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  • : Allen John's attic
  • : Quelques articles et réflexions sur le cinéma, et sur d'autres choses lorsque le temps et l'envie le permettront...
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2 mars 2011 3 02 /03 /mars /2011 08:20

Avec The Addams family, et sa suite, puis avec Get Shorty et surtout l'énorme succès de Men in black, Barry sonnenfeld a acquis une certaine réputation, enviable, de faiseur de succès d'une part, et de réalisateur vaguement inspiré par la bande dessinée d'autre part. Dommage: il y avait plus à voir, et ce film, qui marqua la fin de la fête, confirmait pourtant en dépit de son manque de succès les qualités burlesques d'un...auteur. La production de la série Pushing daisies ne s'y est pas trompé, qui a confié au metteur en scène la réalisation de deux épisodes afin d'établir un style distinctif; c'est exactement de ça qu'il s'agit: un style propre, et unique en son genre, fait d'une science de l'image, Sonnenfeld n'ayant pas été chef-opérateur pour rien, et d'un timing splendide, qui s'accommode de tous les contrastes émotionnels.

Alors que le sud et le terrorisme anti-nordiste relève la tête, le président Grant demande à deux agents secrets, James West et Artemus Gordon, d'enquêter. L'un est un homme d'action et l'autre un inventeur-utilisateur de gadgets, et ils vont vite s'intéresser aux agissements du légendaire Dr Loveless...

Wild wild west est, honnêtement, excessif, mais le revoir permet d'en apprécier le luxe, et les vertus comiques d'un film qui n'est pas plus à prendre au sérieux que Men in black. A l'heure ou même Mr Bean sauve la planète, et des films aussi hallucinants de crétinerie que 2012 attirent les foules, c'est un point positif de pouvoir encore trouver un cinéma burlesque de qualité. Bien sur, le bât blesse un peu: Will Smith, scientologue de service est excessif et exaspérant, et Salma Hayek est sous-employée. Mais les gags liés aux inventions de Kevin Kline, et les exagérations délirantes de l'intrigue, plus bien sur un Kenneth Branagh auquel on demande d'en faire des tonnes ne sont pas dépourvues de vertus psychédéliques. Si le film n'est pas le plus réussi de Sonnenfeld, le goût du réalisateur pour les attitudes à froid en toutes circonstances, le choix de la bonne distance, et d'une caméra strictement immobile pour filmer un gag, renvoient, et je pèse mes mots, à Keaton.

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Published by François Massarelli - dans Barry Sonnenfeld Comédie
27 février 2011 7 27 /02 /février /2011 12:04

Pour inaugurer une nouvelle collaboration avec Dreamworks, les Farrelly mettent les petits plats dans les grands: ils reconvoquent ben Stiller, qui est pour toujours associé à leur plus grand succès, Something about Mary, et vont un peu plus loin que d'habitude en matière de provocation. il faut dire qu'aujourd'hui une comédie qui ne possède pas sa séquence de pets, de rots, de vomi ou tout autre poésie indispensable est vouée à l'échec, il n 'y a qu'à voir la réussite absolument incompréhensible de Shrek. Donc, on ne se contente plus d'alusions, ici, on montre.

 

Et sinon, quoi de neuf? cette histoire de mariage raté se casse la figure après un excellent début dans lequel les circonstances amènent Ed (Stiller), brave garçon à la vie sentimentale ratée, dans les bras d'une femme apprement parfaite, Lila (Malin Akerman). le mariage n'est pas consommé avant usage, et Ed va découvrir un certain nombre de choses durant son voyage de noces: Lila chante sur tout ce qu'elle entend quand elle est dans la voiture (Y compris, et surtout le pire), elle veut qu'on lui tienne la main quand elle mange, elle est d'une humeur très changeante, elle a un problème de liquide (quand elle boit, ça lui passe par le nez, suite à une consommation effrênée de cocaïne), elle a le sexe agressif, voire très dangereux, et pire encore. Et bien sur, sur le lieu de villégiature (Une station balnéaire typique, présentée comme le paradis, mais on n'y croit pas une seconde), elle va passer son temps à expier un coup de soleil impressionnant.

 

Ah! J'oubliais: elle ronfle.

 

Donc, bien sur, Ed va rencontrer une autre femme (Michelle Monaghan), qui va s'avérer être parfaite... Bon, la fin du film est assez peu typique de a manière des Farrelly, pour diverses raisons, mais de toute façons, le film est vaguement raté. au-delà de la franchise graphique du film, il faut bien dire que l'éloge de la banalité triomphale, présentée comme aussi typiquement Américaine que la volonté de puissance géénralement mise en valeur par les comédies habituelles, a toute ma sympathie, mais a été exprimée dans de bien meilleurs films, y compris Dumb & dumber, par ces deux sales gosses. Je continue à considérer Stuck on you comme leur meilleur film.

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Published by François Massarelli - dans Comédie
26 février 2011 6 26 /02 /février /2011 09:16

Le premier film de McCarey pour Chase! Roulement de tambour, donc, mais très honnêtement, si on ne me prendra pas à mettre en doute l'importance du 'couple' McCarey-Parrott, rien ne distingue ce (par ailleurs excellent) film d'une bobine des courts métrages précédents de Chase, réalisés en particulier par son frère James Parrott: concision d'une histoire extrêmement bien fichue, construction qui amène des gags irrésistibles, et comme on est chez Hal roach, des acteurs à la hauteur: Beth Darlington, Noah young, et... un singe.

 

Mr & Mrs Jump sont donc des comédiens amateurs, mais madame est un cran au-dessus de monsieur: elle a la grosse tête. lors de leur dernière performance locale, un manager la voit, et l'engage. Il prend aussitôt la décision de faire d'elle une star à coup de publicité, ce qui implique des dépenses somptuaires, des costumes et un attirail ridicule... et un singe. Mr Jump supporte mal, mais le gérant de l'hôtel encore moins... il faut donc cacher le singe, qui bien entendu n'en a cure, et n'en fait qu'à sa tête, précipitant Charley dans les affres de l'embarras intégral lorsqu'il lui faut récupérer la bête chez une femme seule dont le mari revient opportunément, ou sur la hampe du drapeau qui est à l'extérieur...

 

La bête nous rappelle forcément d'autres films, puisque c'est un capucin, comme dans The Kid Brother, The Circus, et The cameraman; on est clairement en grande compagnie... Mais deux gags, ou plutôt deux scènes de ce film riche jouent aussi sur les cascades, retenant manifestement la leçon de Harold Lloyd. Leur économie est remarquable. la première, avec Charley qui monte à l'étage en passant par le mur extérieur, semble ultiliser un trompe l'oeil assez proche de celui qui était utilisé chez Pathé en 1905, mais la deuxième est remarquable, tirant ressource de la topograhie sud-californienne, tout comme Lloyd aimait à le faire. Tout ceci mène également à Liberty (1929), de Mc Carey, avec Laurel & Hardy...

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Published by François Massarelli - dans Muet Comédie Leo McCarey Charley Chase
24 février 2011 4 24 /02 /février /2011 17:06

Retour en arrière? oui, forcément, et par quatre aspects. D'une part, la presse Américaine est un sujet déjà abordé et ce avec une verve impressionnante dans Ace in the hole, en 1951... Ensuite, après deux films en Europe, Wilder retourne en Amérique, et fait comme si, décidément, la nouvelle vague et les nouvelles façons de mettre en scène (Taxi driver, French Connection?) n'avaient pas eu lieu. Il n'y a rien pour distinguer la mise en scène de ce nouveau film de la manière maniaque et rigoureuse qui gouvernait déjà les films de Wilder des années 60, ou 50. Puis, bien sur, le fait est qu'il s'agit d'un remake non pas d'un classique, mais de deux: The Front Page, de Lewis Milestone, 1931, et His girl friday, de Howard Hawks, en 1940... Enfin, Wilder revient à un style dans lequel il ne s'est pas vraiment illustré, celui du film pré-code, mais qu'il aborde avec la même gourmandise intellectuelle que celle qui lui a permis de se mettre dans la peau d'un Américain de 1929 pour Some like it hot: ici, il y aura donc ce fameux argot au débit de mitraillette, qui fait encore aujourd'hui le charme de certains films tournés entre 1930 et 1934, et comme pour appuyer cet hommage discret, il donne à la fin du film un tout petit rôle au vétéran Allen Jenkins, souvent présent dans les films Warner de l'époque (Jimmy the gent, I am a fugitive from a chain gang, par exemple...) dont il était presque un élément ethnique avec son accent New-Yorkais. Mais en matière de langage, Wilder sait désormais pouvoir appeler un chat un chat, et avec Matthau et Lemmon aux commandes, le verbe est haut, souvent coloré, et bien sur riche en gags...

L'histoire de The front page, c'est celle de Hildy Johnson (Lemmon), journaliste vedette du journal dont Walter Burns (Matthau) est le rédacteur en chef: Johnson veut se marier (Avec Susan Sarandon), et Burns veut conserver son atout majeur, à tout prix. C'est, en plus, le moment de faire monter la pression, puisque à Chicago, une exécution se prépare... le "couple" Lemmon - Matthau ne joue jamais aussi bien que lorsqu'ils ne jouent pas ensemble, mais en antagonistes. Avec les coups fourrés de Burns pour retenir Johnson, on est évidemment servis. mais si Wilder et Diamond ont respecté la pièce, dans l'ensemble, et rendu hommage explicitement aux deux films qui ont précédé celui-ci, ils ont quand même adapté à leur façon l'intrigue, et ont plus sorti Burns de sa rédaction que les deux films précédents. Du coup, après le net ralentissement des deux films précédents, The front page revient à la folie, tout comme il revient d'ailleurs à Lemmon et Matthau. rendons leur d'ailleurs justice: ils restent bien le principal atout du film...

 

Fidèle à sa manière, le metteur en scène a rendu donc de discrets hommages aux deux autres films adaptés de la pièce de Hecht et McArthur: dans le cinéma ou travaille Peggy, la fiancée de Hildy (Elle est organiste), une affiche bien en vue: celle de All quiet on the Western Front (1930), de Lewis Milestone, qui tournera ensuite la première adaptation de la pièce. Sinon, alors que Peggy va pratiquement renoncer à partir aux cotés de Hildy, on voit les deux hommes, presque amoureusement enlacés, Lemmon à la machine à écrire, Burns qui lui souffle des idées, et on pense au couple formé par Rosalind Russell et Cary Grant dans les mêmes rôles dans le film de Hawks... Sinon, les allusions variées à la culture de l'époque, très bien mises en valeur par une reconstitution toujours aussi belle, et une auto-allusion, via Some like it hot, au massacre de la St-Valentin, achèvent de rendre ce film assez honnête, mais pas vraiment indispensable, un aimable passage dans la carrière de Wilder. M'est avis que celle-ci touche à sa fin, d'ailleurs, mais ce qu'on peut dire de cet unique film tourné pour la Universal (Oui, Wilder a enfin tourné définitivement la page des Mirisch et de la United artists...) c'est que si on ne peut que se réjouir de voir Wilder s'attaquer de nouveau à la presse, le film n'apporte pas grand chose de nouveau, et le fait qu'il le fasse à travers ce classique filmé et re-filmé rendrait même l'intention gênante. N'y voyons pas non plus un réquisitoire contre la peine de mort, puisque le film date de l'époque bénie durant laquelle les Etats-unis, aidés par une clairvoyante cour suprême et une préoccupation de l'exécutif de plus en plus tourné vers le Vietnam, avaient enfin, et pour neuf ans seulement, arrêtés d'assassiner les gens de façon légale. De plus, en parlant d'époque bénie, on peut aussi remarquer que pour une fois, Wilder se plie à une mode du cinéma mondial, puisque à la même période, les retours en arrière (vers les années 20 ou 10 principalement) étaient nombreux dans le cinéma: The Sting de George roy Hill, Valentino de Ken russell, The magnificent Gatsby de Jack Clayton... Alors ne boudons pas notre plaisir, la prochaine fois qu'on retrouvera Wilder, Lemmon et Matthau, ce sera pour Buddy Buddy, un autre remake. Une autre paire de manches, c'est moi qui vous le dis...

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Published by François Massarelli - dans Billy Wilder Comédie
20 février 2011 7 20 /02 /février /2011 15:13

Assez proche de bien des arguments de film d'Harold Lloyd (Un jeune homme tellement timide qu'il en est inexistant trouve une façon de changer et devient un homme), ce film réussit un tour de force: après tout, il fallait une heure à Lloyd pour raconter l'histoire de Grandma's boy, une heure et vingt minutes pour Girl shy... Avec Fraidy cat, les frères Parrott expédient l'histoire en... 10 minutes. et pourtant tout se tient, et on en sait assez sur les perosonnages pour les apprécier vraiment.

 

Jimmy Jump, amoureux d'une fille du village (Beth darlington), est tellement timide qu'il est un lâche. Les enfants du coin l'ont repéré, profitant honteusement de la situation: on notera que la troupe "Our gang" fournit les enfants, justement, par solidarité avec une autre vedette des films Hal Roach. Grâce à un stratagème, Jimmy réussit à avouer son amour, mais le père de la belle lui conseille de faire un régime, ce qu'il ne comprend pas: lui a entendu, au lieu de diet, le verbe 'die': il a cru que le médecin lui disait qu'il n'avait que six jours à vivre... Mu par une colère soudaine, il se transforme en furie, et décide de mourir en homme...

 

La transformation donne lieu à des gags réjouissants, et bien sur, ce nouveua film d'une bobine est aussi réussi et aussi indispensable que les précédents. Notons que james Parrott, le petit frère, s'apprête à passer le flambeau à un petit nouveau, le jeune metteur en scène Leo McCarey...

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Published by François Massarelli - dans Muet Comédie Charley Chase James Parrott
20 février 2011 7 20 /02 /février /2011 14:03

 

Dernier des films de Hawks avant l'instauration par le Breen Office du "cesser de rigoler" (Le renforcement du code de production qui passe par une auto-censure impossible à échapper, fini de se lâcher!), ce film est une belle préfiguration de l'arrivée d'un nouveau genre. Twentieth century partage avec It happened one night, de Capra, sorti la même année, la réputation d'être à la base d'un genre nouveau, la "screwball comedy", ou comédie loufoque, dont Hawks lui-même, mais aussi Leo McCarey, Preston Sturges, Gregory La Cava écriront de bien belles pages...

Au départ, il y a une pièce de Ben Hecht et Charles McArthur, les auteurs de The Front page... Ils se sont également chargés du script, et le résultat a échoué dans les mains de Hawks, qui n'était pas le premier choix. Il semble que le film ait été prévu pour Roy Del Ruth, qui était un vétéran de chez Sennett, mais dont le style paresseux aurait probablement tout fait rater. La Columbia a donc, avec bonheur, confié la mission à quelqu'un qui n'avait fait de la comédie qu'en quasi-contrebande, mais le résultat, et la carrière qui s'ensuit, prouvent que ça devait arriver un jour de toute façon. Le ton, les échanges à la mitraillette écrit par Hecht et McArthur conviennent à merveille au style direct de Hawks. John Barrymore, en panne de splendeur, a accepté de se livrer à une salutaire auto-parodie, en Oscar Jaffe, un producteur de théâtre autocratique qui découvre une jeune femme (Mildred Plotka) interprétée par Carole Lombard, en fait une star (Lily Garland), et doit ensuite lui courir après, essayant en particulier de lui faire signer un contrat d'exclusivité dans un train, le Twentieth Century Limited, alors que la belle souhaite voler de ses propres ailes.

Les coups bas de Barrymore dans le film, qui s'auto-caricature avec délectation, revoient directement à Svengali et The mad genius, et le film de Mayo et le roman de Du Maurier sont d'ailleurs cités avec gourmandise à plusieurs reprises, soit lorsqu'on compare Lilly Garland avec Trilby, soit lorsque Jaffe lui-même se compare à Svengali; il a même une allusion à l'autre Barrymore, Lionel, à travers une courte mais réjouissante imitation de son rôle dans Sadie Thompson! Les références troublantes à l'alcoolisme du grand homme de théâtre, ainsi qu'à une carrière en chute libre, sont assumées et par l'acteur et par la mise en scène, d'une façon courageuse, et un brin sadique...

Et il y la loufoquerie globale de ce train dans lequel un petit vieux échappé d'un asile, qui distribue des chèques en bois et colle des auto-collants apocalyptiques inspirés par sa religion baptiste partout! un film dans lequel le monde entier tourne autour de deux égo-maniaques accompagnés de leur suite: Walter Connolly en assistant viré quotidiennement par son patron, Roscoe Karns en autre assistant qui porte haut l'alcoolisme que son patron se refuse, et Dale Fuller en camériste avec un dos particulièrement solide...

Mais l'essentiel, dans ce film volontairement surjoué par des égocentriques coupés des réalités, c'est bien sur la drôlerie globale du projet, moins réjouissant peut-être que Bringing up baby, dont la loufoquerie particulière ne pouvait être obtenue que par l'alliage entre Hepburn et Grant, Twentieth Century était en tout cas une excellente façon de démarrer une carrière de metteur en scène de comédie. Et pour Barrymore et Lombard, géniaux y compris dans l'excès, de confirmer ce qu'on savait déjà, c'étaient de sacrés monstres, des monstres sacrés!

 

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Published by François Massarelli - dans Howard Hawks Comédie Pre-code
15 février 2011 2 15 /02 /février /2011 07:47

Premier long métrage avec Buster Keaton en vedette, ce film est aussi le premier que Buster ait tourné après la fin de sa collaboration (1917-1919) avec son ami et mentor, Roscoe Arbuckle. Et franchement, il faut le voir pour le croire, tant ce petit film est éloigné du style sauvage et délirant des deux bobines précédents.

Pour une large part, The saphead (L'andouille) annonce les rôles de jeune riche décalé que Buster jouera dans ses longs métrages, en particulier The Navigator; le film est basé sur une pièce, The New Harrietta. L'intrigue tourne autour de trois Harrietta: une mine d'or au Texas, appelée ainsi, dont le milliardaire New Yorkais Nicolas Van Alstyne possède la moitié des parts, une femme qui a eu un enfant illégitime avec le gendre de Van Alstyne, et le portrait d'une danseuse de ce nom, aperçu dans la chambre de Bertie, le très inefficace fils de Van Alstyne. A partir de ces trois "Harrietta", les confusions possibles sont exploitées par une intrigue maline qui se voit sans déplaisir, même si le rythme du film est plutôt lent. Mais ce n'est pas grave: The saphead devient vite un écrin pour l'acteur Buster Keaton, qui se révèle ici d'une compétence qu'on ne pouvait pas soupçonner à la vision des films d'Arbuckle.

Le moment du film le plus célèbre voit "Bertie" se jeter sur tous les hommes présents lors d'une séance de la bourse pour leur racheter leurs parts de la mine, et les prouesses accomplies par l'acteur sont très impressionnantes. La façon dont il joue de son corps, ici, avec minutie, tout annonce la rigueur du plus grand comédien de tous les temps. Voilà, je l'ai dit. Quant à Blaché, il donne ici un travail très compétent, même si je doute qu'on aurait tant d'intérêt pour ce film si Keaton ne jouait pas dedans...

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Published by François Massarellil - dans Buster Keaton Muet Comédie 1920
14 février 2011 1 14 /02 /février /2011 18:16

Si Buster préférait, de tous ses courts métrages, Hard Luck (Sur lequel je suis fortement mitigé), celui-ci était le deuxième film favori: les deux ne possèdent finalement qu'un point commun, celui de montrer de façon asssez sardonique la philosophie de la vie, forcément noire, de Keaton. Sinon, The boat possède, à l'instar de The navigator, The general et The cameraman, l'avantage d'être centré autour d'un objet dont toutes les situations (C'est-à-dire les gags) découlent. En 27 minutes, c'est une merveille, drôle et souvent presque cartoonesque.

 

Keaton est doté d'une famille, dans laquelle le chapeau reste l'uniforme. l'épouse, jouée par Sybil Seely, suit son mari et l'assiste en parfaite petite moitié, et leurs deux enfants auront beaucoup à subir, puisque la famille a décidé de partir en bateau. L'esquif, un imposant bateau appelé Damfino, va beaucoup souffrir, puisque Keaton et Cline se sont ingéniés à trouver tous les gags possibles et imaginables avec le bateau. Keaton, Seely, et les enfants vont aussi beaucoup souffrir:

 

-Trop gros pour passer la porte du garage, le bateau fait s'écrouler la maison.

 

-Le lancement se termine par un plan de Keaton, debout sur son bateau qui s'enfonce inexorablement. Léger coup d'oeil vers l'arrière, comme pour savoir quoi faire à présent, puis Keaton disparait dans l'eau.

-Pour passer sous un pont, les mats sont amovibles.

 

-Pris dans la tempête, le bateau fait des tours complets sur lui-même. le "capitaine" décide de se clouer les chaussures au sol pour rester en place.

 

-Pour égayer la cabine, on a l"idée d'accrocher un tableau. Les clous, c'est fatal, entrainent une voie d'eau.

 

-Pour enrayer la voie d'eau, Keaton perce un trou dans la coque afin d'évacuer. ce n'est pas très efficace.

 

Bref... Pris dans la tempête, le bateau coule, avec Buster bien sur. la famille a pris place dans la baignoire de sauvetage, et voit seul le petit chapeau surnager. Ils se recueillent un moment, puis Buster réapparait. Toute la famille se retrouve donc dans le petite baignoire, dont l'un des enfants retire la bonde. La baignoire coule, heureusement près du bord... Sur la plage, Sybil demande à Buster: "Where are we?" Sans intertitre, Keaton répond en prononçant distinctement le nom du bateau: Damfino ("I'll be damned if I know", équivalent de "pas la moindre idée".) Une façon étrange de conclure un film, qui ressemble à la fois à une fin triste, ou en tout cas sinistre (Après tout, la famille s'enfonce dans le noir), tout en étant une fin heureuse: ils ne sont pas morts, après tout... Mais l'essentiel de ce film tient dans le rapport étrange avec l'eau, élément incertain, symbole du destin et véritable Némésis de Keaton, qui se frotte à l'élément liquide dans TOUS SES FILMS, que ce soit par le biais d'un seau, ou de l'océan tout entier. A ce niveau, The boat et sa dérive (Vers où, à propos?) est l'un des grands films en ce qui concerne la thématique. Indispensable chef d'oeuvre, donc.

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Published by François Massarelli - dans Buster Keaton Muet Comédie
13 février 2011 7 13 /02 /février /2011 18:26

Classique parmi les classiques de Charley Chase, Limousine love est une merveille, un exemple de ce savoir-faire inimitable dont savait faire preuve le studio d'Hal Roach, à une époque ou, hélas, l'étoile de Charley Chase palissait à coté de celle de Laurel & Hardy, désormais les stars incontestables du studio. Et pourtant, le film bénéficie de la mise en scène de Guiol, qui a été un complice des premiers temps du duo vedette, mais on y retrouve aussi Edgar Kennedy et Viola Richard, cette dernière assumant un rôle qui est à la fois central, inoubliable, et un brin ingrat: elle joue une femme nue. Qu'on soit clair: on n'en verra rien, jamais, et c'est justement ce qui fait tout le sel de cette comédie: jouer en permanence sur la nudité, sans jamais la montrer, et construire 20 minutes de burlesque sur un sujet aussi risqué... il fallait le faire.

C'est le jour du mariage pour le dandy Charley Chase, mais son chauffeur le quitte en rase campagne (c'est un homme sensible, et son patron a été grossier). Il résout donc de conduire seul, mais réalise bien vite qu'il est en panne sèche. Il part à la recherche d'essence. Entretemps, Mr Kennedy (Edgar) et son épouse (Viola Richard) conduisent sur cette même route; l'époux cherche à apprendre à sa moitié la conduite, mais elle n'en fait qu'à sa tête. Excédé, il quitte le véhicule, et la jeune femme a un accident: elle est précipitée.... dans une mare de boue. Trempée, dégoutante, elle aperçoit, sur le bas coté, la belle voiture de Chase, qu'elle va utiliser pour se cacher le temps que ses vêtements sèchent. Et à ce moment Charley revient, remplit le réservoir et part, sans savoir qu'à l'arrière de la voiture il y a une femme dans le plus simple appareil. Quelques temps après, une fois le jeune homme au courant, il prend un passager, qui n'est autre qu'Edgar Kennedy... Pendant ce temps, le mariage ne se fait pas, la fiancée attend, et la jeune femme n'a toujours rien sur elle...

Impossible de raconter le reste, les gags se succèdent, et la maitrise en matière de comédie de tous ces gens est bien réelle. Vers la fin, une fois arrivé sur les lieux de la noce, et incapable d'arrêter la voiture tant qu'il n'aura pas réglé le problème de sa passagère, Chase tourne autour du pâté de maisons, prétextant un ennui mécanique. La voiture transporte bientôt une douzaine d'hommes en haut-de-forme, qui sont tous, les uns après les autres, mis au courant de l'ennui... Notons l'apparition d'une bouche de métro dans la rue, et de ses effets indésirables sur les vêtements flottants des dames, trente ans avant Marilyn... Indispensable halte que ce Charley Chase-ci!

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Published by François Massarelli - dans Muet Comédie Charley Chase
8 février 2011 2 08 /02 /février /2011 09:36

Puisqu'il est sorti en janvier 1925, il y a fort à croire que ce film a été tourné à l'automne précédent. Une fois de plus réalisé par Leo McCarey, c'est une merveille de loufoquerie, qui n'utilise que partiellement les ressorts habituels de Chase: il y incarne un inventeur (Jimmy Jump), qui présente son invention miracle (Le moyen le plus génial de chasser les souris sans les tuer...) à un certain nombre de personnes, se réjouissant du fait que sa réussite lui permettra d'épouser sa petite amie, incarnée par la fabuleuse Martha Sleeper (Voir photos). Celle-ci n'est semble-t-il pas aussi décidée que lui, attendant de voir ce qu'il résultera de l'invention. La scène durant laquelle les deux amoureux se voient riches est d'une grotesquerie rare chez Chase, sans tomber dans trop d'excès...

 

La vision de l'invention, véritable McGuffin du film, nous est laissée pour la fin, ce qui permet à Chase et McCarey de se concentrer sur les réactions des autres acteurs à l'invention, laissée hors-champ. L'industriel qui reçoit Chase menace de le tuer, l'aveugle auquel Chase dépité a refilé sa boîte mystérieuse la lui rend avec un air franchement dégouté, bref, le jeune homme est en plein échec... A plus forte raison lorsqu'il explique )à sa petite amie son échec et que celle-ci se jette alors littéralement sur le premier venu, un client qui sort du bar dont elle est la serveuse...

 

 
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Published by François Massarelli - dans Muet Comédie Charley Chase Leo McCarey