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  • : Allen John's attic
  • : Quelques articles et réflexions sur le cinéma, et sur d'autres choses lorsque le temps et l'envie le permettront...
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10 janvier 2022 1 10 /01 /janvier /2022 04:30

Egalement nommé Chapellerie et charcuterie automatiques, ce film profondément idiot semble illustrer une fois de plus illustrer la nécessité pour le cinéma de créer son propre univers, en singeant cette fois les films qui illustraient les métiers, pour lesquels des techniciens ou des ouvriers faisaient semblant de faire leur travail devant une caméra qui captait le vague processus ainsi démontré.

Il a quand même, pour ce film, fallu construire un appareil qui corresponde à l'appellation (il fait donc des chapeaux d'un côté et de la saucisse de l'autre), et engager deux bonshommes pour l'actionner devant la caméra: ce qui est le plus amusant, c'est que les deux messieurs en question ne sont pas des acteurs, et sont aussi maladroits devant la caméra que l'auraient été d'authentiques chapeliers-charcutiers si ce métier avait existé.

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Published by François Massarelli - dans Alice Guy Muet
10 janvier 2022 1 10 /01 /janvier /2022 04:21

Un plan fixe de l'avenue de l'Opéra, en 1900, et puis c'est tout. C'est tout? Non, pas tout à fait: non seulement nous sommes confrontés à une vision d'une artère passante de la capitale il y a plus de 120 ans, mais en plus quelqu'un a eu l'idée de passer le film à l'envers...

Pourquoi? Tout simplement afin de profiter de l'effet, jugé comique en 1900, mais surtout incongru pour le spectateur actuel qui y verra un détail sans importance. Mais il n'est pas sans importance, au contraire: il démontre de façon évidente que pour Alice Guy et ses commanditaires, mais aussi pour leurs spectateurs potentiels, le cinéma est passé à autre chose que ce que les "vues" souvent statiques de frères Lumière, qui posaient une caméra devant des usines, des rues, des spectacles de façon arbitraire mais souvent objective. Désormais pour le cinéma il faut plus que voir, il faut réinventer...

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Published by François Massarelli - dans Alice Guy Muet
9 janvier 2022 7 09 /01 /janvier /2022 09:29

Sur la terrasse d'un cabaret, un client demande une absinthe, et ne faisant pas suffisamment attention à ses gestes, ajoute de l'eau... dans son chapeau au lieu du verre. Quand il boit, le liquide est pur. Il s'ensuit une scène de confusion bien compréhensible...

C'est un peu un retour à L'arroseur arrosé des frères Lumière, avec des occasions manquées: à distance, par exemple, la scène (un seul plan, c'est encore la règle que de se passer du montage) n'est pas des plus lisibles. Un couple à droite qui a vu l'incident n'est utilisé que pour souligner la drôlerie (qui, on le pense bien, c'est quelque peu émoussée 120 années plus tard!) en riant de bon coeur, et le final trahit l'amateurisme des comédiens, avec un garçon qui attend les instructions en regardant vers la caméra avant d'arroser son client qui s'étrangle...

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Published by François Massarelli - dans Alice Guy Muet Comédie
9 janvier 2022 7 09 /01 /janvier /2022 09:24

Deux pas en avant, un pas en arrière: alors qu'elle diversifie les genres et les tentatives de rendre le nouvel art du cinéma plus intéressant, "Mademoiselle Alice" comme on l'appelait revient aussi sur un style fondamental en reprenant le classique de la partie de cartes. Ses principaux modèles, les Lumière d'un côté et Méliès de l'autre, sont passés (et repassés) par là!

Le film est donc, tourné en plein air, une vraie-fausse tranche de vie, avec consommation d'alcool, et bagarre, le tout en une minute...

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Published by François Massarelli - dans Alice Guy Muet
8 janvier 2022 6 08 /01 /janvier /2022 10:18

1870: Un régiment de Prussiens approche d'une maison où sont cantonnés des soldats Français; ils tuent la sentinelle, puis la bataille, serrée, commence: elle sera courte et violente, puisque le film, en un seul plan, dure moins d'une minute...

Ce type de production patriotique (à la fin, on devine que les français vont mettre une pile sévère aux pauvres Prussiens, ce qui est une façon comme une autre de prendre sa revanche quand on s'est fait battre à plate couture) est un lot important des premières productions du cinéma balbutiant. Ce qui est intéressant, c'est bien sûr qu'en 1898, Alice Guy, ses acteurs et son caméraman ne pouvaient prendre en exemple que la guerre de 1870, dernière en date. Le conflit à venir, ne l'oublions pas, ne démarrera qu'en 1914. Et il sera hautement cinématographique, car ce que ce film prouve, en 52 secondes, c'est que la guerre, on la comprend très bien en un éclair.

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Published by François Massarelli - dans Alice Guy Muet
8 janvier 2022 6 08 /01 /janvier /2022 10:14

Tourné en un plan unique, nous voyons un épisode Parisien qui aura de la descendance: des cambrioleurs sont appréhendés sur les toits par la maréchaussée sous l'oeil des habitants...

C'est la découverte d'un terrain de jeux qui fascinera les cinéastes de chez Gaumont et Pathé, puis les Italiens et les Américains, dans d'innombrables comédies tournées à des cadences infernales: les toits des villes, et leurs improbables possibilités... 

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Published by François Massarelli - dans Alice Guy Muet Comédie
8 janvier 2022 6 08 /01 /janvier /2022 10:05

Plus "Mélièsienne" que jamais, Alice Guy montre sur une scène, un magicien qui escamote une dame, dans un petit théâtre décoré dans le meilleur goût 1898... Un autre évident "à la manière de"...

Ce qui me frappe quand même, dans ce film, c'est l'effort d'imitation, non seulement des trucs photographiques de Méliès, de son type d'intrigue ou d'argument, mais surtout du fait que le personnage principal fait tout pour  se comporter sur pellicule comme George Méliès! Seule manque la barbe, ce qui a au moins l'avantage de prouver que ce n'est pas lui!

La preuve, sans doute, d'une évidente supériorité du metteur en scène sur ses contemporains? En tout cas, si Alice Guy valait mieux que ces copies, elle faisait ses classes avec un certain goût.

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Published by François Massarelli - dans Alice Guy Muet
8 janvier 2022 6 08 /01 /janvier /2022 10:01

S'il fallait encore douter de l'influence de Méliès en ces années formatives du cinéma, voici un film qui pourrait prouver ce point: une scène à trucs, comme on disait alors, située dans un théâtre, où un magnétiseur (qui ressemble à, mais n'est pas, George Méliès), s'amuse à transformer physiquement les gens qu'il hypnotise. La technique utilisée est bien comprise, mais nécessite probablement des raffinements... Quoi qu'il en soit, même à la respectable maison Gaumont, on se tenait au courant de ce qui se faisait en manière de cinématographe...

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Published by François Massarelli - dans Alice Guy Muet
8 janvier 2022 6 08 /01 /janvier /2022 09:54

Un mendiant, faux aveugle trompe la vigilance d'un gardien de la paix en jouant un tour pendable à un bourgeois...

Ce petit film de 1898 réalisé chez Gaumont, donc par Alice Guy, représente une trace extrêmement ancienne de l'influence d'un cinéaste sur un autre... Bien sûr, on pourra objecter que c'est tellement ancien qu'on pourrait avancer que l'influence ici a pu s'exercer d'Alice Guy vers Méliès, mais au vu des premiers films de l'une comme de l'autre, on sent bien que ces scènes de comédie agressive et vite finie, située sur une fausse scène de théâtre (le plancher et les décors peints sont mis en évidence) est quand même une imitation consciente par Alice Guy du style de Méliès: trouver une métaphore visuelle d'un gag comique et la mettre en scène en évitant de dépasser la minute: le chaînon manquant véritable, en quelque sorte, entre L'arroseur arrosé, et Le voyage dans la lune...

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Published by François Massarelli - dans Alice Guy Muet Comédie
4 janvier 2022 2 04 /01 /janvier /2022 17:12

Mary Louise Fuller, dite Loie Fuller (sans tréma, contrairement à ce que tant d'historiens du cinéma d'origine française prétendront), est à l'origine d'une danse célèbre, la danse serpentine, dont le mouvement caractéristique (une danseuse esquisse quelques pas en agitant des voiles extravagants situés sur les côtés de son costume... 

Dès les débuts du cinéma, et de ses cousins, les protoréalisateurs ont été intéressés par cette danse pour tout un tas de raisons: d'une part, il y était question de mouvement. Ensuite, le jeu esthétique particulier des mouvements des voiles pouvait rehaussé de couleurs pour créer des effets enchanteurs... Et puis sous couvert de danse, on y voyait une jeune femme soulever ses jupes!

Ce dernier point permet sans doute plus que les autres, d'expliquer l'inexplicable succès de ces innombrables petits films.

Mais Loie Fuller s'obstina à refuser (du moins au début) les sollicitations, y compris celle des techniciens d'Edison. C'est donc à une imitatrice, Annabelle Whitford, que revient le mérite d'être la vedette de la première tentative, Annabelle Serpentine Dance en 1894 (soit avant que les frères Lumière ne présentent leur premier programme de films).

Ce film d'Alice Guy, tourné avec une autre imitatrice française, Baptistine Adrienne Dorothée Dupré dite Bob Walter, est donc la réplique de la jeune société de films Gaumont face à ce déferlement de frou-frous... 

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Published by François Massarelli - dans Alice Guy Muet