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  • : Allen John's attic
  • : Quelques articles et réflexions sur le cinéma, et sur d'autres choses lorsque le temps et l'envie le permettront...
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22 mai 2022 7 22 /05 /mai /2022 17:05

Sur une mer agitée d'une lointaine planète, des marins humains doivent faire face à l'invasion d'un parasite très dangereux, le Thanapode: une sale bestiole quasi invincible, très intelligente, et dotée de pouvoirs qui lui permettent de communiquer avec l'humain. Quand elle arrive, et comme elle a faim, elle se sert dans l'équipage, donc les humains ne tardent pas avant de désolidariser les uns des autres... Quand l'un des leaders, Torrin, essaie de prendre la direction des opérations, les autres se liguent contre lui. Il n'a plus qu'une solution, celle de négocier avec le monstre, en échange, l'un après l'autre, des autres marins... Il fait donc un deal avec lui et lui promet de l'amener vers une île paradisiaque pour les Thanapodes: il y a de la viande partout, et la bête a un goût prononcé pour la chair humaine...

C'est dans le cadre de la série Love, death and robots, dominée par l'animation, que Fincher a mis ce court métrage de vingt minutes en chantier. C'était attendu puisque le réalisateur est l'un des producteurs de la série, inégale mais toujours au moins intéressante... C'est de l'animation 3D, poisseuse, cauchemardesque, et superbement mise en scène sur un suspense très concentré. Surtout, c'est une nouvelle virée de l'auteur dans le domaine de la compromission avec le Mal: qui, entre le monstre terrifiant et intelligent, et l'humain manipulateur qui sacrifie ses copains les uns à la suite des autres, est le plus monstrueux, et quel but poursuivent l'un et l'autre? Si c'est indéniablement un exercice à part dans son travail, il nous permet au moins d'avoir de quoi patienter avant la prochaine grande oeuvre...

 

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Published by François Massarelli - dans David Fincher Animation
14 mai 2022 6 14 /05 /mai /2022 10:44

Meilin "Mei-Mei" Lee est une jeune fille de Toronto, qui se définit comme à l'aube de sa vie d'adulte, car elle a... treize ans. Chinoise, élevée entre traditions et modernité, elle a beaucoup participé au culte des ancêtres dans sa famille, dont les parents gèrent un petit temple à la gloire de la famille Lee et de sa filiation par des contes et légendes au dieu Panda roux... Mais c'est aussi une adolescente de 2002, très intégrée dans une bande de copines très soudées, toutes fans d'un boys band dont on annonce qu'il pourrait bien, un jour, venir jouer à Toronto.

Mei-Mei a du mal à assumer son indépendance face à une mère envahissante, et ses copines sont inquiètes pour elles... D'autant qu'un jour le malheur arrive: non pas le souci qui arrive à bien des futures femmes aux alentours de cette aube d'adolescence, mais bien pire: Mei-Mei est affligée d'une malédiction familiale, qui a donné à tous les membres féminins de sa famille un don de métamorphose en grand panda roux... Ce qui va poser problème puisqu'en attendant qu'elle puisse "contrôler son Panda", le jeune fille doit subir des transformations à chaque émotion forte, c'est à dire toujours...

C'est le premier long métrage de Domee Shi, qui a mis énormément d'elle-même dans ce film, situé dans sa communauté et dans sa ville d'adoption. De là à parier qu'elle ait eu un problème avec sa mère durant l'adolescence, il n'y a qu'un pas que le film nous engage allègrement à franchir! Car très vite on verra dans le film que la vraie malédiction, pour Mei-Mei, au delà de la métaphore menstruelle qui prouve que, décidément, les films distribués par Disney évoluent considérablement, est sa filiation, et la présence immense, incontournable et envahissante de sa maman, et l'incapacité de la jeune fille à assumer son envie de s'écarter du giron familial...

Le fait de passer par une représentation du "monstre" intérieur de n'importe quelle adolescente à travers un animal plus ou moins lié à la culture et la mythologie d'une communauté spécifique est assez typique de Pixar, bien sûr, et avec un gros panda roux, on coche en prime les nombreuses cases d'acceptabilité pour Disney! Mais le film est bluffant pour son invention, et le décalage entre la représentation de 2002 à travers les yeux et la dynamique (excès probable de sucre, ici) d'un jeune fille de treize ans, et le monde intérieur de ces femmes chinoises qui doivent affronter leur panda privatif est une source constante d'émerveillement. Finalement, si ce n'était pour la sous-musique envahissante d'un boys band qui prend un peu toute la place et qui est loin, très loin, de montrer la moindre preuve d'originalité et de talent, et pour la manie agaçante des dessins animés de se terminer sur une tentation étouffante du gigantesque (toujours impeccablement réalisé), le film est un vent de fraîcheur dans un studio connu pour son étonnante capacité de renouveau: chapeau.

...Et en plus, c'est toujours drôle.

 

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Published by François Massarelli - dans Pixar Animation Comédie
8 mai 2022 7 08 /05 /mai /2022 07:15

Dans un monde parallèle qui a longtemps été dirigé par des forces magiques, vivent désormais des elfes, centaures, trolls, fées et autres sirènes... mais ce petit monde a oublié la science de la magie, et à l'exception de quelques personnages un peu fantasques, se replie sur sa normalité. Nous faisons la connaissance d'une famille Elfe: Laurel, la mère, élève désormais seule ses deux garçons Barley et Ian, car leur père est décédé durant sa deuxième grossesse. Barley a bien quelques souvenirs de lui, mais bien sûr Ian vit dans l'immense frustration de ne jamais l'avoir connu. La frustration, mais aussi une intense timidité, voire une gêne phénoménale: Ian n'a pas confiance en lui, et son frère l'embarrasse plus qu'autre chose, car Barley est obsédé par l'histoire, le passé, donc la magie. Il considère que les gens devraient reprendre le contact avec ce qu'ils sont vraiment.

A la faveur du 16e anniversaire de Ian, les deux garçons vont en avoir l'occasion: leur père, qui était lui aussi fasciné par l'histoire de la magie et la science disparue des sorts et des objets magiques, leur a laissé un héritage, à ne leur donner qu'une fois cet âge atteint. Un sort, et les objets pour le réaliser, qui leur permettra de passer une journée avec leur père: pour Barley, l'occasion, enfin, de lui dire au revoir, et pour Ian la possibilité de faire sa connaissance...

Tout n'ira pas comme prévu, évidemment. C'est un film Pixar qui obéit aux lois qui régissent le plus souvent les films du studio: deux personnages qui sont opposés par les faits et qui sont amenés à cohabiter, se révéler et découvrir qui ils sont vraiment, et changer le monde par cette occasion. On coche un peu toutes les cases, y compris celle de l'humour.

On peut être agacé par cette incapacité qu'ont ces films à compléter leur originalité esthétique par une gamme de possibilités scénaristiques qui n'aient pas l'air d'être tirées du manuel, mais on a au moins l'avantage d'être face à une merveille de design. La texture de ce monde en particulier, mélange permanent entre l'Amérique profonde et un univers magique qui ne demande finalement qu'à être révélé à ses habitants, est fabuleuse. Les personnages, eux, cochent toutes les cases réglementaires...

Et il y a quand même une série de gags gonflés, sur la brèche, avec ce que je ne vois pas comment appeler autrement que le demi-père des deux jeunes elfes... Un non-personnage, entité incomplète, dont la possibilité de le rendre complet devient très vite l'enjeu du film. Avec des chaussettes violettes.

 

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Published by François Massarelli - dans Animation Disney Pixar
12 avril 2022 2 12 /04 /avril /2022 16:58

Une poule qui tient une station service reçoit la visite d'un coq qui n'est autre que Megga Phone, le célèbre producteur; il lui laisse une carte, l'invitant à venir le contacter si elle veut devenir actrice: ça tombe bien, elle en rêve... Elle se met donc en route pour Hollywood...

On dit souvent que Freleng représente volontiers la part la plus mièvre des productions de Leon Schlesinger, je n'y crois pas une seconde. Non, je pense même que c'est Chuck Jones, parmi les réalisateurs de l'âge d'or, qui tient le pompon à ce niveau... Freleng, lui, est un animateur de la colère, de la rancoeur, souvent face à la bêtise ou à la frustration... Quatre choses, à mon avis, peuvent aisément l'illustrer: Yosemite Sam, pour l'ensemble de son oeuvre, est une machine à perdre son sang froid devant Bugs Bunny; Sylvester, anti-héros et victime des agissements de plusieurs terroristes dont une souris diabolique et un canari ignoble; enfin, deux films, le superbe Back Alley Oproar et ce film précisément, complètent le tableau...

Place donc au lamentable périple Hollywoodien d'une apprentie actrice (qui, fidèle aux gags établis par Tex Avery, imite tour à tour Hepburn et Garbo), qui est issue d'un milieu tellement minable qu'elle rêve d'en sortir, et dont la carrière n'existera tout bonnement pas. Mais la visite d'Hollywood nous permettra de nous délecter de quelques caricatures, et le final en forme de retour à la réalité recèlera un gag d'une extrême violence, injuste, inattendu... et assez rigolo.

 

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Published by François Massarelli - dans Friz Freleng Animation Looney Tunes
3 avril 2022 7 03 /04 /avril /2022 17:07

Il y a le feu dans une maison, la brigade locale intervient: Mickey en capitaine et ses subordonnés Goofy et Donald... La lutte contre le feu est rude, mais il sera encore plus difficile de faire comprendre à la charmante bovidée qui prend un bain à l'étage, qui se croit la victime de trois pervers, qu'il en va de sa vie!

La formule consacrée pour les premiers Mickey, qui met aux prises les trois amis dans des parties différentes de l'intrigue, est largement utilisée pour la première partie, mais c'est unis comme un seul homme que les trois vont se lancer à l'assaut de la salle de bain, et de l'infortunée Clarabelle: quelques constats s'imposent... d'une part, le cinéma est entré dans la grade frilosité de l'après-code, mais cela ne semble pas gêner l'équipe de Sharpsteen, qui base une grande partie de son court métrage sur la nudité (certes non anatomiquement correcte, mais bon) d'un personnage, et de la supposée concupiscence des trois autres: ce n'est pas banal. Ensuite, la brigade devant faire face à un feu, il n'y a pas une minute à perdre, et le rythme est donc survitaminé. Tant mieux! Enfin, le style Disney insiste ici: comme dans les Silly symphonies, chez Mickey, tout ennemi, qu'il soit humain, animal, animé ou inanimé, est doté de volonté: ici, le feu. Et c'est un sacré ennemi!

 

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Published by François Massarelli - dans Disney Animation
3 avril 2022 7 03 /04 /avril /2022 16:59

Les trois amis Mickey, Donald et Goofy ont acheté un bateau en kit: ils commentent les instructions: c'est facile, un enfant pourrait le faire... et se lancent. On suit les péripéties des uns et des autres, et le lancement du Queen Minnie promet d'être spectaculaire...

Nous sommes ici en plein classicisme absolu, d'une époque durant laquelle les ateliers Disney s'étaient lancés dans la production de longs métrages, mais un seul était sorti, et du coup certains des courts métrages qui sortaient retenaient cette attention toute particulière qui avait déjà accompli des chefs d'oeuvre: 10 ans plus tard, ce ne serait plus vraiment le cas. 

C'est Mickey d'avant la dernière mutation de son design, quand les yeux réduits à un trait vertical se sont précisés en e vulgaires yeux de bande dessinée, affadissant paradoxalement le personnage. Et comme dans tous les grands courts métrages de la série, Ben Sharpsteen ne nous présente le trio que pour mieux l'éclater en trois, donnant à chaque protagoniste du fil à retordre... 

 

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Published by François Massarelli - dans Disney Animation
2 avril 2022 6 02 /04 /avril /2022 18:42

Ce film assez étrange, dont l'introduction laisse penser qu'il va s'agir d'un reportage consacré aux Oscars avant de bifurquer vers l'animation, est une pause: un dessin animé de recyclage concocté vite fait par l'équipe de Bob Clampett pour boucher un trou, et c'est quasiment un solo. 

Sauf que 2 minutes de Hiawatha's rabbit hunt, réalisé en 1941 par Friz Freleng, y sont recyclées! C'est que le thème est donc la cérémonie des Oscars, et Bugs, sûr de triompher de son rival James Cagney, y montre un extrait de son oeuvre afin d'influencer le public et le jury...

Rod Scribner gagne pour sa part l'oscar de l'animation-réaction la plus ahurissante avec une réaction de Bugs Bunny à l'annonce des résultats... Voir photo.

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Published by François Massarelli - dans Bugs Bunny Animation Looney Tunes Bob Clampett
2 avril 2022 6 02 /04 /avril /2022 18:36

Un lion, roi de la savane lessivé et vieilli, moqué par tous ses sujets, part avec la ferme intention de s'attaquer à une créature à sa mesure, et se décide à trouver... un lapin.

C'était une mauvaise idée: le pauvre...

Chuck Jones expérimente ici, comme souvent, avec les codes de l'animation, et utilise des cadrages étonnants, souvent au plus près des protagonistes: c'est parfois étrange, et parfois séduisant, avec des compositions à la Orson Welles! Mais ça reste quand même un film mineur dans lequel Bugs Bunny aussi bien que son réalisateur font leurs gammes.

A noter une très rare fausse bonne idée: Madame Bugs Bunny...

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Published by François Massarelli - dans Chuck Jones Animation Looney Tunes Bugs Bunny
26 février 2022 6 26 /02 /février /2022 19:09

Lorsque la nuit vient et le gardien a le dos tourné, les jouets d'un grand magasin s'animent et font la fête au son de la chanson qui ouvre le film Gold diggers of 1933 de Mervyn Le Roy. C'est charmant, mignon tout plein, et assez proche de Disney, comme toujours avec ce duo fort raisonnable de réalisateurs de dessin animé à la longue carrière jalonnée de films souvent assez pâles quand on les compare à la folie furieuse de certains animateurs que nous n'avons pas besoin de nommer...

Mais ici, ce court métrage totalement musical est l'une des premières contributions, à la Warner, du futur réalisateur Isadore "Friz" Freleng, qui commence ici un flirt de plusieurs décennies avec l'illustration musicale, un exercice pas facile auquel il allait vite exceller...

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Published by François Massarelli - dans Pre-code Animation Looney Tunes Friz Freleng
26 février 2022 6 26 /02 /février /2022 19:02

A vrai dire, je ne sais pas trop qui est Bernard Brown, obscur contributeur au cinéma des années glorieuses, et dont aucune filmographie ne mentionne sa "supervision" de ce film, comme on disait alors. Il est certainement plus sage de le créditer aux animateurs Jack King et Bob Clampett. Le deuxième était tout jeunot à cette époque, mais on retrouve son absence totale d'inhibition et sa tendance au grand n'importe quoi sans limite. Le premier était déjà un vétéran de l'animation qui avait travaillé avec Ub Iwerks chez Disney... 

Quant à la chanson, elle est le prétexte: les Merrie Melodies reprenaient toujours des chansons des films WB, cette fois c'est un classique tiré de Gold Diggers of 1933 (La chanson des ombres chinoises, si vous connaissez le film vous saurez de quoi je parle...) qui sert de base. Le cartoon fait quelques efforts pour faire allusion au film avant que le grand n'importe quoi ne s'installe...

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Published by François Massarelli - dans Bob Clampett Animation Looney Tunes Pre-code