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  • : Allen John's attic
  • : Quelques articles et réflexions sur le cinéma, et sur d'autres choses lorsque le temps et l'envie le permettront...
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1 janvier 2017 7 01 /01 /janvier /2017 13:42

Il ne reste pas grand chose de la pléthore de films avec Clara Bow, qui ont précédé son arrivée à la Paramount avec Mantrap en 1926. La plupart, mais pas tous, étaient des productions Preferred de B. P. Schulberg, un indépendant avisé, qui exploitait celle en laquelle il reconnaissait son principal atout, avec des rôles adéquats, et parfois très limités. Elle étai sous contrat, il avait pour idée de l'imposer au public, film après film, en la distribuant dans rôles plus ou moins grands selon les circonstances. D'une part, ça a payé. D'autre part, ça a contribué à forger une expérience professionnelle à une actrice qui toute sa vie a surtout laissé son tempérament et ses émotions prendre le dessus sur toute hypothétique technique de jeu...

Certains des films Preferred ont été mises en scène par Louis J. Gasnier, le patronyme à peine transformé du Français Louis Gasnier, auquel on doit les débuts de Max Linder en 1905, et bien sur les fameux Perils of Pauline... De Gasnier non plus il ne reste pas grand chose; la faute en incombe sans doute à des mauvais choix de carrière, ou tout simplement qu'en 1920, quiconque faisait déjà des films quinze années auparavant était automatiquement un has been: voir  ce sujet les carrières plus que déclinantes d'un Griffith ou d'un Olcott! Mais si tout ce qu'il faisait était à l'aulne de ce joli petit film, on aimerait en voir plus: il y a du métier, un oeil évident pour la composition, et une façon de laisser les acteurs "naturels" (donc Miss Bow) faire le spectacle...

L'histoire est un brin ridicule, et repose sur deux postulats: d'une part, les Français sont des grands romantiques; d'autre part, le public Américain ne connait pas la France au-delà des clichés... donc l'intrigue part d'une soirée au cabaret: des apaches tels que Feuillade les avait dépeints dans Les Vampires partagent leur temps entre leur danse canaille pour épater le bourgeois, et des visites dans leurs maisons pour les délester de leurs biens. C'est lors d'une de ces expéditions qu'Armand (Donald Keith) est blessé, pendant que sa petite amie Marie (Clara Bow) fait le guet. Mais Pierre Marcel (Lou Tellegen), l'homme qui est responsable de la blessure décide de changer la destinée du bandit, et le pousse à reprendre les études qu'il avait interrompu. c'est compter sans Marie, qui va tout faire pour récupérer "son homme", avec l'aide de la bande d'apaches...

Ca n'a ni queue ni tête, la police apparaît et disparaît sans crier gare, mais on s'en fout: ce qui compte, finalement, c'est l'atmosphère de canaillerie Parisienne, dont Gasnier essaie tant bien que mal de reconstituer les contours; et puis bien sur, il y  Clara Bow, en roue libre, qui s'est enfin trouvée esthétiquement (la coiffure, le maquillage), qui assure le show à elle toute seule: elle joue une criminelle, toute entière dédiée à une vengeance, et risque un moment la mort, mais le film reste une comédie du début à la fin. On notera que le film structure son intrigue sur une série de baisers, depuis la toute première, jusqu'à la dernière scène... Basée sur une unique copie conservée, la version actuellement en circulation a l'air d'être complète, en plus d'être présentée avec des teintes d'origine du plus bel effet. C'est rare et ça mérite d'être souligné...

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Published by François Massarelli - dans Muet Clara Bow 1925 Comédie
29 décembre 2016 4 29 /12 /décembre /2016 10:19

Les films de la compagnie Preferred Pictures, de B. P. Schulberg, sont assez peu remarquables en soi. Le fait que beaucoup d'entre eux aient été réalisés par le vétéran Louis Gasnier est déjà une indication... Mais le principal intérêt reste que c'est le studio qui a le premier offert un contrat à la jeune Clara Bow; parfois elle avait le premier rôle et ça donnait de bons résultats (Parisian Love), et parfois elle était reléguée, comme ici: elle joue le rôle d'Alice, un second rôle un peu trop effacé pour qu'on s'y retrouve. Les deux rôles principaux sont assumés par Ethel Shannon et un certain Harrison Ford (Aucune relation). Notons, et c'est sans doute le paradoxal principal intérêt de ce film aujourd'hui, que Maytime était un film perdu jusqu'à ce qu'on le retrouve en 2009 parmi les oeuvres muettes Américaines et Britanniques que possédaient les archives de Nouvelle-Zélande. Incomplet, les bobines restantes parfois en dangereux état de décomposition, mais regardable... du moins jusqu'au trois-cinquième de sa durée...

 Deux époques, vues l'une après l'autre: en 1895, Ottilie Van Zandt aime Dick Wayne, mais elle fait partie de la haute bourgeoisie, et lui est le fils de l'employé de son père. Tout avenir à cet amour est donc impossible... Il part pour faire fortune, pendant qu'Ottilie essaie de l'attendre... Mais la pression de sa famille pour la marier à l'improbable cousin Claude est trop forte, et le jour du mariage, Dick revient, et un scandale éclate. Une seule façon de s'en sortir: pour laver Ottilie de tout soupçon, Dick annonce qu'il va épouser la petite Alice, la voisine, qui l'aime en secret depuis toujours... On imagine que tous ces gens vont vivre malheureux pour l'éternité, néanmoins un court passage nous annonce que si Claude et Alice ont fini par mourir, les deux anciens amants ont survécu, mais ils sont trop vieux.

Nous faisons donc la connaissance, en plein jazz age, de leurs petits-enfants... Et c'est là que le film s'arrête, car les trois dernières bobines de cette oeuvrette sans prétention ni relief apparemment, n'ont tout bonnement pas été retrouvées... Un destin qui habtuellement, attend des films entiers. S'il fait se réjouir qu'une partie d'un film, fut-il sans grand intérêt, ait pu survivre, l'effet produit est assez ennuyeux: c'est exactement comme si l

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Published by François Massarelli - dans Muet Clara Bow 1923
26 décembre 2016 1 26 /12 /décembre /2016 10:58

Mantrap était l'un des films préférés de Clara Bow; c'était aussi son introduction au grand monde, après avoir enchaîné seconds rôles et productions moindres, c'était son premier rôle en vedette pour un studio de premier plan, qui allai ensuite lui proposer un contrat de star... Mais de tous les films qu'elle a tournés en vedette (Exception faite de Wings, dans lequel on peut décemment considérer que son rôle est limité), c'est sans doute le meilleur qu'on puisse voir aujourd'hui. L'entente a été parfaite entre la star et son metteur en scène (Et même plus que parfaite à en croire la légende, sacré Victor!), et de ce qui aurait pu être une comédie vaguement sexy de plus ou de moins, l'équipe en a fait un chef d'oeuvre de comédie gonflée.

Deux hommes s'apprêtent à prendre des vacances momentanément, pour des raisons différentes voire opposées: Joe Easter, le trappeur qui vit à Mantrap Lodge, en pleine nature, a besoin d'aller à la grande ville pour y voir des filles, parce que la solitude lui pèse, alors que l'avocat Ralph Prescott, de son côté, est un avocat spécialisé en divorces, qui n'en peut plus de recevoir des clientes fortunées qui tentent de le séduire. Easter se rend donc à Minneapolis où il rencontre une jeune manucure, Alverna, qui croit trouver en lui l'homme des bois, et Ralph écoute son ami Woodbury, qui le persuade d'aller camper au grand air. Et Ralph et Woodbury vont donc s'installer à Mantrap, en pleine saison des pluies, semble-t-il. Lorsque Ralph rencontre Joe, celui-ci l'invite à venir se refaire une santé dans sa cabane, et lui présente Alverna...

Comme on dit dans ces cas-là, "vous pouvez deviner la suite"... Sauf que non, ce serait trop facile! Fleming a distribué les rôles à une troupe formidable: Joe Easter est interprété par Ernest Torrence, qui sait si bien doser sa jovialité et son manque flagrant de sophistication, tout en provoquant la sympathie du public; Percy Marmont est arfait en avocat coincé, cela va sans dire! Eugene Pallette interprète Woodbury, et parmi les habitants de mantrap, on apercevra Ford Sterling, Lon Poff (En pasteur...), Josephine Crowell en une voisine qui se mèle de ce qui ne la regarde pas, et William Orlamond interprétant son mari qui la suit partout comme un petit chien. On note que j'ai gardé l'inévitable pour la fin: Clara Bow, confondante de naturel, est donc Alverna. Alverna, comme Clara Bow, est dotée dune sexualité visible et assumée, jamais mise en valeur par des robes suggestives, mais plus par un comportement exubérant. Et ce petit bout de bonne femme va en faire baver à tous les hommes, mais le pire c'est qu'elle en fait une affirmation de sa féminité, les hommes dans 'histoire étant priés d'accepter. Et Fleming ne cherche à aucun moment à la punir ou à l'excuser de son comportement. Lors d'une scène, la jeune femme prend le pouvoir, et confronte "ses" deux hommes, Prescott et Easter, et... montre qui est la patronne. Clara Bow est troublante, et c'est son meilleur rôle.

Au cas ou on se poserait la question, sachez qu'il existe bien un lac Mantrap dans le Minnesota, ce n'est donc pas une invention de l'auteur du roman, Sinclair Lewis, ou de Victor Fleming, qui s'était lui fait prendre aux pièges de Clara Bow. Ni le premier, ni le dernier...

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Published by François Massarelli - dans Victor Fleming Clara Bow Muet Comédie 1926
24 décembre 2016 6 24 /12 /décembre /2016 08:39

Le même jour, Samuel "Kid" Boots (Eddie Cantor) se fait virer pour maladresse extrême de son travail chez un tailleur, se fait un ennemi mortel en la personne d'une grande brute (Malcolm Waite), et rencontre la femme de sa vie, Clara (Bow). tant qu'à faire, il va aussi faire une autre rencontre déterminante, celle de Tom (Lawrence Gray), un professeur de golf empêtré dans un mariage avec une intrigante (Natalie Kingston) qui cherche, quant à elle, à s'échapper de son divorce. Suite à un certain nombre de quiproquos, Kid Boots devient le témoin de Tom, et ce trois jours avant que le divorce ne soit finalisé. Et tout ce petit monde se retrouve dans la même station balnéaire. Il va donc, y avoir du sport...

Ceci est le premier film de Eddie Cantor, star chez Ziegfeld, et dont la popularité grandissante coïncide avec l'avènement des studios. La Paramount, en lui offrant un "véhicule" taillé sur mesure (A la base de ce film, figure une pièce où l'acteur avait triomphé), pose du même coup les jalons de ce qui va bientôt devenir la façon de traiter le burlesque à la MGM, la Fox ou la Paramount: choix d'un réalisateur, des acteurs, lieux de l'action, tout passe par le studio; une gestion efficace de la comédie, qui fait certes du bon boulot, mais qui tranche avec l'artisanat tel que le pratiquaient tous les spécialistes du genre: Keaton, Chaplin, Lloyd et Langdon en tête. Bref, aurait pu dire Churchill, la comédie est un art trop important pour la confier à des néophytes... Non que ce film soit mauvais, loin de là. Mais il reste mécanique, et parfois on voit les ficelles. Et Eddie Cantor fait de son mieux, difficile dans les meilleurs moments de ne pas penser aux modèles prestigieux qu'il s'est choisi... Pour ce qui est de Clara Bow, qui était encore à l'essai, elle apporte à son rôle de flapper dynamique toute sa connaissance du type, et ses scènes avec Cantor, bien que peu nombreuses hélas, valent le détour. Si certaines scènes recyclent de façon voyante, notamment une scène de massage avec contorsionniste qui renvoie directement à The cure de Chaplin (Sauf que cette fois, c'est Cantor, c'est à dire le héros, qui est le contorsioniste), il y a une atmosphère générale de représentation du sport, qui fera des petits: Run girl run, de Alf Goulding chez Sennett, College de Buster Keaton, ou encore de nombreux courts métrages des années 20 ou 30... Ce n'est donc peut-être pas la comédie de la décennie, mais ça se laisse voir sans déplaisir.

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Published by François Massarelli - dans Muet Clara Bow Comédie 1926
23 décembre 2016 5 23 /12 /décembre /2016 18:28

Trois enfants Américains, tous trois de parents divorcés, jouent ensemble à Paris. Les deux filles, Kitty et Jean, ont été placées dans un couvent pour enfant de divorcés aisés par leurs ères volages, et le jeune garçon Ted ronge son frein en attendant de quitter sa famille, excédé par le comportement déluré de son père divorcé... Mais en grandissant, Kitty (Clara Bow) et Ted (Gary Cooper), qui sont voisins aux Etats-Unis, sont devenus assez proche des styles de viee de leurs parents. Quand Jean (Esther Ralston) les rejoint, Ted et elle tombent amoureux l'un de l'autre. Mais Jean explique à Ted que le mariage ne sera possible que s'il travaille. Il trouve assez facilement un emploi, mais Kitty très attaché à son style de vie oisif vient l'empêcher de mener à bien sa mission, et un matin, il se réveille à ses côtés, n'ayant aucun souvenir de leur nuit, durant laquelle ils se sont mariés... Pour Ted et Jean, c'est une catastrophe: faut-il un nouveau divorce qui risque de gâcher la vie de Kitty, ou faut-il lui laisser sa chance, bien que Ted ne l'aime pas?

On fait grand cas de la participation de Josef Von Sternberg à ce film, qui a certainement bénéficié de retakes, ou d'embellissements de la part du metteur en scène génial... mais ce serait injuste de ne pas d'abord le considérer comme ce qu'il est: l'un des meilleurs films du très conservateur cinéaste qu'était Frank Lloyd. Il se surpasse globalement, même si le message anti-divorce est aujourd'hui complètement vide de sens, au moins le film se permet-il d'explorer avec un oeil volontiers critique (Et un brin trop vertueux) la vie dissolue des gens de la haute société. N'empêche que Clara Bow se jette à corps perdu dans un rôle taillé pour elle, sans arrière-pensées... Le film a de plus le bon goût, en plus de nous donner à voir Cooper et Bow ensemble, de ne pas durer très longtemps, et du coup il n'y a pas la moindre redondance. Compte tenu de son sujet, c'est un plaisir coupable, mais on ne dira rien...

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Published by François Massarelli - dans Frank Lloyd Muet Clara Bow 1927
23 décembre 2016 5 23 /12 /décembre /2016 18:14

Ce film, entièrement à la gloire de Clara Bow, vient à la fin d'une année frénétique: entre autres, Clara Bow y a tourné Children of divorce (Frank Lloyd), It (Clarence Badger), Hula (Victor Fleming) et si le film n'était pas à proprement parler un film typique de l'actrice, on pourra difficilement faire l'impasse sur le formidable Wings de William Wellman... Mais Get your man, pure comédie sans un gramme de pathos, correspond finalement à l'image délurée et mutine de la star telle que l'avaient forgée un certain nombre de personnes à l'époque, parmi lesquelles... Clara Bow elle-même.

On peut rendre compte de l'intrigue facilement, même si deux bobines ont aujourd'hui disparu: à Paris, le jeune Duc d'Albin (Charles Buddy Rogers) fait la connaissance de la jolie eet exubérante Américaine Nancy Worthington (Clara Bow). Ils se plaisent immédiatement, mais le problème, c'est que selon d'antiques coutumes, le jeune homme est promis à une jeune femme (Josephine Dunn) depuis leur plus jeune âge... N'écoutant que son coeur, la belle Américaine décide de mettre la pagaille dans cette union programmée, afin de donner raison au titre du film... Elle débarque donc dans la luxueuse résidence des Ducs D'Albin, ou on reçoit justement la future belle famille du jeune home, les De Villeneuve...

C'est drôle, enlevé, vite passé et pas si vite oublié que ça. La mise en scène de Dorothy Arzner va à l'essentiel, et repose surtout sur l'énergie indomptable de la jeune actrice, totalement dans son élément. On notera que si la morale à la fin reste sauve, le moyen ultime utilisé par Clara Bow est tout simplement de compromettre la réputation de sa vertu de façon irrémédiable...

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Published by François Massarelli - dans Clara Bow Muet Comédie 1927
16 avril 2016 6 16 /04 /avril /2016 11:58

It a obtenu un succès phénoménal, en cristallisant un concept fumeux, celui du 'It', justement, une façon de désigner le sex-appeal sans trop entrer dans les détails, qui avait été la grande trouvaille de l'auteure Elinor Glyn dans un livre qui serait probablement imbuvable aujourd'hui. La dame apparaît d'ailleurs dans le film, pour essayer de définir elle-même le principe, dans une scène inattendue mais assez plaisante. Mais bon, on s'en fout: on veut Clara Bow, et c'est sur elle que repose le film... Clarence Badger l'a bien compris, qui a bâti It autour d'elle... je ne vais pas lui donner trop de crédit, en même temps, nous sommes à la Paramount en 1927, et Badger exécute, bien, et même très bien, un film qui a été planifié dans un gros, très gros studio. A tel point que, parmi les gens qui ont travaillé sur ce film, on relève parfois le nom du réalisateur qui l'a commencé, avant de bifurquer vers le film Underworld: Josef Von Sternberg. Aucune trace, a priori, du style de "Von" dans ce film. C'est d'abord et avant tout une comédie virevoltante, comme sa star.

Betty (Clara Bow) travaille dans le très grand magasin du père de Cyrus Waltham (Antonio Moreno). Celui-ci remplace actuellement son père à la direction et Betty, la petite vendeuse, est amoureuse de lui... Mais il ne la voit pas. Par contre, Monty, l'ami de celui-ci, un riche oisif (William Austin), l'a repérée, parce qu'il n'a que ça à faire, mais aussi parce qu'il est obsédé par le "It", et estime que la jeune vendeuse possède ce caractère essentiel. Il l'invite à déjeuner dans un restaurant de la bonne société, et là, c'est le miracle: une fois dans son élément, Cyrus aperçoit la jeune femme, et s'éprend d'elle. Mais il va y avoir des complications: d'un côté, la fiancée (Du meilleur monde) voit évidement d'un mauvais oeil la fréquentation entre son fiancé et une petite vendeuse; ensuite, celle-ci vit en compagnie d'une amie qui est fille-mère, et qui est menacée par les mères-la-vertu du coin de devoir abandonner son enfant tant qu'elle ne travaille pas, ce qui va pousser Betty à mentir en prétendant qu'elle est la mère; enfin, Cyrus va devoir comprendre que Betty n'est pas une fille facile, et que ses vues sur lui sont aussi légitimes que celles de la première pimbêche venue...

Le film est empreint de cette splendide technique à laquelle le cinéma Américain était parvenu en 1927. Dés le départ, la caméra nous embarque à sa suite, en nous plongeant au coeur de la ville moderne où se situe l'action. Et elle suit en particulier Clara Bow, dont le dynamisme et l'optimisme coloré donnent le la du film. Mais l'essentiel de ce film est dirigé dans le sens d'une évocation d'une structure de classe, à deux vitesses, dans laquelle Betty joue un peu le rôle du grain de sable... une scène (Typique du ton Paramount des années 1925-1934) le résume assez bien, en nous montrant comment deux femmes séparées par leur niveau social se préparent simultanément pour une soirée: d'un côté, la fiancée de Cyrus, Adela (Jacqueline Gadsen) se déshabille dans un dispositif de mise en scène sophistiqué, avec un fondu au moment ou sa chemise glisse de ses épaules; on passe à Betty, filmée en buste, qui laisse son amie poudrer son corps avant qu'elle n'enfile sa robe. Betty danse en riant... Le film a choisi son camp, et Betty, qui sera amenée avec la complicité de Monty à imiter les gens de a haute, va mettre un joyeux bazar là-dedans...

On peut se réjouir qu'une copie de ce film ait été retrouvée dans les années 60, car comme la plupart des films avec Clara Bow, il était perdu. Elle est lumineuse, et on comprend le succès de ce film... et de sa star, véritable résumé à elle toute seule du jazz age et de ses contradictions. A propos de contradictions, si le film accuse avec une certaine pertinence les bourgeois du film de se comporter de façon déplorable, en montrant un oisif obsédé par l'inutile quête du "It", il est intéressant de constater que les publicistes en ont fait un argument de vente du film!

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Published by François Massarelli - dans Clara Bow Comédie Muet 1927
11 avril 2016 1 11 /04 /avril /2016 09:21

Ce film possède un atout embarrassant: Clara Bow. Je m'explique: la jeune apprentie actrice, qui venait de débuter dans un long métrage, dont l'intégralité de ses scènes avaient été coupées au montage, revenait donc à la charge à la faveur de cette production indépendante, largement financée par des dons locaux, dédiée à une vision romanesque d'un métier, celui des chasseurs de baleines en nouvelle-Angleterre. Bien sur, Clara Bow ne chassait pas la baleine, mais son personnage était inséré dans l'intrigue mélodramatique du film, parce qu'en 1922 comme en 2016, on ne fait pas un film dramatique avec des prises de vues documentaires, aussi réussies soient-elles. Et du coup, aujourd'hui, l'aspirante actrice, qui s'en tire d'ailleurs fort bien dans son rôle de petite peste empêcheuse de tourner en rond, est devenue le principal argument de vente de ce digne représentant d'un monde finalement assez peu connu: les productions indépendantes à l'époque du muet. Les grands studios et leurs héritiers, les fox, MGM, Warner, Paramount, ont tous eu la possibilité de faire connaitre, de ressortir voire de préserver leur production. Mais les petits? Pour en revenir une bonne fois pour toutes à Clara Bow, clarifions: oui, c'est le premier rôle significatif de la future "It" girl au cinéma, mais non, inutile d'y chercher son style, sa coiffure, son dynamisme espiègle mais annonciateur d'une vie intérieure débordante et sensuelle. Ici, pour un second rôle et pas plus, Clara Bow est essentiellement une petite peste à la Griffith, un de ces seconds rôles féminins dont la fonction est d'embêter le plus possible les rôles principaux, tout en se mettant convenablement en danger de temps à autre, afin de faire rebondir les péripéties... Inutile donc d'y chercher le quelconques prémices d'une carrière de premier plan...

Je viens de mentionner Griffith: comment faire autrement? Elmer Clifton était son assistant, nu vrai (On sait que tout ce qui portait casquette, mégaphone et bandes molletières dans les années 20 se présentait comme l'un des assistants du maître sur The Birth of a nation, de Stroheim à Browning en passant par Ford, mais d'authentiques assistants, sur la durée, Griffith n'en a pas eu autant. Clifton, lui, a bien occupé ce poste, de 1915 à 1920, sur trois films: The Birth of a nation, Intolerance (Dans lequel en prime il jouait un rôle significatif, celui du Rhapsode amoureux de Constance Talmadge) et Way down East (dont il a d'ailleurs été amené à tourner lui -même certaines scènes, tout en doublant Richard Barthelmess dans les séquences fameuses de la fonte des glaces). Il a aussi tourné un certain nombre de longs métrages dans les années 10, le plus souvent issus de la production secondaire de Griffith. Aucun de ses films ne se distingue particulièrement, à part celui-ci, mais je me suis amusé à chercher des éléments sur lui sur internet, et je suis tombé (Sur Wikipédia, certes) sur cette phrase: "He was the first filmmaker to discover the talents of Clara Bow, whom he cast in Down to the sea in ships released on March 4,1923." ...Clairement, on tourne en rond. Heureusement, l'article précise aussi "The independently produced film was well reviewed for its visual authenticity.", ce qui est plus intéressant; car oui, le film de Clifton avait bien cette réputation d'authenticité visuelle. C'est probablement le seul de ses films a pouvoir être vu aujourd'hui, profitons-en donc!

Située en Nouvelle-Angleterre donc, à New Bedford dans le Massachussetts, l'intrigue de Down to the sea in ships conte les aventures de quelques individus engagés dans et autour de la chasse à la baleine, au sein d'une communauté Quaker. Le père Morgan (William Walcott), un ancien baleinier reconverti en propriétaire d'une flottille, et principal employeur de la communauté, souhaite marier sa fille unique Patience (Marguerite Courtot) à un homme du même métier (Et quaker de surcroît), mais elle rêve quant à elle de retrouver le petit garçon qui jouait avec elle, enfant, et qui est depuis parti vers la grande ville. Si Patience est l'enfant unique, c'est parce que son frère aîné a disparu lors d'un naufrage en compagnie de son épouse. Seule leur fille Dot (Clara Bow) a survécu, une adorable petite peste qui a clairement a bougeotte. Visant à mettre la main sur les bateaux, deux fripouilles vont s'immiscer dans les affaires de Morgan: Finner, va essayer de provoquer une mutinerie sur un bateau, pendant que Siggs va essayer d'amadouer le vieux Morgan en se faisant passer pour un ancien baleinier et quaker. Mais Allan Dexter (Raymond McKee), l'ancien compagnon de jeux, revient au pays, bien décidé à revoir celle à laquelle il a pensé tout ce temps. Il a deux problèmes: bien qu'aisé et en bonne santé, il n'est ni quaker, ni baleinier. Devant le refus de Morgan, qui préfère promettre sa fille à l'infâme Siggs, Dexter se fait employer sur un bateau, décidé à devenir harponneur sur le tas... La chasse va être riche en péripéties, d'autant que pour suivre un jeune marin dont elle s'est entichée, Dot est elle aussi passagère clandestine sur le même baleinier...

Beaucoup de personnages, tous présentés durant les quinze premières minutes. Le film prend ses précautions pour installer suffisamment de drames, de mélodrames, d'enjeux et de coups de théâtres potentiels, pour être sur de capter son audience. Toutes ces conventions mélodramatiques fonctionnent très bien, et sont mises en scène avec goût, d'autant que les deux chef-opérateurs ont su tirer parti efficacement d'un tournage essentiellement en décors naturels. Sans parler des scènes prises en mer bien entendu, la photogénie naturelle de a Nouvelle Angleterre, la beauté des bateaux de la deuxième moitié du XIXe siècle sont très bien rendues, et certaines scènes nocturnes sont très réussies. La communauté Quaker est fort bien documentée, avec un certain respect également, ce qui est remarquable, puisque en même temps, Clifton se sert dramatiquement de la rigueur de l'obédience pour servir le mélodrame. De l'école Griffith, le metteur en scène retient le sens du détail documentaire, qui le pousse à saupoudrer d'informations annexes son film, mais sans les gros sabots de l'auteur Griffith, qui ne résistait pas à une occasion de se faire mousser (Voir à ce titre les mentions hors-sujet sur les Bolcheviks dans Orphans of the storm, par exemple...). Mais dans cette production qui exalte l'histoire locale de la Nouvelle-Angleterre, l'essentiel du film consiste bien sur en ces images prises sur le vif en pleine mer, durant lesquelles d'innocents mammifères se font d'ailleurs authentiquement massacrer (Il n'y en aura que trois, deux baleines et un dauphin, dans le film, mais c'est après tout bien suffisant). Elles sont fascinantes, dynamiques, et Raymond McKee et d'autres acteurs paient vraiment de leur personne. le montage en est très serré, et près de cent ans après leur tournage ces séquences gardent leur pouvoir intact...

Maintenant, je parlais il y a quelques instants de conventions, le film en est rempli, et la plus embarrassante, au-delà de la présence de quelques femmes indigènes (On disait probablement des "Indiennes" à l'époque...) semblant plus ou moins réduites en servitude ça et là, mais ce qui n'a rien de surprenant pour une histoire sise en plein XIXe siècle dans le Massachussetts côtier, est bien sur le fait que Siggs, l'infâme bandit qui tente de ravir la charmante héroïne à son papa, afin de mettre main basse sur l'héritage, est en fait... un Jaune! Eh oui, il a dans son patrimoine génétique un soupçon de sang Chinois, donc toute alliance avec la belle dame blanche serait un crime. Pour les Quakers du XIXe, comme pour les spectateurs et censeurs du XXe, bien entendu.

A part Clara Bow, les acteurs de ce film n'ont pas eu une carrière très remarquable, à part peut-être McKee et Coutot, et encore. Les deux acteurs étaient mariés, et l'un, un vétéran de la première guerre mondiale, a eu une carrière en dents de scie de 1915 à 1929 (Son film probablement le plus notable était Three women, de Ernst Lubitsch, dans lequel il avait un pettit rôle, mais il partageait également la vedette avec Lon Chaney dans A blind bargain de Wallace Worsley... aujourd'hui perdu.) Marguerite Courtot, de son côté, a interprété quelques serials jusqu'à 1923. Si l'actrice, cantonnée à un rôle sage de bonne fille qui reste à la maison, ne se distingue pas outre mesure, McKee a une présence très intéressante dans les scènes maritimes, surtout lorsqu'il est harponneur à l'avant d'un canot, en face d'un authentique cachalot de 90 tonnes...

La copie montrée en avant-première en novembre 1922 à New Bedford, Massachussetts, tournage local oblige, durait près de deux heures trente, en douze bobines. Les copies ensuite sorties en distribution nationale avait été réduites à 9 bobines. Certaines scènes (Surtout terrestres, les distributeurs n'étaient pas fous et avaient su repérer dans les scènes maritimes l'essentiel de l'intérêt du film) ont clairement souffert de cette réduction. mais quoi qu'il en soit, ce film survivant garde intacte sa dignité et son importance relative, au-delà de la présence d'une future star.

Down to the sea in ships (Elmer Clifton, 1922)
Down to the sea in ships (Elmer Clifton, 1922)
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Published by François Massarelli - dans Muet Clara Bow 1922
11 février 2012 6 11 /02 /février /2012 16:56

Ce premier Oscar du meilleur film (Qu'il soit plus ou moins mérité que d'autres, comme Seventh Heaven ou Sunrise, importe peu) est une sacrée claque! Tourné en pleine fin de l'age d'or du muet, il est le dernier grand film spectaculaire avant longtemps, et reste encore aujourd'hui une très grande date dans la représentation de la première guerre mondiale au cinéma. La Paramount voulait d'ailleurs frapper un grand coup, en, confiant directement à un vétéran des forces aériennes la rude tâche de représenter le combat aérien, ce qui n'avait jamais été fait. Ce qu'en a fait Wellman est tout bonnement époustouflant, embarquant des caméras sur les avions pilotés par les acteurs eux-mêmes, et assurant avec le concours de l'armée Américaine une reconstitution minutieuse des combats, aussi bien aériens (Sur des ciels exclusivement nuageux, afin de voir les avions se détacher nettement) que terrestres, pour lesquels un terrain a été entièrement transformé en gruyère à coups d'explosifs...

 

1917: Jack Powell (Charles "Buddy" Rogers), jeune homme d'origine modeste et amoureux de la belle Sylvia (Jobyna Ralston), s'engage pour aller en europe. Il rêve de voler, et va donc profiter de l'aubaine. Avec lui, il retrouve son rival David Armstrong (Richard Arlen), le fils de la plus riche famille de la ville; les deux deviennent amis, mais David n'ose révéler à Jack que Sylvia l'a choisi lui, et préfère par amitié le laisser à ses illusions. Les deux jeunes hommes deviennent des pilotes, et la guerre se poursuit, mettant un jour en péril leur amitié...

Une intrigue franchement secondaire, mais qui a de l'importance pour la Paramount aussi bien que pour le public, nous permet de suivre les pas de Mary, l'amie d'enfance interprétée par Clara Bow, alors la plus grande star de la firme. Elle fait elle aussi une contribution à l'effort de guerre, en conduisant un camion de médicaments sur les routes de France. Elle croisera Jack, dont elle est amoureuse, lors d'une soirée un peu trop arrosée aux Folies bergères.

Au-delà d'une représentation très réaliste de la guerre, dont même l'excellent The big parade n'avait offert qu'une vision suggérée des conflits, le film est fascinant pour son refus du manichéisme. C'était déja le cas chez Vidor, mais on les voyait finalement très peu;  jamais ici les Allemands ne sont représentés comme autre chose que des combattants; on n'a pas, comme dans The four horsemen of the Apocalypse, ou Hearts of the world, voire dans J'accuse, l'impression que ce sont des brutes sanguinaires et inhumaines. D'ailleurs, les gestes de bravoure alternent en permanence avec des mains tendues, des moments ou des passerelles sont jetées entre les deux camps belligérants, par fair-play ou par simple humanité: un aviateur Allemand lâche un message au-dessus de l'aérodrome allié pour informer de la mort d'un américain, et Wellman montre à la fin du film une croix de fer sur laquelle un jeune soldat Allemand est allongé, mort... Symboliquement, le film est très clair: lorsque Jack, qui croit son ami mort, se venge sur tous les avions allemands qu'il trouve sur sa route, l'ironie veut qu'il abatte aussi son copain qui a réussi à fuir les lignes ennemies en subtilisant un appareil Allemand... ainsi, c'est une fois de plus frère contre frère, humains contre humains. Wellman sépare la croix de fer, symbole du militarisme allemand, et les soldats... Le parcours de Jack, qui est comme tous les ados américains au début du film, se clôt sur l'arrivée d'un homme, accessoirement d'un héros (Il ne rejette pas l'hommage comme le fait John Gilbert à la fin du film de Vidor, mais on sait qu'il en est embarrassé), qui a grandi en 18 mois bien plus qu'il ne l'aurait cru. La famille et la fiancée de David pleurent en silence, mais comme le dit Mme Armstrong à celui qui de fait est le responsable de la mort de son fils, on ne peut pas en vouloir éternellement aux gens... Dans ce film, il n'y a pas de méchant, juste un conflit. Même la conventionnelle rivalité amoureuse entre David et Jack pour le coeur de la belle Sylvia est basée sur une méprise, et la jolie fille riche a pitié de Jack, sans pour autant en rajouter dans la condescendance.

Wellman joue ici sa carrière, et si on peut croire son fils qui affirme qu'avant ce film le metteur en scène n'avait pas produit grand chose d'intéressant, le fait est que ce coup d'éclat va l'imposer. Beaucoup de producteurs malmenés vont s'en plaindre, mais tant pis: on assiste là à l'éclosion d'un immense cinéaste. Déjà, il étonne par sa capacité à composer en toute circonstance, par le talent dont lui et ses monteurs feront preuve devant la cohérence des scènes de bataille, certaines étant filmées aussi bien depuis les avions que depuis le sol, et il sait déjà donner du poids à certaines scènes en les esquivant: la mort de David, par exemple, vue symboliquement via une hélice d'avion qui s'arrête, ou encore la plus fameuse scène du film: celle avec Gary Cooper. Le cadet White, joué par Coop, est juste une silhouette au début du film. Les deux héros arrivent à leur centre d'entrainement, et s'installent dans leur tente qu'ils partagent avec ce grand gaillard; celui-ci s'en va pour voler, et ne reviendra pas. On assiste à l'accident par le biais de la vision des ombres de deux avions, des ambulances qui se précipitent, depuis la tente même. Déjà, Wellman fait preuve de ce culot devant les passages obligés, le résultat étant d'une force émotionnelle brute, qui implique fortement les personnages et le spectateur (Voire les spectateurs seuls, comme dans la fameuse fusillade de The public enemy, vue à travers la seule bande-son.) On peut éventuellement se plaindre de l'ajout d'une partie non-essentielle au film, avec une Clara Bow qui est là pour générer des entrées. Mais les romances un peu puériles entre David, Sylvia, Jack et Mary servent aussi à souligner les différences sociales qu'on croyait inéluctables entre les riches (David, Sylvia) et les Américains plus modestes (Jack, Mary). La guerre, qui fait de Jack et David des égaux, voire des frères, permet aux moins bien lotis de s'en sortir. L'Amérique se sort ainsi de ses conflits de classe. La scène de la visite de Jack aux parents de David nous fait penser que les parents riches du héros morts vivront tout le reste de leur vie sur des souvenirs ressassés... Une page est tournée, nous dit Wellman. Lui, il le savait, qui a fait cette guerre, en est revenu, et a rameuté tous ses copains pour jouer dans le film. Voilà, tout ça, ça fait un film qu'il était temps que la Paramount sorte du formol: il est superbe. Le seul regret que je puisse exprimer devant le Blu-ray sorti en ce début d'année, c'est que personne n'ait essayé de redonner vie à la version "Widescreen", en 65 mm, avec des passages en écran large. Pourtant celle-ci serait préservée. Dommage...

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Published by François Massarelli - dans William Wellman Muet Première guerre mondiale Clara Bow 1927
16 janvier 2012 1 16 /01 /janvier /2012 09:47

Clara Bow n'était pas qu'une star en devenir en 1927: elle était naturellement jolie et exubérante, il fallait bien qu'un jour ou l'autre elle ait la vedette d'un film. Fleming était aguerri avec ses films pour Douglas Fairbanks, il insufflait une énergie fantastique à ses films: à Hawaii, Hula Calhoun (Bow) a grandi avec les manières des indigènes, et lorsqu'elle voit un homme, un vrai (Clive Brook), elle jette son dévolu sur lui, même si'il est marié. Elle va tout tenter (Du moins ce qu'un film Paramount de 1926 lui autorise). Va-t-elle parvenir à ses fins? 

Disons qu'elle n'y va pas de main morte: elle lui tend des pièges gros comme une maison, finit toujours par se retrouver dans ses bras, et Fleming utilise toutes les ressources de l'euphémisme cinématographique pour nous faire comprendre qu'il ne faudrait pas trop les laisser seuls très longtemps: on voit une cafetière laissée à bouillir à un moment, dont le café déborde dans tous les sens... 

Bref: l'énergie, voila le maître mot; le scénario ne vaut pas grand chose, avec un enjeu simple: ce n'est pas qu'Anthony ne veut pas de Hula, c'est juste qu'il veut rester noble. Etant marié, certes sans amour, il ne souhaite pas profiter de la sitution. Mais Hula va bien sur tout faire, en parfaite dame du jazz age, pour qu'il profite de la situation. En vérité, ce qui compte bien sur, c'est Clara Bow, ses manières, sa danse, son sans-gène, et bien sur son bain sans pudeur, qui prouve dès l'ouverture du film qu'une actrice savait se mouiller à l'époque du muet. Rigolo... Victor Fleming, qu'on imagine en grosse brute du baroud, a toujours été particulièrement à l'aise avec les actrices, on peut en juger avec Ingrid Bergman, Vivien Leigh ou Jean Harlow. et bien sur avec Miss Bow. Toutefois, si on peut voir le film aujourd'hui, on aimerait le voir aussi dans une copie décente, mais ça...

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Published by Allen john - dans Muet Victor Fleming Comédie Clara Bow 1927