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  • : Allen John's attic
  • : Quelques articles et réflexions sur le cinéma, et sur d'autres choses lorsque le temps et l'envie le permettront...
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13 mars 2022 7 13 /03 /mars /2022 13:34

Un naufrage envoie deux amants, Viola et Sebastian, sur deux points éloignés d'une île. L'un et l'autre vont essayer de se rejoindre mais Viola, la plus exposée, participe sous le déguisement d'un homme aux intrigues de la cour d'Ilyrie, où la princesse locale tombe amoureuse d'elle, n'ayant pas reconnu une femme sous son habit... 

La pièce est l'une des plus légères et exubérantes comédie de Shakespeare; par certains côtés, les points communs avec la Tempête sont troublants, mais l'atmosphère est clairement à la farce. Le ton adopté dans cette comédie Vitagraph rondement menée est idéal, et on voit que les Américains ici transposent avec talent le climat particulier de Shakespeare... Mais la comparaison de ces adaptations Vitagraph avec les Italiens tournent à l'avantage de ces derniers sur un point au moins: ici, les acteurs doivent gesticuler pour attirer l'attention, dans des compositions souvent surchargées... Les acteurs Italiens, eux, ont d'emblée toute l'attention de la caméra, et aucune distraction ne vient perturber le spectateur de ces films à l'ancienne...

le rôle de Malvolio, bouffonnerie numéro un dans la pièce, est ici interprété par Charles Kent, l'auteur du film: il s'est manifestement fait plaisir...

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Published by François Massarelli - dans Muet Shakespeare Comédie
13 mars 2022 7 13 /03 /mars /2022 11:46

La fameuse pièce féérique de Shakespeare a connu de nombreuses adaptations au cinéma: celle-ci produite par Vitagraph est sans doute la première, et elle a survécu. La continuitéé en est parfois un peu compromise, mais c'est assez courant avec un matériau comme Shakespeare, confronté à des adaptations qui totalisent moins d'un quart d'heure...

Durant une nuit magique, deux couples de nobles qui souhaitent échapper aux exigences de mariages arrangés de leurs parents, sont soumis aux caprices de Puck (Gladys Hullette), un esprit de la forêt, pendant que la reine des elfes Titania (Florence Turner) se querelle avec une magicienne, Penelope, qui va lui mener la vie dure. Pendant ce temps, une troupe de théâtre amateur se prépare à donner un spectacle en l'honneur des mariages annoncés, et non seulement ils sont assez mauvais, mais en prime ils sont la cible de l'espièglerie de Puck...

Cette production de prestige est l'occasion pour la compagnie de montrer ses qualités et son approche constamment dynamique de l'oeuvre du dramaturge Anglais: si certains films (je pense à King Lear) sont parfois trop dynamiques pour ne pas dire expéditif, l'exubérance du casting joue ici en faveur du film, qui adapte après tout l'une des plus belles et des plus enchantées de toutes les comédies de Shakespeare... Et le fait d'avoir tourné en pleine nature, au coeur même d'un paysage (du New Jersey bien sûr) qui ressemble à celui décrit par Shaekespeare, rend le film plus intéressant encore. Et la magie particulière de cette nuit de rêve est facilitée par les truquages: stop-motion, surimpression... On notera quelques infidélités à la pièce, notamment dans le choix de faire de Gladys Hullette un Puck androgyne, ou le choix de remplacer le roi des elfes par une magicienne, ans doute pour donner un rôle-clé à une actrice de la compagnie. Si c'est le cas, nous pouvons constater que c'est raté, puisque le nom de l'actrice ne nous est pas parvenu.

 

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Published by François Massarelli - dans Muet Comédie Shakespeare
24 février 2022 4 24 /02 /février /2022 16:04

C'est pendant la fin du tournage de Playtime, et dans les décors même du film de Jacques Tati, que ce court métrage s'est fait: on sait avec quelle passion le cinéaste a toute sa vie défendu l'importance du genre court, lui qui avait grandi dans l'amour du cinéma de comédie des Etats-Unis, et qui a constamment encouragé la production de ces petits films hélas voués à devenir essentiellement des jalons professionnels, à l'écart d'un grand public gavé de longs métrages d'un côté et de publicités de l'autre.

Tati, scénariste aussi bien qu'acteur du film, a beau arriver sur les lieux du film en imper, avec chapeau, et une démarche qui nous rappelle bien des choses, ainsi qu'une inévitable pipe, il n'est pas vraiment Hulot, ici: il est un enseignant, qui apprend un certain nombre d'hommes d'âge moyen, des choses essentielles: comment fumer; comment jouer au tennis selon qu'on soit débutant ou joueur confirmé; comment faire de l'équitation, comment améliorer la vitesse et le rendement de la distribution du courrier, et enfin comment rater une marche.

C'est du Tati, à peine vu par un autre. Il est probable que l'acteur s'est autant impliqué que le metteur en scène dans le tournage de cet exercice de style qui tranche malgré tout sur l'oeuvre du maître sur un point: le gag y passe parfois par une certaine importance de la parole... Une portion y est un remake bluffant (en noir et blanc, mais bien tourné en 1967) d'une scène de L'école des facteurs, d'ailleurs prolongée un peu: une autre preuve de l'implication de Tati, qui aimait à compléter, modifier, voire détourner ses propres films... Et le thème, qui consiste à se moquer allègrement de toute forme d'éducation imposée d'en haut, est du pur Tati.

 

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Published by François Massarelli - dans Comédie Jacques Tati
24 février 2022 4 24 /02 /février /2022 15:49

A Ste-Sévère Sur Indre, la pâtisserie ne désemplit pas: c'est que les gâteaux servis, et la gentille fille (Dominique Lavanant) de la patronne qui les sert, sont si appétissants... Peut-être la copieuse dose d'alcool dont ils sont imbibés y fait-elle aussi de l'effet. Du coup, tous les quadras, les quinquas et les sexas du village semblent y passer la journée...

Au début, un plan semble nous orienter vers le documentaire, avec une vue de la façade de la pâtisserie: un plan fixe, frontal et sans paroles, qui reviendra occasionnellement. Sophie Tatischeff devait savoir quel effet ferait sur le spectateur la vision d'une bicyclette, celle d'un des clients de l'établissement, posée sur le mur à droite. On va ensuite entrer dans la pâtisserie, où la présence d'acteurs qui sont tous des non-professionnels et des habitants des lieux, tous plus authentiques les uns que les autres, continue à nous perdre dans l'hypothèse d'un film à la Kieslovski, qui aurait planté sa caméra et capté la vérité... Mais c'est bien Dominique Lavanant au comptoir, ça ne fait aucun doute. 

C'est court (13 minutes), gentiment farfelu, et curieusement satisfaisant: car finalement, dans ce court métrage il n'y a rien d'autre que cet étrange postulat, selon lequel la bourgade de Ste Sévère serait, en 1976, le seul lieu au monde où les habituels clients d'un bistrot préfèreraient passer leur temps et taper le carton autour de gâteaux... D'ailleurs deux clientes potentielles ne tiendront pas dans les lieux plus de trente secondes... 

Bref: observant, et rendant compte avec un clin d'oeil de ce qu'elle a vu, et le faisant à Ste Sévère, le village de Jour de fête où son père a joué les facteurs, Sophie Tatischeff confirme que "Bon sang ne saurait mentir".

 

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Published by François Massarelli - dans Jacques Tati Comédie
20 février 2022 7 20 /02 /février /2022 01:30

Deux débrouillards (Jacques Tati et le clown Rhum) décident de trouver un moyen de se faire de l'argent grâce à la tendance des gens à vouloir se changer les idées le dimanche: ils escroquent un garagiste et avec la voiture qu'ils lui ont "achetée" (avec son argent), ils montent une petite affaire, qui consiste à emmener un certain nombre de touristes faire un petit tour à la campagne, moyennant finances, bien entendu...

C'est avec la même équipe que dans On demande une brute, et à nouveau sur un scénario écrit par lui, que Tati continue son difficile apprentissage du cinéma. Il le fait en fan, et je suis persuadé à la vision de ce film avec deux protagonistes débrouillards que l'influence de Laurel et Hardy a joué en plein. Il y a parfois dans cette équipée automobile faite essentiellement de faux départs, de faux airs de A perfect day (1929) de James Parrott...

C'est une comédie, oui, mais le rire est difficile, devant un film gâché par une absence totale de cohésion rythmique... Par contre, dans ce nouveau film, la parole commence enfin à se "tatifier", devenant de plus en plus une utilité accessoire, un bruit ambiant et vaguement générateur d'un certain fil conducteur, pas beaucoup plus. Les gags sont visuels, reste à les rendre drôles... C'est, hélas, une autre paire de manches. Mais ça viendra!

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Published by François Massarelli - dans Jacques Tati Comédie
19 février 2022 6 19 /02 /février /2022 08:59

Un manager d'un sport de combat a perdu son champion, au moment d'affronter un colosse. Il lui faut impérativement trouver un candidat pour le remplacer: comme on ne veut pas trop admettre la situation délicate la décision est prise de rédiger une petite annonce codée. Au lieu de faire appel à des lutteurs, on fait appel à "un acteur spécialisé dans les rôles violents"... Le pauvre type choisi (Jacques Tati) n'est pas autre chose, lui qui doit subir 24 heures sur 24 l'animosité de son épouse à son égard...

Oublions vite ce film, dont le script est signé de Tati, et dans lequel il interprète un personnage principal vite relégué à l'arrière-plan, par des acteurs désagréables, pas toujours compétents, et par une bande-son occupée en permanence par un dialogue agressif et jamais drôle: le contraire donc de son cinéma à venir... On peut remarquer qu'en lutteur malgré lui, Tati se souvient probablement de la leçon de Chaplin, mais même le match est parasité par d'autres actions d'autres personnages... 

 

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Published by François Massarelli - dans Jacques Tati Comédie
15 février 2022 2 15 /02 /février /2022 09:06

Mamie Smith, une jeune orpheline (Marion Davies), a été placée par son orphelinat auprès d'une jeune mère (Hedda Hopper) qui vit seule avec son bébé. Le mari est parti faire fortune, mais semble s'être perdu en chemin vers le Mexique, et les dernières nouvelles ne sont pas bonnes, puisqu'il décide de rompre avec sa famille... A la mort de Mrs Caldwell, Mamie décide de partir à la recherche du père en compagnie de Zander, le petit garçon. En chemin vers le Mexique, elle va trouver une petite maison en Arizona tenue par trois bandits. L'un d'entre eux est troublé quand il apprend l'histoire du petit garçon...

C'est le premier film MGM de Marion Davies, et selon son habitude, William Randolph Hearst s'est mêlé de tout au point de tempérer quelque peu l'intérêt de la production. On est assez proche, une fois de plus, d'une atmosphère à la Mary Pickford, dont Marion imite ici une fois de plus les boucles... Elle est charmante mais un peu engoncée dans un rôle qui ne lui permet pas suffisamment d'exprimer son caractère extravagant: c'est dommage... Et le film est entièrement suspendue à un grand final qui prend tant de place qu'en l'attendant on s'ennuie un peu.

Reste d'authentiques scènes de comédie, qui sont à la fois une réminiscence évidente de Daddy Long Legs, de Marshall Neilan, avec vous savez qui, et l'occasion pour Marion Davies de jouer sans maquillage aucun des scènes de réelle comédie physique: elle y est excellente. On reconnaît aussi un truc qu'elle a utilisé assez souvent, dans Little Old New York ou plus tard dans Lights of old Broadway et The Red Mill: passer de scènes sans fard ni artifices, à un maquillage sophistiqué: la transformation du vilain petit canard en grand cygne, ou plus sûrement la transformation de Marion Davies en cette statue de normalité qui était tant souhaitée par William Randolph Hearst...

 

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Published by François Massarelli - dans Marion Davies Muet 1925 Comédie
14 février 2022 1 14 /02 /février /2022 13:28

Schenstrom et Madsen ont trouvé un coin de paradis, une plage sur laquelle ils essayent de séduire des baigneuses... Ils se font une amie, Mona, dont ils sont tous deux amoureux. Mais ils sont rattrapés par le service mirlitaire! Sommés de rejoindre leur base, ils vont se retrouver en cantonnement dans une ferme qui est tenue... par la tante de Mona:le monde est petit...

Ca manquait, sans doute, à leur panoplie: ceux qu'on connaît ici sous le nom de Doublepatte et Patachon ont, en effet, été minotiers, artificiers, acteurs, politiciens, photographes, vagabonds, maîtres de danse, voire Quichotte et Panza, mais jamais soldats, à une époque où a tradition du comique troupier était encore vivace: la même année, Maurice Tourneur sortait Les gaietés de l'escadron d'après Courteline... Mais ce n'est pas le meilleur du film, pourtant. 

Non, le meilleur ce sont les dix premières minutes, qui voient les deux héros rivaliser d'ingéniosité bizarre pour se faire une place sur le sable: cet univers reste celui auquel ils revenaient toujours, avec Lau Lauritzen qui reste de toute évidence le meilleur metteur en scène qui ait pu travailler avec eux, ou en tout cas celui qui les comprenait le mieux, leur laissait mener leurs personnages à leur guise, et ne cherchait pas à les diriger plus que nécessaire...

Ce film très moyen est le dernier muet du trio, un film muet tardif: seuls quelques pays, à l'est de l'Europe (l'URSS, la chine et le Japon notamment) pratiquaient encore l'art de la pantomime au cinéma. Et comme d'autres, Carl Schenstrom et Harald Madsen vont être à jamais assimilé à cette merveilleuse période du cinéma mondial. Y compris avec des films parfois médiocres, ce qui st clairement le cas de ce long métrage...

 

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Published by François Massarelli - dans Lau Lauritzen Muet 1932 Comédie Schenstrom & Madsen
13 février 2022 7 13 /02 /février /2022 15:57

Un pianiste joue tellement fort d'un instrument, qu'il irrite tout l'immeuble. A plus forte raison quand il s'avère que le piano, enchanté, entraine malgré eux les habitants de la maison dans une danse sur laquelle ils n'ont aucun contrôle...

Ce n'est pas la première, ni la dernière incarnation de cette intrigue, mais c'est une excellente version, par l'allant et la conviction des interprètes, dont Alice Guy profite pour représenter les corps de métier de l'époque, avec leurs signes distinctifs.

Sinon, comment ne pas penser à une autre oeuvre, immortelle celle-là, dans laquelle un autre instrument maléfique oblige les gens à danser jusqu'à épuisement des troupes? Une flûte, six trous, et des petits bonshommes bleus... 

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Published by François Massarelli - dans Alice Guy Muet Comédie
13 février 2022 7 13 /02 /février /2022 15:49

Un homme va être expulsé de son logement: un huissier accompagné des agents de la force publique vient procéder à l'inventaire et la saisie des meubles. Le lit est imposant, mais il a des roulettes, ce qui facilite son transport. Son évasion aussi... 

Le film montre bien que finalement tout est acceptable dans la comédie, y compris l'expulsion d'un pauvre bougre... Mais le plus intéressant reste que e lit traverse les inévitables décors les plus à même de provoquer la surprise, dont cet escalier qu'on reverra dans Fantômas...

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Published by François Massarelli - dans Alice Guy Comédie Muet