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  • : Allen John's attic
  • : Quelques articles et réflexions sur le cinéma, et sur d'autres choses lorsque le temps et l'envie le permettront...
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8 février 2022 2 08 /02 /février /2022 17:42

C'est avec ce film, probablement, que Alice Guy "aurait créé" un genre à elle toute seule, le poème cinématographique: un genre qui fera d'ailleurs des émules à la grande époque de l'avant-garde: voir à ce sujet les nombreux films de Jean Epstein dans lesquels on a une dimension contemplative et la présence obsédante de la mer. 

Une fois ces rappels faits: en 1 minute et 10 secondes de présentation de vagues s'écrasant sur des rochers, il n'y a quand même pas grand chose à se mettre sous la dent!

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Published by François Massarelli - dans Alice Guy Muet
8 février 2022 2 08 /02 /février /2022 11:35

Vous allez voir qu'en prenant le prétexte de ce film, on peut être amené à dire n'importe quoi... Pour commencer, situons-le:

En 1906, Alice Guy, pas encore mariée  Herbert-Blaché, n'est donc pas forcée par les circonstances à abandonner son métier. Rappelons que la dame n'est rien moins que la première personne au monde à avoir porté le titre de metteur en scène de cinéma, et qu'elle a sinon inventé, en tout cas cristallisé la fonction, en étant directrice de la production de la Gaumont jusqu'à 1907, date de son mariage justement. Elle assumait pleinement ses fonctions, et si elle n'a pas été aidée par les historiens qui ont si constamment voulu diminuer son importance (notamment en attribuant systématiquement ses réussites à d'autres, ou en sous-entendant que le mérite de ses films revenait à ses assistants, tous des hommes), elle a montré le chemin du cinéma à sa façon. Elle n'a pas été la seule femme réalisatrice, loin de là, et les années 10, principalement aux Etats-Unis, ont vu beaucoup de femmes emprunter cette voie, et non des moindres: citons, pour en rester à l'époque muette, les noms de Lois Weber, Ida May Park, Lillian Gish, Mabel Normand, Dorothy Arzner ou Dorothy Davenport.

Mais Alice Guy est d'abore une employée de Gaumont, comme le seraient après elle Louis Feuillade et Léonce Perret. Ainsi, lorsqu'elle réalise un film comme Les Résultats du féminisme, le but premier est de fournir une comédie en y reprenant l'impression généralement admise dans la bonne société, puisque Gaumont est une maison respectable: patriarcale, catholique, prônant les bonnes moeurs. On ne peut s'attendre à autre chose qu'une attaque en règle des suffragettes... 

Si d'autres, ailleurs comme en France, se livreront à des moqueries autour du thème de la lutte des femmes pour obtenir le droit de vote et l'égalité, Alice Guy a préféré imaginer une suite, par l'absurde, d'une obtention de cette égalité: et bien sûr elle a imaginé une inversion des rôles, madame portant clairement la culotte et Monsieur étant, ma foi, singulièrement efféminé. Ps de quoi casser des briques, pas de quoi se relever la nuit, c'est un film qui est un reflet de son temps...

Eh bien non: je suis tombé (rassurez-vous, je vais bien) sur un site internet ("Breizh Info", n'y allez pas, c'est dégueulasse) qui se félicitait de l'existence de ce film daté de 1906: on y admirait le fait que, je cite, Les résultats du féminisme soit "le premier film contre la théorie du genre". Un imbécile y conclut même que "ce film dénonce le féminisme qui tend (...) à remettre en cause la différence des sexes". 

On le sait, Audiard (qui lui aussi, a été un vrai sale connard d'extrême droite dans sa jeunesse, je tiens à le rappeler, mais ce n'est pas le sujet) a dit que "les cons, ça ose tout, c'est même à ça qu'on les reconnaît", et ce site (dont je tairai le nom) a quand même fait preuve d'un talent fou, en utilisant la figure respectée et souvent prise à tort ou à raison comme une sorte de symbole du féminisme d'Alice Guy pour baver leur infâme propagande anti-tout, tout en fustigeant évidemment la propagande de leurs ennemis: la méthode Trump, la méthode Zemmour, la méthode du Klan, bref... les temps sont durs, si on revenait au cinéma?

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Published by François Massarelli - dans Alice Guy Voldemmour Muet Comédie
8 février 2022 2 08 /02 /février /2022 11:29

J'émettais à propos du film Le Noël de M. le curé, sorti la même année, que madame Alice Guy l'avait probablement tourné afin d'expier ses nombreuses comédies un peu olé olé... Dont acte: voici de quoi renouveler la situation, puisque ce film est une pochade qui va loin dans l'absurde. 

Un homme achète une lotion capillaire, mais ne prévient pas le domestique qui va chercher le flacon, qu'il ne faut ni en boire, ni le partager comme un apéritif... le reste est inévitable.

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Published by François Massarelli - dans Alice Guy Comédie Muet
8 février 2022 2 08 /02 /février /2022 11:24

Un titre à faire fuir, forcément: c'est qu'après tant de galipettes, de poursuites, de tonneaux habités, de dames engrossées qui ont des envies, et même des mimiques d'un Mayol dans les petits films chantants, Mademoiselle Alice, consciencieuse employée de la si respectable et si comme-il-faut maison Gaumont, avait donc de quoi se faire pardonner! 

Voici donc une édifiante histoire de Noël, avec une soutane qui trime tant et si bien, le pauvre, qu'il en souffre. Voilà, c'est fait, on passe à autre chose... comme a sans doute du dire Alice Guy elle-même.

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Published by François Massarelli - dans Alice Guy Muet
8 février 2022 2 08 /02 /février /2022 11:20

Un matelas qui passe de mains en mains, et qui a la particularité d'être doté d'une vie propre: il y a un vagabond dedans, quand on le récupère. 

C'est un petit film, comme d'habitude, Alice Guy n'ayant à une exception près tourné que des courts métrages en France. Mais si le ton général est plutôt à la comédie franchouillarde, au moins les galipettes de ces braves gens qui se retrouvent à devoir gérer un matelas hanté sont elles accompagnées d'un argument plus solide qu'une simple course-poursuite en guise de prétexte.

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Published by François Massarelli - dans Alice Guy Muet Comédie
7 février 2022 1 07 /02 /février /2022 10:46

Une femme se marie avec un veuf qui est le père d'un petit garçon. Celui-ci va souffrir à cause d'une belle-mère qui ne peut le supporter, et lui mène une vie dure, allant jusqu'à le brutaliser dès que son père a le dos tourné...

"Marâtre", à l'origine, c'est tout simplement une belle-mère, au sens de la deuxième épouse d'un père ayant déjà des enfants. Le terme étant particulièrement disgracieux, et le mélodrame étant passé par là, le sens a glissé vers une nouvelle acceptation: de belle-mère, sous un sens objectif, le mot désigne désormais une mauvaise mère, ou belle-mère si on veut en rester à un sens orthodoxe du mot!

Et dans ce mélo dur, Alice Guy démontre par A + B le sens acquis du terme, en nous infligeant la rude destinée d'un pauvre petit garçon qui a bien des malheurs. On peut rigoler autant qu'on veut, mais ce film est, qu'on le veuille ou non, l'ancêtre de bien des oeuvres future, de Léonce Perret ou Louis Feuillade...

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Published by François Massarelli - dans Alice Guy Muet
7 février 2022 1 07 /02 /février /2022 10:41

Une dame se promène avec un beau soldat en uniforme, mais il est bien vite supplanté quand ils croisent des officiers plus haut gradés... 

Le film est très accessoire, mais d'une part Alice Guy se moque gentiment de l'uniforme, ce qui peut paraître très étonnant pour un film de la maison Gaumont où on ne se gausse que rarement à l'époque des soutanes et des porteurs de sabre... Et par ailleurs, un des protagonistes a une envie pressante et se rend dans une vespasienne...

Donc il est désormais prouvé par ce film, qu'en dépit des apparences, les personnages des films muets avaient aussi besoin de se soulager la vessie: scientifique!

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Published by François Massarelli - dans Muet Alice Guy Comédie
6 février 2022 7 06 /02 /février /2022 17:48

Continuant à créer des comédie cinématographiques fortement distinctives, Alice Guy a une nouvelle idée: elle imagine une bourgeoise qui vient à la poste pour poser son courrier, et accompagnée de sa bonne, elle utilise le talent de cette dernière pour lécher les timbres, ce qui provoque pour un homme présent dans le bureau de poste un irrésistible désir de l'embrasser...

Une fois de plus, l'absurde de la situation confine à l'audace avec cet étrange film, qui se termine par une embrassade tellement puissante qu'il y a transfert de moustache.

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Published by François Massarelli - dans Alice Guy Comédie Muet
6 février 2022 7 06 /02 /février /2022 17:39

...Et pour cause, que madame a des envies: elle est enceinte jusqu'aux yeux. Du coup, rien de ce qui se passe autour d'elle pendant sa promenade ne lui échappe, et elle va jusqu'à prendre de leurs mains le sucre d'orge d'un enfant, l'absinthe du client d'une terrasse, le hareng d'un mendiant et la pipe d'un colporteur. Monsieur, au comble de l'agacement, réussit à la persuader de rentrer à la maison mais la course se finira dans un parterre de choux, et comme on sait, les choux... 

Au-delà du mécanique de situation et de l'intrigue qui est gentiment absurde, le film est notable pour trois choses: son montage tout d'abord. Alice Guy a construit son film comme elle le fait d'habitude, sur une succession de tableaux, avec caméra fixe. Mais elle insère parfois des gros plans pour isoler la gourmande... Et d'autre part, elle a représenté une femme enceinte, soit une dame avec un gros ventre, ce qui va devenir tabou dans la plupart des cinématographies du monde pendant plus de soixante années. Enfin ce film est l'un des premiers à oser aborder, sous le couvert d'une presque parabole, le désir féminin. Pas rien, quand même.

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Published by François Massarelli - dans Alice Guy Muet Comédie
6 février 2022 7 06 /02 /février /2022 17:33

Après avoir tâté du cinéma sonore avec les Phonoscènes et leur improbable cortège d'artistes de music-hall et de comiques troupiers, après avoir par ailleurs fourni à la maison Gaumont une superproduction en plusieurs bobines dédiée à la vie de Jésus, Alice Guy reprend le fil de sa carrière là où elle l'avait laissée: attentive aux genres, et désireuse de proposer sa vision à elle du cinéma. 

Ce film est donc un peu un prototype des nombreux films de comédie burlesque qui seront 6 ans plus tard l'apanage de Jean Durand, avec une situation bien établie: une course se tient, les participants rivalisent de cabrioles... 

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Published by François Massarelli - dans Alice Guy Muet Comédie