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  • : Allen John's attic
  • : Quelques articles et réflexions sur le cinéma, et sur d'autres choses lorsque le temps et l'envie le permettront...
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10 septembre 2022 6 10 /09 /septembre /2022 17:04

Un publicitaire (Jean Dujardin) se jette dans le vide, puis flash-back...

Je ne vois pas l'intérêt de résumer au-delà de ce qui précède ce film boursouflé, qui fait semblant d'attaquer la publicité en en recyclant les pires codes et tous les excès possibles. Il y avait à la base un roman de Frédéric Begbeider, que je n'ai absolument pas envie de lire, et nous avons à l'arrivée un clip vulgaire et boursouflé, des talents gâchés (Dujardin dans un rôle de connard insupportable qui traite lui-même les autres de connards, en particulier, quel intérêt? Et puis Nicolas Marié) le tout dans une mise en scène qui croit avoir tout compris du style de David Fincher dans Fight club, au point d'en reprendre les audaces, du moins Jan Kounen le croit-il.

Passez votre chemin, et faites mieux. Ce ne sera pas difficile de faire mieux que ce navet idiot et prétentieux.

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Published by François Massarelli - dans Comédie Navets
4 septembre 2022 7 04 /09 /septembre /2022 09:29

Diane (Virginie Efira) est avocate; un jour, elle reçoit un coup de téléphone un inconnu a trouvé son portable, et a repéré dans le répertoire un numéro qui indiquait "Maison". C'est ainsi qu'elle fait la connaissance d'Alexandre (Jean Dujardin), qui la change tellement de Bruno, son ex-mari et associé: dans un premier temps elle n'en connaît que la voix, mais il lui promet de lui rendre son portable en échange d'un dîner...

C'est au cours de ce dîner en tête à tête qu'elle se rendra compte qu'Alexandre, qui est architecte, aisé, cultivé et gonflé, fait moins d'1m40: problème de croissance, assure-t-il... 

Le ressort de la comédie, ici, c'est quelque chose qui sert depuis Chaplin, Langdon voire Keaton: le ver de terre amoureux d'une étoile. Sauf que dans la tradition, le ver de terre est un homme (vagabond, marginal...) et l'étoile est une femme (inaccessible, une actrice par exemple, ou "trop belle pour toi"...). Ici, le procédé est inversé, avec deux empêchements de s'aimer en toute tranquillité. Premièrement, Virginie Efira (qui porte talons en permanence et c'est tout sauf un hasard) est de "taille normale" (ce n'est pas moi qui le dis, c'est dans le film!) et Dujardin, tout en assumant pleinement sa taille, est appelé 'le nain' par toute la distribution, jusqu'à des moments gênants, comme lorsqu'une secrétaire lui apporte une paille comme on le ferait avec un enfant. Deuxièmement, la grandeur d'âme (désolé... le titre aussi nous incite au jeu de mots, et il est difficile de prendre de la hauteur) du bonhomme en fait un rêve inaccessible pour une dame qui s'en veut de ce qu'elle considère comme de la mesquinerie...

C'est souvent farfelu (je rappelle que "farfelu" chez moi est toujours un compliment), et si j'ai un regret, c'est dans le fait que les personnages qui entourent nos deux héros soient quand même un peu trop expédiés, surtout ce connard de Bruno. Mais Efira et Dujardin? Comment voulez-vous que ça rate? Elle brille dans la comédie, et sait jouer la confusion à merveille. Quant à Dujardin, soumis à des effets spéciaux draconiens et plutôt réussis, il compose avec aplomb un personnage atypique, qui séduit par l'évidence de son aisance dans la vie. Il n'empêche, regardez-le quand ils se parlent tous les deux, il lui suffit d'un rien pour être touchant... 

Certes, c'est un film qui, en mettant à l'envers les situations comiques, et en affrontant le souci de l'image de la différence, s'intéresse à une forme d'inclusion.. Mais surtout c'est une comédie sentimentale, elle se finit bien. On s'abandonne, quoi!! Vous verrez, ça fait tellement de bien...

 

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Published by François Massarelli - dans Comédie Virginie Efira
29 août 2022 1 29 /08 /août /2022 09:43

2020: en Italie, un bras de fer se joue entre le très Mussolinien Matteo Salvini, ministre de l'intérieur et homme fort (groumf!) du régime, et l'Europe. Pour soutenir l'effort Européen d'accompagnement humanitaire des migrants, deux dirigeants de l'Union (Angela Merkel et Emmanuel Macron) vont visiter un camp de migrants en Sicile. Nathalie Adler, qui travaille pour la commission Européenne dans ce domaine précis, se trouve donc à Catane, pour préparer la visite. Mais rien ne se passe comme prévu: les représentants des deux nations ont chacun des exigences antagonistes; la représentante de Merkel est une ancienne petite amie de Nathalie, qu'elle souhaite reconquérir; les responsables Parisiens trouvent que les migrants et leur accueil sont trop luxueux, et voudraient changer ça en image d'Epinal plus compréhensible pour l'électeur moyen. Enfin, deux grains de sable imprévus vont faire capoter la machine: le fils de Nathalie, avec lequel le contact est difficile, se trouve déjà dans le camp, et sinon, c'est le premier trimestre 2020 en Italie...

Bref: Virus.

C'est mitigé: Baier, qui avait déjà (Les grandes ondes ou A l'ouest) catapulté des journalistes naïfs de la TV Suisse en pleine révolution des Oeillets, s'intéresse ici à une autre période de carambolage loufoque, dans laquelle il trouve matière à s'attaquer à la bureaucratie Européenne. Il n'y va pas de main morte, d'ailleurs! Le personnage d'Isabelle Carré, qui a fui toute sa vie de maman le rôle de mère Juive" qu'elle ne se voyait pas incarner, est confronté à ses propres sentiments pour un fils qui est, il faut le dire, très incontrôlable! La vision d'une Italie en proie à de vieux démons xénophobes sort du champ de la comédie pour entrer de plain-pied dans une vision du réel, mais à côté, cet univers dans lequel on parle constamment plusieurs langues à la fois tient du loufoque pur. La relation mère-fils, ici, tient en grande majorité d'un amoncellement de clichés parfois irritants, mais la vision burlesque d'un technocrate Parisien reprochant à un Sénégalais d'être trop éduqué vaut son pesant de vitriol...

 

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Published by François Massarelli - dans Lionel Baier Comédie
17 août 2022 3 17 /08 /août /2022 09:12

Ne dit-on pas d'une femme qui a eu des expériences sexuelles qu'elle "a vu l'ours"? Justement, ce film parle de nymphomanie et de Pyrénées, c'est une expression appropriée...

Surtout qu'Aurore Lalu (Sabine Azéma), elle l'a vu, l'ours...Avec son mari, Alexandre Dard (Jean-Pierre Daroussin), acteur comme elle, ils sont venus faire un séjour au fin fond des Hautes-Pyrénées, pour régler un problème: Aurore est devenue récemment nymphomane depuis un voyage à Rome, et non seulement Alexandre voudrait que ça cesse, mais aussi il voudrait la reconquérir, parce qu'affectivement ils sont au régime sec depuis trop longtemps... L'idée lui a été inspirée par un souvenir: quand il se sentait devenir un obsédé sexuel, à la fin de l'adolescence, une visite en montagne l'avait guéri, dit-il; il souhaite donc fournir cette possibilité à son épouse.

Seulement, la présence d'un ours (d'origine Bulgare, nous dit-on) va tout bouleverser, mais aussi aider considérablement le couple, qui dans l'ensemble tend plutôt à se défaire encore plus dès son arrivée en vallée de Troumouse... Privilégiée d'avoir vu la bête dès la première nuit, Aurore va singulièrement ressentir l'appel de la nature, et disparaître, vivant nue en "femme sauvage" durant quelques jours, ce dont Alexandre va découvrir que ça lui fait le plus grand bien...

Les frères Larrieu aiment bien opposer une certaine forme de fantastique à des crises (s)existentielles: ici, la rencontre avec un ours particulièrement faux (ce que les personnages eux-mêmes soulignent quand Aurore remarque qu'il "fait pipi debout") va aussi être accompagnée d'un certain nombre d'extases d'un genre plus sûrement spirituel (quoique) que sensuel, et une étonnante et loufoque transformation du couple qui échangent leurs corps sous l'impulsion de la foudre sera le point d'orgue de l'aventure. Et le tout se fait dans les Pyrénées, mais pas n'importe où: en vallée de Troumouse, où souvent nous apercevrons le Cirque du même nom; à Gavarnie, pour un autre Cirque plus célèbre encore. A Gèdre, situé un peu plus au nord, et même à Luz St Sauveur, grande station thermale située sous le massif d'Ardiden. Amoureux de leurs Pyrénées, les frères Larrieu réussissent à échapper à la carte postale en plantant un décor qui change constamment et en y plaçant deux touristes, acteurs de surcroît, tellement imbus d'eux-mêmes qu'ils ne remarquent rien. Comme le dit Alexandre à un moment (il se ravisera): "deux jours en pleine nature, ça suffit!"... 

Mais le film, comme 21 nuits avec Pattie ou Peindre ou faire l'amour, est une quête de soi, une sorte d'ode au laisser-aller, au mélange social et surtout une illustration rigolarde de la nature des acteurs, qui sont justement des gens qui ont oublié ce que c'est que d'être: confrontée à l'exacerbation extrême de son désir, Aurore ne sait plus qui elle est, et Alexandre, qui reste en contrôle, prononce chaque phrase comme s'il s'agissait d'une réplique dans une série de France 2 (ce qui, venant de moi, est tout sauf un compliment)... Mais la confusion des genres qui les attend, et qui les sauvera, était-elle vraiment si inattendue? Car dès les premières minutes, Alexandre lui-même dit qu'il "était nymphomane" en racontant ses vingt ans! Et le phénomène naturel qui va rabibocher les héros tout en les mettant sans dessus dessous, n'est-il pas un coup de foudre?

Il y a beaucoup de plaisir à prendre dans ce film de deux réalisateurs qui aiment eux aussi à se laisser aller, à semer le doute dans leurs films. Il apparaît assez clairement que le film ne s'est pas tourné sur une semaine, par exemple, le temps change brutalement dans la montagne, mais ici il est clair qu'on est situé entre la fin de l'été et le milieu de l'automne... Mais ils soulignent en permanence, par l'intrusion salutaire voire salace du loufoque (trois moines qui chantent les chansons les plus niaises de tous les temps, pour célébrer le fait d'avoir fait la rencontre de la "femme sauvage", et Sabine Azéma, vue au loin en faisant des galipettes, toute nue dans la nature), par des gags idiots mais efficaces (le pauvre Alexandre Dard, qu'on appelle "André Dussolier" à quatre reprises), et par un ton gentiment absurde (non seulement Aurore parle Bulgare sans crier gare, mais un cuisinier venu du Tibet pour s'installer dans le hameau d'Héas donne des champignons hallucinogènes à Alexandre, qui se rend compte que désormais il parle Tibétain...

Accessoirement, on verra ici les beautés et les charmes de l'un des plus beaux coins des Pyrénées, et ça me suffira toujours! Même quand les montagnes sont, littéralement, à l'envers, comme une façon ironique, justement, d'éviter l'effet "Carte postale".

 

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Published by François Massarelli - dans Arnaud, Jean-Marie Larrieu Comédie Mettons-nous tous tout nus
7 août 2022 7 07 /08 /août /2022 11:44

Suzanne Vale est actrice, et lors d'un tournage, elle rate une prise importante, lors du tournage d'un plan-séquence, ce qui agace fortement le metteur en scène: il sait qu'elle abuse des substances les plus diverses... Mais Suzanne continue, jusqu'à ce qu'un amant d'un soir ne la dépose aux urgences, l'estomac plein de somnifères. La mère de la jeune femme, l'actrice légendaire Doris Mann, décide de s'en mêler: et c'est bien ça le problème, car comment voulez-vous que celle qui a gâché la vie de sa fille en étant son poison constant, puisse foire quoi que ce soit pour l'aider à se sortir des travers dans lesquels elle l'a toujours poussée?

C'est une comédie, dans laquelle un sujet particulièrement grave est évoqué, et le script n'est pas dû à n'importe qui, puisque c'est Carrie Fisher qui en est l'auteure; or, on sait que sa mère était Debie Reynolds, qu'il n'est pas bien difficile à reconnaître dans la composition magistrale de Shirley MacLaine, et Fisher elle-même a eu une sérieuse histoire de dépendance (s) à tout ce qui se boit, se fume, s'injecte, se sniffe ou s'avale... Mais on pourrait aussi lire ici un plaidoyer plus large, qui s'inspirerait de Joan Craword et sa fille, ou bien sûr de Marlene Dietrich et Maria Riva.

Le portrait d'un certain aspect pas toujours connu d'Hollywood, et celui d'une vision surréaliste de la maternité est traité au vitriol avec la vision d'une incroyable bête de scène incapable de laisser sa fille vivre par elle-même. Ca aurait pu être exceptionnel. Je reste décidément gêné par la mise en scène de Mike Nichols, et son obsession de mêler le "kitchen sink drama" (globalement, des gens qui s'engueulent) et la comédie, en multipliant les plans-séquences. Meryl Streep en fait trop, ce qui n'est pas rare chez elle. Reste la prestation parfaite d'une actrice de légende, qui n'hésite pas à se présenter au naturel ( si ce n'est pire qu'au naturel) sans rien perdre ni de son génie ni de son extraordinaire charme. 

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Published by François Massarelli - dans Comédie
5 août 2022 5 05 /08 /août /2022 09:55

Arthur Martin et Baia Ben Mahmoud. C'est le nom des gens qui sont en fait les principaux protagonistes du film: Arthur (Jacques Gamblin), fils d'un couple qui a passé la vie à tout enterrer: drames, émotions, sentiments... C'est que madame martin mère, née Cohen, a vécu le drame de tant d'enfants juifs rescapés: ses parents, eux, un couple de juifs grecs fraîchement immigrés en France, ont péri dans un camp de concentration. Alors les Martin ont fait comme tant de français dans les trente glorieuses, un voile sur la passé... Baia (Sara Forestier), elle, en revanche, n'a pas peur de dire les choses, même si il y a une ombre terrifiante dans son enfance. Fille d'un immigré Algérien longtemps clandestin et d'une militante de la militance (quelle que soit la cause, on se battra), elle utilise sa sexualité comme une arme de destruction de ceux qu'elle appelle les Fachos... Tous ceux qui sont à droite d'elle, et ça fait du monde! Elle couche avec eux pour les changer...

Arthur, qui a passé sa vie à adopter les méthodes de déni de ses parents, est de gauche, car il est jospiniste: en 2010, soit huit années après la débâcle de 2002 qui a vu un opportuniste vaguement de droite se faire réélire président face à un nostalgique du nazisme, écartant celui qu'Arthur considère comme l'homme politique le plus intègre, il n'a jamais abandonné sa foi en lui. Il fait un métier assez peu courant, puisqu'il est épidémiologiste animal, allant sur les plateaux télé pour alerter l'opinion aux dangers du H5N1, la grippe aviaire. Il fait aussi la tournée des oiseaux morts, et c'est lors de son passage à la télévision qu'il rencontrera la bombe Baia Ben Mahmoud, venue brièvement faire un petit boulot de standardiste. Leur rencontre est explosive, et si Baia sera peu changée par sa rencontre avec le très effacé Arthur, en revanche, celui-ci ne sera plus jamais le même après avoir fait la connaissance de l'explosive petite brune...

Le titre se justifie pleinement: pour Baia et Arthur, en effet, le nom des gens va toujours jouer un rôle dans leur vie. En l'appelant Baia, les parents de la jeune femme ont non seulement célébré un héritage, ils lui ont offert aussi une occasion de défendre son identité: car à tous ceux qui émettront l'idée que son prénom puisse être d'origine Portugaise ou Brésilienne, elle peut rétorquer qu'elle est, en fait, Algérienne. Mais Arthur n'est pas aussi bien loti derrière son prénom banal, puisqu'il n'a qu'à répondre au questionnement incessant de ceux qui croient qu'il est de la famille des cuisinistes Arthur Martin!

Et le film, entre ses deux narrateurs (le début est brillant, avec Gamblin et Forestier qui nous font revivre leur jeunesse en s'adressant directement à la caméra), nous invite à une petite promenade dans un certain pan de l'âme française, entre ses prénoms banals et ceux plus spectaculaires de ceux qui par millions, depuis la nuit des temps sont venus changer un peu notre patronymie, e beaucoup notre caractère, parce que n'écoutez pas les affreux obsédés de l'Hidentité française, tant qu'il y aura un peu d'étrangers dans le melting pot franchouillard, nous serons collectivement moins cons. Et 9a Michel Leclerc (qui a du souvent, dans sa vie, expliquer qu'il n'avait aucune relation avec la chaîne de supermarchés) et Baya Kasmi la scénariste (de Baia à Baya, il n'y a qu'un pas) l'ont sans doute non seulement compris, mais aussi vécu.

Et si le film n'est pas toujours parfait (certes, la scène du supermarché est drôle, mais est-il vraiment possible que le déshabillage intégral de Sara Forestier, distraite, qui a oublié qu'elle était nue avant de sortir de chez elle, était-il vraiment nécessaire, ou bien ne serait-ce pas plutôt un argument de vente? ...dans le doute, je vais les suivre, voir plus bas) il affiche une constante tendresse, que ce soit de Baia vers son admirable père (Zinedine Souallem) ou même à l'égard des parents coincés d'Arthur. Et à côté, les auteurs s'attaquent aux conservatismes de tout poil (les fameux fachos qu'il s'agit de "convertir" par l'orgasme) avec une belle insistance. Quoi qu'il en soit, le film est donc un beau moyen de contrer la tendance générale, en rappelant avec humour certaines vérités et en se promenant aussi dans la confusion idéologique des années 2000. Et en compagnie de l'authentique Lionel Jospin, le seul, l'unique. Et aussi, avec Arthur Martin, le seul Jospiniste.

 

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Published by François Massarelli - dans Comédie Mettons-nous tous tout nus Lionel Jospin
2 août 2022 2 02 /08 /août /2022 07:25

Alors que son fiancé (Fred Mace) souhaite passer du temps avec elle et flirter un brin, Martha (Mabel Normand) est plutôt attirée par l'aviation, et voudrait passer le clair de son temps dans un appareil avec l'aviateur Philip Parmelee...

C'est un des derniers films Biograph de Mack Sennett, alors qu'il mettait au point son équipe, tout en bénéficiant des avantages de l'unité de David Wark Griffith: on constatera que parmi les protagonistes Mexicains ou supposés tels de ce petit film tourné en Californie, figurent outre Sylvia Ashton qui allait devenir une actrice régulière de la Keystone, se trouvent Kate Bruce et Jack Pickford... 

L'autre chose que Sennett met ici en oeuvre, c'est le fait de profiter de ce qui existe et d'improviser plus ou moins un film, ou une série de scènes, autour d'un univers déjà existant: ici, c'est bien sûr un aérodrome des premiers temps. A ce sujet, ce très court métrage est sans aucun doute l'un des tous premiers films de fiction faisant intervenir l'aviation. Et Mabel Normand était une star qui n'avait pas froid aux yeux, puisque c'est bien elle qu'on voit dans le dangereux appareil volant à la fin, en compagnie d'un proto-aviateur qui n'avait plus que quelque mois à vivre.

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Published by François Massarelli - dans Muet Comédie
31 juillet 2022 7 31 /07 /juillet /2022 08:46

Un "whopper", c'est un mensonge tellement gros, tellement improbable, tellement incroyable et idiot, qu'on ne peut pas le croire. Mais comme chacun sait, me dira-t-on, "plus c'est gros, plus ça passe"? ...Pas dans ce film en tout cas!

Deux amis et voisins sont partis en bordée, et la gueule de bois monumentale de l'un (Snub Pollard) trahit la vraie nature des agapes auxquelles ils se sont adonnés. Rappelons qu'en 1920, la prohibition sévit... L'autre (Noah Young) propose donc de synchroniser les versions qu'ils raconteront à leurs épouses: l'un chassait le canard, l'autre pêchait le poisson. Mais quand Snub veut conter sa pêche à Marie Mosquini qui joue son épouse, le poisson s'est transformé en canard. Il se lance donc dans une évocation d'une pêche/chasse épique avec un canard piscivore en vedette...

C'est totalement, irrémédiablement et glorieusement idiot, tellement Pollard et son complice, le réalisateur Charles Parrott (pas encore Chase) assumaient la loufoquerie de leur inspiration. Même dans un court d'une bobine un peu feignant, comme celui-ci, l'inspiration surréaliste et délirante de ces gens fait du bien à l'âme! 

 

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Published by François Massarelli - dans Muet Comédie Charley Chase
25 juillet 2022 1 25 /07 /juillet /2022 06:41

Caroline (Isabelle Carré) était aux Baléares quand elle a appris la nouvelle: sa maman, qui l'avait élevée seule et dont elle était très éloignée, est morte, comme ça, d'un coup. Et il lui a fallu se rendre chez elle, dans la Montagne Noire, dans l'Aude, où elle n'a jamais mis les pieds, pour assister aux obsèques et expédier les affaires: vendre la maison, gérer l'héritage et passer à autre chose. Mais sur place, elle va être confrontée à un certain nombre de contretemps: pour commencer, le corps, une fois qu'elle l'aura vu, aura disparu; ensuite, il y a toute une faune dans et autour de la maison, des amis de la famille, des ouvriers qui s'affairent entre deux plongeons dans la piscine; l'amie de sa mère, Pattie (Karin Viard) est son opposée en tous points et passe son temps à déballer ses histoires de sexe avec une franchise étonnante (alors que Caroline est privée de désir, et abstinente depuis longtemps), un mystérieux visiteur (André Dussolier) va se présenter comme étant «ami de Zaza (la mère) et un écrivain célèbre» vient s'installer dans la maison, et Caroline se découvre une attirance singulière pour le très jeune fils de Pattie... Bref, l'échappée qui devait durer 48 heures, va se prolonger, et le séjour va chambouler l'existence de Caroline...

Le titre se concentre sur Pattie, le personnage de Karin Viard, et d'ailleurs cette dernière et pour beaucoup dans les qualités du film, ce côté provocateur d'une femme qui vit sa vie et sa sexualité en symbiose parfaite avec son environnement, et qui, pardonnez-moi l'expression, appelle constamment un chat une chatte! Ce n'est pas la première fois que les Larrieu se reposent sur la sportivité et l'abattage de l'actrice, et c'est un régal de l'entendre raconter en termes classés X des aventures salaces. Mais de fait elle reste un personnage secondaire, de luxe! Comme Dussolier, qui joue sans doute le premier rôle de potentiel nécrophile de sa distinguée carrière, comme Sergi Lopez qui lui interprète le mari de Caroline, avec lequel elle tente de maintenir le contact téléphonique malgré des moyens techniques défaillants. L'enquête, pour disparition de cadavre et soupçon de nécrophagie, voire nécrophilie (!) va elle aussi passer au second plan.

Car ce ui va compter dans cette étrange comédie, c'est le changement offert par les circonstances. Alors d'emblée, est-ce à cause de la canicule chronique qui endommage mes circuits, est-ce parce que des indices nous y conduisent, quoi qu'il en soit j'ai pensé devant ce film avec un étrange crime sans véritable issue, à The Canterbury Tale de Michael Powell, et cette halte inattendue, ressentie comme un profond bouleversement par des personnages qui n'attendaient pas mieux. Stressée, éloignée de l'essentiel, sans véritable attache (elle vit avec un mari aimant, ils ont deux enfants ensemble et elle n'a pas encore été foutue d'intégrer qu'il est Catalan et non Espagnol, un détail qui revient plusieurs fois dans des conversations qui ressemblent à des dialogues de sourds. Et en venant chez sa défunte mère pour le première fois, Caroline va pour la première fois, semble-t-il, s'ouvrir à la possibilité qu'elle ait un père!

Le film recourt, à sa façon bien sûr, à la mythologie, à travers un certain nombre d'éléments. Si je ne sais que faire de la référence au tarot (le titre du film est partie intégrante de l'intrigue c'est le titre d'un livre que la mère souhaitait écrire en hommage au personnage de bonne vivante qu'était sa voisine et amie: 21, c'est le plus fort atout du tarot, pour ceux qui ne la savent pas), en revanche, on trouvera dans le film un archer à demi-nu, au moins une créature mystérieuse dont nous ne verrons que la silhouette, au bord d'une cascade enchanteresse, un faune (voire un satyre), incarné par Denis Lavant et une diction hilarante, et une nature constamment en fête, qui invite avec autorité Caroline à tout reconsidérer. Le voyage, pour elle, va la ramener vers sa mère en la poussant à adopter son point de vue, et bien sûr c'est Pattie et sa sexualité débridée qui vont montrer le chemin... Et le tout commencera par un sacrifice d'animal, un chevreuil percuté par une voiture: Caroline l'appellera «une biche», mais c'est un mâle; quand je vous dis qu'elle est en pleine confusion! Mais dans cette escapade imposée, Caroline va apprendre à aller vers l'autre, se laisser aller enfin. Et le film va d'ailleurs, dans sa forme même, intégrer cette ouverture, en passant du format 1:33:1, plus resserré, à un écran plus large enfin, une fois qu'elle aura accepté de s'ouvrir...

Ce qui aurait pu être un fourre-tout devient une halte bienvenue, arrosée, drôle et touchante, dans un pays à part, qui n'a pas l'air vrai de prime abord. Mais il l'est.

 

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Published by François Massarelli - dans Comédie Arnaud, Jean-Marie Larrieu
23 juillet 2022 6 23 /07 /juillet /2022 21:52

Jean-Louis (Laurent Lafitte) a 42 ans, il est marié et avocat. Dans ces trois domaines, il sent qu'il y a quelque chose qui cloche: il ressent un certain désoeuvrement plutôt que le démon de midi (comme en témoigne un début de rencontre tarifée avec une jeune dame au bois de Boulogne, qui s'avère être un homme, ce qu'il n'avait pas vu venir), le mariage s'essouffle, et le métier bat de l'aile. Il ne semble plus vraiment convaincre ses clients. C'est ce moment que son coeur a choisi pour cesser de battre. Non qu'il soit mort, mais son coeur refuse obstinément de battre et de fonctionner, comme le lui confirme son ami Michel (Vincent Macaigne), le vétérinaire...

Conseillé par son épouse Valérie (Karin Viard), il va se confier à Margot (Nicole Garcia), une coach de vie un rien gourou sur les bords, qui voit tout de suite la solution: bien qu'il n'ait pas communiqué avec elle depuis 4 ans, il va lui falloir aller voir sa mère (Hélène Vincent) et... prendre son vagin en photo. Il a trois jours, sinon Margot (qui est redoutablement efficace, comme elle le prouve en devinant toute sa vie rien qu'en regardant un patient) prédit qu'il mourra... 

Laurent Lafitte, pensionnaire de la Comédie Française, a rédigé lui-même une adaptation de la pièce de Sébastien Thiéry. Si on excepte le fait que le film repose sur peu de personnages, et qu'il est construit en actes, il a aéré l'intrigue et on ne ressent pas trop cette origine théâtrale... Bien sûr, le sujet est propice aux débordements, mais si Lafitte se permet de provoquer avec aplomb, il reste quand même attaché à une comédie de caractères, avec des duos fabuleux (Lafitte-Viard, Lafitte-Macaigne, Macaigne-Vincent) et des trios hilarants (Lafitte-Macaigne-Vincent, mais aussi Lafitte-Viard-Garcia, dans des scènes allègrement dominées par cette dernière en gourou autoritaire!). Les scènes drôles sont accumulées, et la comédie est tempérée d'une part par un sujet dont le fond reste grave, et par la justesse et le talent des acteurs.

Tout n'est pas que dosage savant ici, le sujet est grave et plus profond qu'il n'y paraît... Chez Jean-Louis, tout tourne autour de la peu du sexe féminin, symbolisé par l'absurde quête d'une photo d'une octogénaire qui n'avait certes pas demandé à être traitée comme elle va l'être à travers une série hallucinante de stratagème tous plus délirants les uns que les autres. Et Lafitte va au fond des choses, y compris dans une scène où pour pousser la mère à se déshabiller, le couple et leur ami accueillent la vieille dame dans le plus simple appareil... 

Mais au-delà de cette peut de la féminité, se cache un traumatisme plus profond (qui explique les allusions plus qu'insistantes au fait que Karin Viard, plus âgée que Lafitte, joue plus une mère de substitution qu'une épouse!): la faille de Jean-Louis, c'est en fait sa mère, et une scène de révélations toutes plus horribles les unes que les autres, nous l'expliquera. Bref, on n'a pas vraiment le temps de faire la fine bouche, même si au dernier acte, les provocations prenant la place des gags, le rythme se tasse un peu. Ca reste une belle surprise, pas si éloignée que ça des films d'un Dupontel qui lui aussi a traité du problème de la mère avec Le Vilain...

 

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Published by François Massarelli - dans Comédie Mettons-nous tous tout nus