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  • : Allen John's attic
  • : Quelques articles et réflexions sur le cinéma, et sur d'autres choses lorsque le temps et l'envie le permettront...
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30 décembre 2014 2 30 /12 /décembre /2014 10:19

Voila un film étonnant à plus d'un titre; évidemment, DeMille s'est targué toute sa vie d'avoir fait avec ce film le premier long métrage du cinéma Américain. C'est faux, dans la mesure ou Kevin Brownlow a rappelé (Silents please, paru le 24 mars 2007 dans The Times) que la compagnie Kalem a sorti en 1910 une Vie de Moïse en 5 bobines, mais à raison d’une bobine par semaine. Quoi qu’il en soit, The Squaw Man reste une grande date. Pour un premier film de cette époque, sa durée et sa capacité à maintenir l'intérêt tout au long de ses 80 minutes sont remarquables, surtout avec un tel scénario:

Un Aristocrate Anglais accusé (A tort) d'un vol crapuleux fuit aux USA, protégeant du même coup son frère, le véritable voleur, dont  il est amoureux de l'épouse... Devenu ranchman, il épouse une jeune Indienne, qui lui donnera un fils. Celle-ci tue un homme pour protéger son mari, et lorsque le frère félon meurt, il prend le temps d'une ultime confession; Diana, sa veuve, arrive aux Etats-unis pour proposer au"Squaw man" de revenir, mais celui-ci pleure sa femme qui s'est suicidée... Le film finit assez brutalement, et on se doute que le héros restera aux Etats-Unis pour y finir ses jours.

La force de ce film est d'enchaîner les péripéties avec un incroyable aplomb, sans le moindre temps mort et avec une grande lisibilité, grâce à un scénario qui tient la route (la pièce originale était rodée, mais le film la transpose dans une multitude de décors: les Alpes, Londres, un port anonyme, l'ouest... Tout ça à Hollywood, bien sur), des acteurs qui sont plutôt sobres, et une caméra qui tient sa distance... Disons-le tout net, le DeMille de toujours est déja là, tout entier dans ce film et dans ce sens du cadrage simplissime mais idéal, sans forcer sur la profondeur de champ, en évitant les pièges de la composition théâtrale trop compassée (Contrairement à ses Dix commandements de 1956), et en prime, on sent dans ce petit film la joie de tourner en extérieurs et en Californie par dessus le marché. De plus, n'oublions pas que, non content d'avoir lancé la carrière imposante de son metteur en scène, The Squaw Man a contribué à établir la future Paramount...

Un doute demeure, malgré tout, puisque sont crédités deux réalisateurs, à savoir De Mille, dont c’était la première expérience de mise en scène, aussi bien cinématographique que théâtrale, et Oscar Apfel, l’un des acteurs qui lui a apporté assistance. Ce double crédit sera également au générique de The call of the North, le deuxième long métrage du metteur en scène, et Wilfred Buckland sera ainsi également crédité à la co-mise en scène de The rose of the Rancho en 1914.

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Published by François Massarelli - dans Muet Cecil B. DeMille Western 1914
28 février 2011 1 28 /02 /février /2011 16:13

Les premiers longs métrages de Griffith, ceux qui suivent donc la période fascinante des courts métrages réalisés pour la Biograph et qui précèdent l'explosion de Birth of a nation, sont parmi les films les plus obscurs de Griffith. au nombre de cinq (un pour la Biograph, quatre pour la Mutual, dont deux perdus: Battle of the sexes et The escape), ils représentent les efforts du metteur en scène pour maintenir en vie une troupe qui l'a suivi, et pour continuer à explorer la forme cinématographique. On l'a déja vu avec Judith of Bethulia, la forme longue qu'il a tant voulu explorer est quand même pour Griffith un sacré défi...

Le troisième long métrage de Griffith fait immanquablement penser à ses courts, pour deux raisons : le prétexte ‘littéraire’ est exactement le même que pour son Enoch Arden, ou Pippa passes, voire ses adaptations de Poe : il s’agit de sonder la culture populaire Américaine, en mettant en images des mots qui résonnent chez le citoyen Américain moyen, tout en s’amusant avec la forme cinématographique. Il ne faut sans doute pas prendre ce film, qui prend prétexte de la chanson de John Howard Paine, très au sérieux, tant son message parait anecdotique (On n’est jamais mieux que chez soi, et quand on s’en aperçoit, on arrête de faire n’importe quoi), mais il renvoie tellement aux années Biograph que c’est au moins un plaisir de voir tous ces acteurs défiler : passé un prologue (avec Henry B. Walthall, Lillian et Dorothy Gish, et Josephine Crowell) qui conte la vie et la mort de Paine, dont les pêchés auront la peau, on assiste à trois histoires dans lesquelles la chanson joue un rôle, toutes les trois sur un mode différent : comédie rustique avec Bobby Harron et Mae Marsh, drame avec James Kirkwood et Donald Crisp, et enfin comédie de mœurs avec Edward Dillon, Owen Moore et Blanche Sweet… Les histoires se suivent te se ressemblent peu, autorisant les recours à des expérimentations formelles, suspense, rupture de ton, jeux de point de vue… si la morale est d’une exaspérante platitude, si le film reste définitivement du Griffith Victorien, au moins on n’a pas le sentiment de perdre son temps…

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Published by François Massarelli - dans David Wark Griffith Muet 1914 Lillian Gish
23 décembre 2010 4 23 /12 /décembre /2010 18:18

Quelques notes personnelles sur les courts de 1914, récemment exhumés par Flicker Alley, le BFI, Lobster, Arte. Merci à eux.


Making a living (Henry Lehrman, 1914)
A la compagnie Keystone, menée par Mack Sennett, on tournait des films en deux jours, peu importe l'histoire pourvu qu'il y ait des gags. En voici un exemple de choix: deux hommes qui se disputent les faveurs d'une jeune femme en viennent à rivaliser... professionnellement lorsque le plus opportuniste des deux devient, comme l'autre, journaliste, afin de le contrer et d'emporter le morceau. Bon, d'accord, ce n'est pas terrible, mais c'est un début: celui de Chaplin, 25 ans, dont c'est le premier film. Il y en aura d'autres... Plein d'autres.

Kid auto races at Venice, Cal. (Henry Lehrman, 1914)
Mabel's strange predicament (Mabel Normand, 1914)
Between showers (Henry Lehrman, 1914)
Après Making a living, Chaplin continue son travail à la Keystone, et pour commencer, trouve un costume: s'il y aura des exceptions, c'est l'habit de vagabond tel qu'on le rencontrera dans la majorité de ses films à venir, jusqu'au Dictateur (même si dans ce premier film parlant, il jouera un barbier). Sous la direction de Lehrman, qui ne semble pas accorder trop d'importance à la préparation de ses films (Kid auto races est carrément improvisé), il fait dans le comique Keystone: du lourd, des coups de pied, de la vitesse, mais au moins il réussit à créer quelques éléments clés de son personnage, et vole systématiquement la vedette à quiconque se trouve face à lui. Tourné en studio, le film de Mabel Normand est meilleur, plus planifié, et Chaplin en profite pour installer un caractère perturbateur qui va progressivement s'affiner.
 

A film johnnie (George Nichols, 1914)
Tango Tangles (Mack Sennett, 1914)
His favorite pastime (George Nichols, 1914)
Cruel, cruel love (George Nichols, 1914)
En poursuivant la visite des greniers de la Keystone, et des films interprétés par Chaplin à ses débuts, on est frappé de la vitesse à laquelle l'acteur a su devenir le centre de l'action, habitant l'écran au point ou on voit plus que lui. La mise en scène de Nichols, plus sophistoquée que celle de Lehrman, sera probablement d'une grande influence sur le comédien lorsqu'il passera à la réalisation, et A film johnnie, leur première collaboration, est déja un film sur le cinéma, et sur la fascination qu'il exerce. Sinon, si Cruel cruel love détonne sur le canon Chaplinien par un costume différent des habitudes, avec une petite moustache effilée plutôt qu'une grosse moustache, c'est bien sur Tango tangles qui surprendra le plus: Chaplin y apparait au naturel...
 

The star boarder (George Nichols, 1914)
Chaplin, en plein raffinage de son personnage, interprète un locataire d'une petite pension de famille. Tout le monde flirte avec tout le monde, et il n'est pas difficile de deviner que la film se clôt sur une poursuite... A cette époque, Chaplin insiste pour réaliser ses films, ne se sentant pas à l'aise dans les courts métrages des autres. Il a raison: ce sujet ne lui convient qu'à moitié, même s'il rejouera 33 ans plus tard les verts galants dans M. Verdoux...

Mabel at the wheel (Mabel Normand, 1914)
Le film de trop? Lassé de jouer à contre-emploi dans les films des autres, Chaplin a détesté ce film, pourtant intéressant, puisque c'est le premier effort de plus d'une bobine. Mais il n'avait pas totalement tort, ce personnage de séducteur autoritaire dans une vague histoire de courses de voiture n'est pas pour lui. L'interaction avec la star Mabel Normand aurait toutefois pu porter ses fruits. mais celle-ci n'avait que faire des comiques Anglais...
 

Twenty minutes of love (Charles Chaplin, Joseph Madden, 1914)
Enfin! ayant écrit l'argument, Chaplin obtient de Sennett la permission de mettre un film en scène, et le situe volontairement en un seul décor, un parc (Griffith Park, le bien nommé!) où il retournera souvent. Chaplin y joue un vagabond ou assimilé, et même si le chapeau n'est pas le fameux melon, il est très proche de ce que nous connaitrons bientôt. Cette histoire de flirts croisés, un peu improvisée, un peu frénétique, ne paie pas de mine, mais elle porte en germe un pan titanesque de l'histoire du cinéma, donc: respect!!
 

Caught in a cabaret (Mabel Normand, Charles Chaplin, 1914)
C'est amusant de constater qu'alors que Mack Sennett avait offert à Chaplin l'opportunité de réaliser afin de le dégager des jambes de Mabel Normand, qui ne l'aimait pas, ils se se soient retrouvés co-réalisateurs et co-vedettes de ce film: un garçon de café séduit une bourgeoise en se faisant passer opur l'ambassadeur du Groenland (!) mais va devoir affronter la déception de celle-ci lorsqu'elle vient dans son café pour s'encanailler. Bon, certes, on est encore dans un territoire propice aux coups de pieds aux fesses, mais Chaplin continue à faire évoluer son personnage, déjà physiquement très proche de ce que nous allons bientôt savourer. De plus, la multiplicité des décors, l'enjeu, une situation écrite plutôt qu'improvisée, nous éloigne des mauvaises manies de la Keystone. Le cinéma est en marche!
 

Caught in the rain (Charles Chaplin, 1914)
pour sa première réalisation en solo, Chaplin donne à Sennett un film très classique: le ressort est, une fois de plus, le cocufiage, la tromperie, matinée d'un peu d'alcoolémie, et couronnée par une poursuite avec des flics crétins en montage rapide. Bref, rien de très original, mais du burlesque qui fonctionne...
 

A busy day (Mack Sennett, 1914)
Totalement improvisé, ce film montre une jeune femme (Charles Chaplin) se comporter de façon vulgaire et grossière en compagnie d'un certain nombre de personnages interlopes, au coeur d'une authentique inauguration. Aucun intérêt, et Chaplin aurait sans doute été d'accord.
 

The fatal mallet (Mack Sennett, 1914)
Le plus mauvais metteur en scène de Sennett, c'est Sennett lui-même. Pour lui, diriger un film c'est poser la caméra, et dire moteur. Mais il y a pire, il était aussi acteur, et la confrontation avec un acteur comme Chaplin, même dans la verdeur de sa jeunesse, est cruelle pour le vieux cabotin. Deux autres vedettes, ici, Mack Swain et Mabel Normand, pour une histoire de drague un brin répétitive, ou tout un chacun se dispute la belle, au point d'en venir aux coups de pied, jet de brique, et coups de gros maillet de la mort qui tue. C'est drôle à force d'insister, mais on comprend pourquoi Chaplin voulait tant contrôler ses propres films...

The knockout (Mack Sennett, 1914)
On élève enfin le débat, avec un film de deux bobines (il totalise une demi-heure), qui met en valeur le grand comédien Roscoe 'Fatty' Arbuckle, qui n'hésitait pas à en rajouter sur son surpoids, afin d'obtenir un effet comique. On lui doit beaucoup, en particulier parce qu'il a fait débuter Keaton, avec lequel il partageait un certain sens de l'absurde. Le film lui doit beaucoup aussi, et on ne serait pas surpris que le début lui soit en grande partie du, tant c'est son style de film, et on sait que Sennett, producteur talentueux, était nul en tant que réalisateur. Dans cette histoire de match de boxe arrangé, on regrette que le match lui-même ait été filmé en un unique et longuet plan général, les subtilités des acteurs sont ainsi toutes noyées dans la masse. Chaplin y interprête un arbitre qui se prend tous les coups, et on y voit aussi Edgar Kennedy, Al St-John, Minta Durfee, Mack Sennett, Mack Swain... C'est de l'histoire!
Le final dégénère, comme tous les Sennett un peu longs, en poursuite stupide...
 

Mabel's busy day (Mack Sennett, 1914)
Mack Sennett fait comme d'habitude: il investit un endroit public un jour de forte affluence, lâche ses comédiens au milieu, et leur demande d'improviser. Chaplin, Mabel Normand, Chester Conklin font ce qu'il peuvent, le film était destiné à être sans intérêt: c'est réussi.
A noter, toute fois, le titre Français le plus crétin de l'histoire du cinéma, après Rodriguez au pays des merguez: Charlot et les saucisses.
 

Mabel's married life (Mack Sennett, 1914)
Bien que signé par Mack Sennett, le film met en valeur, souvent séparément, les deux stars de la firme que sont Chaplin et Mabel Normand. De plus, ils sont très officiellement crédités du script de ce petit film, on peut raisonnablement le leur attribuer, sachant que c'est très éloigné du style de Sennett, comme pouvait l'être The knockout, et que la complicité entre les deux acteurs, pourtant rivaux, est évidente dans la scène finale. Chaplin et Normand y sont un couple, aux prises avec un voyou, interprété par Mack Swain. Mabel reproche à son mari de ne pas la défendre contre les séducteurs, et lui lui reproche de se laisser faire. Une dispute plus tard, elle achète un mannequin pour faire croire qu'elle a un homme (Un vrai) chez elle, et lui va consciencieusement s'abimer dans une intense saoulographie, qui lui donne tant de courage, qu'il rentre chez lui et casse la figure au mannequin. Certes, on n'est pas dans Citizen Kane, mais on sent l'effort pour faire évoluer la comédie conjugale, et Chaplin, quant à lui, confère à ses segments un jeu de plus en plus subtil, non seulement de sa part, mais aussi de ses partenaires: Sennett n'aurait jamais permis à ses figurants d'être aussi bons...

A ce propos, dans la scène du café, l'un des jeunes voyous présents retrouvera Chaplin 17 ans plus tard, sur un ring.

Laughing gas (Charles Chaplin, 1914)
Encore rudimentaire, ce film est malgré tout un grand pas en avant dans la carrière de Chaplin: pas d'improvisation dans le parc, pas d'intrigue basée sur les frasques conjugales, et des gags liés à la profession: Chaplin n'y est pas vagabond, mais assistant dentiste. A ce propos, en pleine rue il lance des briques, qui en atterrissant sur des machoires, provoquent une sérieuse envie d'aller chez le dentiste. Ca nous rappelle bien sur une autre situation, d'un autre film, mais transposé à un vitrier et son fils adoptif... Chaplin continue donc à planter ses petites graines, tout en devenant, de plus en plus, le seul maître à bord: le film ne ressemble plus à du Sennett.
 

The property man (Charles Chaplin, 1914)
Avec ce premier effort en deux bobines, totalisant 24 mn, Chaplin situe son personnage dans un cadre professionnel lié au spectacle, autant dire que le comédien est à la maison. On le sent beaucoup plus à l'aise qu'avec les courses poursuites à vocation extra-conjugales qui étaient de mise chez son employeur...

Si la présentation des coulisses d'un minable vaudeville ramène forcément Chaplin en arrière, au temps des planches avant la célébrité des années Karno, il convient de noter que le comédien interprète un accessoiriste, et laisse donc le cabotinage à d'autres. D'ailleurs un détail me frappe: exactement comme son personnage dans le film Behind the screen, en 1916, l'accessoiriste ici joué par Chaplin est entièrement grimé en Chaplin, à trois détails près: il a tombé la veste, ne porte pas de chapeau, après tout on est en intérieurs, mais surtout il fume la pipe en permanence: Chaplin a senti le besoin d'établir une bonne fois pour toutes le coté sédentaire du personnage, et la pipe est un outil essentiel à cet effet.

Mais bien sur, on est encore à la Keystone, et si le film se passe de catastrophe en catastrophe, toutes liées plus ou moins au fait que les comédiens et le théâtre qui les emploie sont minables, ce qu'on retiendra en particulier c'est l'extrême agressivité, de tout le monde en général, et de Chaplin en particulier: voilà le trait de caractère qu'il lui faudra éliminer une fois qu'il aura quitté l'usine à gags, celle ou on envoie des briques et des tartes à la crème plus vite que son ombre. Pour l'instant son personnage est campé, qu'il soit vagabond ou pas import peu, mais il lui manque un soupçon d'humanité qu'il saura lui conférer bientôt.
 

The face on the barroom floor (Charles Chaplin, 1914)
Adaptation d'un poème de Hugh Antoine d'Arcy, ce film d'une bobine est la première intrusion de Chaplin dans la parodie. Mais quand on sait le soin que le metteur en scène mettra dans The gold rush, qui est une authentique comédie ET un vrai film sur la ruée vers l'or, on comprend vite que ce n'est pas un terrain de prédilection pour lui. Le film, une fois de plus se démarquant au maximum de la production Keystone, est pourtant assez fascinant, par la subtilité du décalage, apporté par de simples détails, des ajouts faits au comportement par ailleurs fortement histrionique de l'acteur Chaplin, qui joue ici le drame comme s'il y croyait: En plein geste ultra-dramatique, il rote, ou s'assoit sur sa palette, et se retrouve couvert de peinture, etc... Pour le reste, le film est joué de façon directe, le metteur en scène seul se réservant le droit de dériver vers la comédie...

L'histoire: un vagabond apparait dans un bar, et supplie les hommes présents de l'écouter: il était un peintre de renom, jusqu'au jour ou la femme de sa vie l'a quitté pour un homme qu'il avait peint. depuis, il boit pour oublier. Dans le poème, le vagabond meurt en dessinant à la craie le visage de sa bien aimée. Ici, Chaplin a réservé une fin différente, mais pas illogique, à son héros. En tout cas, quelles que soient les limites du film, il est remarquable ne serait-ce que pour la tentative de diversifier ses films.

Recreation (Charles Chaplin, 1914)

Film le plus court de la production Keystone par Chaplin, c'est aussi le plus mal conservé, à l'exception bien sur de Her friend the bandit (Mack sennett), qui a carrément été perdu, et le restera jusqu'à nouvel ordre... Le film est difficile à regarder, sauf pour une brêve minute conservée par le British Film Institute sur une copie 35 mm à la définition splendide. Pour le reste, cette version est tirée d'un abominable contretype en 16mm tellement dégoûtant qu'on ne sait pas toujours ce qui se passe, et comme c'est une fois de plus une histoire de gens qui se draguent et qui se battent à coups de briques, on se passera d'en savoir plus.

   

The masquerader (Charles Chaplin, 1914)
Excellent film dès le départ, The masquerader est unique dans la mesure ou Chaplin y opère un nombre impressionnant de transformations. Il prend pour commencer le prétexte de montrer la vie du studio Keystone, allant jusqu'à prétendre pendant les premières minutes avoir un caractère documentaire: on y voit, effectivement, Chaplin se préparer pour un film, en costume de ville et sans moustache, puis pendant le maquillage. Mais la présence dans les vestiaires de Roscoe Arbuckle, et le fait que les comédiens se sentent l'un comme l'autre d'humeur farceuse (Ce qui est bien dans l'esprit de cet éternel gamin d'Arbuckle, mais qui détonne par rapport à la réputation da grand sérieux dont faisait preuve Chaplin dans son travail), et la séance de maquillage dégénère bien vite. Après, un Chaplin enmoustaché se préoccupe tellement peu du film qui se fait qu'il drague sans vergogne les femmes présentes, déconcentre ses partenaires, et empêche Chester Conklin (que le metteur en scène excédé a obligé à remplacer le héros) de faire son travail. Le résultat? Chaplin se fait virer du plateau, et n'aura d'autre ressource pour se faire rengager, que de venir déguisé... en femme. Mais pas de façon caricaturale: on le sait, quand Chaplin joue un vagabond ou un bourgeois, il EST un vagabond ou un bourgeois. Quand il joue un poulet dans The gold rush, il est un poulet. Et donc, ici, il est une femme, séduisante, élégante, et bien sur il n'a aucun problème à se rendre sur le plateau...

C'est fascinant: non seulement Chaplin a réussi sans aucune gaucherie à faire du studio le décor de son film, non seulement il a réussi à intégrer la comédie et la réalité bien mieux que dans tous les films improvisés sur les évènements publics, qui sont le pire du pire de la firme de Sennett, mais il a réussi à mener ce film, à une époque ou les spectateurs ne connaissent pas le nom des vedettes, en assumant trois identités différentes tout en maintenant une parfaite lisibilité. Un tour de force, aidé par une construction très adroite, et la complicité de toute l'équipe. Maintenant, pour ceux qui espèrent voir Chaplin au travail, ce n'est pas encore ça: en réalité, il détestait qu'on le filme quand il mettait en scène, et ici, il n'est supposé être qu'un acteur... En tout cas, le film ment: on n'aurait jamais viré Chaplin de la Keystone de cette façon, à cette époque. C'était, déjà, le maître.

His new profession (Charles Chaplin, 1914)

Un jeune couple souhaitant fôlatrer se débarrasse du vieil oncle en chaise roulante, que le jeune homme (Charles Parrott, futur Charley Chase) est censé accompagner, en le confiant à un vagabond, qui n'a de cesse de se débarrasser à son tour de sa charge pour aller boire un coup. Retour donc à du classique, un peu lourd et vulgaire, et on regrette bien sur qu'il n'y ait pas plus d'interaction entre Chase et Chaplin, mais pourquoi y en aurait-il eu? L'un est un anonyme en 1914, l'autre est déjà une star.

   

The rounders (Charles Chaplin & Roscoe Arbuckle, 1914)
Collaboration totale entre les deux petits génies de la Keystone, The rounders réussit à être fidèle aux deux univers des deux acteurs, puisant l’argument chez Chaplin (Deux gentlemen saouls comme des cochons rentrent séparément à leur hôtel, ont des déboires avec leurs épouses légitimes, et résolvent de partir continuer leur activité favorite ensemble), lui permettant de distiller son sens de l’observation, mais beaucoup dans le déroulement de l’histoire est du à Arbuckle, par exemple, la façon dont les deux comédiens évitent de creuser jusqu’à épuisement leurs conflits conjugaux, pour s’enfuir et continuer la fête ailleurs, donnant lieu à toujours plus, toujours plus loin. Chaplin aurait peut-être choisi de rester à l’hôtel, mais ici la situation s’enrichit de l’esprit vaguement anarchiste d’Arbuckle. Le final, d’ailleurs, qui voit les deux poivrots s’abîmer lentement mais surement dans l’eau d’un lac alors que leur bateau coule. Au préalable, ils ont mis une salle de restaurant à sac, et jeté pas mal de gens parfaitement innocents dans l’eau… On est toujours chez Sennett, mais on va loin dans l’humour délirant, on quitte assez franchement l’univers de Chaplin. Non qu’il ait à redire, il est évident qu’il s’amuse comme un fou.
 

The new janitor (Charles Chaplin, 1914)
Situé dans un décor de banque, ce film est une petite merveille, mais il faut lui rendre justice: oui, The new janitor est une grande date chez Chaplin, mais la maladresse de la mise en scène y est d'autant plus palpable que les ambitions sont importantes...

Il joue le nouveau concierge de la banque, qui essaie de s'atteler à ses tâches domestiques tout en se laissant aller à des langueurs pour une jolie secrétaire; pendant ce temps, un drame se joue: un employé de bureau, accablé de dettes, va forcer un coffre, sous les yeux de ladite secrétaire.

On le voit, avec ce film, Chaplin est le seul vecteur de comédie, entièrement lié à son caractère, mais le reste est de la narration dramatique classique, et c'est là que le bât blesse. Le casse est filmé en un seul plan, les acteurs sur-jouent, et sont déjà anachroniques en 1914; quant à la scène remarquée par Vance, qui voit Chaplin jouer dangereusement avec la mort en risquant de rester suspendu dans le vide, il faut dire qu'elle reste plutôt suggérée que vraiment montrée, et elle est un tant soit peu gâchée par quelques fautes de grammaire: l'inversion de la perspective la rend un peu moins lisible. Il fera beaucoup mieux. Mais ce qui compte, c'est après tout le fait qu'il n'y a plus, pour Chaplin, lieu de tenter de rester coincé dans le carcan de la comédie lourdingue; de fait, le film n'est pas du tout comparable au reste de la production Keystone, et le metteur en scène reviendra sur le scénario pour le film The bank, l'année suivante, en allant plus loin dans la sophistication. A noter toutefois qu'ici, il sauve réellement la banque, et gagne le coeur de la belle...
 

Those love pangs (Charles Chaplin, 1914)
Revenu après la tentation de The new janitor à des préoccupations plus terre-à-terre, Chaplin retourne au style de ses premiers films, pour un duo avec chester Conklin, un complice qui reviendra jusqu'en 1940. Ici, ils sont rivaux en amour, mais avec toutes les femmes de la terre: il les leur faut toutes... Amusant, et on sent la mainmise de Chaplin de plus en plus ferme, mais bon, il faut reconnaitre que ça ne va pas chercher loin.
 

Dough and dynamite (Charles Chaplin, 1914)
Généralement bien vu, ce film en deux bobines, donc particulièrement ambitieux, est une façon intéressante de faire le point sur les progrès de Chaplin en cette année 1914: il y interprète l'un des boulangers d'un établissement, à la fois boutique et salon de thé. Le lieu, ou plutôt les lieux, sont définis, et servent à rythmer le film, qui déroule un montage impeccable, à la lisibilité accrue par des choix définitifs d'angle de caméra. Chaplin y est encore un employé zélé, mais pas modèle, la tentation de se distinguer passant par une tendance innée à la rébellion du geste. La rivalité avec l'autre boulanger, joué une fois de plus par Chester Conklin, agit en provocation constante à l'agressivité, mais on sent les personnages plus posés: ils ont, après tout, un métier, et donc des tâches à accomplir. Le décor, maintenant, ne sert plus de prétexte, il entre en compte dans la comédie même; voilà une autre conséquence de The new janitor.

La dynamite dont il est question tient au fait que d'une part, des boulangers en grève, frustrés par leurs patrons, vont vouloir se venger, et le film suit logiquement le cheminement de la mise en scène: c'est sur le décor qu'il vont se venger, par sur les gens... ne cherchons pas trop loin, le film n'est pas aussi revendicatif qu'un Sadoul voulait le dire, et on n'est en pleine agitation que parce que c'est un ingrédient intéressant pour l'histoire... Curieux film, qui ressemble souvent à du Sennett, mais dont l'architecture globale est du Chaplin pur, et qui restera, voir à ce sujet l'importance des lieux, mentionnés dans les titres comme une sorte de code générique, dans la plupart des films Essanay et Mutual: The bank, Easy Street, The rink, The Pawnshop, etc...

   

Gentlemen of nerve (Charles Chaplin, 1914)
Venue assister aux courses de voitures, une jeune femme (Mabel Normand) doit faire avec la rivalité de deux moustachus (Chester Conklin et Mack Swain). Lorsqu'un troisième larron (Chaplin) plus malotru que les deux autres arrive pour compliquer les choses, la lutte devient serrée.

Cette comédie est finalement très partagée: elle ressemble à s'y méprendre à une concession faite par Chaplin à Sennett, avec son tournage vite fait sur les lieux d'un évènement public, et ses intrigues basées peu ou prou sur la drague. Mais Chaplin a manifestement un script, des personnages précis, et ça sent moins l'improvisation que les exercices habituels. Sinon, bien sur, après avoir commencé à développer les cotés plus humains de son personnage (surtout dans The new janitor), on est de retour à l'odieux personnage que jouait souvent Chaplin chez Karno, opportuniste et grossier.

His musical career (Charles Chaplin, 1914)

Dans un film qui anticipe en de nombreux endroits sur le splendide The music box (James Parrott, 1932), avec Laurel & Hardy, Chaplin et Mack Swain sont des livreurs de piano qui ont deux missions: aller chercher un piano chez deux personnes qui n'ont pas les moyens de le garder, et en amener un neuf chez une personne qui vient de l'acheter. Ils vivent tous deux dans la même rue, et c'est bien entendu propice à la confusion.

L'essentiel, ici, c'est Chaplin: sa gestuelle, et le ballet incessant de ses efforts les plus délirants pour remplir sa mission. La précision du geste, alliée à la sureté de la direction, tout concourt à faire d'un film basique et burlesque un modèle de concision et de préciosité. Si on ajoute le fait que le film a été tourné pour une large part dans la rue, on se retrouve face à une impressionnante capsule temporelle. La qualité d'image de ces restaurations nous permet, cerise sur le gâteau, de reconnaitre dans le rôle du marchand de pianos le propre frère du réalisateur du film de Laurel & Hardy de 1932, Charles Parrott dit Charley Chase.

His trysting places (Charles Chaplin, 1914)
De plus en plus à l'aise avec la mise en scène, Chaplin se sent pousser des ailes, et tourne ainsi une nouvelle comédie en deux bobines, avec encore la participation du gratin de la Keystone: il y interprète le papa d'un ménage très moyen, dont la maman est Mabel Normand dans un rare rôle de femme plus mure, triste et pas vraiment couvée par son mari. Les autres protagonistes sont Mack Swain, en mari d'un couple heureux, dont l'épouse est jouée par Phillys Allen, future Mrs Chaplin dans Pay day tourné pour la First National en 1922 (Mack Swain y jouera aussi, d'ailleurs).

Le film est basé sur un quiproquo, les deux hommes passent un certain temps à déjeuner côte à côte, et vont échanger leur manteau. le problème, c'est que Swain va se retrouver avec un biberon dans son manteau, alors qu'il n'a pas d'enfant, et que Chaplin va quant à lui se promener avec une lettre que Swain a promis à une jeune femme de poster, et qui s'avère être un anonyme billet doux. L'une et l'autre des épouses vont donc sérieusement soupçonner les maris, et tout va (presque) rentrer dans l'ordre pour (presque) tout le monde.

Outre le temps d'écran dévolu à Mabel Normand, ainsi que l'attention que le public va pouvoir porter à sa tristesse (Chaplin lui a même réservé quelques gros plans), on notera dans ce film par ailleurs très moyen le début d'une longue histoire compliquée: Chaplin, qui finira Suisse et couvert d'enfants, n'a jamais manifesté avant sa rencontre avec Jackie Coogan autre chose que de l'antipathie vis-à-vis des enfants, et c'est avec ce film que cet aspect essentiel de sa personnalité est pour la première fois mise en lumière.

   

His prehistoric past (Charles Chaplin, 1914)
A la fin de son contrat Kesytone, Chaplin aspirait à pousser son expérience un peu plus loin en continuant sur la voie qu'il avait tracée avec, hélas, trop peu de films. La machine à rire de chez Mack Sennett ne lui permettait que peu souvent de vraiment investir le temps nécessaire à la sophistication dont il rêvait. D'où, sans doute, ce film en forme de farce, ou plutôt de rêve: Chaplin s'endort, et se voit à l'age de pierre, couvert de peaux de bêtes, et disputant à Mack Swain les clés du royaume de Wakiki Beach.

Coups de massue, jeunes femmes en peaux de bêtes sauvages, et quelques anachronismes savamment choisis (notamment les chapeaux) sont la règle de ce genre de films. On sourit forcément, même si on dit que tout ce petit monde avait forcément mieux à faire. Mais après tout, Griffith qui tournait Man's genesis, un court métrage supposé sérieux sur le même sujet deux ans plus tôt, n'était pas forcément moins ridicule.

A noter que Keaton et Laurel & Hardy feront à leur tour le détour préhistorique: Respectivement avec The three ages (1923), et Flying elephants (1927). Par contre, ni Lloyd ni Langdon ne s'y adonneront...

 

Getting acquainted (Charles Chaplin, 1914)
Tout a une fin: avec ce film, Chaplin quitte la Keystone pour la compagnie Essanay, ou il avait enfin, et en étant mieux payé, la possibilité de faire ce qu'il voulait au lieu de faire ce qu'il pouvait. Le problème, il allait très vite s'en rendre compte, c'est qu'il fallait pour cela aller à Chicago, ou les conditions météorologiques n'étaient pas propices, mais n'anticipons pas.

Getting acquainted est, une énième fois, la bonne vieille formule "allons au parc, et tournons une histoire de marivaudage endiablé avec deux couples dont les maris sont de fieffés dragueurs". Chaplin et son rival Mack Swain sont mariés respectivement à Phillys Allen et Mabel Normand, et le lieu a déjà servi et resservira. Toutefois, on mesure à quel point la formule, aussi usée soit-elle, a été raffinée par Chaplin, qui a réussi à faire en sorte que la frénésie soit tempérée par un début de caractérisation, qui donne aux épouses un peu plus que le rôle de faire-valoir, qui donne au policier un rôle beaucoup plus subtil d'arbitre, et qui structure justement le film autour du ballet des couples, de conciliabules entre les époux et les épouses, et qui évite comme le note justement Jeffrey Vance dans ses notes de se livrer au moindre jet de briques ou de tartes à la crème...
 

Tillie's punctured romance (Mack Sennett, 1914)
Première comédie burlesque de long métrage, premier long métrage aussi bien de Mack Sennett réalisateur que de son studio, le film possède une importance historique indéniable, et on peut ajouter par dessus qu'il s'agit aussi du premier long métrage de Charles Chaplin, même si l'implication de ce dernier est limitée.

Marie Dressler, actrice reconnue pour son travail au théâtre, est la véritable vedette de ce film (Adaptée d'une pièce à succès, Tillie's nightmare), et interprète donc Tillie Banks, une jeune femme franchement disgracieuse dont un coureur de dot (Chaplin, en costume pré-vagabond) essaie de faire sa prochaine victime: il a en effet constaté que son père avait un sacré bas de laine. Lorsqu'il apprend par la presse que Tillie est l'héritière de la fabuleuse fortune de son oncle milliardaire, qui a disparu lors d'une chute en montagne, le malfrat l'épouse. La petite amie, interprétée par Mabel Normand, n'a aucun mal à se faire engager comme soubrette pour y voir clair et récupérer son homme...

C'est gros et gras, et si j'ai parlé d'importance historique, cela ne va pas beaucoup plus loin. Sauf... que Chaplin vampirise l'écran, et n'a aucun mal à s'imposer avec la mise en scène Néandertalienne de Sennett: il demande au chef-opérateur de poser la caméra, et doit vaguement demander aux acteurs de bouger. Beaucoup d'entre eux s'agitent, certains en font des tonnes, Chaplin, lui, vampirise l'écran; rien que sa première apparition est splendide: il est de dos, et contemple la ville comme s'il prenait une pause avant de fondre sur sa proie. Quelques gestes, et subrepticement, il se place en plein milieu du cadre, tout simplement. En ces mois de mai et juin, il n'en était qu'à tourner ses premiers courts, mais nous qui savons ce qui a suivi,; nous n'avons aucun mal à le reconnaître. heureusement qu'il est là, sinon, le reste du film est bien sur regardable, mais pas franchement extraordinaire. Et pourtant, c'est par ce film qu'est née la comédie de long métrage, pas par The kid comme on le lit parfois.

On remarquera qu'au-delà de l'attraction représentée par le film lui-même qui quoi qu'il en soit était un grand pas en avant pour Sennett, il a fait en sorte que tout le monde participe. On peut s'amuser à reconnaitre ses acteurs, de Mack Swain à Chester Conklin, en passant par Minta Durfee, Al St-John ou Charles Parrott. Mais on ne verra ni Sennett, ni Arbuckle, qui ne jouent ni l'un ni l'autre.

PS:
Voilà, j'ai ainsi pu voir tous ces films, dont il est sur que beaucoup ressemblent à s'y méprendre à de bien vieilles pièces de musée. La tranquille évolution de Chaplin depuis l'interprète se demandant un peu où il est, mais faisant son métier jusqu'à ce metteur en scène qui a instinctivement reconnu dans le cinéma le médium absolument fait pour lui, et par lequel il va pouvoir s'exprimer, est évidente. son écrasante supériorité sur tous ses collègues comédiens spécialisés dans la pantomime burlesque, mais aussi l'influence bénéfique que le metteur en scène Chaplin aura sur ses comédiens (Comparez le jeu des acteurs dans les films de Sennett et Lehrman, avec celui des mêmes dans les films de Chaplin), tout y est. Je ne connaissais qu'une poignée de ces films, et bien sur je les avais vus dans des copies désastreuses, mais cette parution, qui vient au terme d'un travail de restauration hallucinant, s'imposait. Si on m'avait dit il y a dix ans que je prendrais un jour autant de plaisir à voir ces films, je ne l'aurais pas cru. Bien sur, l'enthousiasme actuellement lié à ce coffret tout beau tout nouveau s'estompera, et on pourra de nouveau comparer ces films à la production Essanay, puis Mutual, et on pourra de nouveau les mettre de côté d'un revers du coude pour aller vers des Chaplin plus essentiels. Il n'empêche: en ce qui me concerne, je préfère ces films, avec leurs défauts, leur odeur de pieds et leur tendance vite fait mal fait, à tous les films parlants de Chaplin. Sans exception aucune.

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Published by François Massarelli - dans Charles Chaplin Muet 1914