheim (La deuxième partie de The wedding march) entre autres... Et s'il y a un film qui est perdu et bien perdu, c'est London after midnight car sa perte est tellement médiatisée, que si une copie ou des fragments avaient réellement survécu (Il y a eu quelques escroqueries et canulars à ce sujet), ça se saurait!

Et donc cette médiatisation passe aussi par la case reconstruction, voyez ce qui est arrivé pour The four devils, de Murnau: Janet Bergström en a reconstitué les contours au moyen de photos de plateau et autres documents... C'est ce qui est fait ici, mais le documentaire adopte une position unique, à savoir qu'il entend se substituer au film pour en raconter l'intrigue, et le fait par ses intertitres tels qu'ils sont connus aujourd'hui (Probablement la liste de ceux qui étaient prévus a-t-elle été conservée avec le script) en plus des photos de plateau, qui au moins sont un reflet partiel de l'aspect visuel voulu par Browning...

L'intrigue, inspirée d'une histoire de Browning intitulée The hypnotist (un titre qui décidément en dit trop) est très proche de celle du remake du film, Mark of the Vampire, à ceci près que ce dernier film est plus logique sur un point: tout part d'un meurtre, maquillé en suicide dans London after midnight. Le remake change cette idée, puisque le meurtrier a plutôt l'idée de maquiller son acte en une attaque de vampires, ce qui justifie la suite! Ici, le détective Burke (Lon Chaney) enquête autour des exactions de vampires, parmi lesquels on reconnait le mort, sir Roger Balfour. Il s'agit d'une machination (Balfour est en fait un sosie) pour confondre l'assassin, et déterminer si c'est le meilleur ami (Henry B. Walthall) de Balfour, ou son neveu (Conrad Nagel) qui a fait le coup... la fille de Balfour (Marceline Day) est au courant de tout, et prête son concours aux comédiens qui interprètent les vampires... Parmi lesquels Burke lui-même, déguisé en créature de cauchemar, l'image la plus connue de ce film perdu du reste.

Une collection de photos de plateau, qui étaient toujours prises à part du tournage, ne rendra que très partiellement compte d'un film disparu. On a malgré tout une assez bonne idée de l'ensemble, même si on est sur (A plus forte raison si on a vu le remake!) que Browning avait su rendre le film plus nocturne. Le maquillage de Chaney en vampire est justement célèbre, et me paraît intéressant en particulier parce qu'il semble être plus inspiré du design de la créature de Frankenstein dans sa version Edison 1910! On est loin du gothique ouvragé à la Lugosi. Et Burke, énigmatique détective qui a plus d'un tour dans son sac, est une autre création probablement fascinante de Chaney, un home qui dès qu'il n'est pas seul, se comporte comme un inspecteur pompeux de Scotland Yard, avec une moue dédaigneuse. Mais ça ne l'empêche pas, selon la légende établie de Chaney, d'en pincer pour la fille de Balfour...

On ne verra sans doute jamais London after midnight, pas plus que The big city (De Tod Browning), The tower of lies (Victor Sjöström), ou Thunder (William Nigh)si ce n'est pour ce dernier les quelques secondes qui ont survécu. Alors, pour trancher l'actuel débat entre ceux qui avancent que c'est probablement un chef d'oeuvre et d'ailleurs c'est le plus gros succès de Chaney et Browning à la MGM, et ceux qui au contraire se basant sur les souvenirs de ceux qui ont vu le film, estiment que c'était un navet de catégorie Z! Quoi qu'il en soit, il est dommage que les deux seuls films de Browning et Chaney qui aient disparu soient justement ceux qui essayaient de sortir des schémas établis avec The unholy three et The blackbird, et offraient justement un peu d'air frais dans un corpus que je continue à trouver un tantinet poussiéreux.

Note: si les images présentes dans le documentaire sont des photos de plateau, ce n'est pas le das de celles-ci:

 

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Published by François Massarelli - dans Muet Tod Browning Lon Chaney 1927
22 juillet 2017 6 22 /07 /juillet /2017 15:58

L'Espagne était à la mode dans les films Albatros de la fin du muet...Mais contrairement à Carmen, ce film co-produit entre Paris et Madrid reste majoritairement Espagnol, témoin d'une époque de grands bouleversements, durant lesquels la compagnie de Montreuil cherchait à rebondir en multipliant es co-productions Européennes...

Bon, Cette Comtesse Marie n'est pas, hélas, le Thérèse Raquin de Feyder, collaboration notoire entre la France et l'Allemagne, et film perdu et recherché sans succès depuis bien longtemps. Mais c'est un témoin de son temps, et un mélodrame très intéressant dont la mise en scène n'ennuie jamais.

L'intrigue est d'un grand classicisme: à Madrid, Rosario, une jeune couturière (Sandra Milowanoff), aime un beau militaire (Jose NIeto) sans savoir que celui-ci est le fils de l'illustre Comtesse locale! Cette dernière (Rosario Pio) ignore tout de l'idylle. Mais quand le bel officier est envoyé au Maroc, Rosario tombe malade. Elle est enceinte, et le jeune homme ne revient pas parce qu'il a été fait prisonnier. Rosario n'a pas d'autre solution que d'aller demander asile à la Comtesse, non sans lui faire croire que son fils l'a épousée avant.

Mais l'arrivée de la mère et de l'enfant, accueillis à bras ouverts par la brave femme, ne se passe pas sans heurts: Manolo (Valentin Parera) et Clotilde (Renée Standart), les neveux et nièces de la comtesse, sentent l'arrivée de Rosario comme une réelle menace à leur bien-être oisif...

C'est sans grande rétention, mais Perojo s'amuse beaucoup à lier les scènes par des associations visuelles souvent brillantes qui donnent au film un côté presque ludique parfois... Et le ton, résolument à mi-chemin entre le drame et la comédie, fait beaucoup pour le charme du film. 

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Published by François Massarelli - dans Muet 1928 Albatros
21 juillet 2017 5 21 /07 /juillet /2017 17:09

Ce film fait partie de la première vague des courts métrages en deux bobines de Charley Chase, et il est de grande qualité. Et comme on est en 1925 chez Hal Roach, on part d'une situation impensable aujourd'hui parce que politiquement incorrecte! 

Charley va se marier avec une jeune femme tout à fait convenable, mais il est l'heureux élu: un autre prétendant, qui pensait avoir ses chances, a été mis à l'écart, et par un hasard malencontreux, c'est justement le témoin du marié! Pour se venger, il donne juste avant la cérémonie un message à son ami, prétendant que la mariée a une jambe de bois! Et comme le hasard fait parfois fort mal les choses, celle-ci a manqué de se fouler la cheville, pendant les préparatifs, et... elle arrive à l'autel en boitant! Charley quitte le mariage, et se prend une bonne cuite, avant de partir précipitamment en croisière. Mais le père de la mariée découvre le message fatal, et il part à sa recherche avec sa fille...

C'est Katherine Grant qui incarne la fiancée, et contrairement à Martha Sleeper, elle est un élément de stabilité: Charley Chase joue un peu contre elle, par opposition à avec elle. Du coup, j'ai tendance à préférer un film plus loufoque comme Crazy like a fox dans lequel l'alliance Chase-Sleeper est un atout supplémentaire... Mais ici, ça reste beaucoup de bonheur, avec une situation parfaitement claire, dont es événements s'enchaînent avec une rigueur impressionnante.

Et un Charley Chase fin saoul est amené à danser (Le scénario le justifie fort bien) avec l'actrice Gale Henry, un répertoire très contemporain, du shimmy au charleston: il est excellent. Cet homme savait tout faire.

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Published by François Massarelli - dans Muet Comédie Hal Roach
21 juillet 2017 5 21 /07 /juillet /2017 16:58

L'étape souvent la plus difficile dans le monde du cinéma d'après la chute des studios, c'est probablement le deuxième film. A plus forte raison quand le premier a eu un certain retentissement, et c'était vraiment le cas pour Sex, lies and videotape! Soderbergh a choisi d'en prendre le contre-pied en rendant hommage à Kafka et à une certaine idée du cinéma Allemand. C'est un naufrage...

Tout de suite je vais le dire parce que ça m'énerve au plus haut point: chez certains critiques, en fait la majorité d'entre eux, le raccourci est de mise pour tout ce qui est tellement loin de nous qu'on fait confiance aux braves gens du public pour ne pas s'en approcher: et du coup c'est tout le cinéma Allemand voire Germanique d'avant Hitler qui devient "expressionniste"... Allez voir les critiques de ce film sur internet, ça ne loupera pas: "hommage au cinéma expressionniste"! Mais bon... Soderbergh sait que Kafka n'était pas qu'un gratte-papier qui avait essayé de transcender sa vie en écrivant, il était aussi un fou de cinéma, et a beaucoup écrit à ce sujet. L'idée derrière ce film, c'était donc de montrer un Kafka qui aurait vécu des aventures étrange, et de le montrer dans un noir et blanc nocturne et poisseux comme dans un film d'horreur à l'ancienne.

Il faut beaucoup de courage pour s'accrocher à cette intrigue vaseuse de fonctionnaires qui disparaissent, capturé par un certain Dr Murnau (Sic) qui les trépane parce qu'ils en savent trop sur l'organisation secrète qui contrôle la ville de Prague... Sans rire. Quoique... Le film est aussi sensé être une comédie.

Alors Soderbergh pousse Jeremy Irons (Kafka) à accomplir quelques molles cascades, et son personnage n'a rien pour qu'on ait envie de le suivre non plus. le mystère est mou, le suspense étiolé, et l'idée de passer, le temps d'une bobine, du noir et blanc à la couleur, ne donne rien de bien extravagant? C'est un ratage, le public n'a d'ailleurs pas suivi... On ne se demande pas pourquoi.

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Published by François Massarelli - dans Steven Soderbergh
21 juillet 2017 5 21 /07 /juillet /2017 10:56

Ce film court est en réalité le deuxième segment d'une anthologie intitulée Eros. Vous ne l'avez pas vu? C'est normal, le film n'a pas eu la moindre promotion et les réalisateurs se sont empressés de l'oublier. Sauf un, qui est mort (celui des trois auquel je ne concède pas un gramme de talent, en fait).

Comment dire? Equilibrium est plutôt de la veine expérimentale de Soderbergh, celle avec laquelle depuis tant d'années il nous dit qu'il fait ce qu'il veut, comme il veut,quand il veut. Et à cette époque, il lui suffit encore de claquer le petit doigt pour reformer la clique Ocean, donc on lui fiche assez généralement la paix. Et le bougre est particulièrement efficace et économique... mais cette veine-là (Full frontal, Bubble, The Good German, The girlfriend experience) reste quand même sérieusement problématique, et ce petit exercice d'Equilibre ne fait absolument pas exception.

L'économie se retrouve d'abord dans l'interprétation: trois acteurs, pour cinq personnages. En 1955, un publicitaire (Robert Downey Junior) consulte un psy (Allan Arkin) pour essayer de trouver la clé de son stress, qui l'empêche en particulier de trouver le slogan idéal pour un radio-réveil le tenant en échec depuis quelque temps. La conversation dérive bientôt de l'obsession du patient pour la moumoute de son collaborateur Hal, à un rêve érotique récurrent qui le met dans tous ses états: il s'y trouve toujours avec une très belle femme (Ele Keats) qu'il ne connait pas, dans une chambre d'hôtel...

Pendant ce temps, le psy fait tout pour donner l'illusion à son client qu'il s'occupe de lui, alors qu'il est plutôt occupé à capter l'attention d'une personne qui vit dans un immeuble voisin, et lui fixer un rendez-vous. a la fin de l'entrevue, le publicitaire va mieux, a même trouvé un slogan, et on assiste à son réveil... aux côtés de son épouse: c'est la belle femme du rêve. Le film se termine sur une scène à son travail, située dans le même décor que la séance, et en compagnie de son collègue Hal: C'est le psy.

C'était un rêve? Ce n'en était pas un? On s'en fout, ce genre de pirouette étant le plus souvent destiné essentiellement à mettre une chute à une histoire... C'est exactement sa fonction dans ce film en forme d'énigme burlesque, dont le principal atout est sans doute le numéro de décalage d'Allan Arkin, qui joue de sa voix et de son corps avec génie pour incarner un psy hypocrite qui a autre chose à faire que d'écouter. Pour le reste, c'est longuet, on n'a pas forcément envie de suivre Bob Downey dans cette auto-analyse un peu vaine de l'homo Americanus 1955. Et Soderbergh et l'érotisme, c'est toujours un peu délicat: il se force à adopter des codes très, comment dire, Pirelli 1955 dans sa séquence de rêve. Et il reviendra à des tentatives érotiques froides et déstabilisantes dans d'autres films expérimentaux (The Good German, The girlfriend experience) sans grand succès. Mais on pourra au moins noter un jeu de couleurs très intéressant... La séquence de rêve initiale est en couleur, dominée par le bleu. La séance est en noir et blanc, et l'épilogue est en couleurs atténuées tirant vers le beige...

 

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Published by François Massarelli - dans Comédie Steven Soderbergh
20 juillet 2017 4 20 /07 /juillet /2017 18:09

Au commencement, il y a un scénario pour un film qui aurait pu s'appeler The hypnotist... L'idée était du pur Browning, et il n'a eu aucune difficulté à convaincre Irving Thalberg de produire une version avec la star Lon Chaney, sous le titre de London After Midnight: un film désormais légendaire pour des raison inattendues.

D'une part, tous les commentateurs qui ont eu la chance de le voir, et qui sont probablement tous morts aujourd'hui, le disent: London after midnight ne cassait rien. Selon eux, Chaney y était en pilotage automatique, les gags étaient nuls, et on s'ennuyait ferme. Au vu de la relative médiocrité de la majorité des films de Chaney à la MGM (J'en sauve un ou deux sur ceux que j'ai vus, pas plus), je suis prêt à y croire.

D'autre part, London after midnight a disparu: la dernière copie en a brulé dans un incendie il y a cinquante ans... Des hordes de fans transis d'un film qu'ils ne verront jamais, leur intérêt attisé en particulier par des photos d'un maquillage il est vrai exceptionnel, le cherchent... 

Mais la MGM, ayant d'autres chats à fouetter, a offert à Browning la possibilité de revenir à cette histoire en 1935, sans Chaney décédé en 1930. Browning a eu une carrière en dents de scie, et au vu de ses films muets de 1925 à 1929, je ne m'explique plus vraiment la cote d'amour dont il jouit auprès de nombreux fans de Chaney et d'adorateurs du bizarre. C'est un réalisateur capable, mais ses histoires ne tiennent pas debout, ses obsessions se répètent jusqu'à l'embarras et les fautes techniques abondent, sans parler du rythme mortifère et d'une direction d'acteurs souvent inexistante. On le cantonne à des films sans grand relief... Ses films avec Chaney tournent à vide à force d'exploiter inlassablement la même formule... C'est le même homme qui a commis avec Dracula l'un des films les plus agressivement cons, ennuyeux, et mal foutus de l'histoire, avant de revenir en grâce avec un chef d'oeuvre sans aucune concession, Freaks... Voilà, Mark of the vampire est à la croisée de ces chemins: un script ridicule, des acteurs peu ou pas dirigés, et au final un petit miracle paradoxal de non-sense, qui propose comme souvent chez Browning une mise en abyme du monde du spectacle sous un versant qui sent particulièrement mauvais des pieds.

Si vous n'avez pas vu le film, arrêtez vous à la fin du paragraphe suivant.

Le film se situe dans une Transylvanie de pacotille: un homme meurt... On a tôt fait d'accuser les vampires, auxquels tout le monde croit. Pas le Baron Otto (Jean Hersholt), l'ami du défunt, et futur tuteur de l'héritière Irena (Elizabeth Allan), ni l'inspecteur Neumann (Lionel Atwill). Le crime, si crime il y a, reste impuni... Mais quelques mois plus tard, on retrouve Fedor le fiancé d'Irena, qui a subi une attauque de vampire à son tour. Puis on commence à apercevoir le légendaire comte Mora (Bela Lugosi) et sa fille Luna (Caroll Borland), les deux vampires les plus célèbres de la région... accompagnés souvent d'un troisième: Sir Karell, le défunt père d'irena. Il est temps pour un spécialiste d'entrer en scène: le professeur Zelin (Lionel Barrymore) arrive donc...

Lionel Barrymore a parfois besoin de direction, et a priori il n'en a pas reçu ici, il n'en fait qu'à sa tête... mais ça fonctionne parce que ça participe en plein du joyeux style franchement parodique de l'ensemble. Browning, pas si attiré par le fantastique, plus par le bizarre, semble se moquer de son propre Dracula (Que faire d'autre, du reste?) en laissant ses acteurs cabotiner en roue libre, et son intrigue faite de tromperie permanente faire le reste. Et au final, il s'avère que ce n'est qu'illusion, mensonge permanent, mise en scène et décorum... Et y revenir pour en dénombrer les failles est assez facile, mais rappelons que le film n'est pas que l'histoire d'une équipe policière qui trompe un meurtrier (Le baron Otto, qui a cru bon de simuler une attaque de vampires pour camoufler son meurtre, et qui se retrouve tout-à-coup face à des vampires qu'il croit vrais), il est aussi l'histoire d'un public de cinéma qui se fait berner jusqu'au trognon. Le péché mignon de Browning, qui adorait les menteurs et les truqueurs, et semble prendre tellement de plaisir avec ce petit film pour rien...

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Published by François Massarelli - dans Tod Browning