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  • : Allen John's attic
  • : Quelques articles et réflexions sur le cinéma, et sur d'autres choses lorsque le temps et l'envie le permettront...
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28 juin 2022 2 28 /06 /juin /2022 14:59

Le professeur Jérôme Nordmann (Jean Marais), biologiste éminent mais un peu lessivé, travaille sur les à-côtés de la congélation pour conservation de la vie. Il invente un procédé qui pétrifie les êtres en les gardant vivants, mais qui a l'amusante particularité de diminuer la taille par dix. Cette découverte est effectuée par Monette (Agnès Laurent), l'assistante qui en pince pour lui, mais ce n'est pas du goût de la fiancée de Jérôme (Geneviève Page)...Pour dissimuler leur relation de plus en plus intime, et mener l'expérience à son terme, Monette décide de tester le produit sur elle-même...

C'est une quantité d'eau salée, proportionnellement apte à envelopper le sujet selon sa taille, qui permet la dé-pétrification: par exemple, pour une fourmi, une larme suffit... mais pour une femme normalement constituée? Heureusement, le film a été tourné à Marseille, ce qui permet une scène où Jean Marais court vers une crique dans les calanques puis se jette à l'eu, en maillot de bain, une figurine à la main... qui une fois jetée à l'eau se transforme évidemment en Agnès Laurent, nue! Je ne sais pas dans quelle mesure cette scène a joué pour convaincre les producteurs, mais passons: ce petit machin modeste et bizarre est donc d'une certaine rareté, qu'on en juge: une comédie fantastique Française réalisée par un cinéaste débutant...

Débutant, mais pas sans carnet d'adresses, car d'une part Jean Marais (mais pourquoi, grands dieux???), c'est à l'époque un déjà monstre sacré du cinéma populaire... Et d'autre part, les copains se sont donné le mot pour apparaître dans le film: outre la scénariste France Roche qui joue la grande copine de Geneviève Page, on trouvera donc non seulement les metteurs en scène Léo Joannon, Alexandre Astruc pour des petites apparitions, et Jean-Pierre Melville pour un rôle plus substantiel, sans parler de Boris Vian soi-même!

Donc on a tous les ingrédients pour une comédie gentiment farfelue, en fait. Et à l'arrivée, c'est gentil. C'est tellement gentil que ça n'a pas du coûter bien cher! C'est une comédie, sans aucun doute. Mais ce n'est pas très farfelu, même si on a l'impression que tout est fait pour... La faute, sans doute, au fait que ce film est essentiellement consacré à la lutte de deux esprits libres (Marais et Laurent) contre les convenances, alors qu'en fait ils sont eux-mêmes pétris de tradition! Comme souvent en France, aucun effort particulier n'est fait pour consolider l'aspect fantastique et on passera sur l'impression insistante selon laquelle un scientifique, ce n'est qu'une personne qui cherche ce qu'il pourrait bien chercher, mais en blouse blanche...

 

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Published by François Massarelli - dans Comédie
25 juin 2022 6 25 /06 /juin /2022 08:53

Un mari trompé (Jean Marsan) tente par tous les moyens de passer sa colère sur son rival (Edouard Molinaro), qui tente lui-même par tous les moyens d'échapper au courroux de sa propre épouse... 

Molinaro qui sera pendant plusieurs décennies un réalisateur sûr, mais sans génie, avait au moins le sens de la comédie cinématographique. Je ne parle pas de cette insistante et agaçante manie qu'ont les français de faire reposer le rire sur le texte, puisque ce film est muet... Un "à la manière de", situé par le propos très boulevardier (on est en plein Feydeau) et par les costumes, dans la première décennie du XXe siècle, au temps où le cinéma balbutiait. Mais le cinéma, ici, ne balbutie pas du tout, il est sûr de lui, d'une grande précision, totalement irrésistible, et servi par des acteurs qui se donnent à fond. Parmi eux, on ne peut pas s'étonner de trouver Yves Robert, clairement dans son élément dans cette comédie burlesque muette, un genre qu'il connaît bien et le prouvera plus d'une fois.

Et pendant ce temps, un cycliste...

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Published by François Massarelli - dans Edouard Molinaro Comédie (Muet) Yves Robert
25 juin 2022 6 25 /06 /juin /2022 08:33

Arsène Baudu, escroc de son métier, est un minable... Et un jour, en essayant d'arnaquer Hyacinthe Camus, ancien policier révoqué devenu l'employé malheureux d'un détective privé, il ne sait pas qu'il vient de rencontrer, en quelque sorte, l'âme soeur... Un autre escroc en germe, tout aussi minable, mais avec de l'ambition.

Seulement, quand deux escrocs minables décident de s'attaquer à n'importe qui, ils peuvent tout à fait commettre la pire bêtise de débutants: tomber sur un autre escroc, mais autrement plus talentueux. C'est ainsi que Baudu (Jean Lefebvre) et Camus (Bernard Blier) vont rencontrer Alexandre Larsan-Bellac (Paul Meurisse), un monsieur qui a du cran, de l'ambition, de la jugeote, des idées, et qui va les prendre tous deux sous son aile pour s'attaquer à des victimes plus conséquentes, et tant qu'à faire essayer un coup double: monter un bobard monumental pour un pigeon en or (Michel Serrault) en lui faisant croire que le gouvernement soviétique est prêt à rembourser les fameux emprunts russes de sinistre mémoire, et de l'autre séduire une femme du monde richissime...

Un "faisan", en argot, c'est un escroc spécialisé dans le faux passage d'information commerciale. Ici, on a plus d'un exemple de ces personnes qui exploitent une faille psychologique de leurs victimes en prétendant leur fournir exactement ce dont ils rêvent, au bon moment. On peut faire confiance au binôme scénariste (Albert Simonin)-dialoguiste (Michel Audiard) pour se débrouiller d'une telle situation... Et Molinaro, qui a commencé résolument dans la comédie, commence brillamment son film, ave une narration au quart de tour, qui lui permet de camper très vite deux personnages magistralement définis et complémentaires. Il y a une magie particulière derrière l'association entre Blier et Lefebvre, qui en rappelle une autre... C'est un peu Laurel et Hardy, en moins poétique sans doute, mais le résultat, pour eux, sera toujours le même...

C'est pour ça qu'on tique un peu quand Meurisse (excellent pourtant, comme d'habitude) vient se placer entre eux, car il les sépare... C'est, à partir du deuxième tiers, une comédie plus convenue, drôle, ça oui, mais pas aussi allègre et qui fera définitivement moins d'étincelles... Bref, on rentre un peu dans le tout venant de la comédie policière française telle que la pratiquaient de nombreux metteurs en scène autour des dialogues de Michel Audiard. Et Lefebvre avec Meurisse et Blier, finit par disparaître purement et simplement...

 

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Published by François Massarelli - dans Edouard Molinaro Michel Audiard Comédie
24 juin 2022 5 24 /06 /juin /2022 16:54

Il faut croire que le cinéma parlant s'est bâti sur des faux courts métrages didactiques! Celui-ci, tourné quelques 17 ans avant le film suivant d'Audiard (Faut pas prendre les enfants du Bon Dieu pour des canards sauvages) est donc consacré au fait de marcher... Un historique aussi loufoque qu'approximatif précède une série de variations, toutes menées par une voix off commentant un montage de diverses sources.

On reconnaitra la voix de Maurice Biraud, qui par ailleurs interprète aussi, parfois, sur l'écran, des rôles de certains protagonistes, dont Littré soi-même. Le film s'amuse de situations, mais aussi d'expressions toutes faites, ce qui ne nous surprendra pas...

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Published by François Massarelli - dans Comédie Michel Audiard
24 juin 2022 5 24 /06 /juin /2022 16:46

Au commencement, Les Bonnes manières... Oui, car c'est non seulement le titre, mais aussi le sujet de ce film de trois bobines, construit autour d'une causerie menée par Hubert Deschamps: le rappel des dites manières, en toutes circonstances... Au théâtre, lors du décès d'un proche qui va potentiellement nous permettre d'hériter, à table, en pleine rue... La conférence est illustrée grâce à des acteurs, parmi lesquels on reconnaît Rosy Varte, mais aussi Yves Robert, bien sûr.

C'est dans la continuité de l'oeuvre théâtrale, souvent basée sur des variations sur un thème (rappelons que Robert s'est rendu incontournable en adaptant les Exercices de Style de Raymond Queneau). Mais c'est du cinéma, qui profite allègrement grâce au bon goût de son metteur en scène (qui avait gardé un lien évident avec le cinéma muet) de l'invention visuelle, en plus d'être aussi parfois drôle par des situations plus écrites. On retrouvera cette veine dans le plus risqué (puisque plus long) Les hommes ne pensent qu'à ça, sorti en 1954...

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Published by François Massarelli - dans Yves Robert Comédie
24 juin 2022 5 24 /06 /juin /2022 13:21

Des prisonniers s'évadent... dans une prison où les lois de la motricité sont régulièrement inversées: bref, les gens marchent à l'envers...

Pour commencer, Bitzer est surtout connu comme l'impeccable chef-opérateur de D.W. Griffith entre 1908 et 1929, et à ce titre a mis la main sur un nombre conséquent de chefs d'oeuvre et autres films primordiaux du cinéma. On va le dire tout de suite, oui, il a aussi participé aussi bien à Intolerance qu'à The Birth of a nation... Mais avant l'arrivée de Griffith à la Biograph, Bitzer avait aussi, un temps, été réalisateur... 

Ce film assez amusant est en réalité basé sur un truquage; le décor est unique, un couloir de prison: à droite, les cellules, au fond un escalier. Les gardiens et les prisonniers avancent ou reculent en fonction de leur destination, en avant ou en arrière. Les coutures ne se voient pas, et c'est totalement absurde...

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Published by François Massarelli - dans Billy Bitzer Muet Comédie
24 juin 2022 5 24 /06 /juin /2022 13:15

Nul ne sait qui est le metteur en scène de cette très courte comédie, même si le nom de J. Stuart Blackton a circulé. ce serait assez logique, puisqu'il était le principal metteur en scène à la Vitagraph. C'est essentiellement une comédie des premiers temps, qui repose autant sur le grotesque que sur un truc:

Un mendiant manchot se voit offrir une prothèse expérimentale de bras. Mais la chose n'en fait qu'à sa tête, étant facétieuse, et plus encore kleptomane... 

C'est amusant, même si le film qui à un moment montre le "héros" aux prises avec un usurier se vautre dans les stéréotypes antisémites en montrant le dit commerçant... Le cinéma ne s'est pas construit que sur du velours.

 

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Published by François Massarelli - dans Muet Comédie
21 juin 2022 2 21 /06 /juin /2022 06:33

Un groupe de touristes Anglo-Saxons visitent une réserve, et les toilettes des dames sont une source d'inspiration pour une jeune femme de la tribu. Elle se rend en ville pour acheter des vêtements, se retrouve attifée n'importe comment, et son petit ami qui l'a suivie déclenche une panique...

Le film serait totalement passé inaperçu s'il n'était aujourd'hui sorti de la naphtaline précisément en raison du nombre d'accrocs au politiquement correct qu'il contient... A commencer par son titre: de la même manière qu'en 2022 on ne peut raisonnablement appeler aux Etats-Unis les populations indigènes des Indiens, le terme squaw est par exemple suffisamment offensif pour être symboliquement réduit (le A est remplacé par une étoile) sur des fiches consacrées au film, publiées par exemple sur IMDB.com...

Je passe sur l'idée d'un groupe de touristes se rendant à la réserve comme on se rend au zoo, sur le fait que les membres de cette "tribu" (je suppose que le terme est également problématique) soient habillés en permanence en costumes traditionnels, ou sur le fait que tout se résoudra dans un scalp... Ce court métrage nous montre qu'il y a, quand même, eu du chemin de parcouru. Notons que la plupart des protagonistes habitant la réserve ont par contre été interprétés par d'authentiques membres d'une communauté indigène.

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Published by François Massarelli - dans Muet Comédie
20 juin 2022 1 20 /06 /juin /2022 16:04

Daisy Doodad (Florence Turner) est obsédée par une compétition bien particulière, qui consiste à réaliser les plus belles grimaces... Elle va tout faire pour réussir à obtenir le premier prix, y compris se faire sérieusement remarquer dans la rue: voir illustrations...

Pour reprendre une expression anglo-saxonne (triple threat), Florence Turner, comme Lois Weber, était une triple menace: actrice, scénariste, réalisatrice... Ce court film date d'une période durant laquelle la comédienne tournait à Londres, et part d'une authentique tradition Anglaise, le concours de grimaces...

Le film est surprenant parce qu'il réussit à faire la jonction entre la comédie mesurée telle que, par exemple, Weber mais aussi Alice Guy la concevaient, et y injecte une solide dose de grotesque par le seul truchement des grimaces de Mme Turner. Celle-ci, par ailleurs, n'a pas peur d'y aller franco!

C'est donc une comédie qui prend racine sur la peinture des classes moyennes, et en cela elle est très en avance, car c'est exactement la direction que va prendre le genre aux Etats-Unis dans les années 20. Et puis elle est rigolote, ce qui ne gâche rien... Pour accomplir une partie de ma mission (secrète) d'édification des masses, j'ai ajouté à cet article une phot de Mme Turner au naturel. Je vous laisse la trouver...

 

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Published by François Massarelli - dans Comédie Muet
20 juin 2022 1 20 /06 /juin /2022 15:57

Deux femmes se font mutuellement peur, suite à l'annonce d'un meurtre sanglant, elles voient dans leur salon des ombres menaçantes...

Le film serait totalement anecdotique, une comédie burlesque, voire grotesque, de plus, s'il n'y avait un traitement très intéressant, et assez en avance: deux années avant Lois Weber et son traitement définitif du split-screen dans Suspense, Bosetti utilise le procédé pour montrer simultanément les ombres mystérieuses, les victimes potentielles et leurs réactions, disons, excessives, et la police qui se met en route... en en faisant des tonnes. Nul doute que le cinéaste facétieux ne mette en boîte le split-screen tels que les Danois l'avaient utilisé l'année précédente.

Mais on est chez Gaumont, tout se terminera de façon apaisée et dans la bonne humeur: ouf!

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Published by François Massarelli - dans Romeo Bosetti Muet Comédie