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  • : Allen John's attic
  • : Quelques articles et réflexions sur le cinéma, et sur d'autres choses lorsque le temps et l'envie le permettront...
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5 janvier 2023 4 05 /01 /janvier /2023 17:16

Yolande, une jeune fille fantasque, est en admiration devant l'horloge que son grand-père vient de finir. Il la prétend magique, et lui dit que les automates qui la peuplent racontent une histoire, celle d'un royaume dans lequel la princesse volage hésite constamment entre le preux chevalier Bertrand, voué à un destin tragique, et un ménestrel... Prise dans l'intrigue, et amoureuse de Bertrand, Yolande casse la pendule... Mais en rêve, elle reprend le fil de l'intrigue, en s'introduisant dans le royaume de l'horloge, pour y sauver Bertrand.

C'est un conte original, imaginé par les Starewitch, Ladislas, sa fille Irène mais aussi son autre fille Jeanne, celle qui joue Yolande sous le pseudonyme de Nina Star; tout le monde a mis la main à la pâte et une fois de plus Starewitch a mélangé adroitement, en multipliant les idées techniques, prises de vues réelles et animation de marionnettes. Il y recycle tout son univers, et on sent que la famille y a passé du temps... Non seulement le montage est aussi soigné et dynamique qu'il était dans La reine de papillons et La petite parade, mais en plus le metteur en scène a une nouvelle fois innové en intégrant dans son animation des photos tirées de films de sa fille Jeanne: ainsi, il a aussi pu animer une figure de l'actrice tout en ayant des attitudes réalistes, qui ne tranchent pas avec l'animation. 

Celle-ci est d'une précision et d'une vie incroyable, seul Willis O'Brien pouvait rivaliser avec Starewitch. Mais l'animation des dinosaures de l'Américain n'arrivait pas à la cheville de ce que fait le Polonais: pas avant 1933 en tout cas. Il est facile et agréable de se laisser emporter dans ce royaume cinématographique, onirique, baroque, et souvent pince-sans rire, pour 35 minutes de dépaysement...

 

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Published by François Massarelli - dans Ladislas Starewitch Muet Animation 1928
4 janvier 2023 3 04 /01 /janvier /2023 17:48

Sur bien des points, ce film extrêmement inventif et soigné tranche sur la production de son auteur lui-même, qui aimait à se lancer dans l'image sur des digressions plus que variées, entraînant parfois pour le spectateur, petit ou grand, un souci de lisibilité. Pas ici: Starewitch s'en tient à son argument initial et raconte... un conte de fées, tout simplement...

Une petite fille joue dans les fêtes foraines de la clarinette, et s'émeut d'entendre un virtuose. Celui-ci lui propose d'apprendre le violon. Elle trouve une chenille et lui sauve la vie... En rêve, les insectes, en rétribution, la nomment reine des papillons au pays de la musique. Mais la guerre avec les arachnides menace...

Ce qui frappe, c'est bien sûr la qualité de l'animation, et une fois de plus la fluidité des transitions avec le monde réel et les humains (dont Nina Star dans le rôle de la petite fille) et celui des insectes: dans le prologue, seule la chenille est animée, mais c'est d'une grande subtilité. Une fois Nina au pays de la musique, devenue reine des papillons, l'animation prend évidemment le dessus, et on notera l'effort inouï pour intégrer la petite fille, dont des photos ont été utilisées pour doter sa marionnette d'expressions authentiques! La montage est serré, et plutôt rapide, donnant même lieu à des mouvements fulgurants des insectes, en particulier dans les scènes de bataille (et il y en a!!). On va donc poser la question, inévitable:

...Mais comment Starewitch et sa fille Irène (son assistante) ont-ils fait?

 

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Published by François Massarelli - dans Ladislas Starewitch Muet Animation
2 janvier 2023 1 02 /01 /janvier /2023 14:34

La deuxième version de ce conte, tel que La Fontaine l'avait conçu mais revu, corrigé et complété par Starewitch, écrase la première (de 1912) de sa supériorité évidente: dans un premier temps, les intertitres font passer toute la fable, avant de laisser les images parler d'elles-mêmes... 

Starewitch invente donc un contexte propre au film, et nous donne à voir le contraste entre l'insouciance (propre au "jazz age") de la cigale et des autres insectes qui passent leur temps à danser, pendant que la fourmi trime, économise, range, souffre. UN conte cruel, dans lequel le destin, de toute façon, est inéluctable: décidé par le sort, la nature, les auteurs...

C'est une oeuvre qui tranche sur les autres courts adaptés de La Fontaine, généralement assez rapidement finis. Ici, le film dure 16 minutes, et Starewitch a multiplié les décors et les personnages...

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Published by François Massarelli - dans Ladislas Starewitch Muet Animation
2 janvier 2023 1 02 /01 /janvier /2023 14:29

La fable de La Fontaine, extrapolée dans les années 20 par Starewitch: dans son film, la rencontre entre les deux rats se fait parce que le citadin a eu un accident de voiture et il sera ramené par le rat des champs. La fiesta improvisée sera largement tributaire de l'image de la bonne société, toujours en fête, telle que le cinéma la propageait à l'époque...

De fait, et grâce à cette personnalisation du film, c'est éblouissant; le talent de Starewitch n'est pas tant dans l'illustration que dans ses extrapolations, et par l'image il donne à voir sa version des faits. Il devait être fier de ce film, qu'il a pu ressortir dans les années 30 dans une version sonorisée.

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Published by François Massarelli - dans Ladislas Starewitch Animation Muet
2 janvier 2023 1 02 /01 /janvier /2023 14:18

Nina Star joue dans le jardin, et elle est perturbée par l'apparition d'un rossignol, qui chante superbement, mais semble aussi doté de pouvoirs étranges... Elle le met en cage plus ou moins malgré elle, et va recevoir en rêve une explication étonnante du comportement de la bête...

Starewitch semblait utiliser des acteurs dans ses films de court métrage, en France, pour deux raisons: l'efficacité, et le fait de pouvoir aller plus vite, d'une part, les prises de vue réelles étant quand mêmes bien plus rapides à tourner; d'autre part, je l'ai déjà dit, l'amour paternel pour sa fille Jeanne qui tournait ainsi en tant que "star" sous le pseudonyme approprié de Nina Star...

Mais dans ce film (colorié au pochoir, mais seulement certaines portions de la copies le sont encore), il apparaît aussi que le recours aux deux techniques permet grâce au montage d'unifier le film, et de donner de la véracité aux parties animées, qui sinon manqueraient de crédibilité. 

Pour le reste, c'est l'univers de Starewitch, fait d'une foule de choses qui se passent sous nos yeux, si on les capte... Un univers de l'infiniment petit, fait avec soin dans un modeste atelier, qui n'en finit pas de surprendre un siècle plus tard.

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Published by François Massarelli - dans Ladislas Starewitch Muet Animation
1 janvier 2023 7 01 /01 /janvier /2023 09:17

Starewitch a souvent eu recours à La Fontaine, ce qui était tout à fait approprié: les deux partageaient l'envie d'illustrer de petits travers et gros tracas humains à travers l'exemple d'animaux... Et comme Starewitch avait accumulé depuis 1910 des marionnettes réutilisables, il disposait des "acteurs" et du savoir-faire pour en ajouter! Enfin les fables se prêtaient à la fois à l'illustration, au format cours et à l'extrapolation... 

Ici, il illustre une fable qui pourrait aisément être appliquée à nos sociétés tourmentées: lassées de leur gouvernement (démocratique, nous dit La Fontaine), les grenouilles demandent à Jupiter, comme l'indique le titre, un roi. Il leur assigne un souverain, mais elles le trouvent trop mou, trop débonnaire, et demandent un remplaçant... Le nouveau modèle, un héron grenouillivore, leur fera prendre conscience de leur erreur...

Starewitch est parfaitement à l'aise avec son illustration et d'une part il multiplie les grenouilles, d'une façon impressionnantes, et dans des contextes très variés; ensuite, il anime un héron, ce qui est une autre paire de manches. Comme d'habitude, l'animation est impeccable, et les digressions parfaitement intégrées...

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Published by François Massarelli - dans Ladislas Starewitch Animation Muet
31 décembre 2022 6 31 /12 /décembre /2022 08:45

Un mariage chez les jouets, alors que l'enfant (Nina Star) dort, tourne mal: le singe Babylas ne veut finalement plus de sa fiancée et lui préfère une dame de la noblesse... Le remue-ménage qui s'ensuit est particulièrement mouvementé...

Deux télescopages dans ce film qui utilise de façon majoritaire l'animation (80% selon Starewitch lui-même, dans ses notes): d'une part, l'animation et la prise de vues réelles, d'autre part le monde des jouets est un télescopage permanent comme peut l'être le côté bricolo d'un enfant qui joue et qui associera de façon improvisée tous ses jouets sans chercher à les harmoniser en taille, en catégorie, etc... On imagine que l'observation de sa fille Jeanne (Nina de son nom de scène) a beaucoup joué ici, comme certainement dans La petite parade qui extrapole de cet univers peuplé de myriades de jouets...

On trouve ici tout ce qui fait le charme, la spécificité de l'univers de Starewitch, y compris un humour ethnique bien balourd, mais surtout un besoin anarchique d'aller là où on ne l'attend pas. C'est une réussite indéniable...

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Published by François Massarelli - dans Ladislas Starewitch Animation Muet
30 décembre 2022 5 30 /12 /décembre /2022 17:13

Dans le jardin d'une maison, des enfants font les quatre cent coups, aux dépens d'un jardinier alcoolique... Celui-ci s'endort épuisé et rêve d'une partie de cartes avec un démon...

On pourrait certainement argumenter du fait que ce petit film est une référence appuyée, consciente, aux Lumière et à L'arroseur arrosé... Partir dans une direction qui ferait de cette pochade bien plus qu'elle n'est, c'est à dire un film de court métrage vite fait dans lequel l'action des acteurs est complétée par l'animation à moins que ce ne soit le contraire!

Mais je pense surtout que Starewitch, qui interprète le jardinier, voulait faire un film de famille (l'un des sales gosses est sa fille, Nina Star), et que devant la pauvreté du résultat il n'a pas résisté à une séquence d'animation, avec le diablotin, qui a du quand même lui demander du travail. Sinon, l'épisode de l'épouvantail, qui donne son titre au film, est vite expédié...

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Published by François Massarelli - dans Ladislas Starewitch Muet Animation
30 décembre 2022 5 30 /12 /décembre /2022 09:25

Quand le chat n'est pas là, les souris dansent... Et quand les enfants ont le dos tourné, les jouets s'animent. Dans une chambre qui est un vrai capharnaüm de jouets, objets, figurines et marionnettes, nous assistons à un ballet délirant autour d'une ballerine (parfois incarnée par Jeanne Starewitch alias Nina Star) convoitée aussi bien par M.Casse-Noisette que par un soldat... Satan mène la danse!

Le film est hallucinant: en 20 minutes, on multiplie les personnages et les situations, et Starewitch en profite pour entremêler animation et prise de vues réelle (même si ce dernier aspect est à la portion congrue, et répondait plus à un besoin d'amour paternel!), mais aussi pour ressortir ses marionnettes; il était déjà arrivé en France avec certains des protagonistes inanimés de ses films Russes, il continue ici à recycler, de façon assez étourdissante.

Et comme toujours, le film joue sur plusieurs tableaux, en étant une féérie à destination des enfants, mais dont la lecture peut être plus adulte, avec son Satan tentateur, et ses sirènes aguicheuses (et "topless" comme il se doit!)... Les petits soldats de bois sont un rappel d'un temps pas si lointain, le héros ayant précisément perdu une jambe. Enfin, il y a ici un jeu autour des formes cinématographiques, toutes plus ou moins représentées comme dans Amour blanc et amour noir...

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Published by François Massarelli - dans Muet Ladislas Starewitch Animation
30 décembre 2022 5 30 /12 /décembre /2022 09:15

Un conte Chinois narré par des marionnettes... Starewitch joue ici énormément sur la forme, et sur la structure de son film, en en faisant une légende contée au coeur d'une légende. De la poudre aux yeux, bien sûr, mais il a tout compris, c'est le même type de stratagème pour enfumer qui a toujours été utilisé pour mystifier le spectateur (en allant jusqu'à effectuer des citations apocryphes de textes supposés fondateurs, au passage).

Donc son conte Chinois est esthétiquement entièrement inspiré d'une vague de films Américains qui eux-mêmes s'inspiraient du folklore d'extrême orient, et souvent l'interprète principal en était le Japonais Sessue Hayakawa. Certes, le Japon n'est pas la Chine, mais après tout celui-ci a aussi été amené à interpréter un Amérindien dans quelques westerns. Ce film parfois embrouillé, impeccablement animé, est typique de la production de Starewitch, avec un effort de cadre particulièrement notable... qui fait "oriental", comme on dit!

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Published by François Massarelli - dans Muet Ladislas Starewitch Animation