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  • : Allen John's attic
  • : Quelques articles et réflexions sur le cinéma, et sur d'autres choses lorsque le temps et l'envie le permettront...
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14 mai 2021 5 14 /05 /mai /2021 11:08

Un jeune buzzard particulièrement crétin (sa mère l'appelle pourtant "Killer"! incidemment son nom au studio sera "Beaky") reçoit de sa maman la mission de ramener de la viande fraîche. Dommage pour lui: il a décidé de ramener un lapin!! 

C'est la première contribution majeure de Clampett à l'univers de Bugs Bunny, et le personnage qu'il y crée reviendra par la suite sous la responsabilité de Freleng ou Avery. C'est un excellent film, où la galerie d'expressions toujours plus folles des films de Clampett s'enrichit des contributions d'un génie, l'animateur Rod Scribner, qui se surpasse ici. Sachant que le reste de l'animation est confiée au sage Bob McKimson, ça donne une impression de passer par des montagnes russes... Et à un moment, cet éternel cabotin qu'est Bugs Bunny passe par les affres de l'angoisse: Clampett était quasiment le seul à le mettre vraiment en mauvaise posture.

 

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Published by François Massarelli - dans Animation Bob Clampett Bugs Bunny Looney Tunes
1 juin 2020 1 01 /06 /juin /2020 18:34

Le parcours largement teinté de rose d'une jeune chanteuse (Doris Day), veuve de guerre, flanquée de son fils et d'un agent (Jack Carson)prêt à tout pour placer sa protégée, mais qui joue de malchance: le grand manitou des programmes radiophoniques qui fait la pluie et le beau temps dans le domaine de la chanson légère est complètement aveuglé par l'admiration que sa femme porte pour le chanteur Gary Mitchell... 

Les efforts portés à l'écran font l'essentiel d'une intrigue ô combien légère, mais le film est rythmé sans un seul temps mort, les personnages sont hautement sympathiques (sauf un) et comme on est à la Warner, on a demandé à Friz Freleng de participer à la fête et de laisser Bugs Bunny donner la réplique à Doris Day, sans doute en réponse à la fameuse rencontre entre Gene Kelly et la souris Jerry à la MGM! Michael Curtiz, qui était en quelque sorte l'agent de Doris Day (c'est lui qui l'a découverte), y raconte un peu une histoire proche de leur parcours...

Et il le fait avec le sens phénoménal de la mise en scène qui est le sien, paradoxal en diable dans ce contexte de comédie musicale, il se débrouille pour que toutes les chansons soient en situation plausible, sauf une (voir plus haut!), et s'ingénie à placer la caméra, et donc le public, au coeur de l'action. C'est donc une pause dans la noirceur de son oeuvre, mais cette parenthèse rose bonbon se laisse consommer avec gourmandise...

 

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Published by François Massarelli - dans Michael Curtiz Musical Bugs Bunny
7 avril 2020 2 07 /04 /avril /2020 15:57

Après la création en quatre temps du personnage de lapin des Merrie Melodies et Looney tunes, le film sans doute le plus important pour terminer de cimenter tous les aspects du caractère de celui qui allait bientôt être nommé Bugs Bunny a été confié à Tex Avery; dans A wild hare, Bunny est aux prises avec Elmer Fudd qui est venu chasser le lapin: pour la première fois, on entend la voix magique d'Arthur Q. Bryan ire "Be vewwy kwyet, I'm hunting wabbits", suivi de son rire glorieusement niais. Ce ne sera pas la dernière...

Et justement, le lapin le voit venir de loin, et va forcément, une carotte à la bouche, lui demander calmement... "What's up, doc?": Le reste est de l'histoire, et ça marche tout seul... La voix de Mel Blanc sans accélération est là, avec un accent qui est un mélange de Brooklyn et du Bronx, et le personnage est immédiatement fonctionnel, dans un partenariat qui sera la base d'un grand nombre de cartoons à venir. Ici, tout est là, de la pose systématiquement supérieure et arrogante du lapin, à l'animation magique pour pousser le caractère un peu plus loin: c'est Robert McKimson, qui en tant que réalisateur aura tendance à massacrer le personnage de Bugs dans des films qui seront pires les uns que les autres, qui est l'animateur le plus inspiré ici, avec une scène de (fausse) mort pour Bugs Bunny.

La seule addition notable du film suivant (Elmer's pet rabbitde Chuck Jones, rare et indisponible en DVD) sera le nom lui-même. Celui-ci mérite un petit rappel explicatif: créé dans Hare-um scare-hum par Ben Hardaway (lui-même surnommé "Bugs"), le lapin est resté sans nom pendant 5 films, jusqu'à ce qu'un model-sheet (un document de travail pour les animateurs) ne soit établi peu de temps après la sortie de A wild hare par McKimson, qui montre les mensurations parfaites du lapin, à suivre par tous ceux qui allaient l'animer: afin de différencier le personnage, McKimson a eu l'idée de l'appeler "Le lapin de Bugs", donc avec un génitif Bugs' Bunny. Il suffisait ensuite à Jones d'enlever une apostrophe... 

En attendant, ce film de Tex Avery est l'une des plus glorieuses réussites de Termite Terrace...

 

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Published by François Massarelli - dans Tex Avery Bugs Bunny Looney Tunes Animation
24 juillet 2019 3 24 /07 /juillet /2019 08:30

L'un des rares films depuis les années 60 à porter a "marque" Looney tunes, Carrotblanca renoue avec deux traditions, d'une part la parodie bien sûr, et d'autre part le "all-stars", avec cette distribution éclatante de toutes les vedettes ou presque des courts Warner...

Chacun donc assume un rôle spécifique dans ce qui est un concentré de parodie, en 8 minutes, de Casablanca, avec Bugs Bunny dans lr rôle de Rick. Ca ne se raconte pas, et bien sûr l'irrévérencieux (le film est d'un ton libre, très libre même) le dispute au franchement idiot, dans une saine et délirante ambiance... Ma préférence va quand même au rôle d'Ugarte qui échoit à Tweety-Bird, dont j'ai toujours pensé qu'il avait très mauvais fond... Je pense que les animateurs se sont fait plaisir à lui faire imiter Peter Lorre...

 

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Published by François Massarelli - dans Looney Tunes Animation Bugs Bunny
13 juillet 2019 6 13 /07 /juillet /2019 00:04

Ce film offre une variation sur le thème de la chasse car cette fois (Comme dans The Heckling hare de Tex Avery) c'est un chien qui poursuit Bugs Bunny de ses assiduités. Un chien d'ailleurs vaguement efféminé, totalement façonné comme seul Clampett pouvait le faire, avec une très improbable houppette rousse, et une queue ornée façon caniche de la même couleur...

C'est donc cet animal foncièrement marqué du saut de la crétinerie dès le départ qui va suivre Bunny dans l'eau (Une bonne partie du cartoon est en fait purement sub-aquatique... ce qui a tendance à en ruiner l'effet) et succomber à ses charmes comme à ceux d'une sirène. Si McKimson est à son aise comme à chaque fois qu'il doit animer une bestiole de taille conséquente, Scribner s'en donne à coeur joie avec les changements d'expression du molosse. 

Il existe deux versions du film: dans la plus courante, à la fin, Bunny entend le chien se plaindre et souhaiter mourir, il lui offre un revolver avec lequel l'animal se suicide... Il s'agit en effet de la version atténuée, puisque dans l'original il tirait lui-même...

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Published by François Massarelli - dans Bugs Bunny Bob Clampett Looney Tunes Animation
18 février 2019 1 18 /02 /février /2019 15:28

Cinquième film de Clampett à mettre Bugs Bunny en vedette, Corny concerto (1943) anticipe le travail de Friz Freleng, qui allait représenter dans Herr meets hare un lapin qui s'adonne à du ballet avec rien moins qu'Hermann Goering, ainsi que le fameux (Mais plus tardif) What's opera Doc? de Jones. Et ce nouveau film est une parodie de Fantasia, que Clampett a vu et revu avant de s'y attaquer : il y représente un Elmer Fudd modelé sur le présentateur du film-concert, mais avec un rien moins d'élégance dans le maintien...

Deux oeuvrettes musicales y sont illustrées à la façon de Disney (Et dans un style comme toujours animé par McKimson, mais visiblement bien différent de celui habituel de Clampett): Tales from the Vienna Woods, et Le Beau Danube Bleu, de Johann Strauss. Si le deuxième se voit gratifier d'une intrigue inspirée du Vilain petit canard, le premier est une énième variation sur le principe du chasseur et du lapin... Le premier est Porky pig, le deuxième est bien sûr Bugs.

C'est éblouissant de bout en bout, surtout la première partie, où chaque geste est pensé non seulement pour accompagner la musique, mais aussi en fonction de la marodie et de l'histoire racontée. On peut faire confiance à Bugs Bunny pour en faire des tonnes, et Clampett le rend virevoltant, excessif, en contrôle mais pas que : sur la fin, le lapin est une silhouette qui se perd dans ses excentricités au point de tomber à la renverse...

Le Danube bleu est l'occasion pour Clampett d'improviser une jeunesse de Daffy duck, en canard qui souhaite s'incruster dans une famille de cygnes. C'est impeccable et très drôle, là encore, avec un style qui rappelle Disney, mais qui n'en est pas...

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Published by François Massarelli - dans Animation Bugs Bunny Bob Clampett Looney Tunes
26 janvier 2018 5 26 /01 /janvier /2018 07:56

Porky Pig et Daffy Duck doivent libérer leur chambre d'hôtel au Broken Arms Palace, et pendant qu'on tend la note à Porky, très embarrassé par le montant, Daffy Duck (hors champ, mais visible en silhouette derrière une porte vitrée) est en train de jouer leur argent aux dés... Et le commentaire final de son adversaire ("You're a dead duck, Duck!") est sans appel... le reste du film est consacré à la gestion de la situation. Une situation, bien sûr, inextricable.

J'ai déjà fait allusion, à propos de Confessions of a nutzy spy sorti en janvier de cette même année 43, au fait que les dernières productions en noir et blanc de l'unité de production de Leon Schlesinger à la WB semblaient en totale liberté, comme si plus personne ne se préoccupait de ce qui allait en sortir. C'est flagrant ici, pour un rare retour de Frank Tashlin aux Looney tunes, il me paraît survolté, et Porky's pig feat fait partie de ces dessins animés où on rit certes, mais on assiste aussi médusé à une débauche d'effets visuels, de trucs de mise en scène, qui tiennent à la fois de la stylisation extrême, de la prouesse d'animation, et de la provocation absolue. Concernant ce dernier point, j'en veux pour preuve le moment durant lequel un personnage dévale un escalier, et ce qu'on voit surtout à l'écran, c'est un escalier vide. l'action de tomber est surtout illustrée par la bande-son.

Et à propos de bande-son, Mel Blanc est à la fête, car non seulement il assure les voix respectives de Porky et Daffy, pais en plus on lui donne deux personnages supplémentaires, dont le gérant d'un hôtel excessivement nerveux. L'autre nous est déjà plus connu, bien sûr... J'y reviens plus bas. 

L'animation de cette petite merveille est tout sauf fluide, car le but était de s'amuser avec les formes, la déformation, les positions et attitudes extrêmes et paradoxales. A ce titre, si le Daffy Duck de Tashlin est très éloigné de celui de Clampett, il est aussi beaucoup plus riche plastiquement. Et survolté par l'agitation générale, il est aussi plus cinglé encore, comme si c'était possible...

Pour finir sur ce film merveilleusement idiot, on notera un étrange et affectueux "passage de témoin" à la fin: comme si Tashlin et ses animateurs savaient qu'ils sont en train de réaliser le dernier Porky pig en noir et blanc de l'histoire de la Warner, ils ont glissé une allusion à Bugs Bunny, sa seule apparition, une fois le personnage bien défini graphiquement, qui ne soit pas en couleurs. Daffy et Porky sont coincés, prisonniers de l'hôtel dont ils n'ont pas les moyens de payer la note, et se disent que si Bugs Bunny avait été là, il les aurait tirés d'affaire. Daffy lui téléphone, on entend donc la voix du héros par Mel Blanc, mais la porte s'ouvre, et Bugs Bunny révèle qu'il est lui aussi prisonnier. 

 

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Published by François Massarelli - dans Animation Looney Tunes Bugs Bunny
22 décembre 2017 5 22 /12 /décembre /2017 07:33

Est-ce délibéré? ans doute pas, car même si le studio de Termite Terrace n'a rien d'un gigantesque building, les équipes qui travaillent sur des courts métrages différents ne communiquaient pas entre elles, et gardaient le silence sur leur production. C'est donc un miraculeux hasard si ce film et le suivant dans la filmographie de Porky Pig sont sur le même sujet...

La première partie du film est en forme de visite d'un lieu, évidemment peuplé de choses et de gens bizarres: un hôpital... Les références aux films (Du Dr Kildare, une série de longs métrages de la MGM), les anecdotes idiotes, les gags visuels, et même l'apparition riche en descendance d'un lapin perturbateur, encore dessiné de façon primitive, et doté de la même excentricité que le proto-Daffy Duck de Clampett, tout nous fait patienter pour ce qui n'arrive qu'à la 4e minute, à savoir l'arrivée d'un patient: Porky Pig lui même vient se faire soigner parce que je cite, il a mangé "comme un cochon"... Il arrive donc, et se fait accaparer par un chat particulièrement idiot, qui passe d'ailleurs du statut de patient à celui de docteur...

Ca se laisse volontiers regarder, et si l'animation ne recèle aucun tour de force, l'atmosphère de dinguerie généralisée nous laisse en, disons, très bonne compagnie... Et on y décèle aussi une allusion à Jean Hersholt, le fabuleux acteur qui sous l'identité du Dr Christian, avait trouvé une seconde carrière dans les films MGM. Il est ici élégamment parodié sous le nom de Dr Chris Chun.

 

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Published by François Massarelli - dans Animation Looney Tunes Bob Clampett Bugs Bunny
26 octobre 2017 4 26 /10 /octobre /2017 11:27

Ce film est une petite graine: Porky pig s'est déjà (Pour son malheur) essayé à la chasse au canard avec Porky's duck hunt, en 1937, de Tex Avery. Comme on le sait, il avait rencontré à cette occasion un canard cinglé, créé et animé par Bob Clampett, qui lui avait volé la vedette: c'était la création de Daffy Duck. Cette fois-ci, eh bien, on reprend la même situation, sauf que l'animal cinglé est... un lapin. Donc ce lapin anonyme, blanc et pas particulièrement remarquable, même s'il est particulièrement énervant, et qui parle avec la même voix que Daffy Duck (Mais sans le souci de diction) dans sa première apparition, et qui est totalement incontrôlé, est l'ancêtre de...

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Published by François Massarelli - dans Looney Tunes Animation Bugs Bunny
25 janvier 2017 3 25 /01 /janvier /2017 18:23

Attention, effort de guerre! Bugs Bunny est dans une caisse à la dérive, et n'est pas inquiet: dans ce genre de situation, il y a toujours une île où aborder... Dont acte: une fois trouvée l'île paradisiaque, Bugs va malgré tout déchanter car il va se trouver face à un nippon en uniforme, et pas des plus fins. Mais le lapin qui n'a fait qu'une bouchée de Hermann Goering en a vu d'autres...

Effort de guerre, donc: y'a-t-il une façon de pouvoir voir ce film sans pour autant tiquer devant la peinture ultra-caricaturale du Japon, de ses coutumes, de son langage? 

Oui, après tout: c'est tellement une caricature, qu'il n'y a pas lieu de s'en inquiéter. Le film se déroule assez agréablement, mais Freleng et ses animateurs semblent, à la fin, nous donner un message subliminal: ce film n'est pas comme les autres. Afin de le souligner, ils donnent une lapine à Bugs Bunny, qui va décider, une fois un bataillon Japonais décimé, de rester. Et sa réaction est sans équivoque. De fait, on rejoint le territoire, plus adulte, des films de propagande de Private Snafu. Freleng savait très bien qu'on ne pourrait pas considérer ce petit film mineur, plaisant mais profondément politiquement incorrect comme autre chose qu'une halte, en dehors des sentiers battus.

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Published by François Massarelli - dans Bugs Bunny Animation Looney Tunes