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  • : Allen John's attic
  • : Quelques articles et réflexions sur le cinéma, et sur d'autres choses lorsque le temps et l'envie le permettront...
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5 janvier 2019 6 05 /01 /janvier /2019 13:45

Un couple (Fraunie Fraunholtz et Marian Swayn) décident après un quiproquo (monsieur revient du travail avec un parfum inconnu, et madame a laissé une paire de gants traîner, qui n'appartient pas à monsieur!) de tenter une séparation sans déménagement: ils ne se parleront plus, mais continueront tant bien que mal à cohabiter...

C'est assez intéressant, d'autant que décidément, Alice Guy et la Solax tentaient avec ce genre de films, des comédies d'un genre nouveau, dont les situations trouveront écho jusque dans les screwball comédies des années 30. Ici, sinon, Fraunholtz joue toujours comme un cochon, Marian Swayn en revanche est formidable de naturel, et Alice Guy continue à utiliser comme révélateur d'un conflit domestique le phénomène du jeu: dans une scène où les mariés donnent une réception pour donner le change sur leur situation maritale, le mari organise une partie de poker en douce...

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Published by François Massarelli - dans Alice Guy Comédie Muet
5 janvier 2019 6 05 /01 /janvier /2019 10:58

Mrs Jellybone (Blanche Cornwall) tient son mari (Darwin Karr) complètement sous cloche: impossible pour lui de commettre le moindre écart. Impossible n'étant pas toujours Américain, il décide de se lancer dans un stratagème idiot mais efficace pour sortir et se livrer à son plaisir favori: le jeu! Il installe donc un pantin dans son lit, et dans un éclair de génie (dont j'aimerais qu'on m'explique longuement la finalité)le transforme en un cadavre sanguinolent, avant de partir rejoindre ses dangereux compagnons de débauche. Découvrant le corps, l'épouse appelle un détective, Burstup Homes (Fraunie Fraunholtz), et lui confie l'affaire. Sans beaucoup de surprise, il est nullissime...

Premièrement: c'était la deuxième fois que Fraunholtz interprétait le rôle de cette parodie de Sherlock Holmes, après un autre court métrage dont je ne sais s'il a été conservé, Burstup Homes. L'acteur, qui travaillait pour Alice Guy exclusivement, fait partie de ces nombreux histrions qui font mentir la réputation de la dame: elle qui avait dans son studio un grand panneau demandant aux acteurs d'être naturels, devait regarder ailleurs à chaque fois qu'il entrait sur les lieux, tellement il est mauvais... 

Deuxièmement, la parodie est tout sauf inventive, le film ne tient pas debout plus de dix secondes, mais il est intéressant de voir à quel point le danger qui menace les foyers chez Alice Guy est le plus souvent le jeu. Du vécu, à n'en point douter, quand on connait la réputation de M. Herbert Blaché...

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Published by François Massarelli - dans Alice Guy Comédie Muet
5 janvier 2019 6 05 /01 /janvier /2019 10:45

A mi-chemin entre la comédie familiale et le mélodrame classique, ce film d'Alice Guy nous permet de retrouver deux acteurs qui ont souvent interprété des rôles pour la réalisatrice, des rôles sérieusement stéréotypés; Lee Beggs, un monsieur d'âge mûr, était souvent le vieux bourgeois, souvent irascible, et généralement doté d'une fille avec laquelle il jouait l'éternel conflit des générations. Magda Foy était une toute jeune actrice, qui pour sa part était l'éternelle petite fille des films Solax...

Le mot Sunbeam avait déjà été utilisé par Griffith pour son film The sunbeam de 1912: une petite fille dont la mère mourait se choisissait une autre famille, en l'occurrence deux personnes âgées qui vivaient côte à côte en s'ignorant. Il reste  déterminer si le film de Griffith a été le déclencheur, ou si lui même était déjà l'exploitation d'une vogue débutée par un autre film, mais ce court métrage est une exploitation pure et simple de ce type d'histoire. Sauf que les aspects trop dramatiques ont été gommés.

Le père répudie donc sa fille, dont elle désapprouve les fréquentations. Quatre années plus tard, un panier devant sa porte lui amène sa petite fille, qu'il désire placer dans un orphelinat avant de se laisser séduire par la petite. Quand elle tombe malade, on appelle la mère à la rescousse pour une réconciliation express...

...ce qui fait immédiatement penser à une question: mais bon sang, où était-elle donc, et pourquoi avait-elle été fourrer sa fille sur le porche de son père? une vaste ligne de questionnement qu'il me paraît malaisé d'emprunter...

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Published by François Massarelli - dans Alice Guy Muet
4 janvier 2019 5 04 /01 /janvier /2019 15:57

Un ouvrier (Lee Beggs) passe en procès pour meurtre: c'est à lui de parler, il commence à raconter son histoire, celle d'un homme digne et aux principes très affirmés: c'est contre son avis que les ouvriers de l'usine, où il était un employé modèle, ont fait grève; mais c'est lui qui malgré tout acceptera par solidarité de devenir le porte-parole des mécontentements. Il a une famille, qui combat contre la misère, et il le dit clairement, il n'a rien à perdre. Il en vient à parler de sa raison d'être traduit en justice: il a en effet tué un homme, un supérieur de son usine, mais pense que c'est l'exaspération, la douleur de l'injustice et la misère qui ont porté les coups.

L'histoire ne se résout pas, du moins pas au sens traditionnel: le film s'arrête en laissant les spectateurs se faire une opinion sur la culpabilité ou non de l'homme qui a "parlé". Dans ce film, on est confronté à une situation assez peu exploitée au temps du cinéma muet, et encore moins de cette façon: d'une certaine manière, Alice Guy y retrouve un style de prise à parti du spectateur, qu'on attendrait plus d'un film Pathé de1910,que d'un film Américain! Et chez Griffith, le film se serait en effet conclu sur une fin, contrairement à ce choix de laisser toutes les possibilités ouvertes. Outre cette originalité peu banale, le film vaut essentiellement pour la batterie d'effets encore balbutiants, dont un flash-back, et un split-screen lors des scènes de l'incarcération, où le vieil homme visualise sa famille qui s'enfonce dans la misère. Bref: un film engagé...

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Published by François Massarelli - dans Alice Guy Muet
3 janvier 2019 4 03 /01 /janvier /2019 18:22

Ceci semble bien être le plus ancien film existant dont tous les acteurs, sans exception, sont noirs. On sait que plus tard, vers la fin des années 10, toute une économie du cinéma noir se fera notamment autour du réalisateur Afro-Américain Oscar Micheaux. mais ici, il semble bien que cette comédie soit destinée, comme les autres films de la Solax, à une distribution nationale, et non pour les cinémas réservés aux noirs...

Sam Jones est un peintre, que le père de sa fiancée envoie sur les roses, parce qu'il n'est pas assez bien pour elle. Il trouve un portefeuille bien garni, et saisit sa chance. Puisqu'il n'a pas le statut social, il va en avoir les atouts, et pour séduire la belle, il va dépenser...

C'est une comédie d'Alice Guy, avec ses qualités et ses défauts, le fait que les acteurs soient noirs serait PRESQUE accessoire. J'insiste sur le presque, car il faut quand même lire, derrière le personnage principal et sa tendance fatale à tout claquer, ou derrière le fait que la jeune femme qui est d'une classe sociale plus élevée, soit de peau plus claire, des conventions du mélodrame plutôt marquées. Mais on les retrouve aussi chez Micheaux, comme quoi...

En attendant, ce film retrouvé il y a quelques années, qui avait acquis un statut légendaire, reste un sacré morceau d'histoire...

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Published by François Massarelli - dans Muet Alice Guy Comédie
27 décembre 2018 4 27 /12 /décembre /2018 10:14

Le père est professeur de musique, la fille est amoureuse... mais le prétendant n'est pas musicien. Un point de départ parfait pour une de ces comédies d'Alice Guy, dans lesquelles il va falloir trouver un stratagème pour que le mariage ait quand même lieu...

Alison Mac-Mahan, historienne et spécialiste de la réalisatrice, voit en ce film une sorte de pont entre ses films Américains (dominés donc par la comédie matrimoniale et quotidienne) et ses films Français, souvent consacrés à des phonoscènes: des films de moins de cinq minutes dans lesquels tout reposait sur la synchronisation d'un disque et du film, et le plus fréquemment se contentant d'être l'illustration d'une chanson.

Cela étant, je ne sais pas dans quelle mesure ce film est supposé être une auto-parodie, mais je vous le fais en bref: Canned Harmony, ça veut dire "harmonie en boîte"... le prétendant (Billy Quirk) trouve la solution: il va conquérir son beau-père en jouant du violon, doublé par un phonographe... Et en plus, ça marche. Etonnant, non?

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Published by François Massarelli - dans Alice Guy Muet Comédie
27 décembre 2018 4 27 /12 /décembre /2018 10:03

Retrouvé en Grande-Bretagne, ce film de 1912, d'une durée d'une seule bobine, est en fait amputé de son début, et c'est dommage: nous sommes ici aux antipodes du style de comédie d'Alice Guy, généralement situées dans le cadre rassurant de la proche banlieue de New York, et concernant des querelles familiales autour d'un mariage. Two little rangers nous montre la vie d'une petite communauté de l'Ouest, alors que la population se ligue contre un bandit, et le travail principal est effectué par une jeune femme et une petite fille, qui font preuve d'un courage exceptionnel. Typiquement, le bandit aurait commencé, si on en croit les résumés publiés de la première partie, par battre son épouse, donc le film rejoint un courant proto-féministe, comme du reste beaucoup des films d'Alice Guy, même si c'est souvent un peu en contrebande... 

Un autre aspect notable de ce western des temps héroïques, c'est l'impressionnant choix des décors, qui permettent au film de profiter d'un suspense formidable. Et il est évident, même si on sait avec l'expérience des films d'Harold Lloyd que la hauteur d'un précipice ou d'un building est souvent exagérée voire simulée par le choix de placement de la caméra, que les cascades effectuées pour ce film étaient sans doute assez gonflées: voyez cette photo.

 

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Published by François Massarelli - dans Alice Guy Muet Western
22 décembre 2018 6 22 /12 /décembre /2018 13:47

Algie (Billy Quirk), un jeune homme de bonne famille un peu trop efféminé, doit prouver qu'il est un homme un vrai, s'il veut épouser sa fiancée: le père de celle-ci lui impose un ultimatum drastique: il va travailler dans une mine dans l'Ouest pendant un an, et reviendra pour se soumettre au test... Une fois arrivé, le pauvre Algie détonne. Mais le mineur Big Jim le prend sous son aile...

Bien sûr, ce film Solax, produit mais pas mis en scène par Alice Guy, est vaguement moralisateur, mais pas dans le sens qu'on attend: si ce pauvre Algie va finir par se départir de ses tendances efféminées (soulignées à l'extrême dans le film), il va surtout se faire accepter par les autres. Hélas, il va surtout être accepté pour sa capacité à se changer, plutôt que pour ce qu'il est; mais il est intéressant de voir de quelle manière ce cow-boy d'un autre genre est protégé par une grosse brute moustachue au coeur tendre.

Billy Quirk, un solide comédien, tient tout le film sur ses épaules, et fait preuve d'une grande présence, pas seulement dans les scènes excessives du début... Et sinon, on constate que dès les années 10, le western commence à s'insinuer un peu partout dans le cinéma Américain... Y compris quand comme celui-ci il est fait dans l'Est! Ici, le recours au western permet un jeu curieux sur les pistolets, qu'ils soient petits ou gros... Passons.

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Published by François Massarelli - dans Alice Guy Muet Comédie Western
22 décembre 2018 6 22 /12 /décembre /2018 13:39

Un nouveau contremaître arrive dans une exploitation minière de l'Ouest; tout de suite, une jeune femme, Florence, tombe amoureuse de lui, au détriment de Jake son ancien fiancé. Celui-ci souffre mais accepte de se sacrifier... Mais il entend un jour les mineurs qui se liguent contre son rival. Il décide d'avertir Florence et son nouveau fiancé, et garde l'argent contre les mutins en attendant les secours...

Cette histoire assez classique d'un sacrifice vaut pour son esthétique de "western contemporain", qui prouve que les films Solax faisaient feu de tout bois: contrairement à leur réputation on n'y tournait pas que des comédies. C'est un honnête film, mais il n'apporte pas grand chose si ce n'est une forme de réalisme qui anticipe un peu sur les productions de Thomas Ince: pas dans le jeu en revanche, on est en pleine théâtralité triomphale...

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Published by François Massarelli - dans Muet Western Alice Guy
22 décembre 2018 6 22 /12 /décembre /2018 13:25

Un couple d'amoureux aimerait bien changer l'avis du père de la demoiselle qui leur refuse le mariage. La jeune femme a une idée (vaguement saugrenue quand même): on va simuler une attaque de la maison par un vagabond, et devant la mise en danger de sa fille, le père est sûr de changer d'avis. C'est bien entendu le garçon qui jouerait le vagabond. Sauf que deux authentiques clochards ont tout entendu, et se disent que l'occasion est trop belle pour la laisser passer: ils enlèvent le jeune homme et l'un d'entre eux prend sa place et peut profiter des largesses de la maison...

Ce qui, vous en conviendrez, ne me semble pas plus sensé qu'à vous, mais ce n'est pas trop grave: ces premiers temps du cinéma regorgent d'histoires dans lesquelles les clochards, vagabonds et autres bohémiens sont les protagonistes de contes tous plus ou moins délirants, et Griffith, par exemple, n'était pas en reste (et ce dès The Adventures of Dollie en 1908). Ce qui motive ici Alice Guy est bien sûr la comédie bourgeoise et non le commentaire social! La comédie, justement, profite chez Alice Guy de deux petite révolutions: l'une est cette envie de tout situer dans les maisons des protagonistes, et de prendre parti de développer une situation au lieu de faire reposer ses effets comiques sur une poursuite ou une accumulation de grotesqueries diverses, et l'autre est bien sûr d'avoir rapproché la caméra. Nous sommes devant des comédies qui sont, de plus en plus, à visage humain...

Et si je n'ai pas la moindre idée de qui peut bien être cet acteur qui compose un vagabond haut en couleurs, je dois dire qu'il me fait beaucoup penser à un autre comédien, Britannique celui-là, qui n'était pas encore arrivé aux Etats-Unis: Sidney Chaplin, le frère de. Ils partagent le même goût pour les gestes apparemment anodins, destinés à rester dans les coulisses, profondément idiots, mais aussi très drôle. Charles en était avare, préférant subordonner ses gestes à son personnage, mais Sidney adorait ça..;

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Published by François Massarelli - dans Alice Guy Comédie Muet