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  • : Quelques articles et réflexions sur le cinéma, et sur d'autres choses lorsque le temps et l'envie le permettront...
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14 avril 2017 5 14 /04 /avril /2017 08:57

Le nom de Robert Macaire est pour toujours associé à un film, Les enfants du Paradis, qu'on n'a plus besoin de présenter. Il était, rappelons-nous, non pas un personnage du film, mais  le personnage qui avait donné la notoriété à l'acteur Frédérick Lemaître, incarné dans le film de Carné par Pierre Brasseur; Ce qui, du reste, était conforme à la vérité historique, puisque Lemaître avait triomphé au théâtre en 1832 en interprétant non seulement le personnage de Macaire dans la pièce L'auberge des Adrets, mais aussi la pièce elle-même, transformée par la grâce du laisser-aller volontaire et de l'improvisation calculée, en une pochade alors que l'intention de ses auteurs était mélodramatique... Macaire n'a existé que dans cette pièce, il est malgré tout l'archétype du brigand de cette première moitié du XIXe siècle. C'est l'époque de la fin des dernières conséquences du passage de Napoléon, des décombres de feue la Révolution Française, d'une restauration qui se cherche, et dans l'imaginaire collectif, c'est l'époque de Vidocq et des premiers trains; la campagne est encore un monde complètement éloigné de la ville, mais pour combien de temps? C'est ce monde qui vit ses derniers instants, que parcourent dans le long film d'Epstein Robert Macaire (Jean Angelo) et son fidèle compagnon Bertrand (Alex Allin).

Ces "aventures" sont au nombre de cinq, le film épousant la forme d'un serial classique... Mais ces cinq "aventures" seront en fait exploitées en deux temps: le premier épisode se compose des trois premières, et les deux suivantes se retrouvent donc dans le deuxième service. Entre les deux, un cliffhanger en forme d'un saut dans le temps, de 17 années... Macaire et Bertrand sont deux brigands professionnels, sans le sou évidemment, qui parcouret les routes à la recherche de rapines. Leur armes favorites: la ruse, le déguisement, la persuasion plutôt que la violence. On les voit détrousser une fermière pingre qui leur a refusé un repas, en jouant sur sa superstition: ils sont déguisés, respectivement, en St Antoine (Que la fermière aime tant prier) et son cochon. Mais lors de leur première aventure , ils font la connaissance de la belle Louise de Sermèze (Suzanne Bianchetti), qu'ils sauvent, en se faisant passer pour le Vicomte de la Tour Macaire et son intendant Picard... Louise et Macaire s'aiment, ce qui n'est pas du goût de tous. Apprenant qui est réellement Macaire, le frère de Louise (Nino Costantini) tente de les faire arrêter; ils le seront finalement, au terme d'une aventure ou d'une autre... Et la deuxième partie les verra revenir sur le théâtre de ces événements, pour permettre à la fille de Louise disparue, et donc la fille de Robert Macaire lui-même) de connaître un meilleur destin que son père... Tout en faisant quelques affaires, bien entendu.

Le format surprend, d'autant qu'Epstein, qui a si souvent versé dans le mélodrame, n'a pas pour habitude de faire durer ses films aussi longtemps... Mais le propos avec ce Robert Macaire qui est une commande de la compagnie Albatros (La dernière des collaborations d'Epstein pour cet excellent studio), était de fournir à moindre frais du picaresque décoratif, et quoi de mieux que cette époque bénie, ces costumes si caractéristiques, et le frisson facile de la rapine, du brigandage, et de la vie au jour le jour et au grand air de deux fripouilles sympathiques? Deux types qui s'adorent, se complètent, mais se signalent l'un à l'autre leur amitié indéfectible en se faisant mutuellement les poches... Car bien sur, à l'imitation de Lemaître, le film ne se prend jamais vraiment au sérieux. Pour preuve, cette présentation de leurs exploits par une famille de paysans qui se racontent des horreurs à la veillée, dans laquelle Angelo et Allin incarnent des versions terrifiantes (Et sérieusement exagérées) de leurs personnages... Personnages que nous connaissons déjà, et dont le public peut apprécier le décalage par rapport à l'image de ces horribles voyous inquiétants qui nous sont montrés dans cette narration au coin du feu!

Epstein et son équipe se sont tranquillement promenés dans les campagnes et vallées provençales, faisant merveille avec les décors naturels, profitant justement des lieux pour alterner de façon efficace les gros plans (son pêché mignon, il fait le rappeler) et les plans d'ensemble qui inscrivent les aventures picaresques de Macaire et Bertrand dans la nature même, une nature bien sur encore proche de celle du XIXe siècle, mais condamnée tôt ou tard à disparaître. Il fait taire ses petites manies d'avant-gardiste, au profit d'une narration tranquille et linéaire, laissant ses acteurs faire leur travail en toute simplicité: pas d'excès, mais beaucoup de clins d'oeil dans les aventures de Macaire. Angelo a trouvé l'exact milieu entre le sérieux d'un bandit qui se prend toujours pour quelqu'un d'important, y compris quand on l'arrête, et le fieffé escroc pour lequel plus c'est gros, plus ça passe... Bref, avec Macaire et Bertrand, qui commencent le film exactement comme ils vont le finir, en arpentant les routes, tout cela est fait très sérieusement, même si ce n'est pas sérieux du tout.

Et dans ce monde sans foi ni loi, ou se confondent les braves gens et les méchants (Des nobles incapables de laisser les tourtereaux en paix), Macaire nous apparaît comme une sorte de Robin des bois, marqué par le passage des ans perdant ça et là un bout de son costume, voire un oeil (Lequel au fait? Le bandeau noir sur l'oeil semble hésiter entre les deux...), un personnage hauts en couleurs dont on aimerait bien qu'il ait existé, ne serait-ce qu'un peu. 

 

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Published by François Massarelli - dans Muet Comédie 1925 Jean Epstein Albatros
8 avril 2017 6 08 /04 /avril /2017 18:21

Eleanor (Cleo Madison) vit dans un quartier défavorisé avec sa maman, et elle rencontre un homme de la haute société (William V. Mong)... qui la courtise de jour en jour au grand dam de son fiancé. Surtout que celui-ci a vu venir le type, plus louche que véritable dandy... Au bout de quelques temps, il se montre insistant pour qu'Eleanor participe à des activités de moins en moins innocentes, surtout quand il lui apprend des techniques de pickpocket.

Mais Eleanor a un secret, que nous apprendrons à temps, et que je ne vais pas vous révéler. Disons que le titre, La prise d'Eleanor, n'est pas seulement une allusion au fait que la jeune femme de la classe ouvrière a attiré l'attention d'un homme socialement plus avantagé, mais une référence à ce qu'on apprend vers la fin.

Et incidemment, ce petit film (Une bobine, une seule) est doublement intéressant: d'une part, il échappe à la caractérisation sociale telle qu'un DeMille, par exemple, voire un Griffith, la pratiquaient. Mais surtout, Eleanor, interprétée par l'auteure-réalisatrice Cleo Madison, ne correspond absolument pas aux oies blanches habituelles des mélos contemporains. C'est surprenant, fort bien mené, et ça donne envie de voir d'autres films de Miss Madison.

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Published by François Massarelli - dans Muet Comédie
5 avril 2017 3 05 /04 /avril /2017 09:27

Il ne reste que trois minutes de ce film, situées au début, et comme avec Accidental accidents, on a l'impression qu'il est quand même intact dans la mesure ou ce qui subsiste est la lente, patiente, et méthodique montée vers un gag: le jour de ses noces, le distrait Jimmy Jump fait des efforts pour ne pas oublier de se rendre au lieu de la cérémonie. Pourtant.... il oubliera quand même quelque chose. Devinez quoi...

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Published by François Massarelli - dans Hal Roach Muet Comédie
5 avril 2017 3 05 /04 /avril /2017 09:25

Dans ce nouveau court métrage d'une bobine, Chase précise un peu plus avant son style, en se mettant en scène en employé d'une banque. Il est donc un homme qui travaille, et qui aspire, en ces douces années 20, à une vie normale. Ce sera son principal champ d'action dans la plupart des films qui suivront, avec toujours un petit détour par le mariage, soit sous son versant quotidien, une fois marié, soit par l'éventualité d'un mariage à venir. Dans ce film, il est amoureux, et c'est réciproque, de la fille (Beth Darlington, exit Blanche Mehaffey) de son patron, mais a deux obstacles à franchir... ou contourner: Le père de la belle a déjà un soupirant en tête, un Européen (Donc un nobliau, vu en photo, ridicule jusqu'à l'extrême), et en prime le collègue de bureau, un matamore insupportable de grossièreté, a aussi des vues sur la jeune femme. Il est d'ailleurs désagréable en tout, puisqu'il est payé deux fois plus que Charley-Jimmy Jump, et trouve que ce n'est pas assez...

Le début du film nous montre la vie dans le bureau ou ils travaillent, avec une tentative déséspérée de Jump pour oser demander une augmentation, avec les mêmes méthodes qu'un Harold Lloyd, mais sans les mêmes résultats, puis on assiste au tour de cochon joué par la grosse brute, qui est invité comme Jimmy Jump à une fête chez le patron, et qui prétend au héros qu'il faut s'y rendre en costume d'équitation. La deuxième partie commence ar l'arrivée (En voiture cahotante et... en costume d'équitation!) de Jump à la maison, puis l'échange de vêtements avec un majordome (Noah Young, impeccable), et enfin Charley Chase, curieusement, devient... un héros.

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Published by François Massarelli - dans Hal Roach Muet Comédie
31 mars 2017 5 31 /03 /mars /2017 13:23

Prenons un peu de hauteur...
Situé dans le riant milieu si fortement intellectuel de l'université Américaine, ce petit exercice de style en subtilité est le troisième long métrage de John Landis, et un jalon essentiel, quintessentiel même, de la comédie Américaine. C'est aussi le premier film réellement notable de tout un genre, fait de riantes blagues du meilleur goût, diverses saillies drolâtiques, et comportements poétiques liés à toutes les fonctions humaines, sans parler de la franchise souvent rafraîchissante et désarmante de son langage, de ses situations.

Bref, ça rape, ça pique, ça ne fait pas dans la dentelle, et il y a ici moult occasions d'exhiber l'obsession sexuelle de l'étudiant moyen, d'y voir l'université comme un endroit de haute lutte, pour bvboire, tricher, faire du sexe, prendre forces drogues qui carboniseront tout reste d epoésie dans le cerveau des uns et des autres, faire du sexe, reboire, et taper sur les autres fraternités: vous savez, ces maisons organisés en loge, où vivent les étudiants en auto-gestion, et qui sont toutes pfficiellement différentes les unes des autres, même si ça revient toujours au même: fête, boisson, sexe.

Le film ressemble donc à sa caricature: des jeunes arrrivent à l'université, se font accepter ou non dans une "fraternité", et sont ensuite en concurrnce avec les autres fraternité, se font des blagues, tout en essayant de contrer les tentatives de l'administration (qui souffre de l'humeur quelque peu blagueuse des impétrants, cela va sans dire) de fermer leur maison.

Et il y aura moult beuveries, coucheries et autres coccasions de se distinguer.

Ca ne vole donc pas très haut...

Mais c'est totalement assumé par landis, qui assumera d'ailleurs tous ses films à 100%, que ce soit Trading places et sa comédie relevée, ou An American Werewolf in London, ou The Blues Brothers. Chez lui, se dédier corps et âme au tond choisi pour faire un fiml est une affaire de principe, donc si on cherche la meilleure comédie idiote et décérébrée de tous les temps, ne cherchez pas plus loin...

Et en plus, il y a John Belushi.

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Published by François Massarelli - dans Comédie
23 mars 2017 4 23 /03 /mars /2017 14:26

Quand Harry (Billy Crystal) a rencontré Sally (Meg Ryan)... il ne s'est pourtant pas passé grand chose. Trop d'agressivité chez des ados à peine sortis de l'université, et qui campaient fermement sur des positions tranchées vis-à-vis des rapports hommes-femmes. Ce n'est qu'au bout de quelques années, de quelques rencontres l'un avec l'autre, qu'ils ont dévelopé une vraie amitié, qui débouche irrémédiablement sur un grand nombre d'interrogations: se sont-ils rendus compte qu'ils étaint faits l'un pour l'autre? Quand succomberont-ils? Pourquoi s'acharnent-ils à tenter de se placer avec d'autres? Et que se passera-t-il quand... ?

Le classiscisme assumé de cette comédie maline est sans doute du à son parfait équilibre entre la comédie à point de vue, typique de Woody Allen (Annie Hall, Manhattan) et la comédie romantique classique. Rob Reiner oblige, réalisateur au non-style revendiqué, le film penche plutôt vers cette sage mais efficace caractéristique, et fait désormais office de grand ancêtre pour un grand nombre de comédies romantiques, dont peu lui arrivent en plus à la cheville! Un jeu s'effectue avec le public, qui suit les pérégrinations romantiques de deux personnages en sachant bien qu'à un moment ou à une autre, ils iront dans les bras l'un de l'autre... le sel du film provient donc de l'habile dosage, de l'abattage des comédies, du savant suspense qui consiste à ne pas lâcher du lest trop vite, des clins d'oeil aux changements d'époques qui passent, bien sur, par les coupes de cheveux et la mode. Et puis il y a LA scène mythique, plus un clin d'oeil bien assumé à un film mythique, dans lequel, comme au début de When Harry met sally, on assiste à la naissance d'a beautiful friendship....

Il y a finalement pas mal d'éléùments qui relient ce film avec une autre comédie romantique de Reiner, The American president. Celle-ci reste malgré tout supérieure en tous points, de par sa légèreté, sa liberté de ton, par les personnages aussi. Je référais à Woody Allen tout à l'heure: ses films me laissent pourtant froid (Pour parler avec tact), en raison de la trop grande liberté laissée aux comédiens. Ici, le juste milieu a été atteint, les dialogues sont vifs, percutants, drôles, les personnages touchants, et le film accomplit une sorte de miracle, en manipulant toutefois un brin son spectateur, par le biais de tous ces couples qui apparaissent pour ponctuer l'évolution de l'intrigue: des couples agés, qui nous racontent quelques détails sur leur histoire commune. Des vrais, des faux peu importe: ils sont adorables.

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Published by François Massarelli - dans Comédie Rob Reiner
22 mars 2017 3 22 /03 /mars /2017 17:08

On va essayer de faire abstraction du fait que désormais l'expression du titre désigne forcément beaucoup plus une vermine fasciste irresponsable qu'un type foncièrement sympathique, et rappeler ceci: comme beaucoup de films, finalement, The American president n'a rien de politique mais utilise le pouvoir magique de la fiction pour créer un président Américain imaginaire, sans aucun message autre qu'une jolie histoire... Ce n'est pas la première fois qu'on imagine un président, rappelez-vous la fable Gabriel over de White House de La Cava, sorti en 1932... Suivi par des dizaines d'autres. 

Andrew Shepherd (Michael Douglas) est un président Démocrate élu par malheur, sur la sympathie qu'avait engendré dans l'opinion le décès inopiné de son épouse peu de temps avant l'échéance. Le maintien de sa popularité tient largement à la continuation de ce capital sympathie engendré dans la pitié. Et il sait que c'est bien fragile donc il hésite à se lancer dans des réformes qui pourraient faire trop de vagues. Symboliquement, il a renoncé depuis belle lurette à la plus controversée de ses promesses de campagnes: une législation sur les armes qui viendrait contrer les effets dévastateurs du deuxième amendement à la constitution. En lieu et place, il s'apprête à mettre la dernière main à une réforme anti-criminalité tiède, mais consensuelle et sans risque. C'est à ce stade qu'une association de militants de l'environnement lui envoie dans les pattes une lobbyiste hors pair, qui a pour mission de lui faire accepter une réforme écologique difficile...Sydney Elle Wade (Annette Bening) ne sait pas qu'une fois qu'elle aura mis les pieds à la Maison Blanche, l'histoire d'amour qui va les unir ne les lâchera plus.

Qu'importe la politique, après tout: Michael Douglas joue à la fois de son charme naturel (et d'âge moyen) et d'une certaine dose de mystère bienvenue pour interpréter son président qui sait qu'il est en sursis: tant qu'il sera "le pauvre veuf", il restera président. Après... ce sera une autre paire de manches. Il sait que l'un de ses opposants, le sénateur Républicain Bob Rumson (Richard Dreyfuss) se tient prêt à se lancer dans une campagne électorale qui ne fera pas de quartier. En même temps, l'histoire d'amour entre deux personnages plus si jeunes, joue à fond la carte du romantisme échevelé, et Annette Bening est fantastique en scoute du lobbying qui se fait surprendre par l'irrésistible attrait des sentiments. On évoque Capra, bien sur, dans une scène en forme de clin d'oeil. C'est tout sauf un hasard, même si Rob Reiner, comme il l'a toujours revendiqué, fait "juste son travail"... Mais le fait décidément (Stand by me, When Harry met Sally, The princess bride, Misery) très bien... On admettra que si la situation de base du film est inhabituelle, la construction de ce film qui se résoudra dans une prise de position digne assortie d'un discours bien senti, débouche sur une batterie d'émotions conventionnelles. Oui, mais bon: Annette Bening et Michael Douglas, quand même.

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Published by François Massarelli - dans Comédie Rob Reiner
17 mars 2017 5 17 /03 /mars /2017 18:47

La rom-com, comme on dit, ça vient en droite ligne de la screwball comedy, mais le plus souvent la comparaison est mortelle: imagine-t-on de comparer, disons, Notting Hill avec Bringing up baby? Alors lorsqu'un film du genre est réussi, on peut se réjouir, ça veut dire qu'il y a encore des artistes qui croient à l'alchimie plus qu'au dosage, à l'implication plus qu'à la programmation. Il fait aussi dire que ce film est Canadien, réalisé par un Britannique habitué des coups filmiques inattendus, et mené par des acteurs qui n'ont pas un plan de carrière totalement écrit d'avance et aiment prendre des risques...

Donc, le mot en F dont il est question dans le titre, c'est bien sur... Friend. A Toronto, Wallace (Daniel Radcliffe), un ancien étudiant en médecine à l'histoire amoureuse compliquée, rencontre lors d'une soirée Chandry (Zoe Kazan), une jeune artiste travaillant dans l'animation publicitaire. Elle est charmante, il est charmant, ils s'entendent à 100%, il est libre... mais elle ne l'est pas, ils se jurent donc amitié.

Tu parles... Ca va tenir, mais l'environnement (Les amis, la famille, les observateurs les plus anodins, le cosmos, l'univers) va les pousser l'un contre l'autre, là, tout prêt... 

Je ne vous raconte pas la suite qui évite soigneusement de devenir mécanique et est entièrement soumis à des personnages totalement attachants, à un dialogue hilarant et souvent improvisé. Bref, si c'est un bonbon, donc bien sucré, le goût en est novateur et donc inattendu, et on passe du bon temps. Et Daniel Radcliffe prouve qu'il y a bien une vie après HP. Quant à Zoe Kazan, elle n'a rien, absolument rien à prouver. Elle est radieuse, et puis c'est tout. Notons également le naturel toujours impressionnant de Adam Driver qui joue le meilleur ami de Wallace, et son principal partenaire lors de joutes verbales rès drôes, et qui évitent de trop dévier vers l'égout pour devenir largement surréalistes. Ce gars ira loin...

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Published by François Massarelli - dans Comédie
15 mars 2017 3 15 /03 /mars /2017 10:40

Bon, Michael Curtiz a vraiment tout fait... Et même si décidément ça ne lui réussit pas vraiment, il a aussi tâté de la comédie. Avec toujours ce sentiment que ce genre de films était surtout pour lui une mission imposée, à laquelle il ne comprenait pas grand chose. Ce genre, pour lui, est toujours l'occasion de développer un sens mécanique de la mise en scène, qui tranche sur la complexité de ses drames, et le panache de ses films d'aventures...

Cette petite rareté avec James Cagney et Bette Davis tourne autour de deux initiatives de Cagney et d'un concurrent de créer une entreprise qui, moyennement une commission, permet aux légataires ignorant leur bonheur de toucher leur héritage; c'est plus ou moins légal, fait avec malhonnêteté, et puisque c'est du Curtiz et que ce dernier n'a aucun scrupule en matière de comédie, le tout permet des gags douteux sur le mariage, la bigamie, ainsi que d'innombrables tricheries. C'est sans prétention, et Cagney, Bette Davis et les autres font très bien ce qu'on attend d'eux. L'utilisation des accents New-Yokais et Irlandais-Américain (Concernant Cagney, un mélange des deux) rend le tout un peu savoureux quand même.

Quant à Curtiz, il fait, discrètement, son travail, c'est à dire qu'il laisse sa mise en scène se faire dicter par Cagney et Davis. Une scène de quasi-suspense, dans laquelle Cagney et ses sbires essaient de faire sortir un truand en cachette (Sur le point d'hériter) de son appartement nous rappelle la versatilité de Curtiz, mais ce qui frappe, c'est la tendresse évidente pour ces escrocs, tous poursuivant à leur façon leur rêve Américain... Mais vite!

 

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Published by François Massarelli - dans Comédie Pre-code Michael Curtiz
14 mars 2017 2 14 /03 /mars /2017 11:19

Rappeneau prend son temps, mais restait fidèle, jusqu'à ce film précisément, à son idée d'une comédie à la Française, qui reposait sur le mouvement, l'action en somme, en s'inspirant des comédies Américaines de l'âge d'or. par la suite, à travers Le hussard sur le toit et Cyrano, il a changé son fusil d'épaule. Mais ce qui marchait si bien avec Belmondo (Les mariés de l'an II) marche-t-il autant avec Yves Montand, que le réalisateur retrouve après Le sauvage?

A Paris, les soeurs Valence se débrouillent avec leur grand-mère: leur maman est décédée, et le père est absent, on n'a d'ailleurs qu'une très vague idée de ce qu'il a bien pu advenir de lui./ Pauline (Isabelle Adjani) est la tête de la famille, et elle a réussi: elle est conseillère d'un ministre, et par moment on a le sentiment qu'elle tire les ficelles. Mais admettons: elle est coincée. Pas une marrante, donc... Mais un soir, le père, Victor (Yves Montand) débarque, et se réinstalle dans les vies de ses filles et de sa mère, ce dont Pauline qui l'a si souvent vu partir sans crier gare, se doute que ça ne va pas durer. Mais il est aussi recherché par de mystérieux inconnus inquiétants, et vu la réputation de Victor, Pauline s'imagine que son père est en fait un dangereux escroc international...

C'est très gentil, ça raconte la refondation d'une famille et l'humanisation d'une jeune femme trop froide et trop triste, par son gentil papa (re)venu d'ailleurs, et clairement Montand est l'homme du personnage... Mais Adjani? Comme tout le reste du casting, elle doit forcer la dose, et le surjeu l'emporte, et on n'y croit plus. C'est mécanique, pas drôle. Au moins, le titre annonce-t-il la couleur...

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Published by François Massarelli - dans Comédie