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  • : Quelques articles et réflexions sur le cinéma, et sur d'autres choses lorsque le temps et l'envie le permettront...
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30 août 2017 3 30 /08 /août /2017 17:25

1944: à Londres, les forces alliées n'attendent que le signal, le débarquement est imminent. Certains ont trouvé dans la vie de bureau apportées par les circonstances une sorte de confort imprévu: Charlie Madison (James Garner) et son copain "Bus" (James Coburn) font partie de ces gratte-papiers d'un genre nouveau. Mais si l'officier de marine Bus, un militaire de carrière, s'est vu obligé de se replier sur cette situation, Charlie (Un civil engagé) a quant à lui toute une démarche derrière la vie de planqué: confronté au combat, il a vu tous ses copains se faire tuer et professe désormais une lâcheté militante. Il est l'un des meilleurs pourvoyeurs de douceurs de l'armée. Vous avez besoin d'un whisky de première qualité pour dans deux heures? de chocolat? ...D'une femme? Charlie est votre homme!

...Et pourtant, Charlie va rencontrer une femme qu'il va aimer, en dépit de tout: Emily, son chauffeur (Julie Andrews). Sous des dehors de sainte-nitouche se cache la complexité d'une femme qui a vécu trop longtemps la tragédie de la mort de héros: son père, son frère et son mari sont tous morts au combat. Et la lâcheté de Charlie lui convient sans doute.

...Et pourtant Charlie va se voir assigner une mission par un vieil amiral gâteux (Excusez le pléonasme): filmer le débarquement, et si possible la mort du premier homme des alliés, dont l'amiral précise qu'il se doit d'être un marin. Pour Charlie, l'enjeu est de taille: c'est qu'il aimerait bien, justement, ne pas être ce marin!

Deux ans après la célébration en forme de grand-messe de The longest day, Arthur HIller balance un coup de pied dans la fourmilière de l'auto-congratulation des alliés, vingt années après. Et il le fait dans un film complexe, riche en provocations comme en personnages de grande valeur. On y tire à boulet rouge sur le patriotisme, le concept de héros, et l'armée. On y montre les mirlitaires comme des pantins capricieux écrasés par leur propre bureaucratie (Quand ils ne sont ps gâteux ou arriérés), et Julie Andrews y expose avec conviction pourquoi elle ne peut aimer qu'un lâche. Et au milieu de tout ça, toute l'absurdité de la bureaucratie militaire se déroule, jusqu'au n'importe quoi absolu.

Bref, c'est jouissif. Et avec Julie Andrews, manifestement ravie d'écorner son image (ce qu'elle fait d'ailleurs dans un dialogue très clair). 

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Published by François Massarelli - dans Comédie
26 août 2017 6 26 /08 /août /2017 22:53

Sur la Côte d'Azur, un jeune homme travaille dans un hôtel, mais une cliente le prend pour un client richissime suite à un concours de circonstances... ils passent la nuit ensemble, mais elle repart le lendemain avec son compagnon. Un an après, même hôtel, mêmes clients... Jean (Gd Elmaleh), le garçon, revoit arriver Irène (Audrey Tautou), et cette fois il va sciemment lui faire croire qu'il est bien un client riche de l'hôtel, mais ça va tourner en eau de boudin. Pour lui, mais aussi pour elle, parce que son compagnon Jacques (Vernon Dobtcheff) est peut-être âgé, mais il n'est pas un imbécile. Jean et Irène  vont, plus ou moins, s'associer pour devenir des parasites de luxe auprès de personnes seules... Faute de s'avouer leur amour.

On serait presque chez Lubitsch, avec ces quiproquos de chambre d'hôtel, et cette manie du bluff. Mais comme chez le maître de la screwball comedy, les mensonges, les bluffs et les coups bas cachent sans doute bien lus qu'un appât du gain monstrueux. Même si en matière de rapacité, Audrey Tautou ne fait pas dans la dentelle. ais l'intelligence du film est de privilégier le point de vue de Jean, qui décide de tout quitter pour celle dont il est amoureux, au risque de se perdre. Et du coup, la filouterie de la jeune femme passe comme une lettre à la poste. 

Ce jeune couple est bien délicat, et en somme, Salvadori les façonne un peu à sa guise, renvoyant à d'autres gaucheries pour Gad Elmaleh dont le rôle aurait pu être joué par Guillaume Depardieu, et d'autres ambiguïtés pour Audrey Tautou sur laquelle l'ombre de la grande Marie Trintignant plane parfois...

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Published by François Massarelli - dans Comédie Pierre Salvadori
26 août 2017 6 26 /08 /août /2017 09:17

Durant quinze minutes, le premier film de court métrage d'Albert Dupontel nous propose une vision d'avenir qui devrait faire sérieusement froid dans le dos, avec une thématique qui lui permet de franchir une des limites du cinéma, tout en s'amusant à tout casser. Pas de surprise quand on connait le personnage, et des thèmes qui résonnent encore dans son film Neuf mois ferme... Bien que celui-ci soit quand même nettement plus raisonnable!

Désiré nous montre un hôpital imaginé de 2050, dans lequel on attend la naissance de Désiré Jacquinot. La mère s'impatiente en mâchant du chewing-gum, le père est à la ramasse et caméscope tout, sauf l'événement, et les docteurs ont tellement confiance dans leur système ultra-moderne qu'ils ne vont à aucun moment s'intéresser à l'événement. Le système prévoit une heure d'extraction du bébé, une série de tâches mécanisées (Couper le cordon et cautériser la plaie, etc). Mais ces braves gens n'ont pas prévu un grain de sable: le bébé lui-même. Je ne sais pas si Désiré l'est vraiment, désiré, au vu du peu d'intérêt qu'on semble lui porter... Mais lui a envie d'y aller en tout cas. cela dit comme le fait qu'il prenne lui même les choses en main est totalement exclu du protocole, ça va être l'horreur...

Dupontel incarne lui-même le docteur en charge, et parmi les comédiens qui l'entourent, on reconnaît beaucoup de gens qui reviendront dans ses longs métrages. En marge de l'accouchement proprement dit, il nous montre un environnement dans lequel les humains sont devenus des imbéciles (Plus que maintenant, du moins), et en profite pour brosser le portrait d'un infirme, incarné par Michel Vuillermoz, qui va avoir une crise de jalousie terrible à l'égard de ce bébé: "Moi, quand ma mère a accouché, elle a cru qu'elle avait fait caca!"... La vision du futur de Dupontel, un futur mécanisé et dans lequel l'homme abandonne toute responsabilité, serait terrifiante s'il n'y avait cette accélération systématique du mouvement, provoquant moins le malaise qu'un effet burlesque, et qu'on retrouve jusque dans des films beaucoup plus récents. Mais le ton est délibérément à la provocation, en particulier par rapport à ce qu'on ne voit pas, mais qu'on entend à la fin du film, alors que le générique démarre: une réflexion du médecin sur le bébé, se posant la question suivante: "qu'est-ce que c'est, ce liquide rouge?".

Bref, punk, quoi.

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Published by François Massarelli - dans Comédie Science-fiction
25 août 2017 5 25 /08 /août /2017 18:30

En pleine nature, un très timide benêt se retrouve à échanger ses vêtements, contraint et forcé, avec un bagnard qui s'évade. On a déjà vu ça dans un film de Buster Keaton, Convict 13. Ce n'était pas son meilleur loin de là, et c'est aussi très vrai pour ce court métrage curieusement incomplet de Stan Laurel... curieusement, car malgré tout il semble ne rien manquer, mais à 14 minutes, c'est trop pour un film d'une bobine, et pas assez pour deux.

L'intrigue, si on peut utiliser le terme, permet en tout cas à Laurel de tenter un certain nombre de gags qui reviendront dans des films avec Hardy: une gestuelle récurrente des bagnards qui sont "dirigés" à la pointe d'un fusil, et qui lèvent la main droite en adoptant une démarche exagérée; une évasion à la bougie, qui sera l'occasion d'une série de brûlures du postérieur, etc... Des gags qu'on reverra sous une forme ou une autre dans The second hundred years, ou dans Pardon us. Le personnage de Laurel est incertain, vaguement efféminé, et manque de substance, ce qui sera un défaut récurrent de ces films Rock/Universal.

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Published by François Massarelli - dans Muet Comédie Laurel & Hardy
25 août 2017 5 25 /08 /août /2017 11:21

Ariane Felder (Sandrine Kiberlain) est juge. Pas une rigolote, non: célibataire militante, aimant son métier, et pas pour y montrer candeur ou gentillesse, non: c'est une tueuse. Mais un soir, pas n'importe lequel quand on y pense, puisque c'est le 31 décembre, la nuit durant laquelle l'être humain se croit obligé de déconner encore plus que d'habitude, elle va se lâcher, un peu contrainte et forcée. Poussée par ses collègues en meute qui organisent une fiesta indécente au palais de justice de Paris, elle va boire, danser, et quitter les lieux dans un état lamentable... A tel point qu'elle n'a aucun souvenir de ce qu'elle a fait cette nuit fatale.

Six mois plus tard, elle ne va pas bien. En consultant un médecin, elle apprend qu'elle est enceinte. Et en menant sa propre enquête pour établir d'où vient "l'intrus", elle découvre que le père s'appelle Bob Nolan (Albert Dupontel): cambrioleur pas fin, multi-récidiviste, il a été arrêté pour des faits particulièrement graves... Il a attaqué un vieil homme, l'a découpé en morceaux avant de manger ses globes oculaires.

Du moins c'est ce que dit le dossier...

Comment Ariane va-t-elle gérer l'affaire? Bob Nolan est-il vraiment le père? Y-a-t-il quelque chose à attendre d'un tel homme? Et d'ailleurs, le "globophage", comme on l'appelle désormais, est-il vraiment ce monstre qu'on décrit?

Une immense surprise, voilà comment on peut qualifier ce film admirable. J'insiste sur l'adjectif: on n'a que très rarement, sinon jamais, eu une telle qualité dans un film Français de comédie! Le timing des acteurs, le montage, la mise en scène inventive, les surprises cachées dans chaque plan, et le ton global, tout apporte la réussite. Et c'est drôle de bout en bout... Bien sûr, on ne pet absolument pas prendre ce film au sérieux, même si Dupontel s'y livre à une parodie hilarante de la justice sous ses dehors les plus poussiéreux... A voir et revoir, pour ses 82 minutes de comédie hystérique, ses séquences de délire (Une improvisation de Dupontel a donné lieu à une scène hilarante aux effets spéciaux gore), et ses personnages: parce qu'en plus, et ça se voit tout le temps, si les autres e prennent pur leur grade, Dupontel aime beaucoup ses héros, sa juge froide et coincée, et son cambrioleur bas du front.

 

 

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Published by François Massarelli - dans Comédie
22 août 2017 2 22 /08 /août /2017 18:06

Ce film est probablement la première des douze comédies effectuées, par Stan Laurel et le producteur Joe Rock pour le compte de Universal. Les avis sont partagés, mais le fait est qu'on y retrouve beaucoup de l'esprit de Laurel, dans une liberté qui m'a l'air à peu près totale, pour le meilleur, et sinon le pire, en tout cas le quelque peu embarrassant: il me suffira de dire que ce film est situé à Chinatown pour sa plus grande partie, pour qu'on entrevoie le fait qu'il est loin d'être politiquement correct!

Et ce dès le début: dans une famille d'Anglo-Saxons, le frère aîné supporte mal son petit frère (Stan Laurel) et pour se débarrasser de lui, le cache dans un paquet de linge sale... Qu'un blanchisseur Chinois vient chercher. Flash-forard vingt ans plus tard: Laurel, nommé Sum Sap ("Crétin lambda") est devenu un blanchisseur émérite. Le problème, c'est que parmi ses clients figure Sum Ting Wong (Hum!), le parrain local de la mafia Asiatique...

Mais que c'est idiot! Et tous les clichés les plus atroces y passent avec une telle régularité, une telle rigueur, que ça a quelque chose de grandiose! On notera que la production joue un jeu risqué: à la fin du film (Ne me demandez pas pourquoi), Laurel, donc un Anglo-Saxon camouflé en Chinois, va épouser Lili (Julie Leonard, semble-t-il), une jeune femme de Chinatown; selon le script, écrit par Tay Garnett, elle aussi est Anglo-Saxonne. Sauf que pas du tout, ou alors son maquillage est admirable... Non que je m'en émeuve personnellement, non: c'est juste que l'homo Americanus de 1924 est pointilleusement crétin sur un point: le mélange des races, qu'il appelle ça. Laurel, lui, n'a pas l'air très regardant: il a tout compris!

Bref, le film est un sommet de bêtise, dans lequel on retrouve de toute façon du début à la fin des gags qui sont du pur Laurel, et pour certains ils annoncent des grands moments de Brats, ou Berth marks, entre autres...

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Published by François Massarelli - dans Muet Comédie Laurel & Hardy
22 août 2017 2 22 /08 /août /2017 17:56

Ce film fait partie des derniers courts métrages de 1923-24 réalisés chez Roach avec laurel, Finlayson, Ena Gregory, etc... Et ce n'est pas le plus raisonnable, loin de là. C'est une parodie, une fois de plus, de tout un genre, avec une narration qui s'amuse autour des romans de Anthony Hope (Le générique annonce très sérieusement que le film est "une suite de Le prisonnier de Zebra"...). Mais on est bien loin de l'atmosphère digne du film de Rex Ingram sorti en 1922!

Stan Laurel interprète le double rôle du roi du pays imaginaire où ses passent ces fadaises, et de Rudolph Razz, un playboy amoureux de la Reine (Mae Laurel); James Finlayson est Rupert le conspirateur en chef (Rappel, dans The prisoner of Zenda, c'était... Ramon Novarro!). C'est profondément idiot, et les gags sont du pur Laurel: chaque situation est poussée au maximum, sans ménager les chevaux. On peut noter, une fois de plus, une série de vexations que doit souffrir Madame Laurel: ces deux-là avaient manifestement des comptes à régler...

Quand à "Percy" Pembroke, il est probable qu'il s'est convenablement entendu avec la star du film, pour le suivre dans sa prochaine aventure: en quittant Hal Roach, Laurel allait tourner une douzaine de films en vedette pour Joe Rock, dont plus de la moitié allaient être réalisés par Pembroke.

 

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Published by François Massarelli - dans Muet Comédie Hal Roach Laurel & Hardy
19 août 2017 6 19 /08 /août /2017 09:10

Jamais deux sans trois... le héros de L'auberge espagnole et Les poupées Russes Xavier Rousseau (Romain Duris) revient, la quarantaine est là et a fait son oeuvre: rien ne va plus avec sa compagne Wendy (Kelly Reilly), avec laquelle il a eu deux enfants. Elle a rencontré un autre homme et part pour New York... avec les enfants. Xavier, dont la carrière d'écrivain semblait enfin se mettre en route, décide de la suivre, et de s'installer aux Etats-Unis pour de bon. Parallèlement, Isabelle (Cécile de France) et sa nouvelle compagne, qui sont également parties vers la même destination, ont obtenu la collaboration de Xavier pour faire un enfant. Entre le combat judiciaire avec Wendy, l'organisation de la nouvelle vie de famille d'Isabelle, et les visites assez fréquentes de Martine (Audrey Tautou), l'ex-petite amie jamais tout à fait partie, il y aura du sport... tant et si bien que ça va être difficile de trouver du temps pour écrire.

Et c'est précisément là que le lien avec les deux films précédents se rompt: L'auberge Espagnole et Les poupées Russes tiraient leur sel d'une narration qui provenait justement de cette difficulté à écrire, mais qui trahissait quand même des idées à foison, aussi bien pour Klapisch que pour Xavier. Ici, la narration est plus classique, plus rangée... Ca part sans doute d'une volonté de coller à la quarantaine! Essentiellement, les séquences durant lesquelles Xavier discute via Skype avec son éditeur (Dominique Besnehard) sont surtout là pur établir qu'en dépit de ce qu'il lui raconte, il n'écrira pas une ligne valable!

Mais le film reste un plaisir, parce que les personnages qui restent (Il en manque quand même un certain nombre) en valent la peine, et parce que le ton reste à la bonne humeur. On aime Xavier et ses plans idiots, on aime Martine, qui a quand même une idée derrière la tête, et surtout on aime Isabelle qui a elle toute seule assume le côté le plus rock 'n roll de la bande... On aime même Wendy, dont le rôle n'est pas facile: c'est elle la méchante...

Même si Klapisch a choisi d'être raisonnable, on sent comme une certaine jubilation à filmer à New York, et il profite de la situation, mine de rien, pour nous asséner des plans de toute beauté, dans des plans qui ont été tournés dans de vrais appartements... Et il se lâche dans Chinatown, où il retrouve une poésie proche de celle de Paris: le titre, bien sur, est justifié une fois de plus dans cette trilogie. Le "casse-tête Chinois" est casse-tête parce que la situation de Xavier est inextricable, mais il est Chinois parce que l'une des solutions pour lui, afin de rester aux Etats-Unis, est un mariage blanc avec une jeune Chinoise, une opportunité qui est fournie suite à un accident inattendu...

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Published by François Massarelli - dans Comédie Cédric Klapisch
14 août 2017 1 14 /08 /août /2017 16:18

Le Paradis du titre? D'abord, Venise: on le visite, Lubitsch oblige, en commençant, hum, par les coulisses. Un tas d'ordure est véhiculé... vers une gondole. Typiquement, le metteur en scène qui aurait pu se contenter d'un plan de la lagune, et d'un élégant titre, n'a pas pu s'empêcher d'être inventif. Puis la majeure partie du film se situe dans un autre Paradis, à Paris, dans la très haute société.

Le "trouble" du titre, quant à lui, est soit le fait que dans la haute société, il y a des gens qui ne sont pas forcément de la plus grande honnêteté, car ils ne sont pas nés avec une cuillère en argent dans la bouche, comme on dit... Alors ils volent la cuillère. Ou alors, ce fameux "trouble" pourrait tout aussi bien être l'amour, ce sentiment intempestif qui arrive comme un cheveu sur la soupe et gâche tout en faisant intervenir les sentiments là où on n'en a pas besoin... 

A Venise, un voleur-escroc internationalement connu, Gaston Monescu (Herbert Marshall), rencontre Lily (Miriam Hopkins), une voleuse qui a un certain talent. Comme ils se volent mutuellement avec une adresse qui les stupéfie mutuellement, ils savent qu'ils sont faits l'un pour l'autre, et s'associent. Monescu vient justement de voler un homme d'affaires dans sa chambre d'hôtel, le Parisien François Filiba (Edward Everett Horton). 

Le couple, des années plus tard, se rend à Paris, attiré par les bijoux de la belle Madame Colet, héritière des parfums Colet et Cie. Durant un opéra, c'est un jeu d'enfant pour Monescu de voler un sac orné de diamants, appartenant à la charmante veuve (Kay Francis), d'autant que celle-ci est flanquée de deux prétendants aussi ridicules qu'inutiles: le Major (Charlie Ruggles), et son ennemi juré se disputent les faveurs de Mariette Colet. Lennemi en question n'est autre qu'un certain... François Filiba. 

Mais une fois le sac volé, Monescu apprend que sa propriétaire donnera une récompense de 20000 Francs à qui le lui rendra. Sous le nom d'emprunt de Gaston La Valle, il va lui rendre l'objet, empocher la prime, et... devenir son secrétaire. Et plus, si affinités.

Après cinq films parlants, dont quatre comédies musicales, Lubitsch s'attaque enfin à une comédie sentimentale, qui reprend un thème déjà très présent dans certains de ses films, notamment The student prince (1927) et The smiling lieutenant (1931): la barrière des classes. Le triangle formé ici par La voleuse, le voleur aux manières de dandy, et la bourgeoise, aussi raffinée et adorable soit-elle, nous rappelle que certaines barrières sont infranchissables, et qu'il est inévitable, quel que soit le désir de l'un comme de l'autre, que Gaston "La Valle" et Mariette Colet finissent leurs vies ensemble... Mais en attendant de faire ce constat, ils auront pu rêver un peu.

Et puis Lubitsch creuse d'autres pistes, bien sur, continuant de s'intéresser aux coulisses, avec ce Gaston la Valle qui s'y entend si bien à tirer les ficelles, ou ce garçon si obligeant qu'il prend des notes quand la requête d'un client de l'hôtel est malgré tout indicible. Et enfin, dans ce film en forme de vitrine de tout son génie, Lubitsch joue avec l'identité, ses faux-semblants, le pouvoir d'un nom aussi: Colet "and Company", comme on se plaît souvent à le souligner! Il nous dresse en 82 minutes une histoire qui a tout pour tourner au sublime et au tragique (après tout, mme Colet et M. La Valle vont si bien ensemble, quel dommage que ce soit impossible), et qui devient tout bonnement une sublime comédie sentimentale. Mais la mélancolie qui s'installe ici reviendra de façon insistante dans l'oeuvre de Lubitsch, de Angel à Heaven can wait, en passant par The shop around the corner.

 

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Published by François Massarelli - dans Comédie Ernst Lubitsch Pre-code
14 août 2017 1 14 /08 /août /2017 08:58

"J'ai écrit un roman qui s'appelle L'Auberge Espagnole", nous dit Xavier: cette phrase lâchée en plein milieu du film nous permet de mesurer l'effort narratif de ce deuxième long métrage du cycle: c'est l'histoire d'un écrivain qui nous raconte ce qui lui est arrivé, dans le film qui raconte ce qu'il est supposé écrire... Et il n'y arrive pas: comme dans L'auberge Espagnole, justement, il est difficile à Xavier de dire ce qu'il a à nous dire, et de choisir le bon moment pour commencer ou le bon angle d'approche... Mais Les poupées Russes est bien la suite de L'Auberge Espagnole, qui raconte Xavier et sa vie (Ecrivain sans avenir, célibataire invétéré, pas doué avec les femmes) cinq ans après les aventures à Barcelone.

Cette fois, il (Romain Duris) est bel et bien Parisien. Les trois femmes avec lesquelles il passe le plus de temps sont Martine (Audrey Tautou), la petite amie qu'il quittait durant les événements du film précédent, Isabelle (Cécile de France), qui désormais habite Paris, et est toujours aussi lesbienne, et enfin sa maman (Martine Demaret)! Sinon, professionnellement, c'est mal parti: il doit se résoudre à écrire des articles sans grand intérêt pour des magazines féminins, et proposer ses services de "nègre" pour un éditeur. A trente ans, il est obsédé par l'idée qu'il ne trouvera peut-être jamais l'âme soeur...

Le titre est cette fois justifié par un lien avec L'auberge Espagnole: William (Kevin Bishop), le frère de Wendy (Kelly Reilly) avec laquelle Xavier partageait son appartement, se marie: il a rencontré une ballerine de Saint-Petersbourg et a été jusqu'à apprendre le Russe pour la retrouver. Il y aura donc ce voyage en Russie qui permet à tous les copains de Barcelone de se retrouver. Mais auparavant, il y aura surtout une opportunité pour Xavier de travailler avec Wendy sur un scénario de téléfilm coproduit par France Télévisions et la BBC: les voyages quotidiens à Londres vont rapprocher Xavier et Wendy...

On peut penser que ce qui était formidable dans le premier film tourne ici à la formule, que les idées narratives tournent à la sale manie... Il n'en est rien: Klapisch intègre suffisamment de variations, et de toute façon conditionne la narration à l'abondance de digressions. Comme le fait remarquer Wendy quand ils travaillent à leur script, il est toujours intéressant d'insérer des histoires dans l'histoire, comme dans Les contes des mille et une nuits: c'est ce qui arrive du début à la fin des 128 minutes du film. Oui, 128 minutes, je pense que c'est un poil trop long, justement...

Mais ce film s'appelle Les poupées Russes, et derrière chaque développement, chaque histoire, se trouve une autre possibilité. Comme avec les poupées, on veut aller voir plus loin: les idées de mise en scène qui impliquent ces allers-retours narratifs, ou encore les visualisations burlesques du script que Xavier essaie d'écrire pour un téléfilm romantique gnangnan, dans lesquels il ne peut s'empêcher de projeter l'image de son voisin ennuyeux interprété par Zinedine Souallem, et le traitement de l'écran en un terrain de jeu qui tourne parfois au kaléidoscope fourre-tout, maintiennent l'intérêt, et... du coup, le charme opère. 

Comme les jeunes filles.

 

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Published by François Massarelli - dans Comédie Cédric Klapisch