Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Présentation

  • : Allen John's attic
  • : Quelques articles et réflexions sur le cinéma, et sur d'autres choses lorsque le temps et l'envie le permettront...
  • Contact

Recherche

Catégories

31 juillet 2022 7 31 /07 /juillet /2022 08:46

Un "whopper", c'est un mensonge tellement gros, tellement improbable, tellement incroyable et idiot, qu'on ne peut pas le croire. Mais comme chacun sait, me dira-t-on, "plus c'est gros, plus ça passe"? ...Pas dans ce film en tout cas!

Deux amis et voisins sont partis en bordée, et la gueule de bois monumentale de l'un (Snub Pollard) trahit la vraie nature des agapes auxquelles ils se sont adonnés. Rappelons qu'en 1920, la prohibition sévit... L'autre (Noah Young) propose donc de synchroniser les versions qu'ils raconteront à leurs épouses: l'un chassait le canard, l'autre pêchait le poisson. Mais quand Snub veut conter sa pêche à Marie Mosquini qui joue son épouse, le poisson s'est transformé en canard. Il se lance donc dans une évocation d'une pêche/chasse épique avec un canard piscivore en vedette...

C'est totalement, irrémédiablement et glorieusement idiot, tellement Pollard et son complice, le réalisateur Charles Parrott (pas encore Chase) assumaient la loufoquerie de leur inspiration. Même dans un court d'une bobine un peu feignant, comme celui-ci, l'inspiration surréaliste et délirante de ces gens fait du bien à l'âme! 

 

Partager cet article
Repost0
Published by François Massarelli - dans Muet Comédie Charley Chase
20 février 2021 6 20 /02 /février /2021 10:48

Un jeune homme (Charley Chase) veut se marier avec une jeune femme (Rosemary Theby) qui ne demande que ça... Mais le père (Oliver Hardy) ne veut pas. Comme elle a un jumeau et que ce dernier a indiqué qu'il allait revenir à la maison, les deux amoureux décident de profiter de l'occasion: on fait passer la jeune femme pour son frère, elle peut sortir de la maison, et les deux tourtereaux vont se marier... 

La situation est du pur Chase, et s'accepte d'autant que le comédien, également metteur en scène, a choisi de traiter le film avec un certain réalisme des personnages. Il fait un pas en avant vers le style qui sera celui des films Roach sous son impulsion: des situations grotesques rendues plausibles et plus percutantes par le refus d'exagérer, et par le fait de privilégier l'embarras sur les autres ressorts comiques...

En prime, le film s'accomplit grâce à un rebondissement des plus loufoques: le père avisant sa fille, croyant voir son fils, lui propose de faire une petite farce, en se déguisant en sa soeur (donc en elle-même; vous suivez?), et de prétendre à un mariage... qui sera en fait un vrai!

Le tout en 16 minutes.

 

Partager cet article
Repost0
Published by François Massarelli - dans Laurel & Hardy Comédie Muet Charley Chase
20 février 2021 6 20 /02 /février /2021 10:40

Un vagabond (Billy West) tente de s'infiltrer dans un bar, où il est constamment repoussé par le garçon (Oliver Hardy)... Puis il flirte avec une jeune femme (Ethelyn Gibson), ce qui irrite un rival (Leo White); pour résoudre leur querelle, les deux hommes vont s'affronter dans un match de boxe...

Ca commence par une impression de déjà-vu fortement prononcée, et en fait on a l'impression que le décor reprend celui de Caught in a cabaret; puis le film bifurque vers The Champion. Bref, on est vraiment dans l'obsession de Billy West et de ses patrons pour Chaplin... L'acteur, d'ailleurs, fait presque illusion durant la première bobine... 

Cela étant, une fois accepté le postulat de plagiat, on passe quand même un bon moment, d'autant que Billy West finit toujours par marquer ces faux Chaplin de sa personnalité, et qu'il est fort bien entouré. Quant à la mécanique de précision qui est ici à l'oeuvre, inutile de dire que c'est du grand art, Parrott (Charley Chase) étant aux commandes...

Partager cet article
Repost0
Published by François Massarelli - dans Comédie Charley Chase Muet Laurel & Hardy
17 février 2021 3 17 /02 /février /2021 17:52

Hello trouble est un film réalisé par Charley Chase quand on l’appelait encore Charles Parrott, et ça se voit. Le metteur en scène a privilégié un espace délimité entre quatre appartements d’un immeuble, et surtout le couloir qui mène à tous ces habitats… Nous y assistons aux chassés-croisés permanents des résidents, parmi lesquels Oliver « Babe » Hardy ou Billy Armstrong.

C’est donc bien sûr de la grosse comédie boulevardière, mais sauvée par le sens du rythme, et l’art de la répétition poétique, sans parler d’un sens de la combinaison délirante, autant d’éléments qui seront la marque de fabrique de Charley Chase chez Hal Roach. Hardy y est un impressionnant mari, aux sourcils rehaussés de maquillage noir, comme il le faisait déjà avec Billy West.

D’ailleurs, c’est sans doute lors d’une pause dans la carrière de ce dernier que le film, hélas incomplet aujourd’hui et dans un fort mauvais état, a été tourné.

 

Partager cet article
Repost0
Published by François Massarelli - dans Laurel & Hardy Muet Comédie Charley Chase
17 janvier 2021 7 17 /01 /janvier /2021 11:22

Mr et Mrs Moose sont mariés, pour le pire et l'inesthétique. Elle a, un intertitre nous le signale, un visage apte à "arrêter les pendules", et lui un faciès qui pourrait les faire repartir... Elle (Vivien Oakland) a un nez proéminent, une mine en relief, un excès de respiration en 3D; lui (Charley Chase) a des dents qui dépassent, mais tant que ça en devient risible pour l'humanité entière... 

Ils vont tous les deux, mais sans en informer l'autre, procéder à des changements radicaux, l'un chez le dentiste et l'autre chez le chirurgien esthétique. Quand ils sortent, ils se sentent tellement renaître qu'ils vont chacun expérimenter leur nouveau pouvoir de séduction avec un(e) inconnu(e), et mettre leur mariage en danger. Et bien sûr, ils ne vont pas reconnaître, face à eux, leur conjoint...

C'est merveilleux, et il restait une fois ces bases posées, à ajouter que bien sûr, les tractations avec le destin pour maintenir la confusion aussi longtemps que possible, font partie des moments les plus intéressants du film, qui est virtuose. Reste aussi que le metteur en scène s'amuse en effet à questionner la validité des liens du mariage, dans un film qui certes reste une comédie, mais... on est passé près d'un désastre moral. Les comédies 'matrimoniales" de Hal Roach étaient clairement en avance sur leur temps.

 

Partager cet article
Repost0
Published by François Massarelli - dans Charley Chase Leo McCarey Muet Comédie
12 février 2020 3 12 /02 /février /2020 16:42

On ne réussit pas à tous les coups, et ce film le prouve: alors que la formule des courts métrages de Charley Chase en deux bobines a permis à de vraies merveilles de voir le jour entre 1925 et 1927, il arrive que le génie ne soit pas au rendez-vous... Cette histoire de jeune oisif qui se fait passer pour un chauffeur aux yeux du père de la femme qu'il aime, est par trop compliquée, tout en mobilisant les vieux trucs les plus éculés du genre, vus en particulier dans de nombreux films du comédien.

Restent quelques moments de grâce, comme cette séquence ébouriffante au cours de laquelle Chase, Martha Sleeper (sa formidable leading lady la plus convaincante à mes yeux) et l'acteur Eugene Palette en flic au grand coeur, font les soldes... A leur corps défendant! On pourrait aussi penser le plus grand bien du moment où Chase se retrouve à jouer les ventriloques avec un mannequin dans un speakeasy, mais... ne serait-ce pas une réminiscence de A dog's life, de Chaplin? Incidemment, sa victime dans la dite scène n'est autre qu'Oliver Hardy.

Partager cet article
Repost0
Published by François Massarelli - dans Muet Comédie James Parrott Charley Chase
29 mai 2019 3 29 /05 /mai /2019 19:37

Deux amis se battent... Pour un oui ou pour un non; et pourtant, ils s'adorent! Clin d'oeil, ou cuisine interne? Les deux chatouilleux du bourre-pif sont justement interprétés par les deux comédiens (Snub Pollard, photo du haut, et James "Paul" Parrott, photo du bas) testés par Hal Roach pour prendre la relève de Harold Lloyd, désormais embarqués dans de plus en plus prestigieux (et sublimes) longs métrages, et que le producteur ombrageux a relégués, l'un comme l'autre, dans le département des courts métrages. La dernière humiliation qui leur sera faite est de les mettre ensemble, sauf que... Avec le frère de James Parrott aux commandes, l'alliance ne pouvait que donner d'excellents résultats.

D'ailleurs, personne n'est dupe, dans ce court métrage de moins de dix minutes qui accumule tellement de péripéties idiotes qu'il est irracontable: les deux vedettes, en particulier, ne se prennent pas au sérieux du tout et ont clairement la ferme intention de s'amuser avant tout. Même si, quelques semaines après, l'un comme l'autre allait se faire virer; Parrott trouverait une seconde vie dans la mise en scène, et Pollard, dans des apparitions de plus en plus austères...

Mais regardez ce joyau d'idiotie, cette sublime cornichonnerie, dans laquelle les deux hommes sitôt réconciliés, se lancent dans une farandole endiablée, dans laquelle à l'issue d'une poursuite dans laquelle les deux amis ont gardé chacun une jambe liée à une jambe de l'autre, Parrott a soudain l'idée de les détacher, et au sein duquel on trouve une séquence de music-hall hilarante et dont la gestuelle est accomplie avec maestria. C'est beau à pleurer.

 

Partager cet article
Repost0
Published by François Massarelli - dans Muet Charley Chase Comédie
26 juin 2018 2 26 /06 /juin /2018 12:15

Et donc, forcément, le fait que la MGM ait sorti cette année là le célèbre film The unholy three de Tod Browning, avec Lon Chaney, n'est pas une coïncidence: Roach, comme Sennett, s'était fait une spécialité de sortir des films dont les titres (Et parfois, mais ps toujours, les intrigues) parodiaient sans vergogne les gros succès du moment... Dans ce court métrage, Charley Chase, Katherine Grant et Bull Montana incarnent trois escrocs qui, comme dans le film de Browning, cherchent à s'introduire dans la demeure d'une famille pleine aux as, afin d'y dérober un joyau légendaire. Ils trouvent une opportunité quand ils croisent la route d'un trio de musiciens...

C'est du burlesque classique, avec la qualité habituelle des films de Hal Roach, dont les deux bobines étaient souvent traitées avec autant de soin qu'un long métrage. On a très vite cerné la personnalité des trois personnages principaux, en particulier l'esprit (si on peut dire) de Bull Montn, mais ça n'empêche pas Charley d'être, comme à son habitude, attachant...

 

Partager cet article
Repost0
Published by François Massarelli - dans Muet Comédie Leo McCarey Charley Chase
23 juin 2018 6 23 /06 /juin /2018 16:47

Voilà une intrigue inattendue pour une comédie de 1925: les deux parents (Katherine Grant et Charley Chase) sont séparés, à cause de LA belle-mère (Josephine Crowell)... Et Charley aimerait pouvoir passer du temps avec son fils (Mickey Bennett), entre ses tournées: il est laitier. Il doit se résoudre à l'enlever pour pouvoir passer un après-midi à la plage avec lui.

Et là, ne perdant aucune occasion de sacrifier à la complication nécessaire de comédie de deux bobines, Chase perd son maillot. Le reste est une comédie de l'embarras dans laquelle le père devra se reposer sur l'ingéniosité du fils, tout en bravant le hasard...

L'intrigue est classique, et fera d'ailleurs l'objet en 1927 d'un remake partiel avec Flaming fathers, tourné par McCarey pour Roach en compagnie de l'acteur Max Davidson, et de Martha Sleeper. Les deux films sont irrésistibles!

Partager cet article
Repost0
Published by François Massarelli - dans Muet Comédie Leo McCarey Charley Chase
23 juin 2018 6 23 /06 /juin /2018 16:27

Jimmie Jump (Charley Chase) revient d'Europe, pour retrouver ses parents et sa fiancée Sally, interprétée par Katherine Grant (Ils se sont choisis quand ils avaient trois ans). Mais suite à deux quiproquos, Charley croit que Sally est particulièrement disgracieuse, et Sally de son côté a l'illusion que Charley est minuscule et prématurément vieilli... Ils vont donc tout faire pour éviter de se croiser, et bien entendu vont se "rencontrer" sans connaître leur identité respective... et tomber amoureux l'un de l'autre. Sauf que pour Charley, retrouver celle dont il ignore le nom dans la grande ville sera plus compliqué qu'on imagine.

Il faut bien sûr passer outre le postulat volontiers politiquement incorrect de ce film: il partage ce luxe rare avec d'autres films de Chase et McCarey, dont un grand nombre de chefs d'oeuvres, parmi lesquels Mighty like a moose, His wooden wedding ou encore l'inénarrable What price Goofy?... Une fois acceptée l'idée que Chase et Grant soient gênés par l'hypothèse d'un mariage avec une personne disgracieuse, le reste du film se déroule sans accroc. What price Goofy? sera d'ailleurs par bien des côtés une reprise de cette situation.

Le film anticipe aussi beaucoup sur le film For Heaven's sake de Lloyd, tourné pour la Paramount et donc totalement indépendant de Hal Roach: dans ce court métrage, Chase apprend que la femme qu'il aime fait un travail de charité pour les déshérités et les sans abris, et va donc "infiltrer" sa mission, comme Lloyd dans son long métrage de 1926. Un autre atout de cette comédie de deux bobines, partagé avec le Lloyd, est la présence de l'immense Noah Young en détective qui suit Chase à la trace parce qu'il trouve que son comportement n'est pas très catholique...

Partager cet article
Repost0
Published by François Massarelli - dans Muet Comédie Leo McCarey Charley Chase