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  • : Quelques articles et réflexions sur le cinéma, et sur d'autres choses lorsque le temps et l'envie le permettront...
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28 mai 2016 6 28 /05 /mai /2016 18:04

Produit par Aaron Rosenberg pour Universal, sur un script de Borden Chase, et interprété par James Stewart: avec ses scènes de haute montagne, on est forcément tenté de rapprocher ce film de la série des collaborations de l'acteur avec Anthony Mann: ce film aurait d'ailleurs du être leur 9e collboration, mais Mann, qui désapprouvait le choix du studio de confier un rôle à Audie Murphy, en a décidé autrement. Et c'est ainsi qu'en l'absence d'un réalisateur prestigieux, Night passage est devenu l'unique production de cinéma du metteur en scène de télévision James Neilson. Avec son pedigree, on serait bien sur tenté de crier au tâcheron, mais il s'en sort finalement assez bien...

Le film commence tranquillement, avec une scène durant laquelle James Stewart interprète un homme qui va le long de la voie ferrée, de ville en campement, pour proposer ses services de musicien. Il joue de l'accordéon, et semble tenter de faire oublier un passé de fine gâchette, en faisant danser les ouvriers du cheval de fer... Les premières scènes renvoient à une caricature des films de Ford, avant que le drame Shakespearien ne nous rappelle qu'on est dans un territoire proche des films de Mann, avec sa rivalité entre le grand frère James Stewart passé du côté de la morale, et le plus jeune Audie Murphy qui lui penche du coté de la flibuste un peu romantique, mais assez franchement malhonnête: il travaille pour un dingo, joué avec conviction et un poil de sadisme, par Dan Duryea. Stewart, lessivé et lâché par tous, obtient un job dangereux: il doit convoyer la paie des ouvriers, alors que la bande dont fait partie son frère attaque systématiquement les trains qui passent à sa portée.

C'est un film dont l'intrigue se bonifie au gré de son déroulement, avec un certain nombre d'avantages: la montagne, bien sur, et des points de vue à couper le souffle, que William Daniels ne se prive pas de rendre magnifiques à l'écran. Un Technirama, petit cousin du Cinémascope, de fort belle tenue, la musique de Dmitri Tiomkin. Bon, certes, Murphy n'est pas à la hauteur... Mais Neilson, à quelques exceptions près, fait un bon boulot: l'attaque du train, vue de plusieurs points de vue, est passionnante, et certaines scènes de fusillade à la fin (Certes un cran en dessous du final de Winchester 73, mais à l'impossible nul n'est tenu) valent le détour. Occasionnellement, il révèle son métier de réalisateur de télévision en privilégiant les plans d'ensemble, au détriment du suspense, mais il s'en tire bien avec l'écran large, ce qui n'en doutons pas, devait le changer un peu...

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Published by François Massarelli - dans Western
27 mai 2016 5 27 /05 /mai /2016 17:46

On ne sait plus... Au début de l'arrivée massive des films Marvel, on se réjouissait d'un ton différent, d'idées novatrices, et puis le ton libéré est devenu routinier, systématique, ronronnant. Et la concurrence (Interne, ou du moins partiellement, voir plus bas) avec la saga X-Men a viré au n'importe quoi. Par exemple, les Gardiens de la galaxie, film d'une nullité abyssale, et supposé être décalé (Quand un film ne ressemble à rien à cause de son je-m'en-foutisme, dites qu'il est décalé, c'est vendeur!), n'est rien qu'une tentative de donner l'impression à un public pauvre en esprit et habituer à zapper très vite sur la tévélision entre deux jeux vidéos qu'on pense à eux. C'est à ce stade qu'arrive Deadpool, qui pour l'instant et en l'absence de suite, séquelle ou autres dérivé, est pour l'instant un OFNI fort intrigant et stimulant.

Mais rappelons les faits: Marvel n'est pas un studio, mais une organisation (Comme Miramax, ou New Line) qui met en relation les major companies et des équipes, le tout autour d'un concept: l'exploitation du fonds des bandes dessinées Marvel. On compte en gros trois viviers, distincts les uns des autres par les contrats de distribution, et le public visé. D'un côté, on a la saga Spiderman, née d'un contrat entre Marvel et Columbia/Sony, qui a été exploitée dans les trois films de Sam Raimi, et une resucée à la réputation pas très glorieuse sur laquelle ne l'ayant pas vue, je n'ai absolument rien à dire d'autre... Puis, la Fox a exploité un filon jeune public, avec Les Quatre Fantastiques d'un côté (On peut s'abstenir), et X-men, sous la houlette de Bryan Singer, d'autre part; certains films sont bons; Il y a eu quelques spin-offs, avec Wolverine. Enfin, Marvel s'est allié avec Disney pour Iron man, Captain America, Hulk, Thor et bien sur The Avengers. C'est la partie la plus connue, la plus active, la plus prolifique de l'iceberg, et il y a aussi une extension télévisée bienvenue, autour de Agents of S.H.I.E.L.D., et l'excellente série de Louis Esposito (Hélas abandonnée aux dernières nouvelles) Agent Carter. N'ayant pas que ça à faire, je laisse de côté l'insupportable navet des Gardiens de la galaxie, qui tendent à donner un gout amer à l'ensemble de la potion Marvel ces derniers temps: en panne d'inspiration, les créateurs de tout le paquet se replient sur le supposé mauvais esprit.

Deadpool est une émanation de X-men, auquel il est fait allusion, mais cette fois, Tim Miller et son équipe ont décidé de jouer la carte de la fiction pour adultes, avec un héros sans restrictions. Sexe, violence, morale plus qu'élastique, et gros mots s'enchaînent, et la surprise, c'est que c'est réjouissant. Oui, oui, réjouissant: en gros, en très gros, Deadpool (Ryan Reynolds) est un petit gangster amoureux (De Morena Baccarin, on ne peut donc pas lui en vouloir), mais atteint d'un cancer en phase terminale, qui a quitté sa petite amie pour rejoindre un laboratoire qui lui promet d'expérimenter sur lui, de manière à le sauver... et se voit transformer en mutant par des sadiques. Dont il va vouloir se venger, ce qui va être l'essentiel de sa quête. Pas de justice à trouver, ce qui peine les deux X-men (Et women) dépéchés pour l'attirer vers le droit chemin... Et Deadpool, invincible mais assez colérique, enchaîne massacre sur massacre en sortant des bons mots à la mitrailleuse.

Et le film est une permanente corrida de mauvais esprit, mais jeté en pâture au milieu d'un bric-à-brac de narration à la première personne par un héros tellement rigolo qu'il souligne en permanence l'existence d'une complicité avec son public, et adopte une narration à la Scorsese, la dimension morale en moins. C'est drôle, parfois un peu longuet, ça n'a pas d'autre prétention que celle de nous faire rire.

mais la réalité nous rattrapera certainement: à un moment ou un autre, il va nous falloir supporter... une suite. Comme pour Kingsman, en fait: on n'a pas envie, enfin moi du moins. Ce qui fait la force de ces films, c'est leur unicité, donc... Profitons-en tant que ce Deadpool rigolo est unique.

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Published by François Massarelli - dans Science-fiction
27 mai 2016 5 27 /05 /mai /2016 17:21
Blotto (James Parrott, 1930)

"Blotto", c'est de l'argot d'époque, et ça veut dire "complètement bourré", ce qui est paradoxal quand on connait l'intrigue de ce film dans lequel Laurel et hardy boivent, certes, mais du thé... Cette-fois, Roach et ses deux compères tentent frontalement l’aventure du trois bobines, ce que Laurel et Hardy feront de temps à autre, tout en continuant à fournir des courts en deux bobines d’une part, et en explorant le long métrage (Ca va venir très vite !) d’autre part. Celui-ci est attachant, on voit comment Parrott et Laurel ont profité de l’espace pour élargir la palette : le premier acte dure environ 13 minutes et met aux prises Laurel avec sa femme, jouée par Anita Garvin, dans sa première prestation parlante aux cotés des deux comédiens. Elle est évidemment à la hauteur de la tâche, cela va sans dire...

Laurel doit rejoindre Hardy (Qui se manifeste plusieurs fois par le biais du téléphone) et faire une bringue du tonnerre, mais Mrs Laurel a bien compris le type de récréation à laquelle son mari va s’adonner, et elle lui tend un piège : elle échange le contenu de la bouteille que Mr Laurel veut emmener en douce contre du thé assaisonné au poivre. Le deuxième acte nous montre Laurel et Hardy buvant en douce leur « alcool », et se saoulant (!) tout en se faisant remarquer, pendant que divers spectacles ont lieu autour d’eux, et Stan fait pour la première fois montre de son talent à bouger les oreilles… Pendant ce temps, Mrs Laurel va acheter un fusil, débarque au cabaret et prend les deux hommes en chasse.

Sur un sujet pareil, l’extension (à 26 minutes au lieu des 20 habituelles) n’était peut-être pas utile, mais ce film se voit avec plaisir. De plus, le budget du film profite de sa bobine supplémentaire avec un décor très élégant de cabaret 1930. A noter qu’un gag célèbre a disparu, victime de la décomposition: Laurel, pour justifier son envie de sortir, prétend manquer d’air frais. Mrs Laurel se lève, et va allumer un ventilateur… Sinon, on peut aussi remarquer l’inversion par rapport aux habitudes. Jusqu’ici, lorsqu’un de nos deux comédiens est célibataire, c’est plutôt Stan...

Il existe une version Espagnole du film, La Vida Nocturna, également créditée à Parrott, avec Linda Loredo en Mrs Laurel. Plaisant, mais le remplissage devient trop évident avec trop de numéros de music-hall. Par contre, la fin est moins précipitée, et surtout la fameuse scène du ventilateur est bien là!

Blotto (James Parrott, 1930)
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Published by François Massarelli - dans Laurel & Hardy James Parrott Hal Roach
25 mai 2016 3 25 /05 /mai /2016 18:14
Night owls (James Parrott, 1929)

Un petit chef d’œuvre, et sans aucun doute le meilleur film parlant jusqu’à présent. En deux bobines, nous avons ici un concentré de Laurel et Hardy, aux dialogues réduits à l’essentiel, en compagnie des grands seconds rôles habituels, Edgar Kennedy et James Finlayson. Le patron de la police (Anders Randolph) se plaint au commissariat du fait que de nombreuses personnes de son quartier soient les victimes de cambriolages, et met en cause l’agent Kennedy. Celui-ci, pressé d’agir, monte une combine avec deux vagabonds (devinez), leur proposant de ne pas les emprisonner si ils se livrent à un simulacre de cambriolage qui lui permettra de redorer son blason en faisant semblant de les arrêter. Pour ce qu'il adviendra d'eux une fois arrêtés, il leur demande de lui faire confiance.

Anders Randolph est un acteur de Broadway parfois vu chez Roach, mais aussi chez Harry Langdon (Il interprète le costaud qui amène Harry aux Etats-Unis avec lui dans The strong man). Son valet est joué par un Finlayson toujours impeccable. La scène du « cambriolage » est un exemple de Laurel & Hardy concentré : 15 minutes de gags ininterrompus, enchaînés avec une certaine logique: en bas, alors, que Finlayson veille au grain à l’étage, les deux « cambrioleurs » doivent être le plus silencieux possible: Hardy intime l’ordre de se taire à Laurel, qui fait tomber son sac plein d’argenterie, puis tombe lui-même sur le piano mécanique, le mettant en marche. Le piano, d’ailleurs, ne survivra pas longtemps... le final est un chaos fabuleusement orchestré de bruit désordonnés...

On peut ajouter à ce visionnage celui de Ladrones, du même Parrott: également sorti en janvier 1930, c'est la version Espagnole du film. On prend les mêmes, le même film, et on recommence ! Si on voulait « vendre » du Laurel et Hardy à l’étranger, il fallait qu’ils parlent le langage local. C’est donc avec généralement les mêmes metteurs en scène, sur le même plateau et le même jour que ces versions, rares aujourd’hui, ont été tournées. Dans le cas de Night owls, c’est d’autant plus intéressant que, une fois comprise la situation de base, le reste des dialogues n’a aucune importance. Mais surtout, là ou le film Anglophone dure 20 minutes, celui-ci s’étale sur quatre bobines, totalisant 35 minutes, en ajoutant des gags, et même une fin alternative plutôt bien dans l’esprit. Je pense que le montage de ce film correspond à un premier montage de la version Américaine, raffinée ensuite avant d’être distribué (et sur laquelle on a plaqué une fin moins brillante, mais plus efficace en terme de rapidité). Finlayson et Kennedy reprennent leurs rôles. La construction de ces films alternatifs, plus libres, va probablement pousser Roach à demander plus à ses comédiens fétiches, et le « Trois bobines » n’est pas loin. Et au-delà, le long métrage se profilera bientôt…

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Published by François Massarelli - dans Laurel & Hardy Hal Roach James Parrott
25 mai 2016 3 25 /05 /mai /2016 16:44

Une curiosité, ce film, d'autant que de 65 mn à l'origine, il se trouve aujourd'hui réduit à ...6. et encore, on est sans doute chanceux de posséder ces six minutes, incluses en bonus sur l'édition récente en DVD du film Baroud de Rex Ingram, chez Lobster: ça se justifie par le fait que les deux ont en commun l'actrice Colette Darfeuil. Le peu qu'il reste nous permet de voir un court passage parlé, ce qui est particulièrement notable pour un film Français de 1929, ainsi que des segments burlesques, très mouvementés, et muets. On y pratique un humour corporel, là encore assez peu développé dans le cinéma Français de l'époque, contrairement aux muets Américains bien sur. Pour le reste, il s'agit d'un sujet rabattu: que fait-on le dimanche? Réponse, on file en banlieue, on va aux bals popu, on fricote dans les champs, et on sort la belle auto...

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Published by François Massarelli - dans Muet 1929
25 mai 2016 3 25 /05 /mai /2016 13:47

La vie et "l'oeuvre" de Chuck Barris, né en 1929, un homme qui a surtout brillé, en quelque sorte, par sa carrière de producteur à la télévision Américaine: il y a créé des émissions immensément populaires, mais aussi immensément populistes, surtout des jeux et des télé-crochets qui partaient tous volontiers en cacahuète, permettant aux animateurs de se moquer aussi ouvertement que possible des candidats, choisis surtout pour leur nullité... Mais ce qui a le plus défrayé la chronique lorsque barris a publié son autobiographie, c'est le fait qu'il ait revendiqué avoir commis un certain nombre de meurtres commandités par la C.I.A. Clooney, pour sa première réalisation, choisit de croire Barris (Il n'est pas encore prouvé que ce qu'il avançait sur son "hobby" était vrai) et de donner corps à cette étonnante double carrière...

Pour incarner son anti-héros, Clooney a convié Sam Rockwell, plutôt habitué aux seconds rôles de luxe. Il est splendide, et parfaitement apte à trouver l'énergie paradoxale, le côté excessif (Et fortement cocaïné) du personnage, et n'a pas besoin de chercher très loin pour interpréter son excentricité féroce. Il est accompagné de Drew Barrymore, qui joue Penny, la femme de sa vie paradoxalement, celle qui va plus ou moins permettre au personnage de révéler son humanité. Clooney lui-même choisit d'incarner l'agent de la CIA qui recrute, puis donne des ordres à Barris. On verra aussi, parmi les agents ou autres tueurs, Julia Roberts ou Rutger Hauer, et si on ne cligne pas de l'oeil à ce moment, on verra d'autres acteurs d'Ocean's eleven, dans une apparition éclair: Matt Pitt et Brad Damon.

Il est fort probable que Steven Soderbergh, présent via sa compagnie de production, ait un peu chapeauté Clooney pour sa première réalisation, mais l'essentiel du film provient bien de l'acteur... Il contient un côté foutraque, qui provient surtout de cette envie féroce de faire du cinéma qu'on retrouve dans beaucoup de premiers films. A ce titre, la réalisation en est beaucoup plus "visible", que celle des films suivants de Clooney: il s'est amusé à créer des liens dans les scènes, à l'aide de plans-séquences compliqués et de décors amovibles, a beaucoup utilisé la caméra sur l'épaule, avec brusques mouvements à 180 degrés. Des techniques volontaristes et naïves qui permettent aux acteurs d'être plus en situation, mais qui donnent un côté un peu trop nerveux au film. IL a aussi beaucoup joué sur les notations culturelles vintage pour jouer sur les changements d'époque. C'est un film donc à la fois soigné et un peu mal fichu, ce qui est bien sur un procédé qui ne peut être gagnant...

Et au final, le film interroge, comme tous les films de Clooney, un pan de l'histoire Américaine et de sa civilisation. On voit bien ou il veut en venir en montrant l'étrange odyssée de celui qui va tuer pour la C.I.A. tout en donnant à manger à un public peu regardant une sous-culture qui va les rendre encore plus nigauds! Il y aurait à redire sur la facilité de l'intrigue, pas sur le massage en soi. que Clooney ait décidé de brouiller les pistes en faisant intervenir, à l'imitation des documentaires télévisés, des protagonistes authentiques (Dont très brièvement Barris lui-même, du reste, est finalement tout à son honneur. Son film montre en pus une solide originalité, à l'image du trop rare Rockwell.

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Published by François Massarelli - dans George Clooney
23 mai 2016 1 23 /05 /mai /2016 08:12

David Frost (1939 - 2013) et Richard Nixon (1913 - 1994): le Britannique et l'Américain, le jeune bourgeois Anglais et l'enfant du peuple issu de la misère en Californie, la bête de télévision et la bête de politique: a priori, à l'époque, personne n'aurait imaginé un instant qu'ils puissent se rencontrer... Tout commence en 1974, avec la démission de Nixon, qui abandonne la présidence des Etats-Unis après la tourmente du Watergate. Premier président à avoir démissionné, il l'a fait sous la pression politique, et savait que la pression de la population était aussi forte. Cas unique dans l'histoire des Etats-Unis, Nixon qui a trahi le pays de façon répétée n'a pourtant pas attendu longtemps pour se voir exonéré: à peine un mois après sa démission, il a bénéficié d'un pardon total et sans condition de la part de son successeur, son ancien vice-président Gerald Ford. Ce qui laissait dans l'insatisfaction un certain nombre d'Américains, soucieux de voir l'ancien homme fort du pays reconnaître ses crimes, demander pardon, voire passer en jugement.

Arrive alors David Frost: cet ancien comédien, qui avait participé à cambridge à des revues très prisées et très côtées des Universités Britanniques, et qui était devenu un présentateur d'émissions de variété, très populaire aussi bien en Angleterre qu'en Australie, vivait dans l'attente de ce qu'il envisageait comme sa consécration: réussir sur les médias Américains. Son idée était simple: en voyant Nixon donner son allocution télévisée en Aout 1974 pour annoncer sa démission, l'indécrottable homme de télévision qu'est Frost avait vu un drame humain, un moment extraordinaire... et avait surtout vu es chiffres d'audience. Donc dès ce moment, il a tout fait pour obtenir des services de l'ancien président une interview... Et rassemblé autour de lui des hommes d'expérience et des experts pour mener sa tâche à bien. D'autant que Frost ne compren rien, mais alors rien, à la politique... Parmi les experts, des journalistes politiques, des spécialistes et un complice, son ami et producteur John Birt.

C'est donc cete histoire que raconte ce film, le meilleur haut la main de Ron Howard, et qui conte l'invraisemblable odyssée de ce novice qui prend un sujet bien au-dessus de ses capacités, pour changer sans doute à la fois l'histoire de la télévision, mais aussi le rapport des médias au politique. C'est que NIxon, et Frank Langella le joue à fond dans ce registre (Il est absolument fantastique), est un homme politique à l'ancienne: s'il brille, c'est d'abord et avant tout par sa voix, son débit, sa présence... son image, il en souffre, comme il le sait si bien depuis l'élection présidentielle de 1960, qu'il a perdue contre son ennemi juré John Kennedy justement parce que celui-ci, au moins, passait bien à la télévision! Pourtant, et le premier entretien va le révéler à un Frost désarçonné, Nixon est un tueur. Un homme froid, calculateur, infaillible, qui ne ferait qu'une bouchée du malheureux journaliste auto-proclamé, si... Mais voyez le film.

Michael Sheen est extraordinaire en David Frost, un personnage que les Monty Python ont souvent parodié avec succès, tant il représentait une catégorie à part dans l'histoire d ela télévision... Il est un playboy sur de son image de gendre parfait, qui parcourt le mond eet les femmes en séduisant à tour de bras. Pour lui, le travail, c'est jusqu'à cette expérience qui va le changer, essentiellement une affaire de carnet d'adresses, et une simple histoire de mettre en relation les bons experts. Pour le reste, il fait confiance à son image et à sa bonne étoile. Les deux protagonistes vont donc s'affronter, et... l'un d'entre eux va profondément changer. L'autre, ma foi, va utiliser cette tribune pour passer à l'étape suivant de sa carrière politique, celle où justement il va réaliser que cette fois ci, c'est cuit, il ne reviendra plus...

La bonne idée, sur laquelle on attendait de toute façon Ron Howard, c'est qu'à aucun moment, le point de vue qui est exprimé n'est critique à l'égard de Nixon. Nous assistons à une joute dont le résultat est déjà connu, cele d'un président vieilli face à une opinion hostile mais fascinée. Il a déjà démissionné, donc l'enjeu n'est pas, plus la justice. Et Howard s'intéresse surtout à cet extraordinaire mécanique télévisuelle, aux rouages que l'un maîtrise (Frost), et dont l'autre se méfie avec raison. Sans en exagérer l'emploi, et de façon bien plus convaincante qu'Oliver Stone pour son JFK, Howard dresse dans la première demi-heure un portrait formidable d'une Amérique en crise, à travers un kaléidoscope d'images volées, trafiquées, ces extraits de journaux télévisés, ces flashses spéciaux, etc. Et il nous invite dans l'inimité de "son" Nixon, dont nous allons voir les facettes rendues publiques par la diffusion des fameuse bandes. Car Howard n'ira pas plus loi, si l'intimité dun personnage est dévoilée, c'est plutôt celle de Frost, véritable héros, un peu malgré lui, de cette saga télévisuelle, dans laquelle Ron Howard nous montre comment les médias nourrissent les crises, mais plus encore s'en nourrissent.

Et en plus c'est souvent drôle.

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Published by François Massarelli - dans Comédie
22 mai 2016 7 22 /05 /mai /2016 11:31

Tout commence à Brooklyn en 1957, lorsqu'un homme d'âge mur, Rudolf Abel (Mark Rylance) quitte son appartement miteux pour se rendre dans un parc et y peindre. Il y récupère discrètement un objet, car c'est un espion Russe. Mais il est arrêté au terme d'une surveillance sans relâche par la C.I.A. Une fois sous les verrous, son destin ne fait aucun doute. Un cabinet d'avocats informent l'un des meilleurs de ses ténors, Jim Donovan (Tom Hanks) qu'il a été choisi à l'unanimité pour représenter ce client inattendu. L'idée n'est pas, selon eux de gagner le procès, mais de montrer qu'aux Etats-Unis, tout le monde a droit à un avocat, y compris un espion. Donovan s'emballe très vite: il voit l'occasion d'adresser le sujet du devoir d'un espion, et entend éviter la chaise électrique à son client, d'une part parce qu'estime-t-il, il n' a fait que son devoir; ensuite, il pense avec raison qu'en cas d'arrestation d'un Américain à Moscou, le public souhaiterait certainement qu'il s'en sorte aussi. Enfin, Donovan pense qu'un agent Russe pourrait servir de monnaie d'échange dans le futur. C'est donc contre une opinion publique volontiers hostile qu'il se lance dans la défense de son client, avec lequel il sympathique d'ailleurs assez rapidement.

Pendant ce temps, trois événements vont se dérouler à l'Est qui auront des répercussions sur cette affaire: d'une part, un avion U2 de reconnaissance est touché par un missile,et le capitaine Powers (Austin Stowell), qui le pilotait, est capturé. Ensuite, le Mur de Berlin est construit, et l'Allemagne de l'Est durcit sa politique à l'égard de ceux qui veulent le franchir. Enfin, un étudiant Américain, Frederic Pryor (Will Rogers) à Berlin est arrêté, et soupçonné d'espionnage parce qu'il passait le mur avec sur lui sa thèse sur l'économie des pays de l'Est... Les Etats-Unis vont en effet avoir besoin d'une monnaie d'échange, et d'un négociateur qui ne soit ni un espion ni un agent du gouvernement. Donovan est donc le candidat idéal...

C'est toujours étonnant d'envisager une collaboration entre Spielberg, en mode David Lean bien sur puisqu'il est ici question de souffle épique et d'Histoire avec un grand H, et les frères Coen... le script est pourtant bien signé de ces derniers, en collaboration avec Matt Charman. Je ne sais pas dans quelle mesure un tel script aurait pu être à un point ou un autre tourné par les deux frères. Mais l'idée n'est pas stupide, dans la mesure où ils sont passés maîtres dans un certain art du pastiche, et on retrouve un ton parfois sinon burlesque (Il ne faut quand même pas exagérer), en tout cas de comédie légère, avec en particulier l'interprétation de Tom Hanks en Jim Donovan. Il prend un plaisir certain et palpable à jouer ce père de famille décalé dans une situation d'espionnage, et dont les idées, parfois énoncées de façon un peu pépère, vont s'avérer contagieuses... Son rhume aussi, du reste: il ne supporte pas vraiment le climat hivernal de Berlin.

Le propos du film ne débouche pourtant pas sur la comédie. Spielberg aime questionner l'histoire et les comportements moraux passés, ce qu'il a fait avec maestria dans Lincoln. Il prend fait et cause pour Donovan, visionnaire dans un monde dominé par la peur irrationnelle de l'hydre communiste, qui fait oublier à tout un joli paquet de démocrates les idées et 'idéologie de tolérance et de liberté qui fait d'eux des Américains. Ainsi, contre tous, il va défendre l'espion, et va négocier avec des gens d'en face. Spielberg ne le fait pas en homme convaincu de l'angélisme d Khrouchtchev de de son système: on voit avec Donovan lors d'un passage en train dans Berlin, les citoyens abattus froidement parce qu'ils ont tenté de passer le mur. Mais il montre le combat tranquille d'un juste, dans un monde recréé de manière impeccable et passionnante.

Le metteur en scène, comme d'habitude, nous donne à voir des choses que nous n'avons jamais vues, car c'est la marque de son cinéma. A ce titre, la seule séquence ouvertement virtuose de son film est la descente en plein vol de l'avion de Powers, qui débouche sur un suspense très accompli, et est vue du point de vue de l'officier abattu. Spielberg joue aussi avec le point de vue dans la séquence de l'échange sur un pont, qui donne son titre au film. C'est via le regard de Donovan que les agissements des espions d'en face sont aperçus. On se pose finalement les mêmes questions que les Américains: les Russes vont-ils remplir leur partie du contrat?

Avec son ironie adoucie par le traitement de la mise en scène, le film ressemble plus à du Capra qu'à un film des frères Coen. C'est en attendant une oeuvre attachante, profondément humaine, et qui nous présente une fois de plus un portrait d'homme ordinaire qui est amené à faire des choses extraordinaires. Presque malgré lui.

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Published by François Massarelli - dans Steven Spielberg Joel & Ethan Coen
22 mai 2016 7 22 /05 /mai /2016 11:23

Une émission de télévision typique des années 60: Elmer Fudd présente un personnage qui va être célébré... Dans le public, assis à côté de Granny, Bugs Bunny et Daffy Duck... L'un d'entre eux va être invité à partager quelques moments en direct, afi de revenir sur sa vie, et ce n'est évidemment pas le canard. Ce sera l'occasion de revoir des extraits d'autres films, un en solo, (A hare grows in Manhattan), un autre avec Elmer (Hare do), et enfin un avec Yosemite Sam dans son incarnation de pirate (Buccaneer Bunny). Compte tenu des exactions de Bugs dans ces films, l'hommage va se transformer en vendetta.

...ou du moins aurait du parce que les animateurs ont l'air aussi fatigués que les personnages. S'il y a ici un enjeu (En gros, quand Daffy Duck va-t-il intervenir pour tirer la couverture à lui et se ridiculiser, comme d'habitude), le propos est surtout au recyclage facile et inutile.

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Published by François Massarelli - dans Daffy Duck Bugs Bunny Animation Looney Tunes
21 mai 2016 6 21 /05 /mai /2016 15:24
The hoose-gow (James Parrott, 1929)

C'est parce qu'ils ont été pris dans un raid que Laurel et Hardy vont en prison, et ils ne sont pas seuls: avec eux, il y a tout un panier à salade bien rempli... The Hoose-gow, c'est l'un des nombreux termes d'argot qui désignent un centre de détention en Anglais Américain; pour votre information linguistique, le terme, né en Californie et donc fortement popularisé durant les années 30 par les films, provient d'une mauvaise compréhension/restitution du mot Espagnol Juzgado, qui désigne une cour de justice... Et nos deux héros y ont déjà séjourné, très précisément dans The second hundred years en 1927, mais cette fois c'est dans un bagne à ciel ouvert qu'ils vont se retrouver pour accomplir des tâches fascinantes. La première bobine est consacrée à l'arrivée et même une pathétique tentative d'évasion, et la deuxième montre la vie quotidienne, entre travaux forcés, et repas pris en plein air, et se conclut par une visite du gouverneur interprété par bonheur par James Finlayson.

Le retour à la bataille de nourriture, ici, s’effectue avec du riz, qui va servir d’ingrédient à l’habituelle explosion de comportements antisociaux attendue dans tout bon Laurel et Hardy qui se respecte, est en fait versé dans le radiateur d’une belle voiture, et le résultat est parfaitement dégoûtant. Outre Finlayson, le film nous permet de retrouver Tiny Sandford, et aussi Leo Willis, parfait en bagnard avec sa trogne, un acteur de seconds rôles souvent employé chez Roach, mais aussi chez Lloyd : il joue l’un de ses grands frères dans The kid Brother, en 1927.

Bien, sur, Laurel et Hardy retrouveront la prison pour un film de long métrage cette fois, Pardon Us, également réalisé par James Parrott, et qui sera leur premier véritable effort de longue haleine. Un signe qui ne trompe pas: ça les inspire...

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Published by François Massarelli - dans James Parrott Laurel & Hardy Hal Roach