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  • : Allen John's attic
  • : Quelques articles et réflexions sur le cinéma, et sur d'autres choses lorsque le temps et l'envie le permettront...
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10 avril 2022 7 10 /04 /avril /2022 09:48

Deux hommes aiment une femme (Louise Lara)... L'un d'entre eux (Antonin Artaud), pourtant, a les faveurs de la belle, pas l'autre (Roland Barthet). Celui-ci devient jaloux, commence à manifester une forte envie de meurtre... Va-t-il passer à l'acte?

Vous avez la réponse, puisqu'elle est contenue dans le titre! Ce film de court métrage effectué en 1923 dans l'ombre de Marcel L'Herbier, figure tutélaire d'une avant-garde encore bien bourgeoise (le rouleau compresseur du film surréaliste n'est pas encore passé), est le premier d'un apprenti cinéaste qui était encore décorateur, pour L'Herbier, mais aussi pour d'autres: on se souvient de sa participation double (décors et interprétation d'un rôle) à Nana de Renoir. Ici il dirige sa mère, la grande actrice Louise Lara, qui a un rôle assez mineur paradoxalement!

On ne parlera pas de tempête ici... C'est un petit remous dans un verre d'eau qui n'est plus tout à fait gazeuse, et si le metteur en scène soigne sa partition en cochant toutes les cases de l'avant-gardisme, on s'ennuie ferme devant ce spectacle convenu, et des séquences durant lesquelles on verra Antonin Artaud marcher vers une porte, quatorze fois de suite... Le film ne portera pas chance à Autant-Lara qui devra attendre la fin de la décennie pour tourner un autre film, Construire un feu (qui est perdu!).

 

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Published by François Massarelli - dans Muet Avant-Garde
28 novembre 2021 7 28 /11 /novembre /2021 11:28

A l'origine, c'est un collectif d'artistes amateurs et aspirants cinéastes qui se sont rendus responsables de cette étrange production, perdue pendant 45 ans et retrouvée par Kinugasa dans une cabane de jardin en 1970! Le film est privé d'intertitres, autant par défi avant-gardiste (voir à ce sujet le Ménilmontant de Kirsanoff, sorti la même année) que parce qu'au Japon la norme était pour les films muets d'être projetés en compagnie d'un narrateur, le benshi. La version actuellement disponible, amputée d'une partie de son contenu, est assez difficile à suivre, d'autant qu'il s'agit moins d'un film narratif que d'un film à sensations...

Dans un asile, un vieux concierge, qui s'est porté volontaire pour le poste suite à l'internement de son épouse, observe avec anxiété cette dernière sombrer de plus en plus dans la folie, sous l'oeil inquiet de leur fille, et pendant qu'au coeur de l'institution, une femme danse comme elle respire, croyant revivre sa carrière de ballerine d'avant l'internement...

Apparemment, l'influence la plus marquée sur ce film est celle du cinéma Allemand post-Caligarien, mais on peut sans trop de problème effectuer un parallèle avec les films Soviétiques contemporains: Kinugasa utilise à merveille le montage pour créer un maelstrom de points de vues: les deux qui dominent sont celui du vieux mari, qui observe dans la tourmente l'évolution de son épouse, et le point de vue de cette dernière obtenu au moyen d'objectifs déformants et de démultiplications de l'image. L'essentiel du film se situe entre des flash-backs, narrativement plus sensés, et des scènes nocturnes, avec une utilisation enthousiasmante des ombres.

Il va de soi que pour un pays qui peu de temps auparavant hésitait à confier à des femmes des rôles à l'écran, ce film est d'une modernité hallucinante, et près d'un siècle plus tard, le malaise qu'il distille avec cette histoire qui finit épouvantablement mal, est toujours palpable... Quant à Kinugasa, il est devenu un classique parmi les classiques du cinéma Japonais! Pas ce film, pourtant, qui reste définitivement dans une catégorie à part...

 

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Published by François Massarelli - dans 1926 Muet Teinosuke Kinugasa Avant-garde
16 septembre 2018 7 16 /09 /septembre /2018 14:55

Un meurtre particulièrement sanglant sert de prologue au film, montré à travers un montage ultra-rapide de plans violents, avec des gros plans très brutaux: un couple est tué, chez eux, par un fou homicide. Pendant ce temps, les deux filles du couple jouent. Quand elles reviennent à la maison, elles ont le choc de découvrir leurs parents morts, dans une mare de sang...

Après les funérailles, les deux jeunes filles quittent la campagne et vont toutes les deux s'installer à Ménilmontant, se soutenant l'une l'autre. Mais l'une d'entre elle (Nadia Sibirskaïa) rencontre un homme (Guy Belmont) qui sait se montrer très persuasif, et pendant que sa soeur (Yolande Beaulieu) l'attend, elle couche avec lui...

Puis l'inévitable arrive: elle est enceinte, à la rue, et elle a l"horreur de découvrir que son amant a mis sa soeur sur le pavé. Dans un nouveau déchaînement de violence, plusieurs femme s'allient pour tuer l'homme...

Kirsanoff, né en Russie mais qui a décidé de s'installer en France, fait partie de ces intellectuels qui sont destinés à créer, en quelque média que ce soit: il écrit plusieurs récits, et est décidé à s'attaquer au cinéma aussi, mais strictement selon ses propres termes. Clairement, il a trouvé dans l'atmosphère Française des années 20, propices à l'avant-garde sous toutes ses formes, un terrain de jeux tout à fait adéquat. 

Le film est célèbre pour un certain nombre de choses, notamment son absence totale d'intertitres, et son intrigue qui joue finalement plus sur la sensation que sur l'installation d'un flot narratif. Et Kirsanoff semble faire la synthèse entre tous les courants du cinéma de l'époque, du montage à la Russe, à l'impressionnisme de Louis Delluc, et le mélodrame bourgeois. Le film est violent et cru, mais aussi servi par des acteurs qui sont d'autant plus impressionnants qu'ils sont très souvent captés en gros plans. Nadia Sibirskaïa, visage étonnant, est sublime, tant par sa beauté que par son jeu, et Kirsanoff nous laisse la suivre dans une méditation poétique cruelle qui prend beaucoup aux codes en vigueur, tout en apportant infiniment plus au cinéma Français de cette époque pourtant héroïque. Bref, c'est un classique indispensable.

 

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Published by François Massarelli - dans Muet 1926 Avant-Garde